Affaire Guthrie : Google peut accéder aux vidéos des utilisateurs d’une caméra Nest
Le 12 février à 11h10
3 min
Société numérique
Société
Pour les utilisateurs des caméras de sécurité Nest de Google dont les flux sont conservés dans le cloud, impossible d’obtenir un stockage de long terme sans payer un tarif mensuel. Google garde néanmoins les données sur ses serveurs. Ainsi, lorsque Nancy Guthrie, la mère d’une présentatrice star aux États-Unis, Savannah Guthrie, disparaît, l’entreprise a pu les récupérer et les fournir aux autorités.
Âgée de 84 ans, Nancy Guthrie a été enlevée de chez elle le 1ᵉʳ février. Sur le coup, les forces de police ont déclaré qu’aucune vidéo de ce kidnapping n’était disponible : Nancy Guthrie ne payait pas d’abonnement pour sa Google Nest Cam, situation dans laquelle l’entreprise technologique ne donne habituellement accès qu’aux dernières heures d’enregistrement.
Pour accéder à l’enregistrement des 30 derniers jours de vidéos « limité aux événements », il faut normalement payer 10 dollars (ou 10 euros) par mois, et 20 dollars (ou 18 euros) pour pouvoir revenir sur les 60 derniers jours, toujours limités aux événements (mais avec aussi 10 jours d’historique en continu 24 h/24).
Le 10 février, le FBI publiait finalement deux vidéos prises par le dispositif, dans lequel on observe distinctement un homme cagoulé et armé chercher dans le jardin de quoi obstruer l’objectif. D’après les enquêteurs, les deux extraits ont été « récupérés de data résiduelles restées dans les systèmes backend ». Google aurait eu besoin de plusieurs jours pour remettre la main dessus.
L’épisode rappelle néanmoins qu’en cas de stockage de données dans un cloud – c’est-à-dire, concrètement, sur les serveurs de quelqu’un d’autre, en l’occurrence d’un géant numérique –, ce n’est pas parce que l’internaute a supprimé ou perdu l’accès à ses données que celles-ci ont entièrement disparu. Dans le cas des caméras Google Nest, même avec un abonnement gratuit, les flux vidéos sont envoyés sur les serveurs, et donc accessibles à Google.
Dans le cas présent, Google a indiqué à Ars Technica ne pas utiliser les vidéos enregistrées pour d’autres services internes (par exemple : pour entraîner ses modèles d’intelligence artificielle). L’entreprise s’intéresse néanmoins à la manière dont les internautes interagissent avec tous ses services pour améliorer la manière dont elle les construit.
Cette affaire rappelle une réalité que les géants du Net évitent de mettre en avant : toutes les données envoyées sur leurs serveurs leur sont accessibles. Avec des lois étasuniennes telles que le Cloud Act et FISA, les autorités peuvent tout à fait demander à récupérer des données stockées par des sociétés locales, quelle que soit la localisation géographique des serveurs. L’occasion de rappeler l’importance de chiffrer ses données avant de les envoyer dans le cloud.
Que l’on utilise Google Nest Cam ou Amazon Ring, pour ne citer que ces deux exemples, ce n’est pas parce que les vidéos ne sont plus visibles pour l’utilisateur qu’elles n’existent plus dans les serveurs des fournisseurs de services de stockage.
Le 12 février à 11h10
Commentaires (12)
Abonnez-vous pour prendre part au débat
Déjà abonné ou lecteur ? Se connecter
Cet article est en accès libre, mais il est le produit d'une rédaction qui ne travaille que pour ses lecteurs, sur un média sans pub et sans tracker. Soutenez le journalisme tech de qualité en vous abonnant.
Accédez en illimité aux articles d'un média expert
Profitez d'au moins 1 To de stockage pour vos sauvegardes
Intégrez la communauté et prenez part aux débats
Partagez des articles premium à vos contacts
Abonnez-vousLe 12/02/2026 à 11h14
Y a pas de mal à imaginer que la vidéo en question et un bout de blob dans une DB perdue au fin fond de l'infra google et qu'elle n'attendait qu'une occurence de garbage collection pour être réellement supprimée.
Le 12/02/2026 à 11h35
Beh qui est est propriétaire de cette machine ? Qui peut donc accéder à son contenu, tant qu'il n'est pas chiffré via un mécanisme garantissant l'impossibilité de déchiffrer par quiconque d'autre que le propriétaire de la paire ?
Je ne sais même pas par où commencer tellement c'est un article de base sur d'éternelles bases (entre autres) pour lesquelles l'infonuagique est de la daube. Qui plus est facturée hors de prix depuis le début.
Quiconque a un minimum de culture informatique sait que c'est à éviter.
Tiens, encore un souci de culture informatique de la population/de citoyens ?
Et c'est un problème de données personnelles : on n'est pas dans le plus velu de ce qu'une absence de telle culture peut produire au niveau de la société…
Le 12/02/2026 à 11h39
Gageons aussi que si la personne enlevée n'était pas la mère d'une personne connue, Google et le FBI auraient peut-être mis moins d'énergie pour récupérer les données.
Quant au titre, il énonce une évidence à partir du moment où les vidéos sont stockées en clair.
Le 12/02/2026 à 11h44
Le 12/02/2026 à 11h47
Le 12/02/2026 à 13h53
comme je le faisais avec mes caméras IP classiques qui avaient le bon ton de fournir un flux http ou rtsp utilisable. C'est un choix qui est devenu inutilement compliqué.
Le 12/02/2026 à 11h51
Mais avec le quasi monopole de ces services et les outils de génération, un gouvernement lancé dans une démarche de guerre civile et qui s'est assuré de l'obéissance de ces acteurs peut faire bien plus. Il peut générer la création de preuves.
Trump pourrait déclarer que les "liberals" sont des drogués et des pédophiles, les GAFAM peuvent transformer cette accusation en réalité.
Le 12/02/2026 à 11h52
J'ai bon??
Le 12/02/2026 à 12h47
Cette situation me fait penser au débat sur la torture (Je sais je vais un peu loin).
Ces données n'auraient pas du être conservées de ce que je comprends. Elle auraient du être détruite.
C'est cool qu'elle servent pour qqch de positif mais cela à la base cela n'auraient pas dû être possible.
Le 12/02/2026 à 15h33
Comprenne qui pourra.
Le 12/02/2026 à 20h07
Le 14/02/2026 à 16h36
Signaler un commentaire
Voulez-vous vraiment signaler ce commentaire ?