Lunettes connectées : le parquet de Paris ouvre une enquête pour harcèlement sexuel
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Droit
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Le parquet de Paris a ouvert « au moins » une enquête pénale suite à des plaintes pour harcèlement sexuel impliquant des lunettes connectées, selon Reuters. Ces appareils et leur caméra intégrée auraient été utilisées pour filmer des femmes dans la rue à leur insu. Les vidéos ont ensuite été publiées sur internet, sans le consentement des victimes.
Le parquet ne donne aucun détail supplémentaire, ni la marque des lunettes incriminées. Mais difficile de ne pas songer aux modèles de Ray-Ban de Meta qui ont gagné le surnom peu enviable de « pervert glasses » (« lunettes de pervers »). L’entreprise tente d’éteindre l’incendie provoqué par des harceleurs qui utilisent leurs montures pour « piéger » des femmes et poster leurs exploits en ligne.
La cellule cybercriminalité du parquet a testé ces appareils « il y a deux semaines » pour déterminer les infractions potentielles rendues possibles par ces lunettes. La CNIL reçoit de plus en plus de demandes d’entreprises souhaitant savoir s’il est possible d’interdire ces appareils sur le lieu de travail. La garante de la protection des données a enregistré une dizaine de plaintes. En mai dernier, la CNIL avait alerté des risques que font peser les lunettes connectées pour la vie privée.

Les lunettes Meta intègrent une diode qui s’allume lorsque la caméra est activée. L’entreprise a renforcé cette protection (et envisage même de lancer des modèles… sans caméra). « Une réaction tardive alors que les risques liés à des lunettes capables de filmer presque à l’insu des personnes auraient dû être anticipés avant leur commercialisation », dénonçait cette semaine e-Enfance, une association de protection de l’enfance sur internet.
« Voir un voyant ne signifie pas consentir à la diffusion de son image. Et encore faut-il le voir, en comprendre la signification et avoir la possibilité de réagir », poursuit l’association. Pour Véronique Béchu, directrice de l’Observatoire de l’Association e-Enfance/3018 : « Il faut aujourd’hui revoir l’encadrement de ces dispositifs dès leur conception. Et quand des créateurs font de l’humiliation d’inconnus leur fonds de commerce, les plateformes doivent appliquer une tolérance zéro et suspendre les comptes récidivistes. »
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