La France insoumise victime d’un vol de données personnelles
3 min
Sécurité
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La France Insoumise (LFI) a informé certains de ses adhérents ou sympathisants d’un vol de données personnelles survenu au niveau de ses outils internes. Elle y indique avoir été victime d’une attaque cybercriminelle susceptible d’avoir conduit à l’exposition d’informations telles que le nom et prénom, l’adresse email, l’adresse postale, les « informations de profil » et la « participation à certains groupes ou événements ».
Le parti politique ne précise pas le canal par lequel a été réalisée l’attaque, mais les informations personnelles évoquées, notamment l’allusion aux groupes ou événements, suggèrent qu’il pourrait s’agir du site actionpopulaire.fr, la plateforme via laquelle LFI propose à ses sympathisants d’organiser leurs actions de terrain.
Cette allusion aux groupes semble également cohérente avec les revendications publiées par un internaute le 7 mai dernier sur un forum spécialisé. Celui-ci affirmait avoir réalisé un dump (une copie) du site actionpopulaire.fr, qui lui donnerait accès à 120 000 emails uniques, 20 000 numéros de téléphone, un nombre non précisé d’adresses physiques, ainsi qu’aux messages et échanges réalisés par l’intermédiaire de la plateforme.
Outre les messages individuels adressés aux victimes potentielles, LFI a communiqué de façon plus large auprès de ses sympathisants. Signé par Manuel Bompard et diffusé, notamment, sur les canaux Discord du parti, le message admet une fuite, mais ne corrobore pas les allégations du pirate supposé :
« Nous sommes encore en train d’investiguer pour préciser les conséquences de ces attaques. Il semble qu’en effet des données liées à certaines personnes ont pu être compromises. En revanche, contrairement à ce qui a été indiqué sur les réseaux sociaux, il ne s’agit ni du fichier de tou·tes les utilisateur·rices d’Action populaire, ni des signataires sur le site de soutien de la campagne présidentielle. »
Le coordinateur du parti confirme par ailleurs qu’une plainte va être déposée, outre l’alerte transmise à la CNIL et à l’ANSSI. « De manière générale, dans le contexte de généralisation de piratages de données ayant par exemple visé des institutions publiques, nous invitons tou·tes les camarades à faire preuve de la plus grande vigilance dans les messages qu’elles et ils pourraient recevoir sur leurs coordonnées personnelles », écrit encore le parti, avant d’appeler aux habituels conseils de vigilance.
La divulgation de cette attaque intervient alors que le leader du parti, Jean-Luc Mélenchon, a annoncé dimanche 3 mai, au 20 heures de TF1, sa candidature à l’élection présidentielle de 2027. Le dépôt GitHub dédié au code d’actionpopulaire.fr témoigne quant à lui d’une forte accélération du volume de commits depuis le 23 avril dernier.
Rappelons que d’un point de vue réglementaire, les informations qui révèlent l’orientation politique relèvent de ce que le RGPD qualifie, dans son article 9, de « données sensibles ».
Commentaires (15)
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Abonnez-vousLe 11 mai à 16h57
Le 11 mai à 17h18
J'étais encore militant en 2020 (mais pas à LFI) au moment de la pandémie.
Les réunions militantes, internes, ont alors basculées sur toutes les solutions disponibles sur le marché. Et ça a structuré des canaux de communication. Et de mon côté j'ai "connu" Discord comme ça. Enfin, je connaissais de nom. Mais je l'associais aux jeux vidéos.
J'imagine que ça a été la même chose ailleurs.
Le 11 mai à 17h27
Source Le Parisien : LFI, le parti aux trois adhérents
Le 11 mai à 17h40
En fait ils se vendent bien plus comme un « projet » (d'où le fait que les "adhérents" ne votent pas, car le projet existait déjà avant leurs adhésions), que comme un "parti" classique (où on paye son adhésion et on peut voter pour modifier le projet au fil du temps).
Le 11 mai à 17h50
Le 11 mai à 23h56
Le 11 mai à 18h49
Je comprends que ce système gêne certains, mais cela reste démocratique, contrairement aux clichés qu'on entend sur la "diktatour du lider maximo". La différence est que si tu es là, tu es déjà d'accord avec les idées principales. Donc on ne te demande pas "quoi" (que faut-il faire) mais "comment" (on sait quoi faire, maintenant comment on s'organise).
L'autre différence c'est comme le "quoi" est déjà défini, on gagne du temps en discussions, plutôt que se disputer sur des querelles d'égo (cf. Vallaud ce week-end), ou sur le programme (chez les écolos où il y a autant de courants que d'adhérents). Au final quand 2 courants font ~50% c'est démocratique, mais tu as toujours une moitié qui est déçue et ne tire à l'opposé. Donc autant se séparer... ce qui revient à appliquer l'autre système.
Perso je préfère mettre mon énergie sur des actions concrètes plutôt que débattre ad vitam sur des sujets qui ne seront jamais tranchés car il y aura toujours 45% de mécontents.
Le 11 mai à 20h07
Ce qui me paraît nébuleux dans tes explications, c'est ce qui est soumis au vote : tu dis que "les adhérents peuvent voter pour ou contre" (j'imagine, plutôt les sympathisants, à ce niveau, non ? Parce-que si ce sont bien els adhérents ça fait pas beaucoup de monde), ielles votent pour ou contre quoi, du coup ?
(j'imagine que les "motions" ou les "idées", appelle ça comme tu veux, sont proposées au vote sans être rattachées à une personne précise, ce qui évite de désavouer une personne si son idée ne passe pas, j'ai bon...?)
Modifié le 11 mai à 20h27
Le vote se fait sur l'adhésion à la ligne politique. Rien n'est rattaché à une personne, puisque justement il y a consensus sur le programme, donc personne ne porte la motion truc ou l'idée bidule. C'est un peu comme un référendum, tu votes oui ou non, sans nuance possible. Mais pour moi, si tu votes non, c'est que tu désapprouves l'essentiel, donc oui "tu te casses" mais je ne vois pas le problème, à moins d'aimer se faire mal... L'offre politique est pléthorique, en ce moment un parti est créé chaque jour.
Ceux qu'on appellent les purgés de LFI ont fondé leur parti/mouvement (L'Après) et c'est très bien.
Et si tu ne trouves vraiment pas chaussure à ton pied... Fabrique ta chaussure, ça n'a fera qu'une de plus dans un magasin déjà bien rempli :)
Modifié le 12 mai à 09h05
Si vraiment le seul vote c'est "pour ou contre" un texte, c'est une proposition totalement biaisée sur lequel tu ne peux émettre aucune nuance. Tu donnes un accord global, de principe. Mais avec une telle approche sur la proposition, c'est le "tout ou rien". Qu'est-ce qu'il se passe si les gens votent contre ? La nature a horreur du vide. La politique aussi. N'importe qui préfère une solution boiteuse que la destruction.
Par ailleurs, ces histoires de purges et compagnie ; ça se voit aujourd'hui à cause de figures populaires, mais la traque au désaccord ne date pas d'hier : la scission du NPA qui a refusé la candidature de Poutou en 2012, elle a mené sa petite vie au Front de Gauche ; elle a suivis les recomposition et truc muche, et quand LFI (qui n'est effectivement pas un parti au sens classique) est advenu, ils ont fini en confettis (avec ceux qui arrivent à garder leurs cartes LFI, ceux qui en ont été balayés, etc.).
Et il n'y a pas de hasard : c'est l'éducation politique de Mélenchon. Il a fait ses armes chez les lambertistes avant d'arriver au PS ; il en a gardé l'attachement à la définition d'un programme pour une organisation, ainsi qu'un refus de voir des courants capable d'émettre des propositions alternatives. Ce n'est évidemment plus la même chose. Le programme n'est pas le même, et la manière de "gérer" les courants aussi ; sans organisation structurée et avec une base diluée, c'est plus simple.
Le 12 mai à 11h38
Quant à la démocratie interne, on voit ce que ça donne ailleurs : des luttes fraticides, des clans qui ne veulent plss se parler. Les écolos, le PS, LR,... Ils se sont tous déchirés à un moment ou un autre, et ça a souvent mis le parti en péril. Chacun a sa préférence, perso seul le programme m'intéresse, je me moque de la personne qu'on met sur la photo.
Le 13 mai à 08h42
Je parle bien de 2012 et du départ d'un-tiers des militant.e.s du NPA pour le Front de Gauche, y compris une une porte-parole (Myriam Martin) qui avait porté sa faveur à Mélenchon.
Réduire les désaccords à des "luttes fratricides", à des "clans" ou des "ego" (pas cités ici) me paraît réducteur et dépolitisant. C'est des sujets d'adaptation à la conjoncture, aux rapports sociaux et économiques. LR comme le PS sont des partis essorés de leurs pratiques du pouvoir (et c'est le facteur déterminant qui a permis à Macron de prendre le pouvoir), la real-politik et les contre-réformes d'adaptation au manque de rentabilité capitaliste. LR a fini en secte, la macronie (ou ce qu'elle deviendra) ayant pris le leadership sur les attentes du patronat, les éléments les plus cohérents et réalistes de LR ont tous transbordé de l'autre côté. Pour ce qui reste, c'est l'idéologie de chasse sur le FN/RN qui reste. Et Ciotti est aller au bout de la logique en faisant alliance avec l'extrême droite. Le reste de LR c'est des rabougris, une étiquette encore maintenu grâce à des noms ayant un ancrage local historique. Et au PS on se cherche. On s'est déclaré dans l'opposition à l'arrivée de Macron sans se comporter comme une opposition. Il s'est effondré électoralement et ses sièges ne subsistent qu'à travers des jeux d'alliances - leur problème étant leur absence d'orientation, de programme, donc toujours à être remorqué par autrui. Le NFP aux dernières législatives. Et Glucksmann aux européennes. Et l'appareil de Glucksmann c'est de la macronie en rupture...
Je souscrits tout à fait à ta dernière phrase. Mais c'est aussi un tort de considérer et d'accepter le prisme superficiel et dépolitisant des médias. Les noms n'existent jamais seuls. Ils recouvrent toujours une réalité plus large.
Le 12 mai à 10h11
Le 12 mai à 10h17
Merci
Le 12 mai à 06h57
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