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Cybersécurité : l’ANSSI lance son mécanisme REACTIV dédié aux services de l’État

L’ANSSI a annoncé ce 7 septembre la mise en place d’un dispositif nommé REACTIV (REponse & ACTion Interministérielle face aux Violations de données). Créé à la demande du Premier ministre, il doit permettre la mobilisation immédiate des compétences et moyens de l’agence de sécurité pour les ministères touchés par des cyberattaques.

Selon l’annonce officielle, le nouveau mécanisme se traduit concrètement par une bascule des efforts opérationnels pour renforcer l’appui aux ministères sur deux volets : le traitement des compromissions de comptes utilisateurs et l’analyse des violations de données.

Surtout, REACTIV renforce l’autorité de l’agence sur deux points spécifiques. D’abord, la possibilité pour l’ANSSI d’imposer aux ministères des mesures immédiates de protection des données, à appliquer dans des délais contraints. Ensuite, la centralisation par l’agence de la communication technique de crise en cas d’attaque touchant des services de l’État.

Illustration : Flock

Ce renforcement « complète les mesures de la Feuille de route des efforts prioritaires en matière de sécurité numérique de l’État 2026 - 2027, dont le Premier ministre a demandé l’accélération de la mise en œuvre, afin de rehausser significativement et durablement le niveau de sécurité des réseaux ministériels », indique l’ANSSI.

Le mécanisme semble être une réponse structurelle à ce qui est clairement une accumulation d’incidents depuis plusieurs mois : l’Agence nationale des titres sécurisés (devenue France Titres) en avril dernier, puis cet été le ministère de l’Éducation, la direction générale des Finances publiques (DGFiP), le ministère de l’Intérieur, le Serveur professionnel de données cadastrales et les fichiers des successions vacantes. Une multiplication telle qu’elle a fait l’objet d’une question écrite à l’Assemblée nationale le 1er septembre.

Un tel mécanisme était-il nécessaire ? Probablement, car les faits plaident pour des capacités d’action supplémentaires. La mention par l’ANSSI de mesures immédiates « dans des délais contraints » semble le point essentiel de l’annonce. L’agence a toujours fonctionné jusqu’à présent sur un mode d’accompagnement et de conseil plutôt que d’injonction, ce qui change donc avec REACTIV. La question des moyens alloués à l’agence reste cependant entière, d’autant que les rôles de l’ANSSI vont se renforcer à l’aune des nouveaux textes européens sur la cybersécurité : NIS2, REC, DORA et le Cyber Resilience Act, que nous évoquions récemment.

Dans un billet dédié sur LinkedIn, Vincent Strubel, directeur de l’ANSSI, précise d’ailleurs que cet effort est « temporaire » et qu’il se fait « au détriment d’autres pans de la menace », que l’ANSSI ne perd « pas de vue pour autant ». REACTIV « n’évitera pas toutes les attaques, mais doit nous permettre d’être plus réactifs et plus directifs, pour au moins limiter la casse le temps que les mesures de long terme prennent effet, et de partager plus d’informations pour mieux comprendre », ajoute Vincent Strubel.

Commentaires (3)

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Réaction mais pas anticipation...

C'est déjà un début, mais il faudra aller plus loin en incluant la sécurité dès le design, en classifiant bien les données pour voir lesquels ont besoin d'être accessible, en renforçant les audits, en monitorant les activités réseau/CPU avec détection des écarts sur les baseline...
Bref il y a du boulot !
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Il faut un AUDIT de tous les sites gouv.fr avec analyse du backend et RSSI !!! ce n'est pas normal que des milliers de lignes soient extraient sans aucune alerte/kill switch, pas de MFA (et surtout vérifié que dans Multi il n'y a pas de service de mail), réinit de tous les MDP, régénérer tous les certificats VPN, bref combler les trous utilisé sur toutes les dernières fuites.
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Une action avant les violations de données, ça serait trop demander ?

Plus d'accès à distance tant que ce n'est pas sécurisé.
Pas d'accès à tout pour tout le monde par défaut.
Des quotas d'accès par jour conforme à ce qu'un humain peut faire en une journée de travail.
Des sanctions pour tout manquement à la sécurité.