Connexion Premium

Contre Epic, Google obtient une semaine de délai pour modifier son Play Store

Demain, mercredi 22 octobre, Google est censé répercuter la décision du tribunal dans sa défaite majeure contre Epic. La principale conséquence est que les développeurs vont pouvoir utiliser d’autres systèmes de paiement aux États-Unis que Google Play Billing.

Le juge James Donato, en charge du dossier, vient d’accepter de repousser l’échéance au 29 octobre, sans que l’on sache pourquoi. Comme le signale notamment The Verge, Google n’a pas motivé publiquement sa demande, et l’acceptation du tribunal n’est pas non plus expliquée, pas plus que celle d’Epic, qui était nécessaire.

Présentation de l'Epic games Store sur Android et iOS

Une piste pourrait être la demande d’appel que prévoit de lancer Google à la Cour suprême, plus haute juridiction du pays. Il serait cependant étonnant que celle-ci s’en mêle, car elle avait sèchement rejeté une demande similaire d’Apple en janvier 2024.

La situation pour les deux entreprises s’est largement compliquée au cours des dernières années des deux côtés de l’Atlantique. Le courant actuel des évènements va vers une considération plus générale des smartphones et tablettes comme de simples ordinateurs, avec des processus d’installation d’applications tierces plus libres. Google et Apple sont vent debout contre cette idée. En Europe, Apple répète ainsi à l’envi que le DMA entraine une baisse de sécurité par la simple possibilité de laisser des boutiques tierces exister.

Commentaires (10)

votre avatar
Le courant actuel des évènements va vers une considération plus générale des smartphones et tablettes comme de simples ordinateurs, avec des processus d’installation d’applications tierces plus libres.
C’est sacrément optimiste. Je n’attends que ça hein. Mais dans les faits le DMA n’a toujours rien changé à la situation sur iOS et c’est à cause d’Apple.

Et comme Google semble vouloir aller tranquillement dans la direction opposée j’avoue ne pas partager cet optimisme.
votre avatar
Mais dans les faits le DMA n’a toujours rien changé à la situation sur iOS et c’est à cause d’Apple.
Il y a le temps législatif et le temps de la justice. Le DMA a déjà changé des choses puisque les entreprises de la Tech US passent leur temps à s'en plaindre et à tout faire pour traîner des savates.
votre avatar
On est d’accord. Et honnêtement je pense que ça arrivera.

En fait ce qui me dérange avec le DMA c’est que j’ai l’impression que ça n’ira pas assez loin. Un jour de gré ou de force, Apple et Google seront certes conformes mais je les voit bien faire tellement zéro effort (traîner du pied sur les APIs, les corrections de bug, l’histoire de la notarisation, respecter la loi au millimètre et pas un truc de plus) et mettre tellement de bâtons dans les roues qu’au final personne ne va s’enquiquiner à profiter de cette ouverture.

Je le vois bien sur l’Alt Store par exemple : alors que le truc aurait pu commencer à frémir au moins un tout petit peu depuis l’application du DMA, ya littéralement pas une seule application de plus de dispo que sur l’ancien Alt Store (qui pour rappel utilisait les signatures développeur de 30 jours pour fonctionner).

C’est maintenant techniquement possible de développer et d’installer des applications sans passer par l’App Store mais c’est juste tellement plein de contraintes que littéralement personne ne s’est attelé à quoi que ce soit pour le moment.
votre avatar
Le rapport de force reste extrêmement déséquilibré aujourd'hui avec des entreprises dont le CA équivaut au PIB d'un État et qui sont soutenues par la première puissance économique mondiale. Les attaquer prend du temps, de la volonté, mais aussi beaucoup de diplomatie.

On pourrait se dire à coup de yaka faukon qu'il suffit de leur interdire le marché unique pour les faire bouger. J'ai moi-même plusieurs tenu ce propos d'une façon ironique.

Sauf que dans la réalité, on tombe aussi dans la géopolitique qui peut déclencher une violente spirale de représailles. Les USA sont aujourd'hui dirigés par un despote autoritaire aux réactions imprévisibles. Ce qui fait qu'après le temps législatif et le temps de la justice, un troisième joueur entre dans la salle : le temps de la diplomatie.

Et ce n'est pas qu'externe, mais aussi interne. Typiquement, l'Irlande voudra-t-elle se mettre à dos les entreprises qui aujourd'hui supportent son économie ? (peut-être qu'elle s'en mord les doigts aujourd'hui) Entre ça et les attaques externes qui ont pour objectif de faire éclater l'UE en aidant à placer des pseudo nationalistes au pouvoir (plus facile de soumettre des petits dans leur coin qu'un groupe à peu près solidaire), autant dire qu'on est attaqués sur tous les fronts.

La question diplomatique est donc de savoir qui a le plus à perdre dans l'histoire.
votre avatar
Je suis tout à fait en phase avec ton analyse que je partage aussi.

Et en vrai, la première fois que j’ai entendu parler du DMA, je me suis dit « wow ». C’est déjà quelque chose d’énorme et de positif juste le fait que ça existe et que ça soit appliqué.

Mais effectivement les bras de fer risquent d’être très longs et sans parler des conséquences pour le consommateur, c’est autant de temps perdu pour des business européens qui pourraient se développer grâce à cette réglementation.

Après personnellement je rêve que l’on arrête de faire dans le détail à fliquer chaque action de chaque GAFAM mais qu’on impose que chaque appareil informatique vendu sur le territoire ait un bootloader qui soit déverouillable et, soyons fous, que les drivers soient fournis.

À titre personnel si j’avais la possibilité d’installer un autre OS sur mon iPhone, je serai beaucoup moins exigeant envers les décisions d’Apple sur son OS puisque je pourrai effectivement changer de crémerie à tout moment.

Et en plus ce serait une opportunité pour développer une ou des vraies distribs européennes, dont on aura bien besoin le jour où les US voudront nous faire une guerre électronique. Aujourd’hui on est à un AVC de Trump d’avoir tous nos téléphones qui ne démarrent plus, par exemple.
votre avatar
Je m'étonne que l'UE ne profite pas du DMA pour pousser un store officiel des applications étatiques.
Cela aurait le mérite d'être concret pour tous le monde sur le concept de store alternatif, de montrer aux USA que l'on se donne des portes de sortie en cas de pression via les GAFAM.
Et soyons fou, une obligation de vendre des smartphones avec ce store officiel UE d'installé.
votre avatar
Et soyons fou, une obligation de vendre des smartphones avec ce store officiel UE d'installé.
Comme la Russie ? :fumer:
votre avatar
J’avais retenu que l’application russe, obligatoire, pour faire des appels vidéo et s’envoyer des messages. Elle s’imposait aussi aux personnes étrangères qui doivent l’installer quand elles arrivent sur le territoire russe. Ce qui donne une forte impression de traquer les gens.

En relisant, l'article de Next, je vois qu’il y a aussi d’une boutique d’applications.

Pour moi, la différence, c’est que la boutique d’applications UE serait obligatoire pour commercialiser les smartphones mais les citoyens n’auront pas d’obligations. La boutique garantirait juste que ce sont des applications officielles (sur Android, il y a rapidement des applications homonymes).
votre avatar
C'est aussi l'avantage que j'y vois (l'assurance de trouver les applications officielles).
Mais on sait bien que ça peut être un premier pas vers d'autres obligations/usages moins reluisants.
votre avatar
" DMA entraine une baisse de sécurité" ... oui oui, une baisse de sécurité de leur modèle économique, pas de la sécurité des citoyens.