À Cannes, des caméras pour détecter le port du masque

À Cannes, des caméras pour détecter le port du masque

Et bientôt mesurer la distanciation sociale

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Marc Rees

Publié dans

Droit

28/04/2020
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À Cannes, des caméras pour détecter le port du masque

Datakalab, « une start-up dans la Brain Tech qui a pour ambition de transformer le monde du marketing avec la prise en compte des émotions », a développé une technologie de détection des masques dans l’espace public. La ville de Cannes l’a déjà adoptée. L'entreprise va bientôt enrichir ses caméras pour mesurer cette fois la distanciation sociale.

Des caméras éparpillées dans des lieux publics pour détecter l’usage ou non de masques. Voilà le projet en place depuis le 26 avril sur trois marchés de la ville de Cannes (Forville, Gambetta, La Bocca). Et d’ici mercredi, c’est même dans les bus locaux (Palmbus) que cette technologie sera embarquée.

La solution est couplée à un système d’alerte. « Un SMS ou un email est envoyé aux employés municipaux chargés de la sécurité du lieu pour les informer de l’évolution du port de masque tout au long de la journée ». Une fois ces informations en main, « les équipes peuvent aller au-devant des Cannois pour une action pédagogique, bienveillante et citoyenne, les incitant au port du masque ou, le cas échéant, en distribuant des masques à celles et ceux qui n’en ont pas »

Cannes fait partie des communes ayant justement distribué des masques à la population. L’enjeu maintenant est d’évaluer les pratiques des citoyens à une quinzaine de jours de la sortie attendue du confinement.

La société assure respecter le RGPD sur le bout des ongles. Les données sont anonymisées, « les images sont traitées en local en 100 ms et on ne stocke aucune image » indique Xavier Fischer, directeur de Datakalab dans un communiqué

Next INpact a contacté le numéro un de l’entreprise, pour l’interroger déjà sur le cadre réglementaire de ces dispositifs. « À chaque fois que nous faisons un déploiement, nous réalisons une analyse d’impact » nous indique Xavier Fischer, CEO de la startup de 14 personnes. « Nous travaillons avec le cabinet de Gaulle Fleurance & Associés depuis le démarrage ». Cabinet qui a pu échanger avec la CNIL sur ce système. « Il a posé toutes les questions qui étaient importantes à l’autorité ». 

« Le flux n’est jamais stocké. Tout est fait en RAM  »

Chez Emotient, société spécialisée dans l'intelligence artificielle et l'analyse des expressions faciales rachetée par Apple en 2016, Xavier Fisher travaillait notamment sur les réseaux de neurones convolutionnels pour analyser des vidéos. Depuis, il a fondé cette startup avec son frère Lucas Fisher et Franck Tapiro, publicitaire français qui avait notamment travaillé avec Nicolas Sarkozy. 

Comment fonctionne ce produit ? « On installe des petites caméras. Derrière, des CPU traitent en 100ms le flux vidéo pour le transformer en données. Le flux n’est jamais stocké. Tout est fait en RAM et on ne conserve que des bases de données agrégées, typiquement des données de comptage et de pourcentage de port du masque ».

Ces données sont ensuite envoyées « uniquement lorsqu’on a plus de 10 personnes qui sont passées. Pourquoi ? Car si vous sortez de chez vous à 10h42 et 12 secondes tous les matins et qu’on a une caméra juste en face, le danger est qu’on pourrait dire qu’à 10h42 et 12 secondes, c’est la même personne, c’est vous. Et cela deviendrait une donnée personnelle ».

Selon le site officiel, « si une personne ne souhaite pas participer à notre analyse, elle peut faire "non" de la tête lorsqu'elle se trouve face à une caméra ». L’idée est ici de respecter le droit d’opposition (voir la capture du site 20minutes). « On veut respecter le RGPD point par point. On parle de droit d’opposition, mais encore une fois, nous ne stockons aucune donnée personnelle » ajoute Xavier Fisher. 

caméra cannes
Crédits : Datakalab

RGPD et intérêt légitime

Le traitement repose non sur le consentement des personnes passant devant le spectre de la caméra, mais sur l’intérêt légitime, autre porte d’entrée pour légaliser ces opérations. « Et si vous m’appelez demain pour me dire : "je suis passé devant une de vos caméras à Cannes, supprimez les données qui me concernent", je ne pourrais pas parce que je ne sais pas qui vous êtes ».

Outre ces garde-fous, « tout est sécurisé, encrypté, etc. de façon à ce qu’on ne puisse pas prendre la main sur notre système. Même nous, on n’a pas accès aux caméras. Le seul moment où on peut voir l’image, c’est lors de l’installation du dispositif. On reçoit une image sur notre serveur pour valider que la personne l’a bien mise en place. Et avant même d’envoyer ce screenshot sur le serveur, on floute les visages ».

La ville de Cannes n’est pas la première. Selon le site officiel, d’autres acteurs ont adopté cette solution comme ExterionMedia pour la « détection des masques via les panneaux d'affichage digitaux OOH présents dans 100 vitrines de magasins parisiens ». L’algorithme a ainsi déjà été implanté derrière ces panneaux.

Des cameras bientôt capables de mesurer la distanciation sociale

De l’aveu même du CEO, la société travaille à d’autres solutions, en particulier la distanciation sociale. Une solution va même être déployée dès la fin de semaine. L’idée ? « Typiquement, dans les bus, on pourra voir à quelle heure de la journée une distance moyenne a été plus ou moins élevée pour augmenter ou diminuer le nombre de bus en fonction de la fréquentation. C’est bien de dire qu’il faut un mètre entre tout le monde, mais si 1 000 personnes doivent prendre ce moyen de transport pour aller au travail, et qu’il n’y a pas assez de ligne, comment faire ? »

« Dans les transports, nous avons beaucoup de sollicitations » admet Xavier Fisher. D’autres villes que Cannes ont aussi marqué leur intérêt. « Nous ne pouvons pas trop en parler pour l’instant, c’est sous NDA [accord de non-divulgation, ndlr] ». Datakalab est prête à déployer sa solution même auprès des acteurs qui ne disposent pas des ressources suffisantes. « On a des discussions avec des hôpitaux et n’avons aucun problème à fournir des algorithmes gratuitement dans le cas où il n’y pas de budget ».

La société pense que sa solution pourra aider à gérer la deuxième vague, celle attendue après le déconfinement, toujours dans l’optique de gérer la distribution de masques.

La finalité ? Une analyse statistique, pas de « flicage »

La finalité du traitement est avant tout statistique, mais le numéro un de la startup reconnaît que des acteurs voudraient coupler à ces solutions de détection des mesures plus draconiennes (comme des interdictions d’accès). « Il y en a qui veulent, mais nous, on ne fera pas cela. Il y a le RGPD et nous, ce qu’on veut faire éthiquement. On sera toujours dans la statistique (…) notre but n’est pas de faire du flicage ».

Les données envoyées à la ville de Cannes « sont des batchs de datas sur au moins 15 minutes ou une heure. On veut contrôler que l’usage n’est pas du flicage » insiste le chef de la jeune entreprise. « On interdit clairement ce genre de pratiques dans les conditions générales de vente ».

Sur un terrain éthique, « bien entendu cela fait peur à tout le monde, car personne n’a pris le temps d’évangéliser le sujet. Ce n’est pas la techno qui est dangereuse, mais l’homme derrière la machine et la façon dont il l’utilise » assure le CEO. « On essaye de beaucoup parler aux médias, sinon ce n’est pas contrôlé et on dit que notre technologie est Big Brother ».

« Il n’y a pas de reconnaissance faciale. On fait simplement du comptage. C’est éphémère. On n'a de base de données sur personne. Pour vous donner un exemple, si vous passez deux fois devant notre caméra, vous allez être compté deux fois ».

« Il ne faut pas avoir peur » 

Comme l’avait relevé la CNIL lors de l’examen des micros placés dans les espaces publics de la ville de Saint-Étienne, des systèmes de surveillance peuvent avoir des effets sur les comportements psychosociaux, à savoir qu’un individu ne déambulera pas de la même façon s’il se sait sous un œil ou une oreille électronique.

« Il ne faut pas avoir peur », insiste encore Xavier Fisher qui se revendique des valeurs du RGPD. « C’est comme un détecteur de mouvement ou un outil de comptage par clics à l’entrée d’une salle de concert. Pour donner un parallèle, tous les jours on a des chiffres sur les naissances en France avec le pourcentage de filles et de garçons. Ce n’est pas pour autant qu’on a accès au numéro de sécurité sociale des parents. Nous, on fait des statistiques, des pourcentages ».

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Écrit par Marc Rees

Tiens, en parlant de ça :

Sommaire de l'article

Introduction

« Le flux n’est jamais stocké. Tout est fait en RAM  »

RGPD et intérêt légitime

Des cameras bientôt capables de mesurer la distanciation sociale

La finalité ? Une analyse statistique, pas de « flicage »

« Il ne faut pas avoir peur » 

Le brief de ce matin n'est pas encore là

Partez acheter vos croissants
Et faites chauffer votre bouilloire,
Le brief arrive dans un instant,
Tout frais du matin, gardez espoir.

Commentaires (51)


stratic Abonné
Le 28/04/2020 à 16h 22

Le système d’opt out en faisant non de la tête est tout de même un peu curieux. Soit le système:







  • ne garde vraiment rien en mémoire: alors, à Cannes, pour refuser il faut hocher la tête toute la journée.

  • conserve le cliché pour mémoriser le refus: alors, ce n’est plus conforme au RGPD, mais uniquement dans le cas d’un refus.




Le 28/04/2020 à 16h 24

Bien sûr contrairement aux tentatives de mise en place de la reconnaissance faciale à l’entrée de lycées et de mise en place de micros dans l’espace publique, ça, ça va passer crème puisqu’on est en état d’urgence sanitaire.



C’est fantastique toutes ces innovations techniques qui sous couvert d’être promues pour notre bien/santé/sécurité/[insérez-ce-que-vous-voulez-justifier], ont avant tout pour finalité de surveiller et de contrôller les faits en gestes de la populace.


Arcy Abonné
Le 28/04/2020 à 16h 29



« Un SMS ou un email est envoyé aux employés municipaux chargés de la sécurité du lieu pour les informer de l’évolution du port de masque tout au long de la journée ». Une fois ces informations en main, « les équipes peuvent aller au-devant des Cannois pour une action pédagogique, bienveillante et citoyenne, les incitant au port du masque ou, le cas échéant, en distribuant des masques à celles et ceux qui n’en ont pas »

Au bout de la seconde “action pédagogique, bienveillante et citoyenne” sur la même personne, une pénalité pour infraction au code de moralité sociale ?





Selon le site officiel, « si une personne ne souhaite pas participer à notre analyse, elle peut faire “non” de la tête lorsqu’elle se trouve face à une caméra ».

Ca, c’est un pont en or pour l’actu de Flock. <img data-src=" />



N’empêche, j’imagine bien des “non” dans la rue, juste pour être sûr qu’au moins une caméra ait repéré le refus du traitement …





« On a des discussions avec des hôpitaux et n’avons aucun problème à fournir des algorithmes gratuitement dans le cas où il n’y pas de budget ».

En gros, il ont trouvé des cobayes un labo un terrain d’exploitation et ils proposent de le faire gratos pour que ceux d’en face accepte. Et une fois que le produit aura bien été amélioré, apparition d’une licence.



Quoi, Google et Facebook ? Pas pareil, là c’est français !





La finalité du traitement est avant tout statistique, mais le numéro un de la startup reconnaît que des acteurs voudraient coupler à ces solutions de détection des mesures plus draconiennes (comme des interdictions d’accès). « Il y en a qui veulent, mais nous, on ne fera pas cela. Il y a le RGPD et nous, ce qu’on veut faire éthiquement. On sera toujours dans la statistique (…) notre but n’est pas de faire du flicage ».

Alors certes, j’avoue que c’est rassurant comme discours mais :





  • soit c’est du marketing et au final, ça va arriver.

  • soit le CEO est réellement sincère et, face au profit qui va vers d’autres acteurs, on note la disparition de l’éthique (et potentiellement celle du CEO pour une personne plus proche de “l’intérêt” de l’entreprise).









    « C’est comme un détecteur de mouvement ou un outil de comptage par clics à l’entrée d’une salle de concert. […] »

    Sauf que pour ces deux éléments, c’est pas une caméra qui le fait. Et pour le traitement d’image en local, je reste dubitatif.


Citan666 Abonné
Le 28/04/2020 à 16h 29

Bah, autant le principe même de la reconnaissance me hérisse toujours le poil, autant là sauf à supposer des mensonges (pas envie de verser dans le complotisme gratuit) le système présenté me paraît être un excellent exemple d’implémentation intelligente, respectueuse et raisonnable.&nbsp;



On pourrait pas mettre juste eux sur l’application StopCovid ? On aurait une bien meilleure chance d’avoir une application fonctionnelle et encadrée…


Ami-Kuns Abonné
Le 28/04/2020 à 16h 29
Soriatane Abonné
Le 28/04/2020 à 16h 30

Au moins, l’entreprise a un peu travailler ses questions: au niveau du discours cela semble tenir.



Reste à voir si la parole et la technique sont identiques.


Sevodric Abonné
Le 28/04/2020 à 16h 56



« si une personne ne souhaite pas participer à notre analyse, elle peut faire “non” de la tête lorsqu’elle se trouve face à une caméra »





Un peu comme les cookies qu’on doit désactiver tout le temps ? C’est un non-choix par défaut. Comment ça peut être valable comme façon de signaler un refus. Sans compter les potentielles erreurs de détection.



&gt; « les images sont traitées en local en 100 ms et on ne stocke aucune image »



Dois-je conclure qu’il faut détecter la caméra et secouer la tête en moins de 100 ms pour de ne pas participer ?



L’absence de stockage est honorable et le tout à l’air bien renseigné et organisé mais cette histoire de faire “non” de la tête est ridicule.


Spike Abonné
Le 28/04/2020 à 17h 20

Il ne faudrait pas passer à coté de quelque chose …



Ok, ils sont clean, on a comprit, mais demain quand tout le monde aura pris l’habitude de ces trucs, qu’est ce qui empêchera la nouvelle direction (où la même qui aura bien évidement menti) de mettre à jour toutes leurs petites bestioles pour faire de l’espionnage/flicage de masse ?



C’est très simple d’upgrader ce genre de systèmes connectés aujourd’hui.



J’ai un client qui dispose de pas mal de matos dans son entrepôt et quand il faut mettre à jour (nouvelles fonctions hein ^^) ben cela ne prend que quelques minutes (tout du moins pour le matos pas en cours d’utilisation).


XXC Abonné
Le 28/04/2020 à 17h 30

C’est le double effet kisscool.

Tu porte un masque, on t’envoie la maréchaussée pour te coller une amende pour dissimulation du visage.

Tu ne porte pas de masque, on t’envoie la maréchaussée pour te coller une amende pour incivisme sanitaire.



-&gt;[]


Le 28/04/2020 à 17h 36







stratic a écrit :



Le système d’opt out en faisant non de la tête est tout de même un peu curieux. Soit le système:



ne garde vraiment rien en mémoire: alors, à Cannes, pour refuser il faut hocher la tête toute la journée.&nbsp;



Les jeunes kinés vont pouvoir s’installer sur Cannes, y a un gros marché en vue&nbsp;<img data-src=" />



Le 28/04/2020 à 17h 39

Surtout qu’il faudrait hocher la tête pour dire oui, sur un modèle opt-in, pour que ça soit RGPD-proof


Le 28/04/2020 à 17h 40







Citan666 a écrit :



Bah, autant le principe même de la reconnaissance me hérisse toujours le poil, autant là sauf à supposer des mensonges (pas envie de verser dans le complotisme gratuit) le système présenté me paraît être un excellent exemple d’implémentation intelligente, respectueuse et raisonnable.&nbsp;



On pourrait pas mettre juste eux sur l’application StopCovid ? On aurait une bien meilleure chance d’avoir une application fonctionnelle et encadrée…





Sans tombé dans le complotisme, t’as pas la même peur de risque de dérive qu’avec StopCovid ?



Le 28/04/2020 à 17h 59

Faut faire un non de la tête.



Mais bien appuyé le non, la tête à fond à droite, puis à fond à gauche.

Un peu comme une photo de profil quoi…



Et vous savez si le non est pris en compte si on ne porte pas de masque ?



Ce hochement de la tête risque d’être confu. Perso j’aurais préféré un autre geste moi….


Le 28/04/2020 à 18h 02

Je vois que ne suis pas seul à trouver le “nom de la tête” ridicule :)

Et le discours du directeur se veux rassurant c’est normal, il ne va pas dire qu’ils attendent un assouplissement des règles pour nous mettre une camera dans le puisque le marché se situe là aujourd’hui.

Après le monsieur est peut-être honnête mais parier là-dessus est quand même risqué.


Le 28/04/2020 à 18h 31

C’est la technique du Salami : on y va tranche par tranche, pas tout d’un coup, non, les gens ne sont pas très intelligents, ils ne comprennent pas que c’est pour leur bien.

Alors, hop, un p’tit coup d’appli smartphone : “c’est pour le covid”, hop, un p’tit coup de caméra intelligente qui stocke pas les images, là aussi contre le méchant covid…


Le 28/04/2020 à 19h 37

Le principe de faire non de la tête anéantit toute volonté de ne pas fliquer ou de ne pas faire peur aux gens, puisque l’usager sera par définition dans une situation inhabituelle, celle d’observer l’observateur dans la crainte que son non-consentement ne soit pas pris en compte.


Juju251 Abonné
Le 28/04/2020 à 20h 49

Il y a trois trucs (enfin, pas que mais trois principaux) qui me font tiquer :





  • L’action bienveillante et pédagogique, pour l’instant, mais qu’est-ce qui empêcherait le maire de prendre un arrêté pour verbaliser ?



  • Faire non de la tête … Euh, déjà en gros, si tu ne dis pas expressément non, le machin t’analyse.

    Et puis, encore faut-il savoir où sont situées les caméras. Elles sont visibles, une lumières et une alarme sonore s’allument lorsqu’elle détecte une personne ?



  • Le traitement en local en RAM … On pourra avoir accès au code source pour vérifier ?

    Idem pour l’histoire du chiffrement, il faut les croire sur parole ?



    … C’est vraiment pratique les états d’urgence, on peut faire passer ce que l’on souhaite en termes de mesure de surveillance …


Le 28/04/2020 à 21h 18

&gt;&nbsp;mais nous, on ne fera pas cela



Et ça, ça résume tout le problème. D’autres vont pas se gêner pour le faire.&nbsp;




  Alors perso, je préfère interdire toutes les caméras, même les bienveillantes, pour être sûr qu'il n'y ait pas le moindre abus.

Le 28/04/2020 à 21h 35

Secouer la main Fermée de haut en bas <img data-src=" />


Le 28/04/2020 à 21h 41







spidermoon a écrit :



Secouer la main Fermée de haut en bas <img data-src=" />





Poing fermé, index levé.



hwti Abonné
Le 28/04/2020 à 22h 59



« si une personne ne souhaite pas participer à notre analyse, elle peut faire “non” de la tête lorsqu’elle se trouve face à une caméra »



Si on était le 01/04, personne n’y aurait cru !



Dommage que la CNIL ait refusé les micros, on aurait pu se retrouver avec des personnes se baladant dans les rues en secouant la tête et en criant “non !” régulièrement, ça aurait donné un joli spectacle !


Ced Abonné
Le 28/04/2020 à 23h 15

Personne pour releve ce point: la « détection des masques via les panneaux d’affichage digitaux OOH présents dans 100 vitrines de magasins parisiens ».

On peut avoir plus d’info sur les panneaux qui a priori ne font pas que de l’affichage?


choukky Abonné
Le 28/04/2020 à 23h 59







Sevodric a écrit :



Dois-je conclure qu’il faut détecter la caméra et secouer la tête en moins de 100 ms pour de ne pas participer ?





<img data-src=" /> Oui, ça revient à dire qu’il faut constamment bouger la tête de gauche à droite lorsqu’on est dans la rue. <img data-src=" />

<img data-src=" /> On verra bien s’il y a une recrudescence de trouble musculo-squelettique. <img data-src=" />



edit: Et les récalcitrants auront gagné le port d’une minerve. <img data-src=" />



Le 29/04/2020 à 03h 35

Quand je lis ce genre d’article et que j’active mon filtre anti bullshit :



&nbsp;DansTonCulLab, « une bande de con dans la Brain Dead Tech qui a pour ambition de transformer le monde du marketing avec la prise en compte des émotions

», a copier coller un plugin de détection de visage pour y rajouter des masque pour l’espace publique.



&nbsp;La ville des fachos l’a déjà adoptée. L’entreprise va

bientôt upgrade la distro pour que&nbsp; ses caméras puissent cette fois la sociale.



La solution est couplée à un système d’alerte. « Un SMS ou un email

facturé 40€ est envoyé à la stasi chargés de la sécurité du lieu pour

les informer de l’évolution du port de masque tout au long de la journée ». Une fois ces informations en main, ils ne pourront rien faire du tout.



&nbsp;« Il ne faut pas avoir peur » : Le danger c’est l’homme et pas la technologie, même si avec cette technologie nous pouvont éradiquer l’homme en quelques clics.







&gt;&gt;&gt;&gt;&gt;&gt;&gt;&gt;&gt;&gt;&gt;&gt; ALLEZ VOUS FAIRE METTRE PROFOND AVEC CETTE MERDE. JE COURT PREPARER UN MASQUE COULEUR PEAU QUI FACE SAUTER LE SYSTEME.



&nbsp;


Ami-Kuns Abonné
Le 29/04/2020 à 06h 13

Parade, obligation de QR code sur les masque donnant l’identité du propriétaire.<img data-src=" />


Z-os Abonné
Le 29/04/2020 à 06h 55

On pourrait effectuer les traitements avec un rond ou une croix sur le masque au niveau de la bouche.



Sinon je trouve que tous ces masques font une excellente surface pour y mettre de la publicité. Autant les vêtements on a l’habitude.<img data-src=" />


Le 29/04/2020 à 07h 02

“action pédagogique, bienveillante et citoyenne”



A grand coup de gestes vigoureux ?



J’adore leur euphémismes ^^


Le 29/04/2020 à 07h 09

L’enfer est pavé de bonne intention. Outil magnifique pour état policier.


Le 29/04/2020 à 08h 01







Ced a écrit :



Personne pour releve ce point: la « détection des masques via les panneaux d’affichage digitaux OOH présents dans 100 vitrines de magasins parisiens ».

On peut avoir plus d’info sur les panneaux qui a priori ne font pas que de l’affichage?





La publicité DOOH, c’est le nouveau “marché” des publicitaires, qui rapporte déjà beaucoup et qui est encore très prometteur à leur yeux.



La publicité DOOH, c’est la possibilité de choisir en temps réel la publicité affichée en fonction des différents capteurs présents sur sur le panneau lcd, capteurs qui vont des simples capteurs de luminosité, hygrométrique (pour la météo), à la présence de caméras vidéos intégrées couplées à des technologies de reconnaissance faciale, de gestuelle, en passant bien évidemment par le tracking mobile avec le wifi, le NFC et le bluetooth…



&nbsp;Les modèles plus plus appréciés sont bien évidemment ceux qui comportent le max de technos permettant d’aspirer un max d’infos des personnes à proximité. A Paris, si tu y prêtes attention, tu verras de nombreux panneaux LCD avec des capteurs au-dessus ou sur les cotés de l’écran ( peu visible à la manière des portables)



Pour te donner une idée de l’intrusion du système proposé par ExterionMedia (qu’ils appellent offre CATCH, fallait oser !!), celui-ci propose déjà de détailler le nombre de personnes qui passent devant l’écran,le pourcentage de personnes qui ont regardé l’écran, le temps d’attention, le sexe, la tranche d’âge et l’émotion générée par le contenu.



Avec JCDECAUX en embuscade, nul doute que le nombre d’infos personnelles proposées vont augmenter à l’avenir.



&nbsp;Techniquement, sur Paris, ces 2 publicitaires avec leur nombre de panneaux DOOH sont en capacité d’identifier une personne (sexe, age, nom…), son modèle de tel portable, son numéro de carte bleu (avec un capteur nfc), ses liens (fidélité) avec les entreprises partenaires (tels carrefour, monoprix…), son adresse exacte,&nbsp; de suivre en temps réel son parcours piéton dans la ville (voire dans les magasins) avec identification de ses centres d’intérêt… ainsi que toute donnée qu’il est possible de déduire indirectement quand on les cumule (vitesse de déplacement, la personne est-elle chargée?, ses habitudes de sortie pour les courses, le jogging, les bars, etc…) bien évidemment cela incluant les liens sociaux (avec qui était-on?, chez qui allons-nous le plus souvent? , avons-nous une maitresse., etc…)



Ces panneaux sont une mine d’or pour les publicitaires.

Ces panneaux sont aussi une catastrophe pour le respect de la vie privée de chacun. Et il ne tient qu’à un fil le fait qu’ils deviennent une catastrophe pour nos vies tout court.

&nbsp;

A coté de ça, 1984 parait tellement inoffensif…



&nbsp;

&nbsp;



tazvld Abonné
Le 29/04/2020 à 08h 12







skankhunt42 a écrit :



&gt;&gt;&gt;&gt;&gt;&gt;&gt;&gt;&gt;&gt;&gt;&gt; ALLEZ VOUS FAIRE METTRE PROFOND AVEC CETTE MERDE. JE COURT PREPARER UN MASQUE COULEUR PEAU QUI FACE SAUTER LE SYSTEME.





Si les mecs ont bien entrainé leur système, ça ne marchera pas. Un conseil, au lieu de te cacher, fait toi passer pour quelque chose d’autre.



(Sinon, ironiquement, vue que tu portera un masque, tu fais exactement ce qu’ils souhaitent que tu fasses, donc le système a atteint son but…)



On vit une époque formidable.



&nbsp;Dans ma ville, il y a un Monop’ (un petit Monoprix, c’est nouveau par chez moi) avec un panneau vidéo (référence à ton lien vers le site de JCDecaux). Je détestais cette publicité de vitrine qui n’est pas auto-promotionnelle (pas toujours en tout cas) et qui bouge tout le temps (ça ressemble à la publicité du web des années 2000).



Si en plus, ça me scanne quand je passe devant, je vais éviter ce trottoir à tout jamais (je plaisante mais pas complètement).


Oui, quand on lit l’article, on a l’impression que ce prestataire de service d’une collectivité locale se donne un rôle d’expert en démocratie, ou au mieux de contre-pouvoir face à un élu local susceptible d’abuser de son autorité. C’est assez contre-intuitif sachant qu’une entreprise a une organisation peu démocratique (si ce n’est vis-à-vis des associés au capital social ou dans le dialogue avec des représentants du personnel). Cela-dit, cette entreprise a certainement des valeurs et une histoire qui permettent de lui faire confiance plus qu’à une autre (mais ça reste très relatif).


Le 29/04/2020 à 09h 23

Aller la prochaine étape c’est un hall of shame des gens qui :





  • N’ont pas mis de masques

  • Qui jettent un papier dans la rue

  • Qui traversent au feu piéton rouge

  • Qui fument dans la rue?



    Non mais on veux vraiment de cette société de la surveillance ? Moi non. Parce que ce que je vois en Chine me fait peur….


Le 29/04/2020 à 09h 35

Mais non le monsieur dit que ce sont que des stats et qu’il l’utilisera que pour ça.&nbsp;



Bon après, quant il vendra encore sa stratup et ventera tout son potentiel, ca sera plu de sa faute.&nbsp;


Jarodd Abonné
Le 29/04/2020 à 10h 41



Selon le site officiel, « si une personne ne souhaite pas participer

à notre analyse, elle peut faire “non” de la tête lorsqu’elle se trouve

face à une caméra »





C’est comme les boutons “Accepter / En savoir plus” pour les cookies navigateur : c’est de l’opt-out, pas de l’opt-in. On n’a pas vraiment de choix, si on ne dit rien c’est qu’on accepte. Et il faut bien être filmé pour que la caméra voit le signe (comme les micro Alexa/Google qui doivent tout écouter pour entendre le mot-clé). Je ne suis pas sûr que ce soit ce que dit l’esprit du RGPD qu’il cite à chaque phrase, comme pour se persuader qu’il le repecte.



Et si devant la caméra, on baisse la tête pour fouiller dans son sac à main, c’est considéré comme un oui ?



&nbsp;

« Typiquement, dans les bus, on pourra voir à quelle heure de la

journée une distance moyenne a été plus ou moins élevée pour augmenter

ou diminuer le nombre de bus en fonction de la fréquentation. C’est bien

de dire qu’il faut un mètre entre tout le monde, mais si 1 000

personnes doivent prendre ce moyen de transport pour aller au travail,

et qu’il n’y a pas assez de ligne, comment faire ? »





On regarde les données de validation de ticket/abonnement, puisque justement, depuis des années on nous serine qu’il faut valider, non pas pour nous fliquer, mais “pour adapter le service à l’affluence” ? Ou bien, on demande au chauffeur, qui doit bien pouvoir dire qu’entre 10 et 11h, il roule à 14 plein, et entre 17 et 18h, il est plein à 90% ?


Le 29/04/2020 à 11h 36







Jarodd a écrit :



On regarde les données de validation de ticket/abonnement, puisque justement, depuis des années on nous serine qu’il faut valider, non pas pour nous fliquer, mais “pour adapter le service à l’affluence” ? Ou bien, on demande au chauffeur, qui doit bien pouvoir dire qu’entre 10 et 11h, il roule à 14 plein, et entre 17 et 18h, il est plein à 90% ?





Homme du passé, ça manque un peu d’IA et de blockchain ton truc. <img data-src=" />



Jarodd Abonné
Le 29/04/2020 à 12h 33

Je sais, je n’arrive pas à être startup nation bullshit spirit compliant <img data-src=" />


Le 29/04/2020 à 12h 36

Et le cloud dans tout ça ? Ou alors c’est déjà has been ?&nbsp;<img data-src=" />


SebGF Abonné
Le 29/04/2020 à 16h 42







Ami-Kuns a écrit :



Et la loi interdisant de dissimuler son visage?

https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_interdisant_la_dissimulation_du_visage_dans_l%27espace_public







Prévu comme exception à son article 2.





Article 2 En savoir plus sur cet article…



I. ― Pour l’application de l’article 1er, l’espace public est constitué des voies publiques ainsi que des lieux ouverts au public ou affectés à un service public.

II. ― L’interdiction prévue à l’article 1er ne s’applique pas si la tenue est prescrite ou autorisée par des dispositions législatives ou réglementaires, si elle est justifiée par des raisons de santé ou des motifs professionnels, ou si elle s’inscrit dans le cadre de pratiques sportives, de fêtes ou de manifestations artistiques ou traditionnelles.



Inodemus Abonné
Le 29/04/2020 à 19h 00







js2082 a écrit :



la présence de caméras vidéos intégrées couplées à des technologies de reconnaissance faciale, de gestuelle



C’est pas interdit pour une caméra privée de filmer l’espace public ?



Le 29/04/2020 à 22h 13

Le gouvernement lui-même ne sait pas ce qu’il fait, mais on a bien compris que ce sera forcément un truc nauséabond quelque part entre 1984 et Black Mirror. Quelle bande de boulets.



On a besoin d’un dépistage de masse, pas d’une surveillance de masse… <img data-src=" />

&nbsp;

Vraiment ca sent le sapin pour tout le pays là. Dans 30 jours paf ! Ca fait des chocapics !


Le 29/04/2020 à 23h 46







Inodemus a écrit :



C’est pas interdit pour une caméra privée de filmer l’espace public ?





Plus exactement, pour les magasins, les entreprises ont le droit de filmer leur propre espace et les abords immédiats de leur vitrine. Vu la longueur de certaines vitrines, ça peut concerner quasiment une rue entière.



Pour les panneaux en pleine rue, c’est plus subtil:&nbsp; les mairies ont le droit de filmer la voie publique, et elles le font en utilisant les services des sociétés publicitaires. En passant, les contrats concernés indiquent que les sociétés publicitaires peuvent et doivent se servir des informations ainsi captées pour permettre la poursuite du contrat et&nbsp; le versement d’une rémunération à la mairie.

C’est une manière détournée d’accorder un droit qui n’existe pas.



SebGF Abonné
Le 30/04/2020 à 06h 22

En complément, les articles de la CNIL à ce sujet sont hautement instructifs :

https://www.cnil.fr/fr/videosurveillance-videoprotection


Le 30/04/2020 à 08h 14

On hurle à la dictature Orwellienne parce que l’on met des caméras sans stockage dans les transports en commun, alors que l’alternative consiste à placer des agents de sécurité dédiés ou de mettre des affichettes encourageant à la dénonciation.



Calmons nous.



Hurler à la possibilité d’une dérive totalitaire est complètement contre productif. Les dérives totalitaires et la mise en place de leurs outils ne sont de toute façon qu’à une élection ou quelques réformes près, et ce quelque soit le régime dans lequel on se situe. La mise en place de ces caméras ne nous rapproche ni nous éloigne de dérives. Ce ne sont que des yeux. L’important est le cerveau derrière.


Le 30/04/2020 à 08h 25







taxalot a écrit :



&nbsp;Ce ne sont que des yeux. L’important est le cerveau derrière.



Justement, le cerveau peut changer facilement (par vote, ou en fonction de l’émotion du moment, etc…). Si on peut éviter de lui préparer le terrain en préinstallant des yeux.



Le 30/04/2020 à 09h 26

Les yeux sont déjà là. Ils existaient avant l’invention de la caméra.


Le 30/04/2020 à 09h 32







taxalot a écrit :



Les yeux sont déjà là. Ils existaient avant l’invention de la caméra.





Oui, mais ils ne sont pas aussi efficaces. Pour preuve sinon, ils n’essayeraient pas de mettre en place ces cameras là.



D’ailleurs, les premières caméras de surveillance en ville ont été un grand débat à l’époque. Et certains ont juré la main sur le coeur qu’il y aurait toujours un humain derrière et jamais d’automatisme. Puis le temps passe, les équipes changent, la mémoire “s’y fait”, doucement mais surement…



Le 30/04/2020 à 09h 34

Ils sont effectivement moins chers et plus fiables.&nbsp; C’est donc mieux.



Le problème n’est pas la question de l’efficacité, mais de la volonté politique derrière.

Si le politique veut contrôler, il contrôle. Moyens pré-existant ou pas.


Le 30/04/2020 à 09h 38







taxalot a écrit :



Ils sont effectivement moins chers et plus fiables.&nbsp; C’est donc mieux.




Le problème n'est pas la question de l'efficacité, mais de la volonté politique derrière.       

Si le politique veut contrôler, il contrôle. Moyens pré-existant ou pas.








Mais, c'est moins efficace, moins discret, plus couteux, plus nombreux, plus compliqué qu'avant à contrôler (puisque plus nombreux), etc....


Le 30/04/2020 à 20h 59







taxalot a écrit :



On hurle à la dictature Orwellienne parce que l’on met des caméras sans stockage dans les transports en commun, alors que l’alternative consiste à placer des agents de sécurité dédiés ou de mettre des affichettes encourageant à la dénonciation.



Calmons nous.



Hurler à la possibilité d’une dérive totalitaire est complètement contre productif. Les dérives totalitaires et la mise en place de leurs outils ne sont de toute façon qu’à une élection ou quelques réformes près, et ce quelque soit le régime dans lequel on se situe. La mise en place de ces caméras ne nous rapproche ni nous éloigne de dérives. Ce ne sont que des yeux. L’important est le cerveau derrière.





N’importe quoi, les petites affichettes, c’est une idée personnelle ? Vous êtes d’humeur nostalgique ?



Faut arrêter de se raconter que c’est une nécessité.

La quadrature du net

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D’autant plus, effectivement, lorsque la police du pays traverse un légère crise identitaire (pour rester poli), et lorsque internationalement parlant, l’extrême droite se répand partout.