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Datacenters : Google affirme prélever 72 % de son eau en zone peu stressée… vraiment ?

Les comptes sont bons Kevin ?

Datacenters : Google affirme prélever 72 % de son eau en zone peu stressée… vraiment ?

Illustration : Flock

Cela fait maintenant trois ans que Google fait cavalier seul sur ses pourcentages d’eau douce prélevée dans des zones avec un niveau de stress hydrique faible, moyen ou élevé. Nous avons décidé de recalculer ses propres chiffres par rapport au standard du secteur, le WRI. Le référentiel de Google avantage Google, mais ce dernier affirme surtout qu’il est plus précis.

Google est l’un des plus gros consommateurs d’eau dans le monde des datacenters, avec plus de 50 millions de m³ prélevés en 2025. On ne parle que des prélèvements directs, pas de l’eau utilisée pour la production de l’électricité qu’il consomme (43,6 TWh en 2025, quasiment autant que le Portugal).

1 m³ reste dans tous les cas 1 m³. Le volume ne change pas, mais il peut avoir une influence suivant l’endroit dans le monde où il est prélevé. Dans les zones où l’accès à l’eau est facile, le niveau de stress est faible.

Cadre maison de Google vs WRI (et le reste du monde)

Le World Resources Institute (WRI), un organisme américain à but non lucratif qui se consacre aux questions environnementales, publie une carte des niveaux de stress hydrique dans le monde. Il s’agit de l’Aqueduct Water Risk Atlas, que nous avons intégré dans notre carte mondiale des datacenters. Les données en question ne sont pas celles de 2025, mais correspondent à la situation moyenne de 2019 (pas de mise à jour pour l’instant).

Le WRI est largement utilisé dans l’industrie pour estimer le pourcentage d’eau prélevé dans des zones avec un niveau de stress hydrique faible, moyen ou fort. En réalité il y a cinq niveaux : Low à moins de 10 %, Low-Medium à 10–20 %, Medium-High à 20–40 %, High à 40–80 % et Extremely High à plus de 80 %. Ils sont généralement (comme ici) regroupés en trois : faible (moins de 20 %), moyen (de 20 à 40 %) et élevé (plus de 40 %).

Google l’utilisait d’ailleurs jusqu’en 2023 (pour les données de 2022), avant de passer sur son propre « cadre d’évaluation des risques » (ou Water Risk Framework). C’est uniquement pour ses datacenters, le WRI reste de mise pour les prélèvements d’eau des bureaux de Google.

L’entreprise explique avoir utilisé des outils comme le WRI et reconnait qu’ils « sont précieux pour une évaluation préliminaire à l’échelle des régions et des bassins versants », mais ajoute qu’ils « ne sont pas destinés à saisir des détails plus granulaires ». De plus, Google rappelle à juste titre que « dans certains cas, l’approvisionnement en eau d’un site peut se situer dans un bassin géographique différent de celui où se trouve ce site », mais sans indiquer où se trouvent les approvisionnements de ses datacenters.

Son protocole est selon l’entreprise « évalué par des pairs », mais il n’est pas publié en détail… et donc non reproductible. Le rendre accessible aurait permis de mieux comprendre l’approche, de vérifier les chiffres et aurait permis à d’autres de l’utiliser.

Selon Google, 72 % des prélèvements sont dans des zones à faible risque

Voici les chiffres du rapport de 2026 (données de 2025) sur les prélèvements en eau douce, selon Google. Nous avons ajouté entre parenthèses la variation par rapport au rapport de 2025 (sur des données de 2024).

  • Risque faible : 72 % (stable)
  • Risque moyen : 15 % (+ 1 point)
  • Risque élevé : 13 % (- 1 point)

À l’aide de notre carte mondiale des datacenters, nous avons calculé les chiffres sur la base du WRI. Dans son rapport, Google donne les prélèvements et la consommation d’eau pour sa quarantaine de datacenters dans le monde, avec le cas échéant l’eau douce ou non. À Douglas County (États-Unis), Eemshaven (Pays-Bas) et Saint-Ghislain (Belgique), la différence est particulièrement notable : la grande majorité de l’eau prélevée est non potable.

Selon nos calculs sur le WRI, c’est bien moins

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Commentaires (5)

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🎵 Google ment, Google ment, Google est un charlatan 🎵
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Il y a un truc qui me chagrine. Depuis l’arrivée de l’IA on n’arrête pas de parler de la conso en eau.

Moi j’avoue que je pensais bêtement que le refroidissement des data centers était réglé depuis des décennies et qu’on utilisait des systèmes de pompe à chaleur (air/eau ou air/air).

C’est quoi cette nouvelle marotte d’utiliser de l’eau en circuit ouvert ?

(Je pourrai demander à une IA mais des fois j’aime bien les échanges humains même si ils sont plus longs)
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Ça doit coûter moins cher de pomper de l'eau et de la faire évaporer...
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Un air trop sec (clim) n'est pas bon pour l'électronique. Du coup c'est refroidissement adiabatique, ou des humidificateur.
Il faut ventiler le tout et crée un flux d'air, l'humidité part, il faut la renouveler :fou:
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Moi aussi j'ai longtemps tiqué la dessus.. selon ce que j'ai compris (en regardant une vido sur l'infra d'un datacenter en france, mais je retrouve plus le liens..

Tant que possible, la solution la moins chère de baisser la température, c'est par évaporation (comme les arbres...), donc de pulvériser de l'eau très propre sur des surfaces d'évaporation (très propre pour ne pas endommager la surface en question). Il peut arriver qu'on y arrive pas (taux d'humidité déjà trop élevé, ou différence de température trop grande), dans ce cas clim, mais c'est nettement plus cher.