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Les conférences développeurs appellent les entreprises à ne pas les laisser disparaitre

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Les conférences développeurs appellent les entreprises à ne pas les laisser disparaitre

Illustration : Flock

33 collectifs et associations engagés dans l’organisation d’événements techniques pour développeurs lancent un appel collectif. Entre budgets de sponsoring et achats de billets en baisse, ils redoutent que leurs conférences ne soient plus économiquement viables et que leur disparition ne participe à un appauvrissement général du secteur, particulièrement dans le contexte d’un recours accru à l’IA.

Bon nombre de conférences techniques destinées aux développeurs reposent principalement sur l’engagement d’une communauté de bénévoles, qui se chargent de trouver un lieu, fédérer des intervenants, communiquer en amont et assurer l’accueil des participants le jour J.

Leur motivation est indispensable, mais pas suffisante : entre location d’une salle, obligations réglementaires de sécurité, fournitures, repas et autres kakémonos, il faut aussi que le budget de l’événement s’équilibre. Particulièrement quand il est porté par une association locale ou un collectif qui ne dispose pas d’autres ressources financières que les recettes de l’événement et les adhésions de ses membres.

La mécanique économique se grippe

L’équation s’équilibre en principe grâce aux sponsors, c’est-à-dire les entreprises qui paient pour afficher leur marque sur les supports de l’événement, disposer d’un stand sur place le jour J et, souvent, profiter d’un canal privilégié pour diffuser ou faire connaître leurs recrutements en cours. Le reste du budget provient généralement de la billetterie, autrement dit le public payant de l’événement, dont les entrées (le tarif est de l’ordre de quelques dizaines d’euros) sont généralement payées par l’employeur des développeuses et développeurs concernés par la thématique.

Problème : il semblerait que cette mécanique plutôt conventionnelle se grippe. 33 organisations en charge de conférences tech viennent en effet de signer un appel commun à une plus large mobilisation du secteur :

« Les événements techniques traversent aujourd’hui une crise silencieuse. Budgets sponsoring resserrés, achats de billets en baisse, adhésions associatives en recul : partout, les mêmes signaux d’alerte s’allument et l’inquiétude s’installe au sein des organisations. Si rien ne change, nombre d’entre eux ne verront pas de nouvelle édition. Nous, organisateurs, organisatrices et associations tech, alertons aujourd’hui l’écosystème sur ce qui est en train de se jouer. »

L’appel est notamment lancé par l’AFUP, l’Association française des utilisateurs de PHP, qui organise chaque année le Forum PHP (prochaine édition les 8 et 9 octobre prochain à Disneyland Paris) et, en 2026, des déclinaisons baptisées AFUP Day, portées par ses antennes locales de Lille, Lyon et Poitiers.

« L’an dernier, notre événement phare était déjà en deçà de ses objectifs. Sur l’année 2026, la tendance s’est accélérée et a touché également l’AFUP Day. Nous avons été globalement en dessous de nos objectifs (billetterie et sponsoring), pour un résultat à- 17 % – soit environ 6 500 euros », nous confie Xavier Leune, membre de l’association.

Le forum PHP, nettement plus ambitieux en termes de budget, s’annonce quant à lui sous des auspices inquiétants. « Les premières semaines de vente ont marqué un nouveau recul puisque nous étions en moyenne à 30 % en dessous de l’année dernière. L’été nous a fait connaître un nouveau décrochage, nous sommes désormais à- 47 % sur la billetterie. Le sponsoring quant à lui est en recul de 25 % », s’inquiète notre interlocuteur. Sans inversion de tendance, l’événement pourrait se solder par un déficit suffisamment important pour compromettre la pérennité de l’association.

Trouver des sponsors et des visiteurs payants

Début juin, l’AFUP avait déjà alerté sur les difficultés rencontrées autour de ses différents événements :

« Malgré nos multiples prises de contact, malgré les appels à la communauté, la recherche de soutiens est difficile. De multiples entreprises nous indiquent ne pas avoir de budget marketing en 2026. La grande incertitude qui règne dans le secteur, que cela soit lié au contexte mondial, à l’arrivée de l’IA ou d’autres raisons économiques, n’invite pas les acteurs de l’écosystème à s’impliquer auprès de l’association ».

Si le Forum PHP fait figure de locomotive, les difficultés n’épargnent pas de plus petites conventions locales. En juin, l’asso qui organise le BreizhCamp indiquait elle aussi faire face à un sponsoring en retrait pour son édition 2026. « Cela nous a amené à augmenter le prix des billets, mais cette augmentation n’est malheureusement pas suffisante pour absorber le manque de recettes, nous avons donc dû renoncer à certaines dépenses cette année », décrivait-elle alors.

D’autres signataires jonglent eux aussi avec un budget d’autant plus difficile à équilibrer qu’il recèle une part d’incertitude jusqu’à l’ouverture des portes. Hors early birds, le gros des billets se vend en effet souvent dans les dernières semaines, alors qu’il faut engager en amont les dépenses liées au lieu ou à la restauration.

La conférence girondine BDX I/O, dont l’édition 2026 se tiendra les 29 et 30 octobre prochain, a par exemple abandonné le Palais des congrès de Bordeaux au profit des couloirs et des amphis de l’école Enseirb-Matmeca de Talence. Le mouvement traduit une réalité économique, que l’asso organisatrice a tournée à son avantage, en profitant des frais de location réduits pour passer son événement sur deux jours et donc proposer un programme plus soutenu.

À ce stade, elle envisage un atterrissage à l’équilibre, mais le résultat final dépendra à la fois de la billetterie et de la décision des sponsors encore en attente. « Les budgets se resserrent partout et sur toutes les topologies d’entreprises, et malheureusement des événements comme le nôtre ne sont pas la priorité quand il s’agit d’attribuer des budgets », analyse Amélie Benoit, membre de la petite équipe bénévole qui s’active, et s’épuise, depuis des mois pour monter l’événement.

Même si l’optimisme reste de rigueur, l’organisation chasse donc les postes de dépense susceptibles d’être réduits sans dégrader la qualité de l’accueil, tout en cherchant des leviers pour dynamiser son offre. « Nous sommes très heureux de pouvoir accueillir des start-ups gratuitement cette année. C’est un choix, pas économique du tout pour le coup, qui nous tenait énormément à cœur pour pouvoir diversifier le paysage d’entreprises présentes à l’événement, et pour avoir une meilleure représentation de l’écosystème tech à Bordeaux », illustre Amélie Benoit.

Entre expertise et velléités d’ouverture

Quels que soient la communauté, le langage ou les pratiques de développement concernées, la clé de voûte du succès reste bien sûr la programmation. Elle doit à la fois garantir un niveau d’expertise suffisant pour motiver le déplacement sur le temps professionnel, mais aussi s’ouvrir aux problématiques transverses qui animent les réflexions et les transformations du secteur. Sans surprise, l’IA fait désormais partie intégrante de la plupart des programmes, qui intègrent également de plus en plus de sessions dédiées à des enjeux sociaux ou sociétaux.

Pour les signataires de l’appel lancé par l’AFUP, c’est précisément cette alliance entre technique et humain qui fait le sel des conférences spécialisées, et qui justifie que l’on se mobilise pour leur survie :

« Nous passons désormais une large partie de nos journées à échanger avec des IA. Dans ce contexte, les événements techniques prennent une valeur unique : ce sont des lieux où l’on se retrouve entre humains, où l’on partage une expertise, où de nouvelles vocations naissent, notamment autour des projets open source dont dépendent silencieusement la majorité de nos entreprises. Ces projets ont besoin de contributeurs et contributrices, de mainteneurs et mainteneuses, de relève mais aussi d’enthousiasme et d’inspiration. Les événements techniques sont l’un des rares endroits où cette relève se construit. »

De façon plus pragmatique, ils rappellent que ces conférences sont avant tout un accélérateur de compétences, nourri par la confrontation directe à des retours d’expérience, d’autres pratiques, et les échanges informels avec des pairs.

Pour autant, les organisateurs invitent les entreprises à ne pas raisonner que via le prisme du retour sur investissement. « On oublie parfois que sponsoriser un événement, c’est aussi apporter une visibilité durable et un soutien incommensurable à tout un écosystème tech local. Sans ce soutien, les événements vont tout simplement mourir. Et il n’y aura possiblement plus d’événements lorsqu’elles auront des besoins de visibilité et de recrutement », regrette Amélie Benoit.

La perte serait d’autant plus dommageable que la plupart des conférences recueillent un haut niveau de satisfaction chez les développeurs qui les fréquentent. La conjoncture impose toutefois déjà des choix. Plusieurs associations ont par exemple entrepris de basculer vers des formats plus légers, de type meet-ups mensuels, plus simples à équilibrer sur le plan financier, mais aussi moins ambitieux. « On est loin d’un format conférence où l’effervescence, les échanges et l’apprentissage varié sont au cœur des valeurs », remarque Amélie Benoit.

Commentaires (15)

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Pour avoir fait quelques sessions du Forum ces dernières années, il y a aussi un critique régulière qui revenait et qui n'a jamais vraiment été écoutée : on a (trop) souvent les mêmes têtes lors des conférences.
Et ce n'est pas vrai seulement pour l'AFUP. Mais aussi pour d'autres conférences.

Le besoin d'avoir des "têtes d'affiches" est compréhensible, pour attirer. Le problème c'est que ça peut vite devenir de l'entre-soit. Honnêtement, avoir la moitié qui sont des noms identiques d'une année sur l'autre... ça devient lassant. Sachant qu'en plus ils sont aussi sur d'autres événements majeurs sur l'année.

Concernant le sponsoring, c'est plus compliqué et lié aussi au contexte économique (et politique). Beaucoup d'entreprises ont coupé les budgets de sponsor, et même retiré les déplacements de leurs salariés aux conférences, qui étaient jusque-là entièrement payées.

Peut-être que revenir aussi à des formats démat, comme cela s'est fait durant le covid, pourrait aider à relancer la machine ?

Edit : et ce n'est pas une critique envers les bénévoles/salariés des asso concernées, qui font un travail de dingue pour tenir ces événements du mieux qu'ils peuvent.
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C'est une problématique réelle qui a plusieurs origines :


  • Il y a en effet la volonté d'avoir des noms connus pour attirer des visiteurs.

  • Les conférenciers se professionnalisent : à force d'en faire ils ont l'habitude du process, ils sont à l'aise dans l'exercice, ils aiment ça donc ils le font quand ils peuvent. D'autres n'aiment pas trop et donc préfèrent regarder que de participer.

  • Il y a aussi le phénomène du syndrome de l'imposteur si je puis dire. Beaucoup de gens potentiellement aptes à faire une présentation ne le font pas spontanément car ils pensent qu'ils n'ont pas le niveau, qu'ils n'ont pas de sujet intéressant à montrer, etc.



Éviter ce phénomène n'est pas simple. C'est amusant car j'ai lu récemment un entretien de Anne Nicolas (qui organise la conférence Kernel recipes concernant le noyau Linux à Paris chaque année). Voici l'extrait concernant cette problématique justement :
Anne: j’ai fait partie de comités d’organisation de conférences, notamment à Solutions Linux [NDR : aujourd’hui OSXP]. J’ai vu aussi les appels à candidature, j’ai aussi participé, etc. Moi, ce qui me gêne un peu dans l’appel à candidature, c’est très bien, mais c’est qu’on a un peu toujours les mêmes personnes qui se présentent. On a quand même des speakers « un peu professionnels », dont leur boulot, c’est de faire de la conférence.
Et à côté de ça, il y a des gens qu’on n’entend jamais et qui ont des choses extrêmement intéressantes à raconter. On s’est dit que si on veut éviter ce mode de fonctionnement, effectivement, on ne va pas faire d’appel à candidature.
Donc, les premières années on allait chercher nous-mêmes les speakers et on faisait l’intégralité de l’agenda en fonction de l’actualité du moment, des sujets un peu brûlants, etc. Et puis après, ça marchait par le bouche à oreille, c’est-à-dire qu’il y a un speaker qui nous contactait l’année suivante et il dit « Tiens, j’ai vu ce mec-là, ce serait peut-être pas mal qu’on l’ait à la conférence, il y a des trucs à raconter, etc. ».
Et puis, depuis 4-5 ans, on a ce qu’on appelle un parrain. On trouvait intéressant de mettre en avant quelqu’un qui a une place un peu particulière dans la communauté. Alors, on a eu Steven Rostedt, et cette année c’est Jonathan Corbet de LWN.
Le parrain, son boulot, si je puis dire, c’est de nous aider à organiser l’agenda, nous aider à trouver ses speakers. Donc il fait une grosse partie du boulot, même si nous on en amène aussi, parce qu’on va en chercher aussi, par exemple au FOSDEM typiquement. Et tout ça, en fait, à la fin, donne cet agenda qu’on présente tous les ans.
Source : https://www.projets-libres.org/podcast/73-kernel-recipes-conference-noyau-france/

Elle essaye aussi de féminiser les présentations même si c'est délicat. C'est en tout cas à titre personnel la meilleure conférence professionnelle à laquelle j'ai pu assister.

Je suis presque sûr qu'elle pourrait en raconter des choses intéressantes concernant cette activité à Next, si jamais.
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C'est très intéressant comme approche !

Si un membre du bureau de l'AFUP passe par là, ça vaut peut-être le coup de vous renseigner et peut-être vous en inspirer :D
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très intéressant, merci pour le partage (et pour la suggestion)
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Il y a quand même pas mal d'initiatives en France pour faire émerger de nouveaux speakers, comme les tremplins.
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Si ce n'est que la moitié qui revient chaque année, ça veut dire que l'autre moitié se renouvelle.
C'est déjà énorme.

Monter en compétences pour animer ce genre de conférence, ne se fait pas du jour au lendemain, non plus.
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Hello, je me permet de réagir sur ce commentaire, ayant la double casquette : "gros" speaker, et membre de jury de sélection.

Je comprend parfaitement le sentiment de toujours voir les mêmes en conf, car objectivement : c'est vrai. Sur la vingtaine de conférences que j'ai fait l'an passé (en tant que speaker), j'ai toujours un noyau de 4-5 personnes que j'ai déjà vu au moins une fois dans l'année écoulée. Et en tant que membre de sélection d'un CFP (d'une petite asso locale), c'est une vraie tannée : on a toujours les mêmes qui viennent, et on galère à trouver de nouveaux speakers.

Sincèrement, je pense qu'aucun CFP parmi les confs en France (celles techniques, car celles à visée commerciale c'est un autre monde) ne réfléchi en "têtes d'affiche" : j'ai beau faire énormément de conf, je ne m'estime pas spécialement "famous", et encore moins "bankable" pour un CFP ; et aucun "serial-speaker" que je côtoie n'a cette mentalité.

Il faut également savoir que > 90% des CFP se font SANS savoir qui à soumis le talk : hormis pour les keynotes (qui ne sont jamais tirées sur un CFP), la sélection des talks retenus se fait uniquement au titre et à l'abstract. Bien entendu, certains talks sont connus et on sait juste au titre que c'est untel ou untel qui a soumis ; mais c'est rare (et quand ça m'arrive, je m'abstient de noter le talk) et surtout ce n'est valable que pour un talk (donc, théoriquement, l'avantage existe sur 6 mois - 1 an max).

Le réel soucis derrière le fait que "ce sont toujours les mêmes", c'est que c'est une question "d'implication" et de logistique : faire un Devfest Nantes, un Sunny Tech, un Devoxx France, c'est des jours de déplacement (qui ne sont pour ainsi dire jamais défrayé, vu à quel points les assos sont en galère de financement) ; des jours de congés (certaines entreprises comme la mienne "offrent" le jour où tu parles, mais les autres sont à poser) ; des jours loin de la maison (madame/monsieur pouvant rarement suivre, et on parle même pas des enfants). Rajoute à ça le fait que le talk en lui-même (même avec de l'IA), prend des (dizaines) heures à faire : monter les démos, les slides, répéter, vérifier que le timing est bon pour ne pas foutre l'orga dans la sauce le jour J...

A titre d'exemple, mes 20 conférences, ça m'a coûté (de ma poche) au bas mot 1500 balles et 15j de congés. Et hormis le plaisir de partager ma passion et ce que je fais, j'en tire aucun bénéfice (pas même d'image, aucun talk ne m'a apporté une proposition d'emploi, même de manière indirecte ; ça marchait peut-être y'a 15 ans mais c'est fini aujourd'hui).

Résultat, en effet, c'est "toujours les mêmes". Pas par choix de CFP, pas par entre-soi (d'ailleurs, en tant que "gros" speaker, on encourage systématiquement les gens qui hésitent à soumettre en conf, et on est toujours là pour aider les gens à faire leurs premiers pas là dedans) ; mais tout simplement par contrainte : une centaine de personnes en France proposent... pour toutes les confs de France. Et sur ces 100 personnes, très peu ont des jobs de "DevRel / Dev Advocate" qui défraient réellement l'ensemble du voyage.

Avant, il y avait plus de personnes, plus de choix ; car les entreprises étaient plus enclines à favoriser la prise de parole et le partage qu'aujourd'hui (et accessoirement, les associations ne galéraient pas autant, donc le défraiement - à minima partiel - était possible). Aujourd'hui, les assos ont plus un rond car les sponsors ne veulent plus mettre un rond en comm, et les entreprises n'octroient plus de temps ni de budget pour aller en conférence. Forcément, la diversité en souffre. Et tout le monde en souffre, gros speakers inclus : ça ne fait plaisir à aucun d'entre nous de voir qu'avant nous, c'est que des talks qu'on a déjà vu, et qu'après nous, c'est encore que des talks qu'on a déjà vu. Vraiment, on est tous perdant(e)s.

Et du coup, mot de la fin : si tu veux tenter l'expérience, même une fois, même sur une conf locale, ou si tu connais quelqu'un qui veut, franchement, allez-y ! Et n'hésitez pas à demander un coup de main pour préparer votre titre, votre abstract, votre talk. Vous aurez toujours du monde pour vous aider et vous accompagner car vraiment, que ce soit côté speaker ou CFP, voir des nouvelles têtes, bah... on adore !
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Je comprend parfaitement le sentiment de toujours voir les mêmes en conf, car objectivement : c'est vrai. Sur la vingtaine de conférences que j'ai fait l'an passé (en tant que speaker), j'ai toujours un noyau de 4-5 personnes que j'ai déjà vu au moins une fois dans l'année écoulée. Et en tant que membre de sélection d'un CFP (d'une petite asso locale), c'est une vraie tannée : on a toujours les mêmes qui viennent, et on galère à trouver de nouveaux speakers.
Oui, comme je l'explique il y a un phénomène où un cercle vicieux s'installe : ceux qui en ont fait quelques unes sont à l'aise avec le process, les idées, le fait de s'exprimer devant un public avec un certain niveau d'expertise, etc. Donc ces gens là reviennent et les autres ont du mal à se dire qu'ils pourraient présenter quelque chose d'intéressant car ça reste intimidant.

C'est un exercice compliqué, et pas de remèdes miracles car de toute façon il y aura forcément des gens qui reviendront régulièrement ne serait-ce parce que beaucoup de projets ont de gros contributeurs qui ont de fait de la matière à présenter régulièrement.
Sincèrement, je pense qu'aucun CFP parmi les confs en France (celles techniques, car celles à visée commerciale c'est un autre monde) ne réfléchi en "têtes d'affiche" : j'ai beau faire énormément de conf, je ne m'estime pas spécialement "famous", et encore moins "bankable" pour un CFP ; et aucun "serial-speaker" que je côtoie n'a cette mentalité.
Un peu quand même on ne va pas se mentir. Dans les confs liés au Logiciel Libre (milieu que je connais bien), il y a quand même une volonté spontanément de contacter certains noms d'office. Et c'est naturel à dire vrai, je ne pense pas que dans l'absolu ce soit une mauvaise chose, tout est question de proportions.

Typiquement Anne Nicolas qui malgré es efforts pour diversifier le programme de Kernel Recipes tente malgré tout de ramener Linus Torvalds au moins une fois pour des raisons évidentes. De même qu'avant lors des RMLL ou assimilés il y avait une volonté d'inviter Richard Stallman ou Bayart.

Le principal problème dans les confs commerciaux (à mon sens) c'est le poids des sponsors qui peuvent s'imposer dans l'agenda avec des présentations sans intérêt.

En tout cas pour en avoir organisé un petit à l'époque, c'était aussi beaucoup de boulot (et personnellement ce ne sont pas des tâches qui m'attirent), donc je ne jetterais pas à la pierre non plus à des gens qui essayent d'avoir au moins un événement qui tient la route même si ça manque de renouvellement par exemple.
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Merci pour ce retour instructif !
C'est bon d'entendre aussi un autre point de vue, ça fait relativiser celui que j'ai en tant que simple auditeur/participant.
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"Nous passons désormais une large partie de nos journées à échanger avec des IA"

Oula, non non, pas tous tous dev, non, oscour 😅

Et si c'est le cas pour les concernés, il ne faut pas s'étonner d'assister à la destruction de leurs rassemblements humains, c'est ce qu'ils ont indirectement demandé, du coup.
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Faut pas prendre la tournure complètement au pied de la lettre je pense. Il me semble que ce que veulent dire les signataires, c'est que l'IA est devenue une alternative à certain nombre d'échanges qui avant se faisaient via des humains. Quand tu ne savais pas, tu demandais à ton voisin, sur le canal interne de la boite, ou sur Stackoverflow, Discord ou autre. Maintenant beaucoup se tournent vers leur chatbot préféré. Ca veut pas dire qu'ils ne veulent plus d'interactions avec leurs pairs (enfin j'espère :D )
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Je confirme. L'IA trouve bien plus rapidement la source du problème, la trouve rapidement, et permet de ne pas attendre que ton collègue ait vu ton message (quand c'est pas un appel oskour dans un channel slack avec 300 personnes) et ça ne dérange personne.

Ce serait ridicule de s'en passer. Par contre, déjà que les devs sont pas toujours les meilleurs pour bosser en équipe, le métier s'est encore plus individualisé je trouve. Là où je bosse, les bureaux sont passés de bien trop bruyants à bien trop calmes.
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Ça me déprime un peu, en tant que participant, speaker, reviewer de CFP et même ex Orga de conf, de revoir les vieilles critiques de 2016 (formulées parfois à l'époque par des gens qui insultaient tout le monde sur les RS et qui s'étonnaient après de pas être retenus, mais c'est une autre histoire) alors que les orgas ont rivalisés d'ingéniosité pour continuer à motiver / sélectionner des nouveaux speakers et accompagner des minorités.

Sans nier qu'il y a effectivement des routards de la conf tech FR, il faut aussi se rendre compte que c'est très facile de ne voir que les speakers (semi) pro et d'ignorer (consciemment ou non) qu'il y a énormément de nouvelles têtes dans toutes les confs techs FR.

Je pense que certains devraient se rapprocher de leur asso locale et tenter la relecture d'un CFP pour mieux comprendre (ou organiser un meetup, soyons fous).
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Nous passons désormais une large partie de nos journées à échanger avec des IA.
Ben zavez qu'à inviter Claude et Kimi en guest stars et voilà.
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En effet les conf tech souffre, mais les conf «Agile» n’ont même pas eu ce loisir :craint:

Agile Grenoble : La plus ancienne (2008) et estimé, n’est plus. Il y a bien eu une tentative de la réinventer, mais elle a avorté.
Agil’Lille a fait sa dernière cette année
Agile Nantes : Dernière en 2025
Agile Sophia : Idem, 2025
Agile Toulouse : pas d’édition 2026
Agile Bordeaux : Ne sais pas si va faire une édition 2027
Agile Niort : idem, 2026 a été difficile
Agile Lyon : L’équipe veux passer le relai … sans repreneur pour l’instant
[…]

Bref, le mouvement Agile est dans le creux de la vague. Les causes sont multiples et le soucis de sponsoring n’est qu’une partie de l’équation.
Au delà de ces grand évènement il faut regarder les activités récurrente. S’il n’y a rien durant l’année il n’est pas facile de constitué une communauté assez large pour remplir les amphi durant 1 jour ou 2.
Il reste des petits noyau qui s’accrochent, mais sans relève

Perso, j’ai clairement vu une baisse de régime suite aux confinements.