IA : NVIDIA a investi 99 milliards de dollars, pour l’essentiel chez ses clients
Fabricant de pioches finance acheteurs de pioches
Illustration : Flock
Le 08 septembre à 08h31
En un an, le portefeuille d’investissement de NVIDIA a été multiplié par 14. En deux ans, par 45. L’essentiel des 99 milliards de dollars investis l’est dans des sociétés de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle, alimentant les alertes sur le risque d’explosion d’une bulle financière.
IA : NVIDIA a investi 99 milliards de dollars, pour l’essentiel chez ses clients
Fabricant de pioches finance acheteurs de pioches
Illustration : Flock
En un an, le portefeuille d’investissement de NVIDIA a été multiplié par 14. En deux ans, par 45. L’essentiel des 99 milliards de dollars investis l’est dans des sociétés de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle, alimentant les alertes sur le risque d’explosion d’une bulle financière.
IA et algorithmes
IA
5 min
Le portefeuille d’investissements de NVIDIA croit vite, extrêmement vite. Ce trimestre, l’entreprise a affiché 99 milliards de dollars de prises de participations dans diverses sociétés. L’immense majorité d’entre elles sont des entreprises numériques, très souvent clientes du constructeur de puces.
Le chiffre a de quoi faire rouler des yeux : en juillet 2025, la société détenait un portefeuille d’investissement de 7 milliards de dollars. Un an plus tôt, rappelle CNBC, il s’élevait à 2,2 milliards de dollars. Cette accélération phénoménale de sa politique d’investissement fait du constructeur de puces l’un des nouveaux piliers de l’investissement dans les sociétés numériques. Elle en fait aussi un acteur plus central que jamais de l’industrie de l’intelligence artificielle.
Des laboratoires, du néocloud, du hardware dédié à l’IA
Dans quoi investit NVIDIA, au juste ? Essentiellement dans la kyrielle de sociétés qui constituent la chaîne de valeur en aval de la fabrication de ses puces dédiées à l’IA. Au total, 48 milliards d’actions concernent des produits cotés en bourse, 48 milliards sont investis dans des sociétés privées et 3 milliards de dollars sont comptabilisés selon la méthode de mise en équivalence.
Côté participations publiques, NVIDIA détenait 30 milliards de dollars dans Intel fin juin 2026, 21 milliards de dollars dans Space X et des participations de 2 à 5 milliards de dollars dans CoreWeave (cloud dédié à l’IA), Coherent (laser), Synopsys (logiciels pour fabricants de semi-conducteurs et autres équipementiers électroniques) et Nokia. La partie privée est moins évidente. Mais il est clair que Nebius, un concurrent de CoreWeave, qui achète des puces puis loue leurs capacités de calcul, a aussi profité des largesses de NVIDIA. C’est aussi le cas d’autres sociétés spécialisées dans la photonique et l’optique, comme Lumentum et Marvell. Et le laboratoire d’IA Thinking Machine Lab est actuellement en discussion avec NVIDIA et d’autres pour lever 6 milliards de dollars — dont 2,5 milliards pourraient être versés par le constructeur de puces.
En plus de ces positions, NVIDIA vient d’annoncer l’achat de Hugging Face pour 12,9 milliards de dollars, ou encore 105 milliards de dollars de soutien au crédit pour qu’OpenAI puisse construire un centre de données dans l’état de l’Ohio.
La centralité de l’entreprise alimente les alertes
Auprès des investisseurs, la directrice financière de NVIDIA Colette Kress indique que les entreprises d’IA génératives ont des demandes de calcul si élevées qu’elles dépassent leurs bilans, et les empêchent d’emprunter. À ce titre, NVIDIA serait un acteur nécessaire pour faciliter l’innovation des laboratoires d’IA, en leur offrant les facilités de crédit qui leur permettent de continuer de « manœuvrer ce volant d’inertie ».
En dehors de l’entreprise, en revanche, la décision est décrite comme une manière de donner à des start-ups à peine sorties du nid la capacité d’acheter les GPU vendus par le constructeur qui les soutient financièrement. D’autres soulignent que le capital-risque, certes, aide certaines entreprises à innover, mais que dans ce cas précis, il fournit aussi à NVIDIA l’influence nécessaire pour s’assurer que toute évolution de l’industrie aille bien dans le sens des intérêts… de NVIDIA.
Connu pour avoir parié au bon moment sur la crise des subprimes aux États-Unis, Michael Burry critique NVIDIA pour sa propension à financer et investir dans ses propres clients. Le milliardaire investisseur Mark Cuban qualifie quant à lui le niveau de dépendance de l’industrie de l’IA aux financements de NVIDIA de « vraiment flippant ».
NVIDIA a annoncé un chiffre d’affaires de 96,2 milliards de dollars pour son deuxième trimestre, pour un résultat net de 59,7 milliards de dollars. Son portefeuille d’actions s’élève donc à un peu plus que le chiffre d’affaires réalisé en un trimestre. D’autres acteurs de l’industrie investissent plus encore : Amazon détient un portefeuille de plus de 100 milliards de dollars, tandis que celui d’Alphabet s’élevait à 232 milliards fin juin. La différence la plus flagrante, relève The Next Web, tient dans la vitesse de constitution de ce panel d’investissements : chez Alphabet, il a été constitué en plus de vingt ans, tandis que chez NVIDIA, l’essentiel des positions ont été prises au fil des deux dernières années.
Commentaires (13)
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Abonnez-vousLe 8 septembre à 08h36
Modifié le 8 septembre à 11h08
J'aime particulièrement la détricotage des emprunts, investissements croisés, et des garanties très ténues, etc... et l'arriver massive du "private" equity autrement dire s'échanger des trucs (emprunts, actions, monnaie de singe...) dans l'ombre, à l'écart du marché.
Le 8 septembre à 13h13
Le 8 septembre à 15h25
Le 8 septembre à 09h20
Le 8 septembre à 10h29
Le 8 septembre à 10h35
Le 8 septembre à 11h03
Modifié le 8 septembre à 11h08
Cela veut donc dire que NVidia est prêt à tirer un trait sur la totalité du financement accordé aux entreprises qui ne passeront pas le cut ?
Quant aux autres entreprises, je n'ai encore jamais entendu de perspectives de rentabilité à courts ou moyens termes et en continuant d'ajouter de la dette à la dette pour se financer, il y a bien un moment où cela ne pourra plus être supportable...
Le 8 septembre à 11h10
Le 8 septembre à 13h25
La seule activité qui peut consommer autant de cash en investissement, c'est l'IA, donc ses clients. C'est donc là qu'elle investit.
Une solution plus raisonnable serait de distribuer ce cash sous forme de dividendes à ses actionnaires. Ceux-ci pourraient peut-être diversifier leurs placements, mais pas tant que cela : les autres secteurs ne pourraient probablement pas absorber de telles sommes à investir. On retombe sur le même problème.
Le 8 septembre à 14h21
On a une société qui génére tellement de cash car elle surfacture le cout réel à ses clients.
Les clients à un certain moments n'ayant plus les moyens d'investir vue les couts se font subventionner par la même société qui les surfacture.
Conclusion: les bénéfices de la société proviennent d'une économie circulaire qui risque de s'effondrer à chaque instant quand les dettes des entreprises ne seront plus supportables avant que ces entreprises soient rentables.
On est dans une fuite en avant.
Modifié le 8 septembre à 14h40
NVIDIA sait mieux que personne qu'il y aura une correction mais elle pense qu'en investissant chez ses clients, elle aura investi sur les futurs survivants de cette correction et qu'il y aura alors des revenus qui compenseront les pertes sur les investissements perdus.
C'est compliqué de décider de vendre moins cher que ce que l'on peut faire vu du marché.
Et entre nous, je préfère que ça soit NVIDIA qu supportera une partie des pertes qu'elle a causée, ça sera au moins ça que d'autres n'auront pas à supporter et ça sera un juste retour des choses.
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