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Pentagone contre Anthropic : la justice considère les mesures illégales et sans fondement

Le fait du prince ne passe pas

Pentagone contre Anthropic : la justice considère les mesures illégales et sans fondement

L’administration de Donald Trump avait classé Anthropic dans la liste des entreprises à risque pour la chaîne d’approvisionnement du Pentagone. La justice états-unienne vient de déclarer cette décision illégale.

Donald Trump ne peut pas imposer les sanctions qu’il avait décidées à Anthropic, a jugé Rita Lin, la juge en charge de l’affaire qui oppose le Département de la Défense des États-Unis à l’entreprise. Elle a qualifié d’ « illégales et sans fondement » ces mesures.

Rappelez-vous : entre fin février et début mars, le torchon brûle entre Donald Trump et le CEO d’Anthropic, Dario Amodei. Le président états-unien demande d’abord publiquement à son administration « de CESSER IMMÉDIATEMENT toute utilisation de la technologie d’Anthropic ». Quelques jours après, la sanction administrative tombe officiellement : Anthropic a été désignée « fournisseur à risque pour la sécurité nationale ».

Le Pentagone est revenu sur son accusation de backdoor

Si Dario Amodei s’est excusé publiquement d’avoir affirmé dans une note interne « Nous n’avons pas fait d’éloges à Trump dignes d’un dictateur (contrairement à Sam [Altman, ndlr]) », il ajoutait que son entreprise allait contester la décision devant la justice.

Six mois après, la juge Rita Lin, chargée de l’affaire, lui a donc donné raison. Dans sa décision [PDF], elle explique que le Pentagone est « désormais revenu sur l’argument central de son évaluation des risques, qui reposait sur l’hypothèse selon laquelle Anthropic disposerait d’une backdoor pour avoir accès à sa technologie une fois celle-ci déployée dans un système de sécurité nationale ».

« Il apparaît désormais clairement qu’Anthropic ne dispose incontestablement d’aucun accès de ce type et que, comme le reconnait la défense, la technologie d’Anthropic ne présente en soi pas plus de risques pour la sécurité nationale que n’importe quel autre modèle d’intelligence artificielle de type « boîte noire » », ajoute-t-elle.

« Invoquer à tort et à travers la sécurité nationale ne constitue pas un blanc-seing »

La juge en profite pour rappeler au gouvernement américain quelques petites règles. Ainsi, dans le document, Rita Lin écrit :

« Il est certain que le gouvernement mérite une certaine déférence sur les questions cruciales de sécurité nationale. Cependant, les propos et les actes de la défense à l’époque confirment que les mesures contestées étaient motivées par la volonté de faire d’Anthropic un exemple public en raison de son « arrogance » à critiquer le gouvernement, et non par un motif concret permettant de croire qu’Anthropic saboterait réellement son modèle ».

Elle ajoute que « le fait d’invoquer à tort et à travers la sécurité nationale ne constitue pas un blanc-seing pour punir et exercer des représailles contre les détracteurs du gouvernement ».

Dans sa décision, Rita Lin explique que, quelques jours seulement avant que l’administration Trump annonce ces mesures de rétorsion, le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a proposé d’appliquer le Defense Production Act à Anthropic, « ce qui aurait signifié que l’entreprise est essentielle à la sécurité nationale plutôt qu’une menace pour celle-ci ».

Elle poursuit en constatant que le Pentagone a continué à négocier un contrat avec Anthropic après les annonces de Donald Trump, affirmant même : « Nous sommes très proches d’un accord ».

« Même aujourd’hui, le gouvernement discute d’une collaboration avec Anthropic sur son nouveau modèle, Mythos, dans toute une série de contextes sensibles », explique-t-elle. Et de conclure : « Rien de tout cela n’est compatible avec une crainte légitime qu’Anthropic soit un saboteur qui empoisonnerait ses logiciels pour nuire à la sécurité nationale ».

« Nous continuons à nous attacher à collaborer de manière constructive avec le gouvernement afin de mettre l’intelligence artificielle au service de notre sécurité nationale, pour que tous les Américains puissent bénéficier de cette technologie », a déclaré sans trop de triomphalisme apparent un porte-parole de la startup dans un communiqué relayé par l’agence Associated Press.

Plus prompt à essayer d’imposer au Canada un nouveau nom au lac Ontario, Donald Trump n’a pas réagi à cette décision. Ni le Département de la Défense américain ni la Maison Blanche n’ont communiqué sur le sujet. Cette dernière n’a pas répondu aux questions de l’agence Associated Press.

Commentaires (3)

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Ils ne pourraient pas demander un remboursement du préjudice du coup ?
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S2E42 : Coincoin pleure auprès de la cour suprême. :non:
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Globalement, je pense que ce petit épisode Trump/Antropic a été plutôt bénéfique à Antropic niveau communication.
Plus prompt à essayer d’imposer au Canada un nouveau nom au lac Ontario, Donald Trump n’a pas réagi à cette décision
J'avais loupé cet épisode 😆