Souveraineté numérique : qu’est-ce qu’Eurosky, ce projet de web social européen ?
À ciel ouvert
Le 27 juillet à 15h09
Quelle est la philosophie d’Eurosky, ce service qui fournit un nom d’utilisateur réutilisable sur divers réseaux sociaux et applications de l’écosystème Atmosphère ? Dans quelle mesure s’interface-t-il avec Mastodon et le fédivers, cet autre espace numérique ouvert qui a gagné en visibilité ces dernières années ? Next vous explique.
Souveraineté numérique : qu’est-ce qu’Eurosky, ce projet de web social européen ?
À ciel ouvert
Quelle est la philosophie d’Eurosky, ce service qui fournit un nom d’utilisateur réutilisable sur divers réseaux sociaux et applications de l’écosystème Atmosphère ? Dans quelle mesure s’interface-t-il avec Mastodon et le fédivers, cet autre espace numérique ouvert qui a gagné en visibilité ces dernières années ? Next vous explique.
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12 min
« À quoi ressemblerait une politique industrielle capable de fournir un bon environnement technologique en Europe ? » Telle est la question mi-économique, mi-philosophique que lance Robin Berjon, vice-président de la Modal Foundation, lorsque Next lui demande d’expliquer le projet Eurosky.
Du point de vue de l’internaute, comme nous vous l’expliquions dans un précédent article, Eurosky est ce portail, ou ce fournisseur de nom d’utilisateur unique, qui vous permet, depuis un seul et même compte, de vous connecter à n’importe quel endroit de l’ATmosphère. L’Atmosphère (avec ou sans AT majuscule), c’est le nom donné à l’écosystème d’applications diverses – réseaux sociaux, sites web, outils de veille, dépôt de code, mini-jeux, etc – créées sur ou connectées au protocole AT.
Eurosky, pour le raconter de manière plus imagée, propose un petit vaisseau européen pour naviguer dans les eaux internationales de l’Atmosphère. Ce vaisseau a un grand coffre : un serveur de données personnelles (PDS), qui vous permet de stocker vos données et vos interactions sur des machines réglementées par les lois de l’Union européenne. Où que vous alliez (oui, même sur des services de droit américain comme Bluesky), quoi que vous fassiez, votre expérience du web social de l’Atmosphere se fera dans le cadre du règlement général sur la protection des données (RGPD), du règlement sur les services numériques, et des autres outils mis en place au sein de l’Union européenne.
Dessiner des contre-modèles face aux « monstres » de la Silicon Valley
« Quand on parle de souveraineté, les gens ne connaissent et ne comprennent souvent qu’un seul modèle, explique Robin Berjon : celui de la Silicon Valley, où tout est intégré verticalement du sol au plafond. » L’informaticien décrit des « monstres » qui ont étendu leurs tentacules des câbles sous-marins jusqu’aux applications dédiées aux consommateurs, et créent ensuite « des douves autour de leurs services pour empêcher les utilisateurs de partir, et leur faire payer un loyer ».
Ce modèle, affirme-t-il, n’a rien d’une fatalité. En l’occurrence, Eurosky « voudrait en proposer un autre, qui correspond assez bien à ce qui se fait dans le domaine du transport, de l’énergie et ailleurs, et qui est plus logique d’un point de vue économique et social ». Concrètement, il s’agit de s’appuyer sur des infrastructures partagées, « ce qui peut signifier "publiques", mais pas forcément ». Cette infrastructure, au sens le plus strict, c’est le fameux protocole AT : la route sur laquelle circulent les informations échangées sur Mu, affichées sur les sites web construits avec Blento ou Twinkl, ou stockées et éventuellement partagées, que l’on parle de code (sur Tangled ou Gamedev) ou de liens (sur Semble, Margin, etc).
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Commentaires (19)
Modifié le 27 juillet à 15h39
Le 27 juillet à 17h50
Le 27 juillet à 15h48
Modifié le 27 juillet à 18h22
De ce que je comprend, on est plus sur une inquiétude causée ici par la taille disproportionnée de Bluesky au sein du réseau ATProto qu'un SPOF en tant que tel. Un peu comme l'instance mastodon.social qui porte une bonne part de la population (800k users sur le 1.2 million actif mensuels j'ai cru voir).
À part ça, je suis content d'avoir pu migrer sur un PDS européen.
Le 27 juillet à 18h36
Modifié le 27 juillet à 19h35
Cette élément aurait mérité d'être plus explicité, parce que je pense qu'il faut bien distinguer Bluesky (l'application Web / le service de média social) de son infrastructure dont un composant essentiel à est détenu par la même entreprise.
Le 28 juillet à 00h46
Le 28 juillet à 11h32
J'y réfléchi aussi :-)
Modifié le 29 juillet à 14h50
En réalité je suis pas très public, je raconte pas vraiment ma vie en ligne ; donc déjà avoir un compte m'intéresse bof, encore plus me prendre la tête a l'héberger.
CEPENDAAAANT,
J'ai très envie d'un futur pour Google Photo, Apple Photo et autres Immich basé sur ce modèle d'AT pour les albums partagés !
Actuellement, si un pote est sur Google Photo et me partage son album a un évènement où (un groupe de pote et moi), j'étais présent, je doit "déverser" mes photo sur son hébergeur (Google) pour mettre en commun.
Et si un pote a un iPhone, pareil il est enfermé dans son écosystème (bien qu'Apple en réalité s'en fiche un peu).
Hors avec ce modèle, je pourrais héberger mes photo chez moi, laisser mes amis héberger leur souvenir chez qui ils veulent ; indépendamment les uns des autres ; et quand même pouvoir faire des albums communs.
Le 29 juillet à 16h56
Sinon tu as Pixelfed pour le Fediverse.
Le 29 juillet à 19h36
Cependant, je parles vraiment d'une plateforme de centralisation des photos et vidéo sous forme de souvenirs, là ou Pixelfed et les quelques applis de photos d’Atmosphère sont plus dans un format instagram ou snapchat.
Modifié le 29 juillet à 20h03
Après, j'avais trouvé un autre répertoire d'applications basées AT Proto, mais pas réussi à remettre la main dessus.
Modifié le 30 juillet à 17h55
Le 28 juillet à 07h36
C’est bien beau de vouloir tout miser sur l’intéroperabilité et la vie privée, mais c’est pas ça qui va attirer leurs fameux millions d’utilisateurs. Ils s’en foutent des protocoles utilisés etc …
Si ils ne proposent rien de différentiant, ça ne sera encore qu’un truc de niche. Et je ne parle meme pas de la marque qui fait vraiment projet européen de seconde zone.
Je vois l’intérêt de l’interoperabilité hein, mais j’ai du mal à comprendre toute cette complexité technique alors que pour l’instant j’ai du me creuser la tête pour comprendre de quoi on parle.
Le 28 juillet à 07h41
Perso, je n'ai pas vu d'intérêt dans les applications proposées parce qu'elles me font double emploi, mais pour des gens qui veulent une page Web simple (Bento), un média social orienté pro (Sif), etc., articulé autour de leur identité ATProto, c'est déjà là.
Le 28 juillet à 09h19
Ce n'est pas une bête publicité pour attirer le chaland lambda.
Je ne comprends pas votre commentaire.
Le 28 juillet à 10h42
(L'autre argument, sur le thème « M. Michu s'en fiche », n'est pas pertinent. Je ne me sens pas tenu par les opinions - supposées - de la majorité.)
Le 28 juillet à 13h40
Interopérabilité et défense de la vie privée, c'est ça la différence.
Enfin, je l'ai compris comme cela.
C'est peut-être peu différenciant pour jpaul mais chacun son avis.
Pour la complexité technique, ça dépend des articles et des sujets, et du lecteur.
Il est difficile de contenter tout le monde.
Moi non plus j'ai pas tout compris, mais dans l'ensemble ça va.
Le 28 juillet à 11h00
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