Connexion Premium

ReactOS annonce une étape symbolique vers le support du noyau NT6 de Windows

Première pierre

ReactOS annonce une étape symbolique vers le support du noyau NT6 de Windows

Illustration : Flock

Le système libre ReactOS se lance à l’assaut de la compatibilité avec les noyaux Windows de la série NT6. Les développeurs ont annoncé avoir franchi une étape symbolique avec le support du premier appel système. La route sera cependant longue.

ReactOS est un système d’exploitation libre (dépôt GitHub) qui cherche à être compatible au niveau binaire avec Windows. Son objectif est de pouvoir exécuter les programmes et pilotes Windows sans utiliser le code source de Microsoft. Les développeurs réécrivent donc tout le système « depuis zéro » par rétro-ingénierie.

L’équipe a annoncé le 3 juillet avoir implémenté son premier appel système spécifique à NT6. Il s’agit davantage d’une étape symbolique que pratique. Pour comprendre, il faut rappeler quelques points.

NT6 ? Appel système ?

NT6 est le nom donné au noyau de Windows pour la série Vista, 7, 8 et 8.1. Pour Windows 10 et 11, Microsoft utilise la nomination NT10, mais elle n’est plus directement indiquée par le système. Un appel système est le mécanisme qui permet à un programme de demander un service au noyau. Parmi les services courants, on retrouve la création d’un fichier, l’allocation de la mémoire, la création d’un processus, l’interrogation du processeur pour savoir sur quel cœur logique le programme est exécuté, etc.

C’est d’ailleurs ce que fait l’appel système implémenté, comme le signale Phoronix. Nommé NtGetCurrentProcessorNumberEx, il est utilisé pour retourner le numéro de cœur du processeur logique sur lequel le programme appelant fonctionne.

Une étape symbolique

Pourquoi une étape symbolique alors ? Parce que l’appel existe bien, les programmes qui vérifient sa présence peuvent le trouver, mais toute l’infrastructure NT6 dont il dépend n’est pas encore présente. C’est la première pierre d’un édifice.

Le travail à accomplir est colossal, car Windows contient des milliers d’appels système et de comportements internes, dont beaucoup ne sont pas documentés. L’équipe de développement n’a pas accès au code source de Windows, nécessitant des tâtonnements et déductions, sans parler de l’absence générale d’informations sur la mécanique interne du noyau de Windows.

Il s’agit néanmoins d’une étape marquante, montrant que les développeurs s’attaquent désormais au tronçon suivant. À terme, la compatibilité de ReactOS s’étendra donc au-delà du tronçon « 2000/XP/2003 ». On ignore cependant combien de temps sera nécessaire, même si un travail de cette ampleur ne peut se chiffrer qu’en années.

Commentaires (19)

votre avatar
Je serais curieux de voir si dans le cas présent, avec une assistance IA gen, le travail de rétro-ingénierie peut être accéléré.
votre avatar
J'y connaît rien mais on peut certainement utiliser un dé-compilateur ?
Les sorties doivent être bien hard pour un humain, mais pour une IA ?
votre avatar
Pour ne pas avoir de problème légaux, la décompilation n'est pas possible, ils utilisent le "clean room reverse-engineering" :
en.wikipedia.org Wikipedia
votre avatar
La décompilation est parfaitement légale notamment dans le cadre de l'Interopérabilité ce qui semble cas ici.
votre avatar
Encore faut-il pouvoir le justifier devant un tribunal que ça soit aux US (ou ailleurs dans le monde), vu que je ne pense pas que Microsoft se laissera faire.

Le projet Wine a le même genre de problématique (pas étonnant vu les liens entre les 2 projets), une discussion sur le sujet sur leur mailing list
votre avatar
Il suffit de faire la décompilation en France que viendrait faire un juge US dans cette affaire ?
votre avatar
Il y a des explications sur les aspects légaux sur la page wikipedia anglaise de ReactOS : en.wikipedia.org Wikipedia

En sujet proche, il y a également les problématiques légales du projet libdvdcss (développé par le projet VideoLAN) : en.wikipedia.org Wikipedia
votre avatar
J'allais cité VLC également: il n'y a pas de problème ça a été fait en France, et c'est légale.

Il y'a eu sans doute d'énormes pressions (ou parle de la protection du DVD) mais jamais eu d'actions en justice.
J'imagine que n'importe quel avocat a dû freiner les ardeurs en citant les articles L122-6 du CPI qui sont assez clairs : la décompilation ne nécessite pas l'accord de l'auteur du code.

Certains pays anglo-saxons font passer le copyright avant le droit à interopérabilité, si tu décompiles dans ses pays tu risques des problèmes juridiques... ce n'est pas le cas en France et dans la majorité des pays européens.

Les réponses frileuses des communautés open-sources sont un nivellement par le bas, on ne peut pas donner en consigne de faire de décompilation si c'est interdit à une partie des contributeurs.
votre avatar
"Faire la décompilation" en France, ça ne veut rien dire. Est-ce qu'il faut que la machine sur laquelle on fasse l'opération soit en France ? L'opérateur ? Et quid de l'usage d'un VPN ?

Dans ce genre de cas, les autorités compétentes sont en général celle de la partie adverse et/ou de la partie attaquante. Ici, ce serait donc le droit US ou Allemand. Il n'y a absolument aucune raison de chercher à appliquer le droit français.
votre avatar
La VPN ne déplace pas les humains :D
Je suis Français habitant en France, si je décide de décompiler un bout de logiciel pour le faire communiquer avec autre chose, j'en ai le droit. Microsoft peut faire les procès qu'il veut au USA ou en Allemagne, ça ne s'applique pas en France... Ils peuvent tenter de demander une extradition qui n’aboutira pas vu que je n’enfreins aucune loi !
votre avatar
Toi tu as le droit oui. Mais ton code ne pourra pas être utilisé dans ReactOS, car c'est ReactOS qui va se prendre le procès, pas toi.
votre avatar
Vu que le code n'est pas disponible, et que la décompilation poserait des problème légaux, l'IA n'aurait pas d'autres base que la documentation, ce qui est clairement insuffisant quand on vise un tel niveau de compatibilité.
D'ailleurs s'il s'avérait que l'IA avait eu accès au code de Windows dans son entrainement (c'est pas impossible, on sait qu'il y a eu des leaks), Ca permettrait a Microsoft d'attaquer le projet.
votre avatar
Oui je partais du principe qu'il y a avait de la décompilation, je n'avais pas pensé à l'aspect légal de la pratique ^^
votre avatar
C'est vraiment un projet de malade :D
Le but c'est de faire un OS full Windows compatible libre ?
votre avatar
Je me posai aussi la question. A quoi, à qui, ça peut bien servir ?
votre avatar
oui.
techniquement parlant, je dirais que c'est le successeur de lindows/linspire...
votre avatar
1) Avoir un "windows" sans tout le bloatware associé
2) Continuer d'utiliser des applications métiers figé sur un OS obsolète
3) avoir un windows sans avoir à le payer
4) ne pas changer pour un système que l'on ne connait pas.
5) jouer (même si c'est de moins en moins vrai ces derniers temps)
6) continuer d'avoir un windows sur du matériel "obsolète"
7) etc.

Il y a plein d'utilisation possible. Et personnellement, je serais l'Europe, je donnerai plein de moyen à ce projet pour gagner en souveraineté.
votre avatar
7) Continuer d'utilser un périphérique dont la dernière version de driver date de peu après Mathusalem
8) etc.

:cap:
votre avatar
Ils partagent beaucoup avec Wine. Il y a longtemps (c'est ptet toujours le cas), le site disait que Windows était un bel OS, et que son principal défaut était d'être propriétaire.