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Coronavirus : un antigène développé avec une IA, le vaccin est testé chez l’humain

De l'IA dans la seringue

Coronavirus : un antigène développé avec une IA, le vaccin est testé chez l’humain

Image : CDC (Pexels)

Une équipe de l’université de Cambridge, au Royaume-Uni, a conçu et testé chez l’humain un vaccin expérimental pour contrer une sous-famille de coronavirus, dont le SARS-CoV-2, responsable du Covid-19. Sa particularité : l’antigène principal a été conçu par une plateforme d’IA développée par les chercheurs. La prudence reste de mise face à l’optimisme affiché par certains.

Une intelligence artificielle a servi à développer un type de vaccin « fondamentalement nouveau » contre une sous-famille de coronavirus : le SARS-CoV-1 (responsable de l’épidémie de SRAS en 2002 - 2003), le SARS-CoV-2 (mieux connu sous le nom de Covid-19) et d’autres sarbecovirus présents chez les animaux et susceptibles de franchir la barrière des espèces.

Un antigène conçu par IA

De l’aveu même des chercheurs, les premiers essais humains réalisés auprès de 39 personnes ont retourné des résultats mitigés. Les participants possédaient déjà un niveau élevé d’anticorps en raison de précédentes vaccinations contre le Covid.

Ces niveaux ont peu augmenté ; les auteurs de l’étude, publiée dans le Journal of Infection, reconnaissent que le vaccin pEVAC-PS n’a pas démontré une capacité forte à renforcer l’immunité. Cela n’empêche pas certains de surfer sur cette vague, comme nous allons le voir. Une seconde étude clinique impliquant 200 participants permettra de se faire une meilleure idée des capacités du vaccin.

L’intérêt est ailleurs. Les chercheurs de l’université de Cambridge ont en effet révélé qu’il s’agissait du premier vaccin dont un élément clé a été entièrement conçu par une IA puis testé sur des humains. Le système a analysé les séquences génétiques de nombreux coronavirus pour concevoir un antigène synthétique ciblant leurs caractéristiques communes. L’antigène est l’élément clé du vaccin, c’est la molécule que le système immunitaire apprend à reconnaître pour ensuite neutraliser le virus. Le vaccin est le produit final administré au patient, avec l’antigène.

On ne parle pas d’un grand modèle de langage comparable à GPT. C’est une IA spécialisée qui conçoit un antigène capable d’entraîner le système immunitaire contre les caractéristiques communes à toute cette famille de virus (plutôt que contre une seule souche) en étudiant le patrimoine génétique de coronavirus connus. L’outil utilisé s’appelle DIOSynVax (digitally immune-optimized synthetic vaccine). Il est développé par une spin-out de Cambridge du même nom et utilise le machine learning, la startup n’en dit pas beaucoup plus sur son site.

Les vaccins sont généralement conçus à partir de souches déjà identifiées d’un virus. En analysant des séquences génétiques d’une batterie de coronavirus, l’IA a créé une sorte de « super-antigène » en mesure d’offrir une protection même face à de futures mutations ou à l’émergence d’un coronavirus d’origine animale.

La prudence reste de mise

« Il s’agit de mettre au point des vaccins qui nous protègent non seulement contre les virus d’aujourd’hui, mais aussi contre ceux qui pourraient être à l’origine de la prochaine épidémie ou de la prochaine maladie », explique le professeur Jonathan Heeney interrogé par la BBC. « C’est un changement fondamental dans notre manière de nous préparer aux pandémies ».

L’équipe va mettre son IA à contribution pour développer des vaccins contre la grippe, la grippe aviaire H5N1 et contre les fièvres hémorragiques virales comme Ebola, qui frappe en ce moment la République démocratique du Congo. L’épidémie actuelle a été provoquée par une souche du virus contre laquelle aucun vaccin n’existe. « Ce qui est vraiment intéressant, c’est que cette technologie semble beaucoup plus efficace pour concevoir des vaccins capables d’anticiper de futures pandémies, notamment lorsque les virus mutent rapidement », décrypte Saul Faust, qui a réalisé les essais à l’université de Southampton.

« Les premiers essais cliniques étant encourageants, cette technologie pourrait permettre d’accélérer le développement et la mise à disposition de vaccins au bénéfice des populations du monde entier », s’enthousiasme le ministre britannique des Sciences, Lord Vallance.

Une déclaration aussi optimiste que politique évidemment, alors que les chercheurs se font plus prudents dans leur publication scientifique : le vaccin n’a pas encore démontré sa capacité à offrir une protection large contre l’ensemble des sarbecovirus. Une étude de phase II devra désormais confirmer si l’approche tient ses promesses.

Commentaires (13)

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Cependant, les médecins ont remarqué que depuis l'injection, les patients avaient tendance à être plus aimables, à trouver toutes les questions posées par les médecins comme très pertinentes et géniales. Les patients sont aussi plus prolixes avec quelques-uns qui, à un simple "Bonjour monsieur X, ca va ?", répondent par un monologue de 5 minutes qu'ils vont bien, pourquoi ils vont bien et donner des conseils au médecin pour l'auscultation à venir. De manière très agréable, les patients offrent des fleurs, des dessins très colorés et des musiques aux infirmières et proposent de continuer à le faire chaque mois pour un abonnement de 19,90 €.

Peut-être que cela n'a rien à voir, mais il semble qu'il y ait eu des vols de barrettes de RAM dans les appareils médicaux présents dans les chambres des patients. Ceux-ci disent n'avoir rien vu d'inhabituel ...
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Blague à part, pour la recherche pure, les LLM spécialisés apportent quand même son lot de petites révolutions, qui accélère certaines choses...
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En l'occurrence, faute d'info, on ne sait même pas s'il s'agit d'un LLM.
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L'article dit pourtant :
On ne parle pas d’un grand modèle de langage comparable à GPT. C’est une IA spécialisée qui conçoit un antigène capable d’entraîner le système immunitaire contre les caractéristiques communes à toute cette famille de virus
Le gras est de moi. Ce n'est donc pas un LLM.
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Il est développé par une spin-out de Cambridge du même nom et utilise le machine learning, la startup n’en dit pas beaucoup plus sur son site.
Je me suis basé sur l'extrait ci dessus. Mais tu as raison, j'avais lu un peu vite et raté cette phrase. Donc pas un LLM, c'est déjà une certitude.
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Je ne comprends pas pourquoi on continue à titrer "une IA a fait [...]" pour ce genre d’article, quand c’est "juste" du machine learning. Tout devient "IA" maintenant.

Et le problème avec ça c’est que la confusion IA = LLM existe, quand on dit IA, on sait que les gens comprennent LLM, d’ailleurs l’article est obligé de le préciser. Alors pourquoi faire des titres trompeurs dont on sait qu’ils seront interprété "chatgpt a créé un vaccin" ?
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Si je ne m'abuse, un LLM, c'est aussi "juste" du machine learning, qui s'appuie exactement sur les mêmes principes que le système potentiellement utilisé ici (réseaux de neurones), la seule différence tient aux données d'entraînement, générales dans un cas et très spécialisées dans l'autre.
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Oui, mais c’est un sous produit bien spécifique. D’ailleurs le machine learning ce n’est pas que du réseau de neurone.

Et si ici c’est (peut-être) du réseau de neurone, entrainer un réseau de neurone pour de la classification/regression spécifique, ce n’est pas DU TOUT pareil que demander la même chose à un LLM. Quand bien même la technologie derrière se base sur les mêmes principe

Ce n’est donc pas la seule différence non, ce n’est pas que les données in/out qui diffèrent.
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En fait, l'article original parle d'IA sans donner plus de détails. Aujourd'hui, ça induit naturellement à penser à un réseau de neurones entraîné spécifiquement sur ces sujets, comme il existe des réseaux entraînés sur le pliage des protéines, la détection des cancers, la météo ou tout autre sujet scientifique qui génère suffisamment de données.
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Parce que je pense qu'au niveau journalistique les différences ne sont pas forcément intégrées, et qu'en plus il faut que ça parle au public qui doit cliquer et lire l'article, et donc IA ça marche beaucoup mieux que "Un vaccin développé gràce aux progrès du Machine Learning"

Mais on est d'accord sur le fait que la plupart des gens va traduire par: "ChatGPT créé un vaccin contre le COVID !"
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Avec un tel combo dans le même sujet : IA / vaccin / coronavirus, les complotistes vont avoir du grain à moudre pour des années ...
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Pour contextualiser les déclarations, l'idée de développer un vaccin contre de futurs coronavirus proches du SARS-CoV-2 date du début de la pandémie. Certains patients infectés par le SARS-CoV-1 en 2002-2003 et ensuite par le SARS-CoV-2 ont produit des anticorps "universels" contre des coronavirus de chauve-souris (les futurs SARS-CoV-3 ?). Le plus gros frein est à mon avis financier, car développer un vaccin pour une maladie qui n'existe pas encore est forcément encore plus risqué et couteux qu'habituellement (sans parler de l'image de complotisme).
En revanche par rapport à la déclaration sur la rapidité de fabrication, la technologie de vaccins à ARNm est clairement celle qui aujourd'hui permet de fabriquer des vaccins très rapidement et en s'adaptant aux différents variants/mutants grâce à des coûts de production très bas.
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La com: Un vaccin « fondamentalement nouveau ».

La réalité: Il résulte en fait « d'une IA spécialisée qui conçoit un antigène capable d’entraîner le système immunitaire contre les caractéristiques communes à toute cette famille de virus (plutôt que contre une seule souche) en étudiant le patrimoine génétique de coronavirus connus. »

Bref, dans big-pharma comme dans toute autre industrie, l'IA ne va permettre de réaliser que ce que des humains auraient pu faire, mais plus vite... ou plutôt moins nombreux, après quelques charrettes.

Le relatif salut ne sera que dans les fonctions légalement imposées/encadrées (en R&D pharma, le pharmacien s'en sortira mieux que le master médicament)...

On entre dans une révolution qui sera aux cols blancs ce que fut la taylorisation aux cols bleus.