96 % des demandes administratives de retraits concernent des contenus pédosexuels
Écumons !
Illustration : Flock
Le 24 avril à 15h15
En 2025, le nombre de demandes administratives de retraits de contenus, venant en grande majorité de l’Office anti-cybercriminalité, a augmenté de 8,7 % mais la plupart d’entre elles sont liées à des contenus pédosexuels. Celles concernant le terrorisme sont en nette baisse de 40 % par rapport à 2024.
96 % des demandes administratives de retraits concernent des contenus pédosexuels
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Illustration : Flock
En 2025, le nombre de demandes administratives de retraits de contenus, venant en grande majorité de l’Office anti-cybercriminalité, a augmenté de 8,7 % mais la plupart d’entre elles sont liées à des contenus pédosexuels. Celles concernant le terrorisme sont en nette baisse de 40 % par rapport à 2024.
Société numérique
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5 min
Les demandes de retrait adressées par l’Office anti-cybercriminalité (OFAC) et contrôlées par la personnalité qualifiée (en l’occurrence, Laurence Pécaut-Rivolier, membre du collège de l’Arcom et conseillère à la Cour de cassation) ont augmenté de 8,7% entre 2024 et 2025 alors qu’il y avait eu une forte baisse entre 2023 et 2024.
Mais le rapport, publié ce 21 avril sur le site de l’Arcom, souligne que « les contenus à caractère pédopornographique demeurent largement majoritaires dans les demandes de retrait par rapport aux contenus à caractère terroriste, puisqu’ils représentent environ 96 % des demandes de retrait contrôlées par la personnalité qualifiée en 2025 ».
Un reflux des contenus signalés comme terroristes
De fait, dans les chiffres présentés par l’Arcom, les demandes de retraits de contenus pédocriminels augmentent de 12 % entre 2024 et 2025 alors que celles concernant le terrorisme baissent de 40 % par rapport à 2024, et même de 84 % par rapport à 2023 :
Dans ces chiffres, on peut voir une forte augmentation des demandes de retraits entre 2020 et 2023, suivie d’une baisse. Dans son rapport précédent [PDF], la personnalité qualifiée expliquait qu’ « après la hausse des demandes de retrait observée en 2023 par rapport à l’année 2022, tous les chiffres de retrait et de blocage sont en forte baisse en 2024 par rapport à l’année précédente ».
Elle ajoutait que « la baisse est particulièrement notable s’agissant des contenus d’apologie du terrorisme. Cette évolution peut s’expliquer par le caractère exceptionnel de l’année 2023, marquée par les crises géopolitiques, en particulier les attaques terroristes du Hamas le 7 octobre 2023 en Israël et ses conséquences ».
Cette baisse des demandes de retraits de contenus concernant le terrorisme explique l’augmentation mécanique de la part des retraits concernant les contenus pédosexuels, qui représentaient « environ 80 % » des demandes contrôlées par la personnalité qualifiée en 2023.
Dans son dernier rapport, elle explique que « l’année 2024 avait été marquée par une forte baisse des retraits et blocages par rapport aux années précédentes. Les données de 2025 infirment cette tendance s’agissant des retraits ».
« Les blocages, eux, poursuivent leur décrue. Au final, en 2025, environ 0,23 % des demandes de retrait de l’OFAC donnent lieu à une demande de blocage (contre environ 0,61 % en 2024) », explique Laurence Pécaut-Rivolier dans son rapport.
En effet, à défaut du retrait dans les 24 heures de contenus faisant l’apologie des actes terroristes ou de leur incitation, l’OFAC peut demander aux fournisseurs d’accès à internet (FAI) le blocage de contenus en ligne conformément à l’article 6.1 de la LCEN. De même, il peut demander le retrait à l’hébergeur d’images de tortures ou d’actes de barbarie en suivant l’article 5 de la loi SREN.
Elle ajoute que « cette évolution peut s’expliquer par une meilleure réponse des fournisseurs de services à qui les retraits sont demandés par PHAROS, le blocage intervenant qu’en cas d’absence de retour de la plateforme à la demande de retrait ».
Un effort financier à maintenir
La personnalité qualifiée souligne que « si une partie des contenus dont le retrait est demandé par l’OFAC sont identifiés grâce à des signalements d’associations ou de particuliers, qui s’avèrent particulièrement utiles », ce sont de fait les équipes de cet organisme qui détectent directement « l’essentiel » de ces contenus problématiques.
« Dès lors, le nombre de contenus dont le retrait est demandé dépend fortement des moyens que l’OFAC peut mettre en œuvre à cette fin », soulignant en creux que plus l’OFAC est financé, plus la France pourra détecter et faire retirer ces contenus.
Pour effectuer ses contrôles, Laurence Pécaut-Rivolier est assistée d’une personnalité qualifiée suppléante et de deux des huit agents volontaires pour manipuler les postes de visionnage. Les séances durent « au maximum trois heures pour minimiser l’exposition des agents », et permettent de vérifier chacune, à un rythme soutenu, « environ 5 000 demandes adressées par l’OFAC ».
Interrogée par Next sur la rapidité de cette vérification, l’Arcom explique qu’ « en pédopornographie la caractérisation ne nécessite qu’une à deux secondes et que, par ailleurs, il existe des retraits de « séries » provenant du même site pour lequel nous pouvons procéder par sondages ». Elle ajoute que « l’équipe ne dispose pas d’outil spécifique ».
Commentaires (20)
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Abonnez-vousLe 24 avril à 15h46
Le 24 avril à 15h55
Le 24 avril à 20h01
Le 25 avril à 22h04
Modifié le 26 avril à 09h43
En revanche, on peut dire que le patriarcat explique en partie les raisons qui laissent des personnes (plus de 9/10 d'hommes et une proportion infinitésimale de femmes) assouvir leurs désirs et leurs pulsions sur le corps d'enfants (que ce soit des photos ou des vidéos n'est pas si innocent que ça et ça demande en principe de se remettre en question ou de s'interroger sur soi). La grande impunité des actes pédocriminels, au regard des dommages sur le développement de ces futurs adultes qui en souffriront toute leur vie, résulte de l'inconséquence collective à toutes les échelles.
Le 27 avril à 00h47
Le 24 avril à 16h16
Dans une certaine mesure, peuvent aussi circuler des contenus créés par les mineurs eux-même (qui ont de nos jours tous un smartphone avec une caméra HD). Note également que la loi française ne fait pas de différence entre vraies photos, images générées par IA, et dessins 2D ou créations 3D.
Le 24 avril à 16h31
C'est peut-être simplement que la recherche de tels contenus est plus efficace et que s'il y a moins de contenus de type terroristes, cela laisse plus de temps pour chercher et trouver autre chose.
Cette phrase me fait penser que l'augmentation de la demande de retrait vient bien d'une meilleure disponibilité des équipes de l'OFAC pour détecter ces contenus.
Le 25 avril à 01h53
L'actualité ne fait que montrer un peu plus chaque jour que l'attrait pour la pédopornographie grandit.
@Liam : Il est certainement plus question de barrière morale inexistantes plutôt que de plaisir analogue à la pornographie légale. Car dans ce cas il n'y aurait aucune plus value à consommer ce type de contenu qui est sanctionné gravement par les lois de manières générales. La pornographie a une grande responsabilité pour avoir encouragé depuis des dizaines d'années ces comportements en appâtant le chalant avec des barely legal & co...
Le 25 avril à 07h24
Le 27 avril à 09h26
Voilà ce que j'ai trouvé en 5 minutes de recherche. C'est dingue de douter d'un sujet si palpable aujourd'hui. Et dans ce graphique on ne parle que de la France et des évènements déclarés. On sait tous très bien que la majorité des actes ne sont pas reportés.
Et ne me réponds pas qu'on a pas d'étude sur cette dernière affirmation sinon je vais devenir tout rouge.
Le 27 avril à 10h42
Cette page de 2015, donc plus tout à fait d'actualité, parle de pédocriminalité en général et dit explicitement :C'est le seul endroit où le la pédopornographie est citée pour dire que les chiffres sur ce sujet sont partiels.
Elle ne montre aucune tendance d’augmentation. Ce n'est pas son objet.
Ce site est le fruit d'un groupe dont on ne sait rien si ce n'est qu'il s'est monté suite à une affaire qui n'a rien d'avérée, la mère ayant été accusée de dénonciation calomnieuse et de dénonciation de crime imaginaire.
Le lien vers la page de l'affaire sur le site pointe sur une page qui n'existe plus.
C'est dingue ce phénomène d'auto persuasion qui fait que n'importe quelle page trouvée sur le net est vue comme allant dans le sens de son affirmation initiale.
Le 27 avril à 11h27
Voici d'autres liens plus costaud appuyant mon "point de vue" :
https://associazionemeter.org/wp-content/uploads/2025/02/comunicato_reportmeter2024_franc.pdf
https://www.unicef.fr/article/exploitation-sexuelle-combien-denfants-victimes/
https://euractiv.fr/news/forte-croissance-de-la-pedopornographie-inquietude-des-enqueteurs/
Bref, ce débat est pour moi juste irréel. C'est un mal en propagation point. Ceux qui en doute sont dans un déni infâme.
PS : Avoir des études précises sur ce phénomène particulier est extrêmement difficile étant donné les impacts internes énormes et le silence et la honte que souvent il impose.
Modifié le 27 avril à 15h08
Pour tenter d'aller dans votre sens, la pornographie en ligne (globalement) a progressé, j'imagine que la pédopornographie a profité des mêmes avantages de diffusion en ligne. Au-delà de ça, je n'ai rien de plus à dire.
Le 25 avril à 12h42
Ensuite, le type de pornographie que tu vas regarder dépend assez naturellement d'où t'amènent tes attirances sexuelles propres. Certains aiment les MILFs ou les grannys, d'autres le barely legal. Certains aiment le BDSM, d'autres le vanilla. Certains aiment le gay, d'autres l'hétéro. Certains aiment l'amateur, d'autres le pro. Et certains aiment la pornographie mettant en scène des mineurs (ou à tout le moins, en éprouvent une forme de curiosité malsaine). Et même là, les préférences vont, en fonction des personnes, de "adolescent(e)s quasi-adultes" à "très jeunes enfants" voire, dans les cas les plus extrêmes, "nourrissons".
Tu as tout à fait raison de noter que derrière se pose la question de la barrière morale - et de la peur du gendarme. À n'en point douter, certaines personnes ont ces attirances mais ne consomment pas de telle pornographie, soit qu'ils considèrent que ce que cette pornographie montre va contre leurs valeurs morales, soit qu'ils considèrent que le plaisir à en retirer ne vaut pas les 7 ans de prison encourus.
Et d'autres n'auront pas ces freins et consommeront de la pornographie infantile.
Pour le reste, je ne sais pas s'il y a un "attrait" qui "grandit". Je n'ai pas vu passer d'étude allant en ce sens. Mais ce qui est inévitable, c'est que la quantité de contenu ne va faire qu'augmenter avec le temps. Et par ailleurs, la population - et notamment la population avec un accès à Internet - grandit également. Donc le trafic ne fera qu'augmenter, mais tout comme le trafic augmente pour l'ensemble du web, dans toutes les grandes catégories de contenus (réseaux sociaux, pornographie ordinaire, sites d'e-commerce... C'est l'ensemble du web qui est en croissance.
Le 25 avril à 13h03
Le 24 avril à 23h53
Le 27 avril à 09h29
Parce que la pédophilie par écran interposé permet à des pédophiles potentiels de passer à l'acte plus facilement que dans la vraie vie.
Il me semble que les pédophiles peuvent se déculpabiliser en mode "c'est pas en vrai, je ne fais de mal à personne" + un sentiment d'être anonyme/introuvable + c'est "facile" à trouver.
Bref, grosse baisse du seuil de passage à l'acte, des gens qui ne passeraient pas à l'acte dans la vraie vie le font sur le net.
(disclaimer : je ne suis pas spécialiste du sujet)
Le 24 avril à 17h05
Le 25 avril à 21h47
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