Diffusions d’images sexuelles : Pavel Durov accuse l’État profond, Soros et les médias
Pas content
Illustration : Flock
Mathilde Saliou
Le 09 avril à 15h05
Sur X, l’entrepreneur Pavel Durov a réagi au dernier rapport de l’ONG AI Forensics en recourant à des schémas complotistes. L’étude décrit comment des réseaux de diffusion non consentie d’images à caractère sexuel tirent profit financier et social du fonctionnement de Telegram. La communication de Durov diffère largement des éléments initialement transmis par l’entreprise à Next.
Diffusions d’images sexuelles : Pavel Durov accuse l’État profond, Soros et les médias
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Sur X, l’entrepreneur Pavel Durov a réagi au dernier rapport de l’ONG AI Forensics en recourant à des schémas complotistes. L’étude décrit comment des réseaux de diffusion non consentie d’images à caractère sexuel tirent profit financier et social du fonctionnement de Telegram. La communication de Durov diffère largement des éléments initialement transmis par l’entreprise à Next.
Société numérique
Société
6 min
« L’état profond européen nous dit (via des médias d’État et des NGO financées par Soros) que Telegram est un PROBLEME parce que des gens peuvent échanger des contenus d’AUTRES réseaux sociaux dans des groupes telegram PRIVES. Ces absurdités servent à justifier la surveillance (Chat Control) et la censure (DSA). »
C’est sur ce ton agressif, et ce recours à une idée (celle de l’État profond) et un nom (celui de George Soros) devenus classiques dans la complosphère que Pavel Durov a réagi sur X au travail de l’ONG AI Forensics. Ce 8 avril, cette dernière publiait un long rapport détaillant le fonctionnement des réseaux de partage et de diffusion d’images non consenties à caractère sexuel en Italie et en Espagne, très actifs sur Telegram.
Dans ses différents rapports annuels, l’ONG mentionne effectivement l’Open Society Foundations, réseau de fondations financées par le milliardaire George Soros, parmi d’autres sociétés philanthropiques qui participent à son financement. Depuis 2024, AI Forensics s’appuie par ailleurs sur deux contrats signés avec la Commission européenne (en collaboration avec d’autres organisations de la société civile) dans le cadre de l’application du règlement sur les services numériques (DSA).
Une communication bien plus agressive qu’au départ
Le tweet de Pavel Durov évoquant un « état profond » n’est en réalité que le premier d’une série de trois. En un thread qui vise à instiller le doute sur la qualité du travail mené par l’ONG, le fondateur de Telegram attaque aussi différents médias européens qui se sont fait l’écho du rapport, citant surtout une volée de médias français (l’AFP, Le Parisien, France 24, Ouest France et Le Figaro).
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Commentaires (24)
Modifié le 9 avril à 15h31
Ce qui explique que certains se réfugient sur certains réseaux sortant du contrôle de ceux qui se disent légitimes dans l'emploi de la force, simplement pour éviter la censure, ce qui, inévitablement, rameute les plus décérébrés et malfaisants de nos pairs...
Modifié le 10 avril à 14h48
Il parle de groupes privés, mais dans la réponse de Telegram ils parlent de recherche.
Donc en fait, des groupes indexés et cherchables par mots clés sur Telegram, pas vraiment privés donc.
C'est une différence majeure. Quand Telegram offre une fonction de recherche pour trouver des groupes, leur responsabilité est engagée.
C'était d'ailleurs déjà l'enjeu lors de l'arrestation de Durov. N'importe qui tappait le nom d'une ville et d'une drogue et trouve des groupes de dealers, et Telegram ne faisait rien pour modérer, même suite au signalement par les autorités.
Le 13 avril à 13h08
Je n’ai pas vraiment le sentiment d’être limité dans ce que je dis, je n’ai pas l’impression d’être manipulé, mais en regardant un peu partout j’ai l’impression d’être dans un grand foutoir informationel qui permet à la fois d’avoir une vision large de ce qui se passe, mais qui demande un grand travail pour me faire mon avis.
Maintenant entre les tenants du tout contrôle et ceux de la liberté totale, on va falloir qu’on trouve un entre deux acceptable.
Le 9 avril à 16h11
Ça n'empêche pas que sa communication est exécrable et qu'il a bien raison d'avoir mis en place un service dédié. Mais il communique ainsi sur X probablement pour son public de fans.
Le 9 avril à 22h58
Sa communication reprend les éléments de language de la propagande de l'extrême droite américaine et des russes pour attaquer l'UE.
Modifié le 9 avril à 17h51
Invoquer Soros ou l'État Profond, outre étre d'une bêtise crasse, renvoit à des notions conspirationnistes, complotistes et antisémites.
Tout le vocabulaire de personnes sensées et stables 😶
Modifié le 9 avril à 21h45
"Conspirationnistes" devrait désigner ceux qui conspirent à la moindre occasion, pas ceux qui se méfient des versions officielles, dont des siècles d'archive et d'histoire, prouvent que le mensonge est omniprésent dans la sphère publique, y compris dans un passé proche.
"Complotistes" devraient désigner ceux qui complotent dès qu'ils le peuvent, pas ceux qui ont du sens critique.
"L'antisémitisme" ne veut plus rien dire, vu que n'importe quel gus pro Israël assimile l'antisionisme à ce dernier. Ça dessert totalement le combat contre l'antisémitisme réel, alors que ce sont deux choses totalement différentes. Mais il y a une véritable guerre informationnelle sur ce sujet, ceux qui ont des intérêts avec la politique Israélienne rêvent de faire condamner l'antisionisme comme l'antisémitisme en l'assimilant dans la loi pour que tout le monde ferme sa g... Et que des assassins et voleurs fassent ce qu'ils veulent sans une protestation sous prétexte de se croire plus spéciaux, plus légitimes, que les autres.
Ceux qui ont lu Orwell et Huxley (entre autres références) et ont bien suivi leurs cours d'histoire, savent ce que tout ça signifie, et ça, ce n'est pas
du complotismede la paranoïa. (Qui devrait être le terme réellement utilisé pour ceux qui ont quelques soucis psy à ce niveau là, et pas des mots fourre tout inventés par une classe politique pour ceux qui ne pensent pas comme ils l'attendent.)Je parle là de bon sens, manipuler les définitions et la langue, c'est la base de toutes les dérives autoritaires. Dans une démocratie, une langue se vit et évolue par le plus grand nombre, pas selon le désir du petit nombre.
Qu'on arrête de se leurrer, nous vivons dans un pays où des politiciens ont glissé des éléments de langage pour remplacer par exemple "mensonge" par "insincérité", repris en boucle ensuite dans les médias, ça en dit quand même long.
Le 9 avril à 19h22
C'est déjà ça...
Le 9 avril à 19h45
Le 10 avril à 10h17
Victor KLEMPERER rules.... TMTC
Le 10 avril à 13h54
De même, la dénonciation de « l'état profond » est bien un thème des complotistes. Vous parlez de manipulation de la langue et vous voulez changer le sens d'une expression largement utilisée (complotiste) pour y substituer un autre sens, qui a pourtant déjà un mot pour le désigner (comploteur). A contrario, si vous pouvez proposer une définition convaincante de ce fameux « État profond », qui ne serait pas complotiste, n'hésitez pas à nous en faire profiter.
Dernier point : c'est bien de lancer des invitations à lire Orwell et Huxley mais avez vous justement lu « Le meilleur des mondes » ? Parce que moi oui et je ne vois pas le rapport.
Le 10 avril à 16h01
Les complotistes ne sont pas les comploteurs.
Extrait du film La Folie des grandeurs
Le 9 avril à 19h20
Le 10 avril à 07h52
Qu'attend l'UE pour hausser le ton vis-à-vis de ce réseau ?
NB: S'agissant du DSA, dans quelle mesure sont vérifiés les chiffres avancés par les plateformes elles-mêmes, s'agissant de leur nombre de clients ? Vu que c'est sur ce critère qu'elles sont (ou non) soumises au DSA....
Le 13 avril à 11h46
Le 13 avril à 12h09
Le 13 avril à 15h09
Le 14 avril à 07h31
Le 16 avril à 13h06
Le 13 avril à 13h14
Modifié le 14 avril à 11h12
En particulier, c'est cela - et pas autre chose - qui permet de si facilement mettre en relation un « client » et un « vendeur » et donc le rend si attractif pour les criminels.
Que ce réseau soit gangréné par la pire engeance, et bien comme on dit souvent de manière moqueuse : it's not a bug, it's a feature et cela n'a que fort peu à voir avec la liberté d'expression et autres pétitions de principes.
Le 15 avril à 08h48
Le 15 avril à 20h41
Ceci dit vous avez raison, il y a certaines fonctionnalités annexes qui sont ou peuvent être chiffrés. La belle affaire.
Il serait fort surprenant que la capacité de Telegram a mettre en relation les gens ne repose que sur un annuaire. Après, si c'est clair pour vous que si, dont acte. Je me permet de rappeler que la totalité des messages sur les boucles Telegram sont accessibles en clair aux responsables de Telegram. J'espère que vous ne prendrez pas ombrage de cette précision.
Le 16 avril à 13h18
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