Un ancien du DOGE accusé d’avoir emporté les données de la sécu américaine sur une clé USB
Tranquille
Illustration : Flock
Le 11 mars à 16h50
Un ancien du département temporairement géré par Elon Musk se serait vanté d’avoir deux bases de données, dont une sur une clé USB, contenant des informations concernant 500 millions d’Américains (morts ou vivants). Une plainte a été déposée auprès de la Sécurité sociale américaine par un lanceur d’alerte interne. L’agence de santé nie l’existence de cette fuite.
Un ancien du DOGE accusé d’avoir emporté les données de la sécu américaine sur une clé USB
Tranquille
Illustration : Flock
Un ancien du département temporairement géré par Elon Musk se serait vanté d’avoir deux bases de données, dont une sur une clé USB, contenant des informations concernant 500 millions d’Américains (morts ou vivants). Une plainte a été déposée auprès de la Sécurité sociale américaine par un lanceur d’alerte interne. L’agence de santé nie l’existence de cette fuite.
Le 11 mars à 16h50
Sécurité
Sécurité
4 min
Les conséquences des incursions du DOGE dans de nombreuses agences étatsuniennes se font ressentir un an après. On apprenait récemment que la suppression des financements de la recherche en sciences sociales s’appuyait sur une simple requête ChatGPT.
Mais un des membres de ce département temporaire, officiellement créé par Donald Trump pour améliorer l’efficacité de l’administration américaine, aurait gardé sur une clé USB deux bases de données issues de la Sécurité sociale des États-Unis (SSA).
On se souvient que, s’étant emparé de son contrôle, le DOGE voulait migrer le code de l’intégralité de cette agence en quelques mois pour se débarrasser du COBOL. Aucune nouvelle de ce projet n’a filtré depuis, pas même depuis que le DOGE n’existe officiellement plus.
Une plainte d’un lanceur d’alerte en interne
Mais en passant, certains des ingénieurs de l’équipe dirigée par Elon Musk pourraient s’être servis dans les bases de données de l’institution. Selon une plainte déposée en interne par un employé de la Sécurité sociale qu’a pu consulter le Washington Post, un ancien ingénieur du DOGE a déclaré à plusieurs de ses nouveaux collègues qu’il était en possession de deux bases de données concernant des citoyens américains, dont au moins l’une d’entre elles sur une clé USB.
Ces deux bases de données, nommées « Numident » et « Master Death File », regrouperaient des informations sur 500 millions d’Américains (morts ou vivants), avec leurs numéros de Sécurité sociale, leurs lieux et dates de naissance, leurs citoyennetés, leurs « races » et ethnies, et les noms de leurs parents.
Toujours selon la plainte, l’ancien ingénieur du DOGE aurait voulu utiliser les données pour le compte de son nouvel employeur, une entreprise sous-traitante du gouvernement américain. C’est quand il lui a demandé de l’aider à transférer les données d’une clé USB « sur son ordinateur personnel afin de pouvoir « nettoyer » les données avant de les utiliser au sein de [l’entreprise] » que le lanceur d’alerte a eu vent du problème.
Alors qu’un autre collègue lui aurait refusé son aide pour des raisons légales, l’ingénieur aurait expliqué qu’il espérait bénéficier d’une grâce présidentielle si ses actes étaient jugés illégaux. La plainte ne dit pas s’il a finalement réussi à fournir les données à sa nouvelle entreprise.
En fait, selon le lanceur d’alerte, après son passage au DOGE, cet ingénieur aurait expliqué avoir conservé son ordinateur et ses identifiants professionnels lui donnant un accès quasi illimité aux systèmes de l’agence, « un niveau d’accès dont aucun autre employé d’entreprise n’avait bénéficié dans le cadre de sa collaboration avec la Sécurité sociale des États-Unis », explique le Washington Post.
Allégations « fermement réfutées par toutes les parties concernées »
Les membres du Congrès américain ont été informés de cette plainte par une lettre de l’inspecteur général de la Sécurité sociale le 6 mars dernier, selon The Independent.
Robert Garcia, représentant démocrate et président de la commission de surveillance de la Chambre des représentants, qui avait déjà lancé une enquête parlementaire sur les actions du DOGE au sein de la Sécurité sociale, a annoncé l’étendre à cette fuite de données. « Non seulement un ancien membre du DOGE a été accusé d’avoir circulé avec les informations de Sécurité sociale de tous les Américains sur une clé USB, mais il aurait également la possibilité de modifier et de manipuler à sa guise les données de l’administration de la Sécurité sociale », résume-t-il. « C’est dangereux et scandaleux, et les démocrates de la commission de surveillance se battront pour la transparence et la responsabilité ».
Mais l’agence concernée nie l’existence de cette fuite. « Les allégations provenant d’une seule source anonyme ont été fermement réfutées par toutes les parties concernées : la SSA, l’ancien employé et l’entreprise », affirme un porte-parole au journal The Independent.
Commentaires (8)
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Abonnez-vousLe 11 mars à 17h38
Si jamais elle est avérée, il ne vont pas dire qu'ils ont donné les clés du camion, la clé du coffre et le code de CB au premier venu.
Qu'ils n'ont pas révoqué ces accès, ni mis en place de procédures pour éviter que les données soient exportables.
Pas mal de postes ne peuvent plus insérer une clé USB sans faire débarquer l'IT au pas de course.
Le 11 mars à 18h16
Le 11 mars à 18h54
Il y a quelques années je suis revenu la bouche en cœur un lundi matin en ayant amélioré la gestion des certificats de ma boutique, pour me faire taper sur les doigts parce que j'avais fait sortir des données susceptibles de compromettre la sécurité de nos SI (dans l'hypothèse où j'aurais perdu la clef USB et qu'elle aurait été déchiffrée).
Le 11 mars à 21h11
Le 11 mars à 21h58
J0: Allégations « fermement réfutées par toutes les parties concernées »
J+1semaine: « bon ok c'est vrai mais c'est seulement quelques centaines de personnes, pas de quoi en faire un burger... »
J+1mois: « bon... en fait, c'était bien 500 millions... minimum »
Le 12 mars à 01h15
Et maintenant que l'info a fuité, j'imagine que cette personne aura changé de support et soigneusement chiffré cela.
Avec de la plausible deniability, à moins d'une surveillance ciblée de services de renseignements, bon courage pour savoir si cela est vrai ou faux…
Le 12 mars à 01h27
Le 12 mars à 10h37
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