Résultats par IA : Qwant teste un partage de revenus avec des éditeurs de presse
Illustration : Flock
Le 10 mars à 10h00
Le moteur de recherche Qwant annonce l’ouverture d’une expérimentation de neuf mois visant à établir les bases d’un modèle de partage de revenus avec les éditeurs de presse dans le cadre des réponses générées par IA, alors que Google retarde toujours le lancement en France de sa fonction AI Overviews.
Résultats par IA : Qwant teste un partage de revenus avec des éditeurs de presse
Illustration : Flock
Le moteur de recherche Qwant annonce l’ouverture d’une expérimentation de neuf mois visant à établir les bases d’un modèle de partage de revenus avec les éditeurs de presse dans le cadre des réponses générées par IA, alors que Google retarde toujours le lancement en France de sa fonction AI Overviews.
Le 10 mars à 10h00
Droit
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7 min
Qwant montre patte blanche avec le secteur des médias. Le moteur de recherche français, désormais développé conjointement avec Ecosia et Lilo au sein d’une entreprise détenue par Octave Klaba (OVHcloud) annonce mardi la mise en place d’une expérimentation visant à élaborer les modalités de partage de revenus associés à la réponse flash, le module généré par IA grâce auquel Qwant essaie de répondre directement aux requêtes de l’internaute (en lui évitant donc d’avoir à se rendre sur un site tiers).
Qwant signe avec un large panel de médias
Cette expérimentation, programmée pour neuf mois, prévoit selon Qwant « un partage des informations liées à l’usage de la fonctionnalité, ainsi qu’un modèle de partage des revenus publicitaires générés dans cet espace, fondé sur un principe de répartition équitable entre Qwant et les éditeurs participants ». Le moteur précise que pour cette première phase, c’est le principe d’un partage à égalité qui a été retenu, et indique que différents formats publicitaires seront testés.
Qwant va dans le même temps proposer aux médias partenaires d’intégrer sa réponse flash sur leur propre site. « Cette approche vise à tester, dans des conditions réelles d’usage, l’intégration de la Réponse Flash au sein des plateformes des médias, ainsi que les modalités de suivi des performances et de partage des revenus associés, dans un cadre défini avec chaque éditeur », décrit le moteur, selon qui ces travaux préparatoires sont indispensables pour accompagner les nouveaux usages en matière de recherche en ligne.
Qwant, qui a récemment conclu un accord de droits voisins avec l’Alliance de la presse d’information générale, a monté cette expérimentation par l’entremise de cette dernière, ainsi que par celle du Groupement des éditeurs de services en ligne (Geste), ce qui lui permet d’afficher une longue liste de médias partenaires, des titres du groupe Ebra à France Médias Monde en passant par L’Équipe, Les Échos, Le Parisien, RMC, BFM, Ouest France ou L’Express.
Ce faisant, l’entreprise s’affranchit du reproche formulé par de nombreux médias à l’encontre d’acteurs comme OpenAI ou Perplexity, qui ont préféré signer des contrats ad hoc avec quelques médias précis (principalement Le Monde) plutôt que de chercher à collaborer avec un large panel d’acteurs.
Des réponses flash sur une partie des requêtes
Qwant, rapproché d’Ecosia au sein d’une structure commune depuis 2024, cherche à faire oublier l’ère des résultats exclusivement générés par Bing en développant son propre « index de recherche européen », qui a fait ses débuts en production au printemps 2025, et doit à terme traiter l’essentiel des requêtes des internautes. À ce stade, Qwant ne communique pas sur le volume de cet index, ou sur sa représentation au sein des pages de résultats.
L’entreprise ne fait en revanche pas mystère de son intérêt pour l’IA générative. Elle a d’abord fait l’objet d’un premier pilote baptisé « Qwant Next », qui prenait la forme d’une interface de type chatbot, avec un système de conversation, des requêtes en langage naturel et des résultats issus des outils de recherche maison.
« Aujourd’hui, l’utilisateur va soit sur un moteur de recherche, soit sur ChatGPT, on pense que ces deux univers vont élargir leur spectre, et que ça correspond à une nouvelle façon de chercher. Nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls, c’est par exemple la direction prise par Perplexity », nous expliquait à l’époque Olivier Abecassis.
Un an plus tard, le chatbot est intégré sous forme d’option au moteur de recherche. Rebaptisé Chat IA, il n’est plus proposé dès la page d’accueil, mais on peut l’activer depuis la page de résultats, pour prolonger par exemple la requête initiale, ou lancer une nouvelle conversation.
En parallèle, Qwant propose donc ces fameuses réponses Flash, qui prennent la forme d’un bloc dédié à une réponse générée par IA à la requête de l’internaute, avec un texte de quelques lignes, quelques mentions des sites Web ayant servi de source à la réponse, et sur certaines requêtes, un lien sponsorisé dédié à la monétisation. Ce sont ces liens sponsorisés (ou autres formats publicitaires à venir) qui donneront lieu au partage de revenus promis avec les éditeurs, pour compenser l’éventuelle perte de trafic associée à la réponse flash.
Qwant affirme que la recherche est gérée par ses propres services tandis que la génération de la réponse est opérée par les modèles de Mistral. Au printemps 2025, au sujet des recours fréquents à un LLM, Olivier Abecassis affirmait déjà « Il y avait un coût qu’on a largement optimisé, aujourd’hui on sait l’absorber. »
Si les coûts sont maitrisés, reste à voir quel est le potentiel réel des réponses flash de Qwant en matière de chiffre d’affaires publicitaire, et donc de rétrocession aux médias partenaires dont les contenus auront pu être exploités. Le moteur de recherche, hébergé dans sa nouvelle structure European Search Perspective, ne communique ni chiffre d’affaires, ni volume d’audience, mais sa fréquentation reste anecdotique comparée à celle de Google, leader incontesté sur le marché français.
Google temporise le lancement de ses Aperçus IA
Cette expérimentation intervient alors que la France fait figure de pierre dans le jardin de Google autour de son propre service de réponses générées automatiquement, AI Overviews (Aperçus IA ou Résumés IA en français). Disponible de longue date aux États-Unis, ce dernier a été lancé à l’international dans 110 pays, dont la majorité du continent européen… à l’exception notable de l’Hexagone.
Échaudée par les longues batailles autour des droits voisins, la firme de Mountain View sait en effet qu’elle s’expose à une levée de boucliers de la part des éditeurs de presse, qui alertent depuis des mois sur les conséquences négatives potentielles en matière de perte d’audience, et donc de chiffre d’affaires.
Outre-Atlantique, plusieurs grands médias ont déjà signalé des baisses significatives du trafic entrant en provenance de la recherche Google sur leurs sites. Google de son côté défend l’idée que les résumés IA améliorent le service rendu à l’internaute, et que ce faisant, l’audience et les revenus publicitaires qu’ils génèrent sont nettement mieux qualifiés, dont plus rémunérateurs pour les éditeurs.
La promesse ne fait pas précisément consensus. Attaquée devant la Commission européenne par un réseau d’éditeurs indépendants, et régulièrement incriminée pour ses hallucinations ou ses résumés trompeurs, AI Overviews vient d’être mis en cause comme l’une des causes de la chute d’audience enregistrée par les principaux médias en ligne de la scène tech aux États-Unis.
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