Quand les patrons de la tech s’inquiètent d’un risque de bulle IA
Plus dure sera la chute
Plusieurs patrons de la tech ont récemment commenté l'hypothèse de l'éclatement d'une bulle financière autour de l'IA, ravivant les inquiétudes de certains observateurs. Les derniers résultats de NVIDIA n'ont pas suffi à rassurer les marchés jeudi, en dépit d'une croissance de 62 % sur un an.
Le 21 novembre à 16h56
11 min
Économie
Next
En cette période de résultats trimestriels, les boursicoteurs engagés sur les valeurs liées à la tech et à l'IA ont retenu leur souffle : après des mois d'un rallye haussier d'une rare intensité, la machine boursière a en effet connu quelques ratés ces derniers jours. Ces soubresauts ont ravivé l'inquiétude de ceux qui appréhendent l'éclatement d'une bulle de l'IA, et les déclarations récentes de Sundar Pichai n'ont rien fait pour calmer leurs angoisses.
Google atteint des sommets et n'exclut pas l'éclatement
D'ordinaire plutôt discret, le patron de Google a répondu le 18 novembre dernier aux questions de la BBC, et il a admis que si l'on traversait une période « extraordinaire » du fait des investissements massifs dans l'IA, ces derniers présentaient aussi des éléments d'irrationalité. Quid dans ce contexte des risques associés à l'éclatement d'une bulle ? « Je pense qu'aucune entreprise ne sera épargnée, nous y compris », lâche Sundar Pichai.
Google n'a pour l'instant pas de soucis à se faire. L'entreprise a publié fin octobre les meilleurs résultats trimestriels de son histoire, avec un chiffre d'affaires qui franchit pour la première fois la barre des 100 milliards de dollars, en hausse de 16 % sur un an.
Et l'IA est présentée comme l'un des moteurs de cette croissance. « En plus de dominer les classements, nos modèles propriétaires, comme Gemini, traitent désormais 7 milliards de jetons par minute, grâce à l'utilisation directe de l'API par nos clients. L'application Gemini compte aujourd'hui plus de 650 millions d'utilisateurs actifs mensuels. Nous continuons de générer une forte croissance dans de nouveaux secteurs d'activité », avance ainsi Sundar Pichai dans le communiqué qui accompagne ses résultats.
Bien que Google soit actuellement à son plus haut historique à Wall Street, et la seule des grandes valeurs de la tech à rester dans le vert suite aux derniers cahots du marché, c'est l'engagement financier nécessaire pour tenir son rang dans la course à l'IA qui semble alerter Sundar Pichai.

« Il y a environ quatre ans, Google dépensait moins de 30 milliards de dollars par an [en capital dédié à l'investissement, NDLR], cette année ce nombre sera supérieur à 90 milliards de dollars. Et si on additionne ce que font, ensemble, toutes les sociétés, on arrive à plus de 1000 milliards de dollars d'investissements dans la construction des infrastructures du moment », déclare-t-il.
Autrement dit, ceux qui auront trop investi durant cette phase risquent d'en subir les conséquences, indique Pichai, qui n'annonce cependant aucun ralentissement des dépenses d'Alphabet, notamment parce que les modèles développés par le groupe enregistrent des progrès « tout à fait excitants », se déploient toujours plus largement dans les produits du groupe et, in fine, « sont utilisés ».
Une bulle des LLM plutôt qu'une bulle de l'IA ?
Au fait, si bulle il y a, de quel périmètre parle-t-on vraiment ? La question n'est pas triviale, dans la mesure où les investissements en matière d'intelligence artificielle interviennent à plusieurs niveaux : l'achat de composants informatiques, mais aussi la construction de centres de données, ou la création des infrastructures énergétiques chargées d'alimenter ces derniers. De la même façon, il n'y a pas une unique IA, mais différents domaines dans lesquels l'intelligence artificielle trouve des débouchés.
Il reste 69% de l'article à découvrir.
Déjà abonné ? Se connecter
Soutenez un journalisme indépendant,
libre de ton, sans pub et sans reproche.
Accédez en illimité aux articles
Profitez d'un média expert et unique
Intégrez la communauté et prenez part aux débats
Partagez des articles premium à vos contacts
Quand les patrons de la tech s’inquiètent d’un risque de bulle IA
-
Google atteint des sommets et n'exclut pas l'éclatement
-
Une bulle des LLM plutôt qu'une bulle de l'IA ?
-
NVIDIA se voit aux avant-postes d'un monde qui change
-
NVIDIA, concepteur de GPU et prêteur sur gages ?
Commentaires (7)
Le 21/11/2025 à 23h08
Toutefois, pour les USA, l'IA c'est désormais too big to fail... Ils ne peuvent plus se permettre l'éclatement d'une bulle, trop de pognon est en jeu...
Modifié le 22/11/2025 à 08h24
À rappeler qu'elle devait déjà éclater à partir de juillet dernier quand on disait en juillet 2024 qu'elle allait éclater d'ici 12 à 18 mois, tout comme elle avait "atteint son point de rupture" pour d'autres aussi en juillet 2024, donc je nuancerais ce genre de prévision et rappellerais les précédentes. La semaine dernière, c'était Coreweave qui était désigné comme étant le premier à tomber avec son action qui a perdu presque la moitié de sa valeur en un mois. L'idée d'une bulle autour de l'IA date de 2023 à ma connaissance, et la prédiction de ce dernier article était à mon sens la plus fiable : on ne sait pas quand ça arrivera, mais ça arrivera.
De mon avis personnel, la frénésie du moment va donc forcément arriver contre un mur et éclater (d'ailleurs c'est ce que j'avais mis en commentaire de l'article de 2023). Et je doute que les acteurs concernés soient si naïfs. Alphabet, Meta et Microsoft ont les reins suffisamment solides pour encaisser le risque. Peut-être xAI aussi. OpenAI est une structure plus fragile qui dépense plus qu'elle ne gagne, je pense qu'elle a des chances de finir rachetée en soldes par Microsoft s'il y a éclatement. Les autres comme Anthropic ou Perplexity ne risquent pas de survivre non plus je pense, et se feront racheter par un gros. Et surement pareil pour Mistral en France, ce qui serait dommageable puisque continuerait d’asseoir notre dépendance à la Tech US.
La techno, elle, est là pour rester dans tous les cas jusqu'à ce qu'elle passe de mode.
Le 23/11/2025 à 16h48
En gros; dire aux boss du game que la bulle va éclater ne les arrange pas. Ils font des choses pour que le dispositif perdure. Quitte à payer soit même la marchandise. On pose donc quelques soupapes sur l'usine à gaz (le gros montage).
C'est ce qui rendra plus fracassante la chute. Lorsque que cela commence c'est comme une avalanche. Ça glisse un peu au début. Et puis très vite cela devient une pulvérisation de matière.
Les trucs à savoir c'est :
- Qui a tiré sont épingle du jeu avant que cela ne se plante ? (qui a revendu ses titre)
- Qui reste sur la paille
- Qui récupère les restes (infrastructure et datacenters en pagaille partout) ?
Le 23/11/2025 à 18h31
Le 22/11/2025 à 13h01
Le 24/11/2025 à 11h44
C'est plus les résultats concrets qui détermineront si ça éclate ou pas que des mouvements boursiers.
La spécificité de l'IA c'est l'imprévisibilité des résultats, comparé à des domaines industriels plus classiques comme la mine, l'industrie etc.
Le 24/11/2025 à 12h16
Je verrais bien un processeur qui consomme 10 fois moins que Nvidia du côté de la Chine par exemple, des milliards partiraient vite en fumée.
Signaler un commentaire
Voulez-vous vraiment signaler ce commentaire ?