Ibou : comment le moteur de recherche « made in France » veut indexer le web
Y aura-t-il des ads ibou ?
Est-il possible de créer aujourd'hui un moteur de recherche sans faire partie des plus grosses entreprises du secteur ? Pour explorer ce thème, nous nous sommes entretenus avec Sylvain Peyronnet, PDG de Babbar.
Le 24 septembre à 10h22
24 min
Internet
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Depuis quelques semaines, Next a repéré sur les réseaux sociaux un nouveau projet français de moteur de recherche (conversationnel, cette fois) porté par l'entreprise Babbar : Ibou. Connaissant un autre projet de moteur de recherche dont les résultats se sont trouvés datés et limités, nous étions curieux de savoir s'il était possible d'en monter un avec un index correct, à jour et qui pourrait profiter des nouvelles technologies comme les LLM pour améliorer son fonctionnement.
Nous avons interrogé Sylvain Peyronnet, PDG de Babbar. Son entreprise est spécialisée dans les outils permettant aux spécialistes du SEO d'améliorer leurs stratégies. Lui est un ancien enseignant-chercheur en intelligence artificielle, mais aussi l'ancien responsable scientifique de Qwant, parti en 2019.
>> Qu’est-ce qu’il y a derrière ce nom d’Ibou à l’apparence très française ?
C’est un projet de moteur de recherche de l’entreprise Babbar. Celle-ci fait, depuis que j’ai quitté Qwant et qu’on l’a montée, des outils qui font tourner en arrière-plan un moteur recherche, pour comprendre ce que fait Google et fournir de la data aux gens qui font du référencement web. Pour différentes raisons, nous avons décidé de pivoter. Nous avons commencé à créer un moteur de recherche conversationnel depuis quelques mois. Et nous l’avons annoncé quasiment dès qu’on a commencé le travail.
Ibou, même si on joue beaucoup avec des logos liés à l’oiseau parce qu’on est en France, ça n’a rien à voir : c’est un mot d’égyptien ancien qui veut dire « les cœurs », car, dans l’Égypte ancienne, le cœur était le siège du raisonnement et de la mémoire.
>> Qu'est-ce qui vous a amenés à imaginer ce projet ?
En travaillant dans le secteur du moteur de recherche depuis longtemps, nous nous sommes rendu compte de plusieurs choses.
Déjà, jusqu'au paradigme conversationnel, les moteurs n’étaient pas vraiment faits pour de la recherche d’information, mais pour de la recherche documentaire : ils renvoyaient des pages web. Pourtant, quand les gens tapent une requête dans un moteur, la plupart du temps, ils s’en fichent un peu. Ce qu’ils attendent, c’est une réponse qui les satisfait et qui leur permet de réaliser les tâches qu’ils veulent réaliser.
« L’émergence des LLM a permis de faire percoler des informations humaines dans des objets mathématiques »
Ensuite, pour faire un bon moteur, le nerf de la guerre était d'avoir beaucoup de données utilisateurs pour comprendre l’être humain et affiner ce que faisaient les algorithmes et qui n’était jamais parfait. Et pour parfaire les résultats d’un moteur, il fallait beaucoup de comportements humains.
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Ibou : comment le moteur de recherche « made in France » veut indexer le web
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« L’émergence des LLM a permis de faire percoler des informations humaines dans des objets mathématiques »
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« On veut aussi garantir un pluralisme »
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« Quelqu’un qui fait 20 ou 30 millions d’euros par an en France peut faire un moteur de recherche très rentable »
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« La connaissance, c’est du ressort du moteur de recherche et des sources, pas du LLM »
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« Faire un index qui classe les bonnes pages dans les premières, c’est ça qui est difficile »
Commentaires (23)
Le 24/09/2025 à 10h29
Le 24/09/2025 à 10h58
D’autant plus avec le passif Qwant…
Le 24/09/2025 à 11h51
Le 24/09/2025 à 13h32
Modifié le 24/09/2025 à 16h42
Le 24/09/2025 à 11h01
J'aime bien plusieurs points :
- la séparation de la connaissance (moteur de recherche) et de l'interface avec l'humain (LLM).
- la publicité ciblée par le contexte et pas les données personnelles.
- l'analyse de la demande par le LLM pour ensuite attaquer le moteur de recherche.
- la synthèse que peut faire le LLM à partir de plusieurs sources.
- le fait de renvoyer aux sources.
J'aime moins que la même société fasse un outil pour le SEO : à un moment donné, qui sera privilégié les clients SEO ou les utilisateurs du moteur ?
Le 24/09/2025 à 11h17
Le 24/09/2025 à 11h24
Vu le discours, je suis prêt à penser qu'ils sont honnêtes. S'il y avait ce dilemme, le mieux serait de séparer en 2 sociétés et revendre une des activités.
Le 24/09/2025 à 11h05
Mais en pratique je les ai quand même bloqués car pas intéressé de figurer dans les recherches d'ia.
Modifié le 24/09/2025 à 11h10
Le 24/09/2025 à 11h31
vos illustrations reproduisant un portrait des personnes interviewées sont faites comment ? Quels droits (de reproduction, de propriété intellectuelle) s'appliquent ?
Le 24/09/2025 à 11h49
Le 24/09/2025 à 11h59
Le 24/09/2025 à 12h19
Le 24/09/2025 à 14h12
Le 24/09/2025 à 14h38
Le 24/09/2025 à 14h47
Krkrkrkr.
Bon, c'est une blague hein, je présente mes excuses si elle de mauvais goût.
Le 24/09/2025 à 14h55
Le 24/09/2025 à 11h35
Le 24/09/2025 à 11h53
L'IA n'est utilisée que pour interpréter les demandes des utilisateurs et restituer les résultats trouvés sur les pages Web. Elle n'indexe pas tout le Web.
Le 24/09/2025 à 16h03
J'ai hâte de voir la réaction des zayant-droits et autres sites qui publient sur le web et râlent de se faire piller.
Le 24/09/2025 à 18h06
Une approche complètement différente de ce pourquoi on entend parler des LLM en général.
Bon maintenant c'est un beau discours, des belles intentions, on verra d'une part si c'est vraiment performant et d'autre part si le grand public sera intéressé par quelque chose qui ne s'appuie pas sur la dopamine.
Le 24/09/2025 à 18h27
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