Échange de données avec les USA : le recours du député Philippe Latombe rejeté par la CJUE
Sans cliffhanger
Le 03 septembre 2025 à 10h14
La Cour de Justice de l’Union européenne vient de rendre son verdict sur le recours déposé par le député Philippe Latombe contre la Commission européenne, visant à faire annuler le Data Privacy Framework.
Échange de données avec les USA : le recours du député Philippe Latombe rejeté par la CJUE
Sans cliffhanger
La Cour de Justice de l’Union européenne vient de rendre son verdict sur le recours déposé par le député Philippe Latombe contre la Commission européenne, visant à faire annuler le Data Privacy Framework.
Droit
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3 min
Sans surprise, le Tribunal a rejeté le recours (PDF), considérant que, « à la date d’adoption de la décision attaquée, les États-Unis assuraient un niveau adéquat de protection des données à caractère personnel transférées depuis l’Union vers des organisations établies dans ce pays ».
Rappelons que le Data Privacy Framework est un cadre d’échanges entre l’Europe et les États-Unis. Il établit que les protections offertes outre-Atlantique sont équivalentes à celles présentes en Europe. Le DPF est largement attaqué depuis sa sortie, d’autant plus qu’il est venu remplacer le Privacy Shield, qui avait déjà pris la relève du Safe Harbor, tous deux tombés après avoir été attaqués par Max Schrems.
Le DPF résiste malgré les soubresauts
Philippe Latombe souhaitait voir disparaitre cet accord d’adéquation, pour les mêmes raisons que les deux précédents cadres. À l’automne 2023, il expliquait ainsi que les conceptions européenne et américaine des données étaient irréconciliables : l’Europe considère que les données appartiennent à ceux qui les émettent, les États-Unis à ceux qui les collectent. Pour le député, la Data Protection Review Court mise en place aux États-Unis n’était par ailleurs ni indépendante ni impartiale.
Chez l’association noyb, Max Schrems affiche sa déception : « Nous voyons actuellement Trump destituer des responsables ‘indépendants’ de la FTC ou de la Réserve fédérale. La Cour en question n’est même pas établie par la loi, mais seulement par un ordre exécutif du président – et peut donc être révoquée dans la foulée. Il est très surprenant que la Cour de justice de l’Union européenne ait jugé cela suffisant. Si l’on compare cette affaire avec des affaires internes à l’UE telles que celles concernant la Pologne ou la Hongrie, il faut faire preuve d’une grande souplesse mentale pour accepter qu’il s’agisse d’une Cour indépendante ».
Rien n’empêche cependant Philippe Latombe de faire appel de la décision.
Commentaires (10)
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Abonnez-vousLe 03/09/2025 à 10h37
Le 03/09/2025 à 10h40
Modifié le 03/09/2025 à 13h39
Or,
Bref, sans surprise, le tribunal n'a aucune base légale pour prononcer l’annulation du DPF.
Quand au dernier paragraphe sur Trump, le tribunal ne peut juger le travail/décision de la commission que dans le contexte de l'époque (= au moment du travail/décision). Si le contexte légal/politique USA a changé depuis lors c'est à la commission de s'en occuper, par au tribunal.
Le 03/09/2025 à 10h45
(On remarquera au passage que si Microsoft, Google LLC, Amazon et Meta remontent dans la liste du DPF, Apple n'y est pas...)
Modifié le 03/09/2025 à 13h29
Traduction ici
Désolé, pas pu m'en empêcher, jesaiscestmaaaal...
Le 03/09/2025 à 15h02
Le 04/09/2025 à 19h13
D'une part il rejette le recours en considérant que la DPRC est indépendante - ce qui au regard de l'actualité aux US est LARGEMENT discutable - mais ensuite elle précise que la collecte "en vrac" de données à caractère personnel est possible parce qu'on a un contrôle "a posteriori".
Je vais aller dire ça aux agences marketing - c'est bon c'est open bar tant que vous faites une analyse a posteriori de l'utilisation des données. Il est tout beau notre RGPD
Modifié le 05/09/2025 à 17h17
Si elle ne le fait pas alors que l'indépendance est perdue, alors il sera temps d'attaquer cette (non) décision. Mais pour le moment, Trump ne s'est pas attaqué à cette indépendance là, donc il n'y a aucune raison que la Commission revienne sur sa décision maintenant.
Rappel : Latombe demandait l'annulation de la décision de la Commission et uniquement cela. C'était risqué comme méthode et ça a raté.
Attendons nyob qui attaquera comme d'habitude par une question préjudicielle en Autriche probablement.
Quant au contrôle judiciaire a posteriori, il est dans l'arrêt Schrems II de la CJUE. Le tribunal s'appuie donc sur cette jurisprudence.
Le 05/09/2025 à 09h11
Le 05/09/2025 à 14h55
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