Intel reçoit 5,7 autres milliards de dollars, mais pas sans conditions

Libéralisme à géométrie variable

Intel reçoit 5,7 autres milliards de dollars, mais pas sans conditions

Intel vient de recevoir plus tôt que prévu 5,7 milliards de dollars d’aides publiques dans le cadre de la loi CHIPS. La somme est accompagnée de certaines conditions, Intel devant garder coûte que coûte sa division fonderie. L’investissement, même s’il était prévu, pose la question d’un libéralisme économique changeant aux États-Unis.

Le 02 septembre 2025 à 15h43

Commentaires (9)

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Les aides publiques aux US ne sont déjà pas toutes sous conditions ?
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C'est toujours mieux que filer des subventions/construire des infrastructures (énergie/transport) pour permettre des implantations... et voir les projets capoter qq années après.
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C'est un truc que je n'ai jamais compris concernant notre beau pays, la Fronche (vi parce qu'en ce moment ça tire la tronche) : pourquoi on n'arrive pas à poser des conditions, même allégées comme dans le cas d'Intel, à l'octroi de subventions / crédits d'impôts / whatever aux grandes entreprises ?

A chaque fois que j'entends ou je lis un débat sur le sujet dans n'importe quel média, dès que quelqu'un évoque des conditions (genre conditions contractuelles à l'obtention de la manne) elle ou il se fait rabrouer vertement ou se fait traiter d'idéaliste.

A vrai dire je ne comprendrais jamais comment le secteur public - donc nous, l'état, les collectivités, l'Europe, etc... - peut gaspiller investir "un pognon de dingue" pour renflouer des boîtes privées multinationales qui n'en ont pas forcément extrêmement besoin (vu qu'elles peuvent délocaliser quand elles veulent, les subventions étant un moyen poli de leur dire : "Restez donc chez nous SVP" histoire de pas perdre de précieux emplois)... et tout ça sans aucune exigence autre qu'un vague assentiment verbal ?

il y a certainement un raisonnement économique derrière, mais j'ai du mal à piger le truc...
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Je crois qu'on le fait.
Mais les promesses n'engagent que ceux qui les reçoivent. Et quand quelques années après , et après un changement de direction (ou un rachat), le nouveau proprio décide de ne pas se sentir engagé par les promesses de son prédécesseur , bah ça gueule un peu dans les média, un peu de judiciaire.... et une actualité en chassant une autre, on oublie, et ... voila.

lemonde.fr Le Monde (un peu vieux je vous l'accorde, mais c'est le 1er qui me vient en tête. JE me demande combien d'autre , sur des PME/PMI, il y en a...)
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Intéressant, ton article, en particulier ce passage :
Dominique de Villepin s'est montré plus circonspect sur un éventuel remboursement des aides publiques accordées à HP, alors que la faisabilité juridique d'une telle mesure est mise en doute.
En d'autres termes : En France, on accorde toutes sortes de subventions (et de facilités diverses qui ne sont pas considérées comme telles mais qui dans les faits, font économiser des sommes non négligeables), mais on "oublie" de les lier conditionnellement à un véritable contrat juridique qui engagerait réellement l'entreprise - par exemple, à préserver un certain nombre d'emplois locaux négociés par avance, ou à consacrer tant de % du CA en R&D, ou encore, pourquoi pas, à assainir sa comptabilité afin d'arrêter de jeter l'argent par les fenêtres...

Il m'apparaît évident, dans ces conditions, qu'aucune entreprise fautive ne remboursera jamais quoi que ce soit à l’État, et donc que toute forme de subvention est une perte sèche pour les finances publiques.

EDIT : Note qu'en évoquant ce sujet je pense surtout aux multinationales, le cas des PME/PMI/Artisans est pour moi très très différent, parce que beaucoup d'entre elles ne sont pas facilement délocalisables : c'est pourquoi je pense qu'on devrait mettre le paquet sur elles, quitte à priver - snif - telle ou telle world company de cadeaux et de largesses princières...

Ceci dit je ne suis pas économiste, et donc il y a forcément des choses qui m'échappent...
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Pour moi il y a 2 choses qui t'échappe :
- La "concurrence fiscale" entre les pays, voire les régions, qui fait qu'une grande entreprise très connue va avoir tendance à faire une sorte d'enchère inversée lors d'une installation de grande ampleur. Je me demande par ex ce qu'a promis l'Allemagne à Tesla, alors que l’énergie électrique y est particulièrement chère...

- Les grandes sociétés ont assez d'emplois sur un bassin donné (quand on compte non seulement les "internes" mais aussi les sous-traitants, les prestataires, les interim, et tous les métiers annexe comme les boulangeries , les tabacs , les resto, les garages...) pour mettre le couteau sous la gorge des politiques en menaçant de délocaliser. Les PME/PMI bossent souvent pour du plus gros, on fabrique pas un Airbus avec 125 bonhommes. Et aussi on va parler de Michelin, de Pechiney, d'Arcelor-mittal à la TV, mais pas trop de "Les suceuses de l'ouest" ou de "Plomberie Express" ... même si , en cumulé ces entreprises participent bien plus à l'activité d'une région que le mastodonte.
Mais pas avec le même prestige national & politique. Or c'est ça qui fait la politique en France: une grosse boite qui délocalise ou licencie de manière fracassante c'est +xx% pour le FN...
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Merci pour ta réponse, qui met des mots sur un ressenti : entre L’État et les grosses entreprises, la balance est donc complètement déséquilibrée. Comme tu dis il y a l'environnement économique qui en profite aussi.

Mais côté négatif, une grosse entreprise qui se casse, c'est toute une région (et ses électeurs) qui meurt, donc dit autrement : ils nous tiennent bien par les...

Dommage, des fois j'aimerais bien que le politique (dans le sens : l'intérêt des gens sur le long terme) prenne le pas sur l'économique, mais manifestement ça ne risque pas d'arriver... En tout cas pas chez nous.
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Comme toujours la réponse la plus simple est souvent la meilleur : Corruption.

Tous nos politiques sont issues et/où vont repartir dans le privé (ou sont financés par eux), donc ce sont des "retours d'ascenseur" de l'investissement initiale.

Tu me donnes X millions pour ma campagne, je te revends les autoroutes pour pas cher, je te file des contrats juteux etc.
Comme tu dis, à chaque fois c'est la même, ce sont les ministres eux-mêmes qui refusent d'appliquer des conditions, c'est forcement volontaire :)
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Bien vu, je pense aussi au lobbies qui dépensent des sommes absolument invraisemblables pour faire pencher la balance en leur faveur, difficile de résister à de tels mammouths !

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