Le Conseil scientifique du CNRS dénonce les « entraves administratives » à la recherche, Antoine Petit (PDG) riposte

Un cadre trop serré pour la recherche

Le Conseil scientifique du CNRS dénonce les « entraves administratives » à la recherche, Antoine Petit (PDG) riposte

Le 12 juin 2023 à 14h50

Commentaires (17)

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Dans ce document, le Conseil scientifique du CNRS regrette aussi un « déni de la part des instances dirigeantes des établissements de recherche français vis-à-vis des difficultés rencontrées par les personnels de la recherche ».



[Antoine Petit] affirme que « dans un établissement de près de 35 000 personnes, il est inévitable que, localement, des difficultés apparaissent et que des erreurs soient commises », mais il réfute que ces problèmes soient systémiques au sein du CNRS.


Comme quoi la direction confirme en réalité ce que le rapport déplore.

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Touché :D



Je ne connais pas le CNRS mais j’imagine, vu les 35k personnes et les délégations régionales cités dans l’article, une structure centrale décisionnaire à Paris et plein de structures locales qui font la recherche.



Des outils IT “pour une gestion standardisée des process et des coûts” et des process créés par des gratte-papiers à Paris qui ne connaissent pas l’opérationnel de la recherche.



Donc conçu pour le process, pas pour l’expérience de l’utilisateur.



Ce que je ne pige pas, c’est que le directeur reconnait “que « personne ne conteste la nécessité de réduire la charge administrative qui affecte les équipes de recherche et, de manière générale, la complexité de la gestion des laboratoires »”.



C’est ce qui me semble être exactement le sujet du pamphlet du Conseil non ?



Mais il n’est pas d’accord … o_O

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Sans compter qu’il détourne le propos du livre blanc :




« Il est cependant indigne, à partir de ressentis, d’anecdotes ou de cas particuliers, de stigmatiser les agents des fonctions support qui, au quotidien, accompagnent du mieux qu’ils le peuvent, avec un investissement constant et un professionnalisme avéré, les équipes de recherche, dans une relation de complémentarité ».


alors qu’ils affirment justement :




Le CS du CNRS de 2018 à 2023 souligne que les personnels administratifs du CNRS ou des
établissements partenaires, dont l’abnégation est très souvent exemplaire à tous les niveaux,
sont les premières victimes des dérives d’un système qui perd de vue son objectif premier,
être un soutien à la recherche par une administration efficace.


C’est à se demander s’il l’a lu…

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Cette partie-là, je l’ai pris pour un “diviser pour mieux régner”.



Il a tenté de tourner le papier du Conseil comme rejettant la faute sur les administratifs.
Beaucoup plus facile à gérer et à cacher ensuite.



Le commentaire intéressant est celui sur la mission donnée par la ministre à mister gniagnia, qui était directeur de cabinet de valérie pécresse quand même, (vous voyez les galons sur les épaulettes hein ? vous les voyez ? :D)



Je le comprends comme un “m’enfin voyez, on fait pas rien … on va créer une mission d’analyse, avec une commission d’enquête, histoire de bien savoir ce qui ne va pas.”



Et quand le résultat sera “pas assez de gens, trop de process”, la réponse sera la sempiternelle “m’enfin, voyez, on n’a pas d’argent pour ça” (mais continuer à payer les gros salaires des grands responsables, ça, oui, on peut …)

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Une « note liminaire » précise que le rapport est « fondé sur une collection d’« expériences de terrain », qui sont apparues suffisamment fortes et cohérentes pour constituer la base de ce texte » et affirme la nécessité de mettre en place une enquête large ou un audit plus complet.



[Le Président-Directeur Général du CNRS] affirme que « dans un établissement de près de 35 000 personnes, il est inévitable que, localement, des difficultés apparaissent et que des erreurs soient commises », mais il réfute que ces problèmes soient systémiques au sein du CNRS.


Si on rassemble ces deux parties du texte, on s’aperçoit alors que le PDG feint de na pas comprendre la différence en généralité et systémie; plus métaphoriquement, il tente de cacher la forêt avec un arbre.




Cette note ajoute que « si les exemples pris relèvent par essence du CNRS, les mêmes travers, mutatis mutandis, se retrouvent de manière identique, voire aggravée, au sein d’Universités ou de Grandes Écoles ».


Les grandes institutions seraient-elles donc susceptibles d’être touchées par les affres des grands systémes ? :roll:



Et quand bien même il est difficile de le concevoir, la standardisation/rationalisation des moyens, associée à l’hétérogénéité des prises de décision dans l’espace & le temps produit exactement ces rigidités d’interopérabilité entre des silos de manières de faire & systèmes monolithiques différents.



Quand on pense aider en standardisant, on crée des systèlmes inhumains et on ne fait plaisir qu’aux détenteurs des cordons de la bourse… et face à cette situation, je me déclare vaincu.

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C’est curieux comme ces “difficultés locales” sont pourtant observées presque partout…

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Je peux attester que les services centraux du CNRS donnent l’impression d’être de plus en plus déconnectés de la recherche, et de tolérer de moins en moins que les gens dans les labos fassent autre chose que de l’administratif.

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vectors a dit:


Comme quoi la direction confirme en réalité ce que le rapport déplore.


Tellement !

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Mihashi a dit:


Sans compter qu’il détourne le propos du livre blanc :



alors qu’ils affirment justement :



C’est à se demander s’il l’a lu…


On est d’accord… Et le PDG dénonce la stigmatisation des personnels des fonctions support alors qu’au contraire le rapport signale leur surcharge de travail. On a l’impression qu’il cherche aussi à les accuser de ce qu’ils ne disent pas pour justement diviser.

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gagaches a dit:


Cette partie-là, je l’ai pris pour un “diviser pour mieux régner”.



100% d’accord.
Il a tenté de tourner le papier du Conseil comme rejettant la faute sur les administratifs. Beaucoup plus facile à gérer et à cacher ensuite.



Voilà, et permettre de les discréditer, ce qui n’est pas possible avec leur énoncé factuel initial.
Le commentaire intéressant est celui sur la mission donnée par la ministre à mister gniagnia, qui était directeur de cabinet de valérie pécresse quand même, (vous voyez les galons sur les épaulettes hein ? vous les voyez ? :D)



Je le comprends comme un “m’enfin voyez, on fait pas rien … on va créer une mission d’analyse, avec une commission d’enquête, histoire de bien savoir ce qui ne va pas.”



Et quand le résultat sera “pas assez de gens, trop de process”, la réponse sera la sempiternelle “m’enfin, voyez, on n’a pas d’argent pour ça” (mais continuer à payer les gros salaires des grands responsables, ça, oui, on peut …)


On fait une petite commission, une grosse commission, et on noie le poisson…

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Haa merci NxI cet article.
c’est marrant comme des fois il y a des concours de circonstance…. on parlait ce matin avec un collègue du faite qu’avec la politique de remboursement des frais de missions cnrs, on doit payer de notre poche pour faire notre missions.
Il est clair que le contrôle et l’augmentation des taches administratives est vraiment importante et c’est vécu par tout le personnel y compris les administratives qui ont des directives de procédure ect !!!

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Bonjour,
je crains fort que cette situation déplorable soit présente aussi dans une grande institution comme l’Inserm, selon les échos que me donne mon fils qui y est directeur de recherche

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le PDG s’insurge : « Il est cependant indigne, à partir de ressentis, d’anecdotes ou de cas particuliers, de stigmatiser les agents des fonctions support qui, au quotidien, accompagnent du mieux qu’ils le peuvent, avec un investissement constant et un professionnalisme avéré, les équipes de recherche, dans une relation de complémentarité ».


– Mon petit, vous savez on nous serions sans la bureaucracie ?
– heu… non chef.
– Au chômage, mon petit. Nous serions tous les deux au chômage.

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Un petit coup de chatGPT version 10 et tout rentrera dans l’ordre.
Les problèmes ce sont les “procédures” et non le personnel.

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Une/un secrétaire pour 30 personne devrait suffir pour gérer l’afministratif. Si ce n’est pas le cas, c’est qu’il y a un gros soucis.

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Tout à fait exact. L’administratif devient un enfer avant de pouvoir lancer un projet de recherche! On en fait 10 fois plus qu’il y a 30 ans! Et souvent des choses inutiles ou qui devraient être réalisées par des personnes administratives… Et pareil à l’INSERM! Le but, c’est d’emmerder les chercheurs au lieu de leur faciliter le travail. Et je ne parle pas de l’Europe qui fait tout pour nous empêcher de bosser en complexifiant ce qui était simple avant. La recherche va mourir en Europe. La Chine et les USA doivent bien rigoler!!

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cyrano2 a dit:


Une/un secrétaire pour 30 personne devrait suffir pour gérer l’afministratif. Si ce n’est pas le cas, c’est qu’il y a un gros soucis.


Quand on ne gère pas l’administratif n’importe comment, en effet.
Je le vois là où je bosse (dans la FP), au secrétariat de direction il y a 2 personnes, elles sont régulièrement sous l’eau alors qu’elles devraient pouvoir bosser tranquille vu le nombre de personnels chez nous. Mais on a notre direction qui adore déléguer tout et n’importe quoi, au point où même nous (à l’informatique) devons nous taper certains de leurs courriers pour qu’ils n’aient plus qu’à le signer, comme plusieurs autres services en plus du secrétariat…

Le Conseil scientifique du CNRS dénonce les « entraves administratives » à la recherche, Antoine Petit (PDG) riposte

  • Constat d'une « exaspération croissante »

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  • Manque de culture des Retours d'expériences « Gestion de la recherche »

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  • La direction met en avant une opposition chercheurs / « fonction support »

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