#Le brief du 15 septembre 2025

US : le fondateur de GirlsDoPorn condamné à 27 ans de prison pour trafic d’êtres humains

Michael Pratt, le fondateur de la plateforme californienne de pornographie GirlsDoPorn, a été condamné le 9 septembre à 27 ans de prison pour trafic d’êtres humains.

Né en Nouvelle-Zélande, Michael Pratt avait co-fondé les sites GirlsDoPorn et GirlsDoToys à San Diego, aux États-Unis. Il avait ensuite trompé des femmes, dont plusieurs étaient à peine adultes au moment des faits, en les attirant avec de fausses annonces pour des emplois de top-modèles.

En 2019, 22 d’entre elles avaient déposé plainte contre Pratt et plusieurs complices, dont le responsable des opérations et cameraman Matthew Isaac Wolfe, et le producteur et acteur Riben Andre Garcia.

Elles les accusaient de les avoir poussées à consommer alcool et drogues avant de leur faire signer un contrat que certaines n’avaient pas même pu lire. Plusieurs ont témoigné avoir été agressées sexuellement, puis retenues contre leur gré jusqu’à la fin des tournages.

Pratt et ses complices auraient évité toutes mentions des deux plateformes pornographiques qu’ils pilotaient sur les documents en question. Dans un communiqué de presse, le bureau du procureur général de Californie souligne qu’en réalité, les vidéos enregistrées étaient promues jusque sur des plateformes gratuites et grand public comme Pornhub pour générer du trafic.

Certaines ont suscité des millions de vues, générant des millions de dollars de chiffre d’affaires pour Pratt.

Après la plainte déposée en 2019, Pratt avait fui les États-Unis. Il était inscrit sur la liste des 10 personnes les plus recherchées par le FBI lorsqu’il a été arrêté en Espagne, en décembre 2022. En 2025, il a plaidé coupable de complot en vue de se livrer au trafic d’être humain, et de s’y être livré.

Lors du procès, quarante de ces victimes ont appelé à condamner Pratt à la peine maximale.

Elles ont détaillé les effets de long terme de ces agressions et de leur enregistrement et diffusion : certaines ont subi du harcèlement et des menaces, plusieurs ont changé de nom, voire ont eu recours à de la chirurgie esthétique pour changer d’apparence, plusieurs ont tenté de se suicider ou ont sombré dans l’alcoolisme.

Après avoir entendu ces témoignages, la juge fédérale Janis L. Sammartino a déclaré : « J’exerce cette fonction depuis très longtemps et je n’ai jamais eu à traiter une affaire de cette ampleur… L’étendue et la gravité de cette infraction conduisent la cour à alourdir la peine. »

Matthew Wolfe a été condamné à 14 ans de prison, et Riben Garcia à 20 ans.

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Le Conseil constitutionnel valide la « taxe GAFA »

Saisi d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) par la société Digital Classifieds France (éditrice du site SeLoger et filiale du groupe allemand Axel Springer), le Conseil constitutionnel a estimé que la « taxe sur les services numériques » instaurée par la France en 2019 et surnommée, à l’époque, taxe GAFA, ne contrevenait pas aux principes d’égalité devant la loi et les charges publiques.

Dans cette décision datée du 12 septembre, l’institution de la rue Montpensier valide ainsi le principe de cette taxe qui concerne, pour mémoire, les sociétés réalisant au moins 750 millions d’euros de chiffre d’affaires au niveau mondial et 25 millions d’euros à l’échelle nationale.

Dans sa requête, Digital Classifieds France a tenté de faire valoir que « les critères définissant les activités imposables ne [sont] ni objectifs ni cohérents au regard du but poursuivi par le législateur ». La société estime également que la loi de 2019 commet une erreur en calculant les seuils d’assujettissement à l’échelle du groupe (la maison mère) et non des différentes sociétés individuelles.

Extrait de la décision n° 2025 - 1157 QPC du 12 septembre 2025

Elle attaque par ailleurs le texte sur le critère de la « territorialité de l’impôt, du lieu effectif de l’activité ou de l’origine géographique des recettes réalisées par les entreprises redevables pour déterminer l’assiette de la taxe ». Elle dénonce enfin le caractère confiscatoire de ce qu’elle considère comme une double imposition, la taxe venant s’ajouter à l’impôt sur les sociétés, et donc comme une « rupture d’égalité injustifiée ».

Le Conseil constitutionnel n’a pas encore mis en ligne le commentaire qui constitue l’explication de texte de sa décision, mais cette dernière se veut sans ambages. Les Sages estiment qu’il « était loisible au législateur de soumettre à la taxe des services numériques dont la création de valeur repose de façon déterminante sur l’activité des utilisateurs, telles les prestations de ciblage publicitaires », mais aussi de choisir de ne pas inclure d’autres typologies de services « eu égard à leur nature ».

Sur les seuils d’assujettissement, il remarque que « si ces seuils sont appréciés au niveau d’un groupe d’entreprises, l’assiette de la taxe est déterminée en fonction des seuls revenus générés par les services fournis en France par l’entreprise redevable, et non par l’ensemble du groupe ». Les arguments liés à la territorialité et aux modalités de taxation sont, eux aussi, rejetés pour aboutir à la décision selon laquelle les articles concernés de la loi de 2019 sont « conformes à la Constitution ».

Birmanie : 100 000 personnes potentiellement forcées d’opérer des arnaques en ligne

À la frontière entre la Birmanie et la Thaïlande, le long de la rivière Moei, un terrain hautement sécurisé de 210 hectares a poussé en quelques années. Il abrite le KK Park, un important complexe qui pourrait ressembler à un campus de la Silicon Valley, à ceci près qu’il héberge une activité criminelle entièrement basée sur le trafic d’êtres humains et des violences brutales.

Il y a quatre ans déjà, le Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH) sonnait l’alerte. Depuis 2021, l’entité relève une augmentation régulière des arnaques sentimentales ou à la micro-tâche et jeux illégaux en ligne, opérés par des personnes elles-mêmes privées de leurs droits. Et de constater en 2023 que la tendance avait été aggravée à la faveur de la pandémie de Covid-19.

D’après les informations du Guardian et de l’Australian Strategic Policy Institute (Aspi), le nombre de centres dédiés à ces activités illégales est passé de 11 à 27 en quatre ans le long de la frontière thaï. Des images prises par drones démontrent d’intenses activités de construction, qui permettent à ces espaces de grandir en moyenne de 5,5 hectares par mois, et de probables récepteurs internet par satellite, ce qui permettrait aux criminels de rester connectés quand bien même la Thaïlande a coupé la fourniture d’électricité, de gaz et de réseau à ces zones, pour tenter d’en freiner l’activité.

La police thaï estime jusqu’à 100 000 le nombre de personnes issues de nombreux pays d’Asie et d’Afrique potentiellement enfermées et maltraitées dans ces espaces.

Début 2025, 7 000 d’entre elles, issues de Chine, d’Indonésie et d’autres pays, ont été libérées d’un de ces centres d’arnaques.

La Civil Society Network for Victim Assistance in Human Trafficking, une ONG thaïlandaise, est en contact avec 90 autres victimes de ce type de trafic, et affirme que certaines ont perdu la vue ou l’usage de certains membres à la suite des mauvais traitements subis sur place.

En Birmanie, la junte militaire a laissé ce type d’activités criminelles se développer, participant à propulser le pays en tête de la liste des pays accueillant le plus de crime organisé.

L’armée locale tire de ces activités de trafic et d’extorsions des financements pour tenter de maintenir son pouvoir déjà fragilisé à la tête de l’État.

Linux Mint : la version 22.3 en décembre, la bêta de Debian Edition 7 presque là

Linux Mint 22.2, alias Zara, est sortie il y a moins de deux semaines, apportant avec elle le support des empreintes digitales pour l’authentification, une meilleure prise en charge de libadwaita ainsi qu’une série d’améliorations visuelles.

On sait désormais que la prochaine version, estampillée 22.3, est prévue pour décembre. L’annonce a été faite par Clément Lefebvre (créateur de Linux Mint et développeur principal) dans sa lettre mensuelle. La mouture proposera notamment le nouveau menu principal pour Cinnamon, comme nous l’indiquions en mars. On y trouvera également un nouvel applet d’état et le support de Wayland pour les dispositions de claviers et autres méthodes de saisie.

Pour une partie des utilisateurs, c’est surtout la Linux Mint Debian Edition 7 (LMDE 7) qui est attendue. La bêta est attendue avant la fin du mois et est donc imminente. Le système sera basé sur Debian 13 (« Trixie ») et représentera donc une vaste modernisation. L’équipe de développement lui ajoutera les dernières améliorations vues sur Linux Mint 22.2.

Cette Debian Edition 7 n’existera qu’en version amd64, l’équipe de Mint suivant la disparition du i386 sur Debian. Il faut également noter que si Mint reprend le socle Debian tel qu’il est actuellement, alors LMDE 7 sera fourni avec un noyau Linux 6.12 (LTS), soit une version moins récente que la 6.14 de Linux Mint 22.3.

Ondes gravitationnelles : il y a 10 ans, une nouvelle fenêtre s’ouvrait sur l’Univers

C’est en effet le 14 septembre 2015, à 11h51 (9h51 GMT) que les deux interféromètres LIGO espacés de 3 000 kilomètres ont enregistré des variations similaires, avec 7 millisecondes d’écart. Il s’agissait des traces d’une fusion de deux trous noirs qui s’était faite il y a 1,3 milliard d’années.

À l’époque, les ondes gravitationnelles n’étaient « qu’une » prédiction d’Albert Einstein dans sa théorie de la relativité générale, publiée 100 ans auparavant (1915). Cette fois-ci, la preuve était visible : « C’est à la fois un aboutissement et aussi le début d’une nouvelle forme d’astronomie, d’une nouvelle fenêtre sur l’Univers » expliquait le physicien Nicolas Arnaud. Depuis, les détections se sont multipliées.

Le Journal du CNRS propose une longue interview maison de l’astrophysicienne Marie-Anne Bizouard sur cet anniversaire : « Il s’agit probablement de l’une des plus grandes découvertes de ce siècle, à l’égal de celle du boson de Higgs, en 2012, la particule qui confère leur masse aux particules élémentaires ».

Cet événement est loin d’être isolé : « lors du premier run, nous avons fait trois détections. Elles sont montées ensuite à une dizaine avec le deuxième run, une petite centaine avec le troisième et environ 300 avec celui en cours ».

Simulation de la rencontre de deux trous noirs - Simulating eXtreme Spacetimes
Simulation de la rencontre de deux trous noirs – Simulating eXtreme Spacetimes via Wikimédias

L’astrophysicienne revient sur les perspectives à venir : « Tests de la relativité générale, étude de la matière dans des états extrêmes, évolution stellaire ou galactique : ces perspectives concernent aussi bien l’astrophysique, la cosmologie que la physique fondamentale ».

Les scientifiques espèrent aussi capter le fond stochastique d’origine cosmologique lors du prochain run, c’est-à-dire « les ondes gravitationnelles émises par l’Univers au moment du Big Bang ».