#Le brief du 15 décembre 2025

Viginum et Inria créent un prix de la recherche contre les manipulations de l’information

Le service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères Viginum et l’Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique Inria s’associent pour créer un prix distinguant chaque année des « travaux scientifiques européens de haut niveau » dans les « sciences du numérique appliquées à la lutte contre les manipulations de l’information (LMI) ».

Doté de 5 000 euros pour le prix du jury, 2 000 euros pour le prix de l’innovation et 1 000 euros pour le prix du jeune chercheur, le prix Viginum-Inria valorise des articles de scientifiques de l’Union européenne, publiés ou acceptés depuis moins de trois ans dans une revue ou une conférence scientifique nationale ou internationale. 


Les travaux doivent contribuer à l’amélioration de la détection, de l’analyse ou de la lutte contre les ingérences numériques étrangères, et peuvent relever d’une variété de disciplines (sciences des données, intelligence artificielle, sciences sociales computationnelles, traitement du signal, algorithmique et modélisation des réseaux).

Des chercheurs en noir et blanc regardent une fiole sur laquelle est écrit

L’appel à candidatures a ouvert ce 15 décembre et court jusqu’au samedi 14 février 2026 à minuit.

Les candidatures doivent être déposées sur la plateforme dédiée : pvi-lmi.sciencescall.org

Protection de la vie privée : la distribution Tails passe directement en version 7.3.1

Petite anomalie dans le cycle de mise à jour de Tails, la distribution GNU/Linux axée sur l’anonymat en ligne au nom de la protection de la vie privée. Alors que la version 7.3 était sur le pas de tir, l’équipe en charge du projet a stoppé le processus et procédé à une correction en urgence, aboutissant à la publication d’une version intermédiaire estampillée 7.3.1.

« Aujourd’hui, nous publions la version 7.3.1 au lieu de la version 7.3 car une faille de sécurité a été corrigée dans une bibliothèque logicielle incluse dans Tails pendant que nous préparions la version 7.3. Nous avons relancé le processus de publication pour inclure ce correctif », explique l’équipe dans le billet daté du 11 décembre qui annonce la mise à jour.

En dépit d’un changelog très complet, elle ne précise pas la nature de la vulnérabilité concernée et il faut fouiller dans la liste des tickets ouverts sur le GitLab de Tails pour identifier la fautive. En l’occurrence, c’est une alerte de sécurité émise par Debian, la DSA-6076-1, qui a motivé le décalage de publication. Elle concerne libpng (gestion des images PNG) qui pouvait, sous certaines conditions, être détournée pour permettre l’exécution de code malveillant.

Basée pour mémoire sur Debian 13 Trixie, Tails 7.3.1 suit le cycle de mise à jour de ses principaux composants, avec une mise à jour vers Tor Browser 15.0.3, un client Tor passé en 0.4.8.21 et Thunderbird rafraichi en version 140.5.0. La version 7.2 publiée mi-novembre inaugurait pour mémoire la v15 de Tor Browser, elle-même basée sur la version 140 de Firefox ESR (Extended Support Release).

Les mises à jour de Tails sont automatiques, que l’on soit sur la 7.0 sortie en septembre ou sur les versions ultérieures, sur un support amovible ou permanent. Pour les personnes tentées par la distribution, le téléchargement se fait depuis le site officiel.

Les faux comptes d’actualités, un business à part entière sur TikTok

X : La géolocalisation des comptes attaquée devant la CNIL

En novembre, le réseau social X a affiché une nouvelle information sur le profil de ses utilisateurs : leur géolocalisation. Si elle a semé le doute à propos de l’origine de certains comptes influents, certains utilisateurs se plaignent de la divulgation d’informations qui serait contraire au RGPD.

Ainsi, comme le rapporte l’Informé, l’avocat Jérémy Roche a adressé une plainte à la CNIL. « Cette divulgation est effectuée sans consentement préalable, sans information claire et préalable, et par défaut sans possibilité de refus initial », affirme-t-il dans le document envoyé à l’autorité que notre confrère, Marc Rees, a pu consulter.

Selon l’avocat, le traitement de la géolocalisation de l’utilisateur par X serait illicite puisqu’il ne s’appuierait pas sur une des bases légales d’autorisation de traitement des données.

X n’a pas explicitement demandé le consentement de ses utilisateurs avant de mettre en place cette fonctionnalité. Si le réseau social pourrait plaider l’intérêt légitime, celui-ci doit être étudié en balance avec les droits des utilisateurs de la plateforme qui doivent être protégés. Or l’avocat met en avant « le risque pour un utilisateur d’être repéré lorsqu’il est en vacances dans un pays étranger ». Enfin, si X s’appuie sur la base légale du contrat, Jérémy Roche considère que la fonctionnalité « ne fait pas partie de la prestation contractuelle fondamentale » puisque le réseau social a fonctionné sans pendant des années.

Puisque le siège social européen de X est situé en Irlande, la CNIL devrait transmettre cette plainte à la Data Protection Commission du pays.

Orange signe un accord engageant pour racheter les 50 % manquants de MasOrange

Il y a un peu plus d’un mois, Orange annonçait avoir conclu un accord non engageant pour racheter au fonds britannique Lorca les 50 % qu’il détient de l’opérateur espagnol MasOrange. Orange passe la seconde, avec un accord engageant cette fois.

Les conditions financières pour récupérer les 50 % manquants du « premier opérateur sur le marché espagnol en nombre de clients » sont les mêmes, à savoir 4,25 milliards d’euros en numéraire. Pour Orange, l’Espagne est le deuxième marché en Europe, après la France.

La finalisation de cette transaction est maintenant prévue pour le premier semestre 2026. Orange deviendra alors le propriétaire exclusif de l’opérateur espagnol aux 31 millions de clients sur le mobile et 7,1 millions de clients sur le fixe.

Ce rachat s’inscrit dans la nouvelle stratégie « Lead the future » lancée il y a trois ans. Son objectif : se recentrer sur son cœur de métier en Europe, à savoir les télécoms et la cyberdéfense.

MasOrange y contribue, notamment avec l’arrivée de l’ex-patron de l’ANSSI Guillaume Poupard comme Chief Trust Officer chargé de la « confiance et souveraineté ».

Eutelsat lève 1,5 milliard d’euros et l’État devient le premier actionnaire

Comme prévu, Eutelsat a effectué une levée de fonds, mais plus importante que prévue. Alors qu’il était question de 1,35 milliard d’euros au mois de juin, elle est finalement de 1,5 milliard d’euros. L’État aussi revoit sa participation à la hausse avec 749,3 millions d’euros au lieu de 717 millions annoncés.

« La participation de l’État au capital d’Eutelsat est désormais de 29,65 %, ce qui en fait le premier actionnaire », explique le ministère de l’Économie et des Finances. Les actionnaires de référence de l’entreprise que sont Bharti Space (17,88 %), le Gouvernement britannique (10,89 %), CMA CGM (7,46 %), et le Fonds Stratégique de Participations (4,99 %) ont également participé. Le flottant est de 29,13 %.

Cette levée de fonds doit permettre le « développement d’Eutelsat dans le domaine des constellations LEO, segment stratégique pour les télécommunications de demain et dont le marché connaît un fort développement ». Un segment où Starlink de SpaceX est déjà en place et sur lequel Amazon Leo (ex-Kuiper) se prépare aussi, au grand dam des syndicats.

Le ministère explique d’ailleurs que cette manne financière servira aux « investissements dans sa constellation en orbite basse (LEO) et la future constellation européenne souveraine IRIS² », ou Infrastructure de Résilience et d’Interconnexion Sécurisée par Satellites.

IRIS² sera le « le premier réseau de satellites multi-orbitaux en Europe ». Cette constellation sera « constituée d’environ 300 satellites et devrait voir le jour en 2030 », rappelle le CNES. Elle fournira une « infrastructure de communication sécurisée aux organismes et agences gouvernementales de l’UE ».

Le gouvernement assure la promotion d’Eutelsat et rappelle que le groupe « se distingue à ce titre par sa position unique au niveau mondial : il est aujourd’hui le seul opérateur à combiner une flotte en orbite géostationnaire (GEO) et une constellation en orbite basse (LEO), lui conférant un avantage technologique et stratégique sans équivalent ».