#Le brief du 10 novembre 2025

Accord de Paris : 10 ans après, des « résultats mitigés »… mais sans ce serait pire

Le 12 décembre 2015, les accords de Paris étaient signé par 195 pays. Leur but ? Limiter le réchauffement climatique à 2 °C. Le Journal du CNRS fait le point dix ans après : « les résultats se font attendre. De quoi interroger l’efficacité des COP, ces grand-messes climatiques, dont la trentième édition s’ouvre ce lundi au Brésil ».

Le bilan est loin d’être à la hauteur : « en 2024, la température moyenne à la surface de la Terre a franchi pour la première fois le seuil de + 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Si rien ne change, nous nous acheminons vers un réchauffement de la température planétaire de 3,1 °C à la fin du siècle ».

En janvier 2024, la NASA affirmait que 2023 était l’année « la plus chaude jamais enregistrée », tandis qu’en 2025 c’était l’Organisation météorologique mondiale (OMM) qui annonçait que 2024 était officiellement « l’année la plus chaude jamais enregistrée, avec une température supérieure d’environ 1,55 °C aux valeurs préindustrielles ».

dessin satirique

La température globale n’est pas le seul problème : « Les océans se réchauffent plus vite que prévu par les modèles. De même, la cryosphère (l’ensemble des masses de glace, de neige et de sols gelés) fond plus rapidement », explique Agathe Euzen, directrice adjointe de CNRS Écologie & Environnement.

Et encore, c’est « sans même parler du dépérissement de la forêt amazonienne ou de la mort des récifs coralliens d’eau chaude dont dépendent 1 milliard de personnes et un quart de la vie marine… », ajoute le Journal du CNRS.

Gerhard Krinner, chercheur à l’Institut des géosciences de l’environnement, voit le bon côté des choses : « le monde est incontestablement meilleur avec l’accord de Paris que sans ». « Avec l’accord, on est actuellement sur une trajectoire de + 3 °C en 2100. Sans, on serait à+ 4 ou à+ 5 °C », ajoute Jean-François Doussin, directeur adjoint de CNRS Terre & Univers.

EchoStar vend pour 2,6 milliards de dollars de fréquences à SpaceX

En septembre, nous expliquions qu’EchoStar était sous la pression du régulateur américain (poussé par SpaceX et Donald Trump) sur l’utilisation, ou plutôt la non-utilisation de ses fréquences.

Deux contrats ont été signés pour se séparer de certaines bandes de fréquences : 23 milliards de dollars de fréquences pour AT&T puis 17 milliards de dollars avec SpaceX. Un joli pactole pour l’entreprise.

De 17 milliards, l’addition va passer à 19,6 milliards avec la vente de nouvelles fréquences EchoStar à SpaceX. Elles se trouvent dans la bande AWS-3, une liaison montante entre 1695 à 1710 MHz. Comme toujours, cette opération est soumise à l’accord des autorités compétentes.

« La combinaison de la liaison montante AWS-3, d’AWS-4 et du bloc H d’EchoStar avec les capacités de lancement de fusées et de fabrication de satellites de SpaceX accélère la mise en place d’offres direct-to-cell pour les consommateurs et les entreprises du monde entier, y compris nos clients Boost Mobile », affirme EchoStar.

Depuis cet été, l’action de l’entreprise américaine a augmenté de 145 % et plus de 260 % en six mois.

NG-2 : Blue Origin reporte encore le deuxième lancement de New Glenn

Au début de l’année, après des années d’attente et de retard, la fusée réutilisable New Glenn de Blue Origin décollait enfin. Pour son vol inaugural, elle était arrivée dans une orbite spatiale. Le premier étage n’avait pas été récupéré lors de ce premier test. Dans la foulée, la production était lancée.

Le deuxième vol de New Glenn (alias NG) devait avoir lieu ce week-end, mais les conditions météorologiques, et « plus précisément de la présence de cumulus », ont eu raison du lancement. Il a donc été ajourné. Ce n’est pas le premier report, comme le rappelle TechCrunch.

Dans un autre message sur X avant l’abandon du lancement, Blue Origin annonçait que « l’équipe de lancement examine un problème avec notre équipement de soutien au sol sur l’aire de lancement ». Problème qui semble avoir été réglé, contrairement à la météo.

Une nouvelle fenêtre de tir s’ouvrira le 12 novembre, à partir de 20h50 (heure française) et 22h17. Tous les détails de la mission et le déroulé du lancement se trouvent par ici.

NG-2 emporte deux satellites Escapade (Escape and Plasma Acceleration and Dynamics Explorers) pour le compte de la NASA. Ils prendront la route vers Mars si tout va bien. À bord également, « un démonstrateur technologique de Viasat en soutien au projet de services de communication de la NASA ».

New Glenn a pour rappel été annoncé en 2016 et se place comme un concurrent direct de SpaceX. Le nom est un hommage à John Glenn, le premier Américain en orbite autour de la Terre.

Ce lanceur doit déposer l’atterrisseur maison Blue Moon sur la Lune dans les prochaines années, dans le cadre du troisième volet du programme Artemis et du retour des humains sur notre satellite naturel. Les retards s’accumulent et le lancement d’Artemis II n’est pour le moment prévu que début 2026. Blue Moon fait partie de la suite, avec Artemis III.

Anthropic va s’installer à Paris et Munich

Dans un communiqué, la société américaine derrière l’IA générative Claude annonce son « intention » d’ouvrir des bureaux à Paris et Munich, sans donner plus de détails sur le calendrier.

L’entreprise explique simplement que « ces nouveaux hubs font suite aux récentes ouvertures de bureaux à Tokyo, Séoul et Bangalore et renforceront davantage l’empreinte européenne aux côtés des bureaux de Londres, Dublin et Zurich ». Anthropic revendique une présence dans 12 villes.

L’Europe semble être un terreau fertile pour Anthropic : « la région EMEA [Europe Middle East and Africa] est devenue notre région avec la croissance la plus rapide ; le chiffre d’affaires annualisé a été multiplié par plus de 9 au cours de l’année écoulée. Le nombre de grands comptes professionnels, c’est-à-dire des clients dont le chiffre d’affaires annualisé dépasse les 100 000 dollars, a également été multiplié par plus de 10 ».

Parmi les clients de Claude, la société américaine annonce L’Oréal, BMW, SAP, Sanofi, Lovable, N26, Pigment, Qonto et Doctolib.

Anthropic

Guillaume Princen, chez Anthropic depuis neuf mois, est le responsable des startups EMEA. Il est épaulé par Pip White (ancienne de chez Salesforce) pour la zone EMEA nord et Thomas Remy (ancien de chez Google) pour le sud. Prochainement, un responsable sera nommé pour la zone DACH (Allemagne, Autriche et Suisse) et CEE (Europe centrale et orientale).

Reuters enfin se fait l’écho de rumeurs de Business Insider, selon lesquelles Google serait « en pourparlers préliminaires pour augmenter son investissement dans Anthropic […] ce qui pourrait valoriser Anthropic à plus de 350 milliards de dollars ». Aucune des deux parties n’a souhaité répondre à nos confrères.

Il y a quelques semaines à peine, les deux protagonistes annonçaient une intensification de leur partenariat : Anthropic va utiliser jusqu’à un million de TPU de Google, aussi bien pour l’entrainement que l’inférence des modèles.

Les 80 lauréats 2025 de la French Tech 2030

French Tech 2030 est un programme permettant aux entreprises lauréates de bénéficier « d’un accompagnement d’une durée de un an. Il se compose d’un appui individuel et collectif sur les enjeux stratégiques des entreprises ». Le gouvernement a dévoilé en fin de semaine dernière la liste des « 80 entreprises de la nouvelle promotion du programme French Tech 2030 ».

15 étaient déjà dans la précédente promotion : C12 Quantum, Cailabs, Enchanted Tools, Ganymed, Kiro, Quandela, Qubit Pharmaceuticals, Quobly, Spectronite, Synapes Medecine, U-Space, WhiteLab Genomics, XXII et YesWeHack.

Voici la liste complète :

Quasiment un quart (19) des start-ups sont dans le domaine de l’intelligence artificielle, 14 dans la cybersécurité, 13 dans la robotique, 12 dans le spatial, 9 dans le quantique (dont Quandela qui a déjà vendu plusieurs machines), 7 dans les infrastructures et enfin 6 dans l’électronique.

« Avec 130 millions d’euros déjà investis dans la R&D l’année dernière, 1,1 milliard d’euros levés, 353 brevets déposés, 18 usines en place et 27 en passe de l’être, le succès technologique et commercial de ces entreprises est le résultat d’une recherche de pointe et d’une formation de haut niveau », précise le gouvernement.

Sur les 80 lauréats, 60 bénéficient du statut de jeune entreprise innovante et 71 d’un crédit d’impôt recherche et d’innovation. De plus, « 60 % des start-ups travaillent avec la recherche publique ou privée ».

Dans le dossier de presse, la mission French Tech dresse la liste des 10 plus grosses levées de fonds : 57 millions d’euros pour Cailabs qui arrive en tête, les suivants sont presque à deux fois moins avec 30 millions pour le second Quandela.

Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté rappelle que « la French Tech, ce sont 18 000 startups qui s’exportent dans le monde et 450 000 emplois sur ces 10 dernières années ».

Julie Huguet, directrice de la Mission French Tech, rappelle que French Tech 2030 « offre aux entreprises émergentes qui développent des technologies stratégiques pour la souveraineté numérique française la même visibilité et le même dispositif d’accompagnement qu’aux 120 champions de la tech française regroupés dans le French Tech Next40/120 ».