Connexion Premium

Washington veut pouvoir tester les nouveaux modèles IA avant tout le monde

Microsoft, Google et xAI vont donner au gouvernement américain un accès anticipé à leurs nouveaux modèles IA, pour permettre d’en évaluer les risques en matière de sécurité nationale avant qu’ils soient diffusés plus largement.

Les autorités états-uniennes ne veulent pas découvrir les capacités d’une IA en même temps que monsieur tout-le-monde (et les hackers). La présentation par Anthropic de Mythos, son dernier modèle le plus puissant, a suscité des craintes auprès des spécialistes de la cyberdéfense.

Entre les mains de pirates, une telle IA pourrait potentiellement faire des ravages en repérant et en exploitant des failles de sécurité dans des infrastructures critiques. C’est aussi la raison pour laquelle le déploiement de Mythos se limite à une cinquantaine d’organisations et d’entreprises.

Washington s’inquiéterait des risques que font peser ces modèles de frontière sur la sécurité nationale. En 2024, l’administration Biden mettait en place l’institut sur la sécurité de l’intelligence artificielle, une agence rattachée au département du Commerce. Rebaptisée CAISI (Center for AI Standards and Innovation) par le gouvernement Trump, elle occupe les mêmes fonctions : tester les modèles IA avant un déploiement public.

Le CAISI, qui avait déjà signé des accords avec OpenAI et Anthropic, va désormais obtenir un accès anticipé aux modèles de frontière de Microsoft, Google et de xAI. Ces entreprises livrent leurs modèles sans garde-fous : les chercheurs peuvent ainsi mesurer les capacités de ces IA dans des scénarios hostiles, sans leurs roulettes de sécurité.

Avant son changement de nom, le CAISI se concentrait surtout sur le développement de standards de tests de sécurité. Sa mission a quelque peu évolué, puisque le centre évalue maintenant les risques stratégiques et militaires des modèles IA. Il a réalisé une quarantaine d’évaluations de modèles dont certains n’ont pas encore été déployés auprès du grand public.

Microsoft confirme le travail avec le CAISI pour sonder des « comportements inattendus » de ses modèles, a précisé l’éditeur auprès de Reuters. L’entreprise a également signé un accord similaire avec l’AI Security Institute britannique.

Les relations entre l’administration américaine et les acteurs de l’IA continuent donc de s’approfondir. La semaine dernière, le Pentagone annonçait un accord avec plusieurs fournisseurs d’IA pour exploiter leurs modèles dans des missions secret défense. Anthropic est exclue du lot… même si Mythos pourrait tout de même être utilisé.

Commentaires (6)

votre avatar
Cela prendrait'il le chemin de classifier l'IA comme arme de gerre? (comme PGP, il y a quelques ... decenies...) et donc limiter l'export etc... Je n'y crois pas, mais je ne serais pas surpris que les "grands gouvernements" regarde la chose sous cet angle...
votre avatar
occupez Trump, c'est bien, y fera moins de conneries (ou pas)
votre avatar
Et, un peu comme WinRAR qui est perpétuellement en durée limitée, fournir ces modèles sans garde-fous ne reviendrait pas à autoriser le gouvernement américain à les utiliser sans contrainte pour ses propres besoins ?
votre avatar
« Anthropic est exclue du lot… même si Mythos pourrait tout de même être utilisé. »

Ça serait tellement bon qu’Anthropic refuse publiquement en disant qu’il ne souhaites pas se mettre dans l’illégalité en fournissant un service d’IA au gvt US :fume:
votre avatar
À quand la vérification du contenu des journaux télévisés avant leur publication ?

C'est une porte grande ouverte à la censure là, non ?
votre avatar
Laisser l'administration la plus stupide de la planète tester des IA sans barrière de sécurité. What could possibly go wrong ?
:mdr2::yaisse::yes::yaisse::byebye:
(notez que les IA murmurent déjà à des scientifiques comment concevoir des armes biologiques, les rendres impossible à soigner, les transporter dans un aéroport et les disséminer dans l'espace publique sans qu'elles puissent être détectées. Ou la recette d'une toxine capables de stériliser les humains, entre autres. : https://www.nytimes.com/2026/04/29/us/ai-chatbots-biological-weapons.html )