Telegram épinglé par l’Arcom pour sa lenteur face au piratage sportif
3 min
Droit
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Telegram n’est pas suffisamment réactif pour retirer les contenus illicites, a jugé l’Arcom. Une décision qui pourrait peser lourd pour la messagerie, dans le viseur des ayants droit et des régulateurs européens.
L’application Telegram est dans la ligne de mire des diffuseurs officiels de compétitions sportives. La messagerie permet en effet d’échanger des liens de streaming illicite et de regarder illégalement des matchs, mais ce qui pose problème c’est surtout qu’elle ne répond pas assez rapidement aux demandes de retrait des ayants droit. C’est du moins l’avis de l’Arcom repris par Les Échos.
Le régulateur de l’audiovisuel avait été saisi en fin d’année dernière par l’Association pour la protection des programmes sportifs (APPS). L’organisation de diffuseurs reproche à Telegram de ne pas réagir avec suffisamment de diligence à ses demandes d’intervention. Le problème n’est effectivement pas nouveau : en 2024, la Ligue de football professionnel (LFP) déplorait des délais de réponse fluctuants, jusqu’à 24 heures. Ce qui est évidemment totalement incompatible avec des retransmissions illégales de matchs qu’il faut pouvoir couper tout de suite.
Telegram assure de son côté que ses délais de réponse sont « supérieurs aux standards du secteur » et que les signalements sont traités « avec réactivité ». L’APPS reconnait d’ailleurs une amélioration dans le traitement des signalements par rapport à la période examinée. Néanmoins, l’Arcom a jugé que la messagerie n’avait pas été suffisamment prompte à répondre aux infractions des droits d’auteur.
L’avis s’appuie sur le règlement européen sur les services numériques (DSA), bien que Telegram n’ait pas été désigné « très grande plateforme en ligne » (VLOP). La messagerie réfute compter plus de 45 millions d’utilisateurs actifs mensuels, le seuil au-delà duquel une plateforme reçoit son rond de serviette au club européen. En revanche, plusieurs de ses fonctions peuvent être classifiées de la sorte et doivent respecter les règles de modération et de transparence de l’UE. Ce qui a forcé l’entreprise à désigner un représentant en Europe, en l’occurrence en Belgique.
C’est la raison pour laquelle l’Arcom a transmis son avis à l’Institut belge des services postaux et des télécommunications (IBPT), une première en la matière. Le régulateur instruit le dossier, qui sera enrichi des enquêtes de ses homologues européens. La sanction pourrait être lourde : jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires mondial, voire une suspension temporaire au sein de l’Union européenne.
Les ayants droit sont en attente du vote de la proposition de loi relative à l’organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel. Le texte contient des mesures renforçant la lutte contre le piratage des contenus sportifs, qui permettra aux diffuseurs d’obtenir immédiatement le blocage des flux illégaux. Après son adoption par le Sénat en juin dernier, il sera de retour à l’Assemblée nationale le 18 mai.
Commentaires (15)
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Abonnez-vousLe 30 avril à 19h19
cf
Le 30 avril à 19h24
Et parfois les sanctions sont aussi l'air plus lourdes que pour des délits ou des crimes.
Le 30 avril à 20h39
Le 30 avril à 22h33
Telegram est sur la voie d'une grosse amende, voire d'un blocage, à cause du piratage. Je n'ai pas souvenir qu'on en soit au même point à cause de leur laxisme de modération des réseaux criminels.
Le 1er mai à 09h35
Le 3 mai à 23h11
Le 4 mai à 07h40
Le 4 mai à 08h41
Ça peut surtout aider à ce que des "amateurs" se retrouvent exposés à ces réseaux par inadvertance.
Après, je ne suis pas pour le blocage : pour moi, c'est à Telegram d'avoir une posture responsable.
Modifié le 4 mai à 08h31
Le 4 mai à 08h45
Si Telegram permettait de bloquer les fil 1 à 1, je pense que ce serait plus pertinent que de tout bloquer, mais il semble que Telegram ai choisi de ne pas suivre cette voie.
Après, je suis complètement apte à changer d'avis : tu as des propositions moins brutales pour atténuer le problème sans le consentement de Telegram ?
Le 5 mai à 09h33
Le 4 mai à 08h30
Le 4 mai à 08h48
Je m'étonne juste que la lutte contre la contrefaçon soit plus "rapide" que celle contre le grand banditisme. C'est tout.
Modifié le 5 mai à 10h06
Et non, l'Arcom ne bloquera pas Telegram sur le motif du piratage, comme l'Arcom n'a pas bloqué C8. C'est du pur fantasme (ce serait possible après 10 ou 20 ans d'amendes répétées avec une situation délictueuse qui augmente, il faut vraiment que la plateforme soit spécialisée, directement impliquée, dans la piraterie et la délinquance pour que ça arrive).
Le 5 mai à 10h40
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