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IA et copyright : au Royaume-Uni, des milliers d’auteurs publient un livre vide

Le 12 mars à 15h04

Près de 10 000 auteurs britanniques ont contribué à l’ouvrage Don’t Steal This Book (Ne volez pas ce livre), une publication vide, à l’exception de leurs noms.


Des copies de l’ouvrage étaient distribuées ce 10 mars au Salon du livre de Londres, alors que le gouvernement britannique doit publier la semaine prochaine une évaluation du coût économique des évolutions qu’il propose au droit d’auteur.

Le prix Nobel de littérature Kazuo Ishiguro et l’autrice de fiction historique Philippa Gregory font partie des multiples écrivains mobilisés dans cette campagne, de même que Richard Osman, auteur du roman récemment adapté sur Netflix the Thursday Murder Club, ou Mick Herron, auteur d’une autre série de romans adaptée par Apple TV+, Slow Horses. 


Auprès du Guardian, son initiateur Ed Newton-Rex explique que l’industrie de l’intelligence artificielle a été « construite sur du travail volé, pris sans permission ni paiement ».

Don’t Steal This Book / Capture d’écran

À l’occasion du salon du livre, la société à but non lucratif Publishers’ Licensing Services (PLS) a par ailleurs lancé un système de licence collective dédié à l’IA auquel elle invite le secteur à adhérer. PLS espère permettre ainsi un accès légal aux œuvres nécessaires à l’entraînement de moteurs génératifs.

D’autres artistes et producteurs de contenu (dont des médias) ont déjà réalisé diverses actions pour protester contre les propositions législatives du gouvernement britannique sur l’IA. 


Elton John et Dua Lipa faisaient par exemple partie d’une initiative collective visant à empêcher le gouvernement d’introduire une exception au copyright, selon laquelle les sociétés d’IA pourraient recourir à des travaux soumis aux droits d’auteur sauf si ces derniers signalaient explicitement refuser (opt-out) un tel usage de leurs travaux.

Le 12 mars à 15h04

Commentaires (7)

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Dans le monde capitaliste, on voudrais logiquement protéger les créateurs de contenu et qu'ils recoivent une contribution juste.
Il est toutefois intéressant de souligner que la rémunération pour la création est un modèle relativement récent dans l'histoire de l'humanité.
Dans l'Antiquité, les copies étaient rares. Il fallait engager des copistes manuels et seuls eux étaient payés (une broutille). Mais l'auteur du texte n'avait rien. Il était convenu que une fois un texte publié, il appartenait au domaine public.
De même à la Renaissance, les grandes œuvres étaient payées 1 seule fois à la commande (par des nobles et riches): aucun droit d'auteur ou de copie existaient.
Ce n'est qu'ensuite qu'est né le copyright et le droit d'auteur: il s'agissait d'abord de donner des droits à l'auteur, mais pas encore une rémunération. Cette dernière partie ne s'est généralisé qu'au 20e siècle.

La rémunération a permis de démocratiser la création: historiquement les auteurs et créateurs étaient des "riches", gens de bonne famille qui n'avaient pas besoin de rémunération supplémentaire.
La rémunération a donc généré une explosion de créations.

Si l'IA nous ramène à de la création sans rémunération correcte, bcp de créateurs devront faire autre chose. Ce serait la fin d'une partie de la création humaine.
Mais peut-être est on allé trop loin avec les rémunérations sur les copies numériques, où la copie a un coût proche de 0.
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Je pense que l'on a aussi un peu en arrière plan la logique
'Tout travail mérite salaire' et le corolaire 'Tout salaire implique travail'.

Selon moi cette logique a pris plusieurs fois du plomb dans l'aile , d'abord avec l'avènement de la robotique et maintenant avec l'IA - il faudrait décorréler le revenu du travail et des biens.
Mais bon, je me fait pas d'illusion... on est pas prêt, ce combat a déjà été perdu en France en 2017 et avant, et vu l'ambiance médiatique en France actuellement ce genre de sujet est une gageure.

Et pourtant, si les artistes pouvaient vivre (même chichement) de leur art... on se poserait moins la question des IA il me semble.
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Au meme titre que le bar est fermé. (Sauf si c'est un poisson)
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Il existait bien un droit de copie, assez rapidement après la généralisation de l'impression, sous la forme du privilège (royal en France). Et il y avait des copies pirates, notamment en Hollande. Bien sûr, ce droit servait aussi de censure, en pouvant contrôler ce qui était édité.
On trouve ce privilège au début de pas mal d'ouvrages anciens, qui détaille que le bénéficiaire est le seul à pouvoir faire imprimer et diffuser l'œuvre.

"historiquement les auteurs et créateurs étaient des "riches", gens de bonne famille qui n'avaient pas besoin de rémunération supplémentaire."
Historiquement, c'était surtout des artisans comme d'autres qui étaient salariés, qui se mettaient au service d'un noble ou d'une famille.

Le créateur indépendant est une idée plutôt romantique.
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Avez-vous bien vérifié que tous ces auteurs existent bien, sont encore vivants et que ce ne sont pas des avatars d'IA ?

En tout cas, j'ai démasqué une supercherie : l'autrice Wendy Slater apparaît 2 fois dans la liste des auteurs. :fumer:
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Et il coute combien ce livre ? :-D
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Il n'est même pas vendu sur leur site, donc difficile de répondre. :fumer: