C’est un « actif stratégique » : la France met son veto à la vente du segment sol d’Eutelsat
Le 02 février à 09h09
2 min
Sciences et espace
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Dans un communiqué publié en fin de semaine dernière, le groupe annonce « que l'opération en cours portant sur la cession de ses infrastructures passives du segment sol au fonds d'investissement EQT Infrastructure VI ne pourra aboutir, les conditions suspensives n'ayant pas été toutes remplies ».
L’opération devait générer 550 millions d'euros de produit net. Eutelsat précise que cet arrêt « n'a aucun impact sur les objectifs financiers » pour l'exercice 2025 - 2026… à deux exceptions près : le ratio d'endettement net sur EBITDA devrait être de 2,7 au lieu de 2,5 et la marge d'EBITDA pour 2028 - 2029 devrait se situer autour de 65 % au lieu de 60 %.

La question à laquelle ne répond pas le communiqué d’Eutelsat est : pourquoi ? La réponse a été donnée par le ministre de l'Économie Roland Lescure : le gouvernement a mis son veto à cette vente. « J’ai décidé de ne pas autoriser Eutelsat […] à vendre ses antennes au sol qui permettent de communiquer avec ses satellites. Ces antennes servent pour des communications civiles et aussi pour des communications militaires. C’est le seul concurrent européen de Starlink, c'est évidemment un actif stratégique », explique-t-il.
« Nous avons estimé collectivement, l'État et le gouvernement, que cette activité était trop stratégique pour la France. En vertu de nos propres considérations et de notre doctrine, nous n'avons pas accordé cette autorisation », ajoute Bercy à La Tribune. Ce refus n’est « aucunement liée à la qualité d'EQT en tant qu'investisseur et actionnaire », qui est « un acteur de long terme, reconnu et solidement implanté en France ».
Eutelsat était dans une délicate situation financière en 2024 lors de la signature de la vente. L’année dernière, le groupe a annoncé une levée de fonds de 1,5 milliard d’euros, avec une participation de l’État à hauteur de 749,3 millions d’euros. Il devient ainsi le premier actionnaire avec 29,65 % du capital et des droits de vote. Bharti est deuxième avec 17,88 % et le gouvernement du Royaume-Uni troisième avec 10,89 %.
Le 02 février à 09h09
Commentaires (26)
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Abonnez-vousLe 02/02/2026 à 10h06
Le 02/02/2026 à 10h06
J'espère que ce ne sera pas la seule dans ce sens, pour avoir la France ou l'Europe indépendante des US et de la Chine.
Le 02/02/2026 à 10h16
Le 02/02/2026 à 10h41
Modifié le 02/02/2026 à 11h14
Le 02/02/2026 à 11h30
Mais dans un autre temps, le gouvernement autorise la vente d'une PME francaise (LMB Aerospace) qui fabrique des pièces pour Naval Group et le Rafale à un groupe américain (Loar Group).
Le Rafale perdrait donc son "badge" "Iitar free" (= aucune pièce américaine).
Faudra que l'on m'explique pourquoi l'un pose problème et pas l'autre.
Le 02/02/2026 à 11h51
"Le ministre a également précisé que l'Etat français aurait "une golden share", c'est à dire une action préférentielle, au capital de LMB, ce qui veut dire que "toute décision stratégique pourra être bloquée par l'Etat" français. L'accord prévoit que "l'entreprise continue à produire en France" et que "les contrats stratégiques soient protégés."
Source
Modifié le 02/02/2026 à 19h23
Donc sans protestation ça serait passé crème ?
Ouf on est sauvé le gouvernement français a posé des conditions à une société américaine.
Et je ne doute pas qu'en cas de transgression de ces règles, une simple plainte à l’ambassade des États Unis suffira à tout faire rentrer dans l'ordre. Les États Unis n'oseraient jamais mettre des bâtons dans les roues d'un des pays européens et spécifiquement la France, c'est pas le genre de la maison.
Sarcasme mise part, la société ne produirait que des visses et boulons spécifiques, du moment qu'ils rentrent dans la fabrication d’instruments de notre défense elle n'a pas à passer sous pavillon étranger.
Certes c'est peut être extrémiste, mais malheureusement l'extrémiste à le vent en poupe.
Le 06/02/2026 à 00h57
Une boite dont ils pourront pas décider de l'avenir , qu'ils pourront pas faire bosser aux USA, et dont ils pourront pas sortir la valeur ajoutée ?
Je sais qu'ils ont un peu perdu en capacité de raisonnement les ricains ces derniers temps, mais faut pas les prendre trop pour des benêts non plus...
Le 06/02/2026 à 10h15
C'est un peu une forme de licence, une fois que tout est copié, tu revends à quelqu'un d'autre. Et si tu essore la trésorerie de l'entreprise en passant, c'est toujours ça de pris.
Modifié le 02/02/2026 à 13h16
Et surtout, LMB n'est pas vraiment un acteur critique. Il y a eu d'autres rachats bien plus problématiques (Alstom).
https://www.franceinfo.fr/societe/armee-securite-defense/on-vous-resume-la-polemique-autour-de-la-vente-de-la-pepite-francaise-de-defense-lmb-aerospace-a-une-societe-americaine_7774268.html
Edit : source fiable au lieu de Epoch Times
Le 02/02/2026 à 12h05
"Le journal et ses différentes plateformes de diffusion, publiant des théories du complot et propageant des fausses informations, est connu aussi pour le soutien qu'il apporte au président américain Donald Trump et aux politiques d'extrême droite en Europe"
Intro de page Wiki . Ta source semble pas tellement sérieuse. Et je vois pleins d'articles qui semblent écrit par IA.
Le 02/02/2026 à 13h16
J'ai re-trouvé un lien sur une source fiable, je mets à jour.
Le 03/02/2026 à 09h08
Si une boite s'est spécialisé dans le domaine, c'est qu'il y a quand même quelques petites choses techniques qui passent sous l'œil du vulgus lecteur de site ou du journaliste économique. Des petites choses qui font que tu ne remplaces pas un fournisseur au pied levé comme ça si jamais le nouvel actionnaire décide de te couper la production.
Le 03/02/2026 à 10h54
(1) en encore, un sous traitant pour la défense peut très bien se fournir en pièces que tu trouves dans la grande distribution et "juste" garantir les propriétés attendues par des tests plus poussés et sur plus d'échantillons.
Modifié le 03/02/2026 à 01h47
Le 02/02/2026 à 12h40
Le 02/02/2026 à 14h14
On a vu des dossiers comme:
- Alcatel fusionner pour on ne sait quelle raison avec Lucent qui faisait faillite... puis le tout repris par Nokia ensuite. Pour moi le point de départ visible des trucs ahurissants.
- Alstom. Pas besoin de détailler qu'un député s'est pendu de manière fortuite.
- LMB Aerospace vendue aux yankees, il y a 4 jours. Cette société équipe des Rafales et des sous marins. source
Et je suppose que la liste est bien plus longue que ça.
Le 02/02/2026 à 15h34
Le rapport avec la vente de LMB semble discutable non ?
Le 02/02/2026 à 16h45
Il n'y a pas d'actions innocentes de la part de Unconcerned Slavery Agency. Enfin je veux dire que l'actualité récente ne laisse pas vraiment de doutes sur la question. A moins d'être décérébré.
Le 02/02/2026 à 19h41
Il y a aussi Gemplus / Gemalto ( un bon scénario de film avec CIA et tout et tout).
Pour Alstom, pendu ? Je l'avais pas celle-là.
C'est bien la partie des turbines vapeur pour les centrale nucléaires? Je me souviens plus de l'histoire entière mais il me semble qu'il a fallu que certain(e)s ronchonnent pour qu'elle soit pas vendue ?
Le 02/02/2026 à 20h55
Modifié le 03/02/2026 à 20h48
Le 04/02/2026 à 16h48
C'est difficile de faire une comparaison avec ce qui a été revendu à l'époque puisqu'on a vendu un lot beaucoup plus gros. La valorisation a globalement doublée, mais la valorisation n'est pas le prix payé, car une grosse partie de la valorisation, c'était des avances sur commande. Et le marché côté nucléaire est aujourd'hui en bien meilleure santé qu'à l'époque, même le Danemark envisageant fortement de revenir sur sa position anti-nucléaire.
Au final, Alstom a tiré environ 15 milliards de sa branche énergie sur laquelle ils étaient en difficulté (ils étaient vendeurs, et outre GE, Siemens et Mitsubishi étaient aussi sur les starting block pour un rachat) pour se recentrer sur le ferroviaire, et EDF a racheté pour 175 Millions la partie stratégique pour elle. On laisse à GE le thermique hors nucléaire (gaz, etc.), le renouvelable intermittent, l'hydro, la géothermie, et l'infra (grid).
Une chose est sûre, GE s'est pas mal cramé dans l'affaire : ils ont racheté Alstom Énergie juste avant un retournement du marché qui leur a coûté bonbon (notamment je crois les turbines à gaz d'Alstom, qu'on ne reprend pas, et pour lesquelles le marché s'est effondré),
Nous, dans l'affaire, on a repris ce qui nous intéressait doublement : à la fois parce que c'est stratégique et parce que ça correspond aux emplois en France du groupe. On a eu plutôt du bol. Mais tout n'est pas réglé : notamment le fait que pendant sa période sous pavillon américain, une partie du software et de l'équipement a été remplacé par des produits américains, et que si on veut récupérer une souveraineté totale sur la techno, il va falloir à nouveau re-remplacer par des solutions maisons (c'est long et ça coûte des sous).
Le 05/02/2026 à 20h43
C’est à ca que je faisais référence quand je disais qu’EDF n'avait pas tout récupéré . Mais je comprends que ce n’est que du hors nucléaire. Merci pour les précisions.
Le 02/02/2026 à 21h46
Bref l'enquête conclu à un suicide. Pour un mec qui ne sait pas faire des nœuds...
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