Booba absent de son procès pour cyberharcèlement contre la journaliste Linh-Lan Dao
Le 02 avril à 10h33
3 min
Société numérique
Société
Le rappeur n’aura pas entendu le témoignage de la journaliste.
Ce 1er avril, au tribunal correctionnel de Paris, la journaliste de France Télévisions Linh-Lan Dao revenait sur la « journée horrible » de janvier 2024 où elle publiait un article de fact-checking. Intitulé « Existe-t-il un lien entre vaccin à ARN messager et maladie de Creutzfeldt-Jakob, comme le suggère le rappeur Booba ? », l’article débunkait une rumeur relayée par Booba, Ellie Yaffa à la ville, sur son compte X aux 6 millions d’abonnés.
À 14h58, l’influent musicien publie un premier tweet avec une capture d’écran du compte de Linh-Lan Dao, dans lequel il lui propose de jouer à « ni oui ni non ». Dans un deuxième, répondant à l’un de ses abonnés, il évoque à son sujet un « wok de légumes ». Dans un troisième, avec une autre photo de la journaliste, il interpelle le rédacteur en chef de la journaliste.
Rapidement, les messages malveillants s’accumulent. Le 10 avril, la journaliste porte plainte pour cyberharcèlement et acte d’intimidation envers une personne chargée d’une mission de service public. Elle est arrêtée sept jours.
À la barre, rapporte La Revue des médias, Linh-Lan Dao rapporte les effets de cette campagne sur son travail, le fait qu’elle se sente « beaucoup moins sereine au moment de la publication », que sa productivité baisse, qu’elle s’efface de X.
Booba, lui, n’est pas présent. Lus par le président, ses mots racontent une personne qui recourt aux réseaux pour « s’exprimer et faire sa promo un peu comme tout le monde », réfutant être un « gourou ». La procureure rappelle que le rappeur était mis en examen pour d’autres faits de cyberharcèlement, contre l’agente d’influenceurs Magali Berdah, au moment des faits qui lui sont reprochés contre Linh-Lan Dao.
L’avocate de Linh-Lan Dao, elle, précise que la décision qui sera prise « intéresse au premier rang Booba, Linh-Lan Dao (…), mais aussi les journalistes ». Comme le rapportait Reporters sans Frontières dans un rapport de 2018, ou le journaliste Samuel Laurent dans son ouvrage J’ai vu naître le monstre (Les Arènes, 2021), les journalistes sont en effet régulièrement ciblés sur les réseaux sociaux, ce qui peut abimer leur capacité à informer correctement. Les femmes journalistes sont particulièrement visées, relèvent des travaux de l’UNESCO.
Le tribunal rendra sa décision le 2 juin.
Le 02 avril à 10h33
Commentaires (18)
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Abonnez-vousLe 2 avril à 11h33
Il m'a fallu quelques secondes pour réaliser que cette périphrase parlait de Booba...
Le 2 avril à 13h35
Modifié le 2 avril à 12h20
N’étant pas un grand fan de Booba, j’en aurai vraiment rien eu à faire de ce que lui ou ses followers auraient pu dire sur moi.
Le 2 avril à 13h24
Il n'y a donc pas eu que trois messages... Puis, comme il est souvent discuté dans ce genre d'affaires, quand quelqu'un comme Booba, qui a une communauté derrière lui, commence à médire et à menacer quelqu'un, sa communauté le suit, et peut en faire davantage.
Donc ce n'est pas seulement des messages sur X, mais des choses plus personnalisées qui arrivent, et quand il y a de la violence dans les propos, comment savoir dans quelle mesure ça ne restera que sur internet ?
Le 2 avril à 13h43
Le 2 avril à 13h34
Le 2 avril à 20h04
Le 3 avril à 12h35
Il n'y a pas de limite à jusqu'où peut aller le harcèlement par des inconnus sur internet.
En l’occurrence, Booba a escaladé dans une forme de violence gratuite, X amplifie ce genre d'engagement, et il a suffisamment de followers qui vont continuer l'escalade. À côté il vit sa vie pépère, il n'est pas spécialement affecté vu qu'il ne prend pas la peine de se rendre à son procès, il n'a pas été confronté à ses actes ni eu l'occasion de développer un semblant d'empathie.
Le 2 avril à 16h59
A un moment il est plutôt normal que la justice vienne rappeler à ceux qui se pensent "influent" qu'Internet n'est pas une zone de non droit et que derrière les influencés il y a des esprits malléables et faibles (sinon il serait pas influencé) et en face des victimes qui sont des êtres humaines qui peuvent souffrir.
Le 2 avril à 20h45
Lors que ce genre de personne fait un tweet contre quelqu'un sa communauté le suis et en fait bien plus.
Il suffit de considérer que 1% de follower envoie aussi 1 à 3 tweets (plus ou moins "méchant" contre la journaliste) et ça te donnera une idée du harcèlement qu'elle a dû vivre.
Il faut aussi penser que chaque tweet aura sans doute des réponses et qu'il y en aura sur plusieurs jours d'affilé
Modifié le 3 avril à 11h34
Je précise que je ne dis pas qu'il faut (se) laisser faire ou s'auto-censurer. Je dis qu'il faut agir en gardant la tête froide ou ne pas s'exposer (l'anonymat pour un article, c'est bien aussi) pour préserver sa santé mentale.
Le 3 avril à 12h07
Si le nombre de personnes y participant est faible et que cela se limite à des messages : c'est gérable par beaucoup de personnes.
Si le nombre de personne y participant est très élevé, cela peut aller très loin surtout s'ils connaissent ton identité. Vidéo créée par IA postée sur des plateforme pour adulte, harcèlement physique, voir bien pire...
Laisser faire les harceleur en disant c'est juste quelques postes, surtout des personnes qui ont une grande influence, c'est dire qu'il est normal d'aller jusqu'à détruire tout ce qui t'appartient (vie privée, vie professionnelle, voiture, habitation...).
Le 3 avril à 12h26
Être sur X fait partie de son métier même si certains journalistes font le choix de ne pas y être. De plus, une tornade de messages des fidèles du rappeur, ça doit être particulièrement violent ! En plus ça doit rendre difficile l'utilisation de son compte.
Quant à ta suggestion d'anonymat pour une journaliste qui fait du fact-checking, c'est assez lunaire. Ça rendrait son article bien moins fort.
En plus l'allusion au wok pour une personne d'origine asiatique, c'est tout simplement du racisme.
Modifié le 4 avril à 21h43
J’ai lu son article. Il aurait pu être écrit par n’importe qui d’autre, il n’est pertinent que parce qu’il donne des références. Ensuite, elle attaque un rappeur de manière directe pas seulement sur le tweet qu’elle lui reproche d’avoir relayé mais aussi en rappelant des anciens propos litigieux et en le traitant de complotiste. Elle aurait pu s’attaquer à l’auteur du tweet. Non, là elle se paye Booba. Cela était dispensable pour traiter le sujet médical. Elle finit par rappeler que par le passé, il a cyberharcelé un medecin sur un sujet similaire. Vraiment, qu’est-ce qui pourrait mal se passer à aller insulter une grande gueule qui a déjà cyberharcelé ?! Alors oui, cela te semble lunaire mais je persiste à penser qu’être anonyme sur cet article lui aurait évité des soucis sans nuire au fond.
Ce sera mon dernier message sur le sujet.
Le 4 avril à 22h47
Ce n'est pas comme cela que ça doit marcher. La peur doit changer de camp. Ce sont les agresseurs qui doivent avoir peur, pas les victimes.
Modifié le 3 avril à 21h49
Modifié le 3 avril à 21h47
Le 3 avril à 16h43
Elle veut un cheque la dame ? meme si sa plainte est légitime, c'est un peu rodave a 15000
y'en a pas un pour rattraper l'autre
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