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EA change officiellement de propriétaires, avec déjà une lourde dette à rembourser

Electronic Arts passe officiellement entre les mains d’un consortium à majorité saoudienne. Le géant américain du jeu vidéo a annoncé son acquisition par trois fonds d’investissements : le PIF (fonds public d’investissement) d’Arabie saoudite présidé par le prince héritier Mohammed ben Salmane, ainsi que les Américains Silver Lake Capital et Affinity Partners. Ce dernier est géré par Jared Kushner, le gendre de Donald Trump.

L’annonce de l’opération remonte au mois de septembre 2025, et elle a été menée tambour battant auprès des régulateurs. La Commission européenne a ainsi donné son feu vert le 23 juillet, après l’aval des autorités américaines.

Andrew Wilson, président et directeur général d’EA, a pour l’occasion sorti les grands mots : « Ce moment rend hommage aux personnes extraordinaires dont la créativité, l’ambition et la passion ont fait d’EA l’une des plus grandes entreprises mondiales du divertissement interactif ». Mais, il lorgne surtout sur le nombre de zéros inscrit sur le chèque : 55 milliards de dollars. Soit la deuxième plus grosse acquisition du secteur après le rachat d’Activision Blizzard King par Microsoft (69 milliards).

EA sort donc du NASDAQ, 37 ans après sa première cotation boursière. Les actionnaires ne vont pas y perdre au change, ils recevront en effet 210 dollars en cash pour chaque action détenue. Avant l’annonce de l’offre publique d’achat (OPA) en septembre dernier, l’action tournait autour des 170 dollars, soit une prime de 25 %. Pas une mauvaise affaire, donc.

Les lunettes roses de l’acquisition ne devraient pas rester très longtemps sur le nez des nouveaux proprios. Les résultats du premier trimestre de l’éditeur ne sont pas nécessairement au beau fixe : 1,35 milliard de dollars de ventes et de dépenses dans les jeux (« net bookings »), moins que les 1,48 milliard attendus par les analystes.

La principale faiblesse vient de Battlefield 6. Malgré un lancement solide l’an dernier, le titre peine à maintenir l’engagement des joueurs. Le doute est de mise sur la capacité du concurrent de Call of Duty à générer des revenus sur le long terme, via les achats intégrés et son modèle live-service. Le bénéfice du trimestre a toutefois presque doublé, à 397 millions de dollars, contre 201 millions un an plus tôt. EA gagne donc davantage d’argent, même si son niveau d’activité mesuré par les ventes déçoit.

EA, dont le siège social reste à Redwood City, en Californie, va désormais devoir générer suffisamment de trésorerie pour financer ses activités tout en assurant le service d’une lourde dette. L’acquisition a en effet pris la forme d’un LBO (« leveraged buyout »), un montage dans lequel une partie du rachat est financée par des emprunts que les revenus de l’entreprise acquise doivent ensuite contribuer à rembourser.

Cela représente la bagatelle de 20 milliards de dollars de dette pour EA, dont les intérêts et le remboursement pèseront très fort sur la trésorerie. Pour le moment, aucun plan d’économies, de licenciements ou de fermeture de studio n’a été annoncé.

Commentaires (4)

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Pas une grande perte ce genre de rachat par des fonds d’investissement n’ayant rien à faire ni aucune connaissance du jeu vidéo finiront de couler cette boîte déjà en perdition depuis longtemps.
Triste pour les salariés qui paieront une fois de plus la note.
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J'aurai bien joué au bf6 mais le spyware installé au niveau du noyaux, la nécessité d'avoir le secure boot activé et l'impossibilité de le lancer sur linux... bah je passe mon tour.

Et j'en ai ma claque des jeux en kit pour te faire cracher en continue. Il y à bien assez d'autre jeux comme cela pour ne pas s'y attarder.
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Tiens, c'est cocasse.
Je viens justement de voir passer un article comme quoi EA a versé 38 millions à son PDG suite au "succès" de BF6...
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L'article pourrait quand même appuyer sur le fait que la compagnie génère "quand même " des bénéfices. Pourquoi pas "au beau fixe" , tout ça parce que ça colle pas aux super rendements ?

Sur le lien source

The gaming company reported first-quarter bookings of $1.35 billion, missing analysts' average estimate of $1.48 billion, ⁠according to data compiled by LSEG.
Profit rose to $397 million for the quarter ended June 30, from $201 ⁠million in the year-ago period.

Moi mon analyse c'est qu'on a une boîte qui double ses bénef, dont on demande un rendement de malade, et qu'on achète avec un effet de levier en l'endettant à mort (au sens propre).

On peut toujours critiquer EA pour ses choix pourris mais ça va me faire mal de voir encore des personnels du jeu vidéo virés sous l'autel du rendement à deux chiffres.