Droit d’auteur et IA générative : la Commission européenne lance une consultation
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IA et algorithmes
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À défaut de bouger en France, les lignes entre droit d’auteur et intelligence artificielle générative pourraient-elles se déplacer à l’échelle européenne ? Bruxelles vient de donner un signe allant dans le sens d’une possible évolution du cadre réglementaire. La Commission européenne a en effet lancé, mardi 29 septembre, une consultation visant à recueillir des « commentaires sur les défis et les perspectives d’avenir concernant l’impact des technologies sur le droit d’auteur ».
Bien que le droit communautaire protège déjà le droit d’auteur (notamment via la directive de 2019 sur le droit d’auteur dans le marché unique numérique), Bruxelles estime que « les nouveaux défis et l’évolution du marché soulèvent la question de savoir si ce cadre devrait être renforcé par d’éventuelles mesures supplémentaires ».
Entre autres sujets d’étude, la consultation se concentre notamment sur « l’utilisation de contenus protégés par le droit d’auteur en intelligence artificielle ».

À ce sujet, la Commission indique, dans l’avant-propos du questionnaire dédié, vouloir étudier « des moyens de faciliter l’octroi de licences et l’application du droit d’auteur et des droits connexes dans le contexte de l’IA et d’améliorer les conditions de rémunération des créateurs, tout en permettant aux fournisseurs de modèles et de systèmes d’IA, y compris les start-up, d’accéder légalement au contenu protégé par le droit d’auteur et de l’utiliser pour l’innovation en matière d’intelligence artificielle ».
La consultation ne se limite cependant pas à l’IA. Elle interroge aussi la « lutte contre le piratage en ligne de contenus tels que les événements en direct », « l’application du droit à une rémunération équitable unique pour les artistes-interprètes et les producteurs de musique » et « le droit d’auteur sur la recherche scientifique ».
Ouverte jusqu’au 3 novembre prochain, cette démarche qui vise donc à explorer des solutions s’adresse notamment aux titulaires de droits d’auteur et droits voisins, aux acteurs de l’IA générative, aux organismes de gestion collective, mais aussi aux organismes de recherche, aux associations de consommateurs et aux autorités nationales ou organisations non gouvernementales.
Bruxelles avait déjà procédé à une phase de cadrage (call for evidence) entre le 18 mai et le 25 juin 2026. À l’époque, l’exécutif européen évoquait explicitement la possibilité de faire évoluer la directive de 2019.
Rappelons qu’en France, la proposition de loi qui souhaitait instaurer la présomption d’utilisation des contenus culturels par les acteurs de l’IA au nom de la défense du droit d’auteur a achoppé en juillet dernier à l’Assemblée nationale, alors qu’elle avait été votée à l’unanimité au Sénat.
Commentaires (11)
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Abonnez-vousLe 30 septembre à 16h16
Sais-t'on s'ils prévoient de clarifier l'autre bout de la chaîne : le contenu qu'une IA a produit, qui en détiens les droits ?
Le 30 septembre à 17h24
Pour le second, le sujet ne figure pas explicitement dans les documents que j'ai consultés, mais j'imagine (ou plutôt j'espère) que c'est intégré à la réflexion...
Le 30 septembre à 18h04
La Convention de Berne précise bien qu'il faut que l'auteur soit ressortissant d'un des pays l'ayant signé ou non ressortissant mais y habiter de manière habituelle ou si non ressortissant et non habitant, publier dans un des pays.
Comme en plus, les droits d'auteur ont des spécificités après la mort de l'auteur (la durée de protection par exemple) et qu'une IA ne meurt pas, une IA ne peut être un auteur au sens des droits d'auteur.
Modifié le 30 septembre à 18h17
Où est-ce qu'on met le curseur ? Si je dessine ou prends une photo et demande une retouche à l'IA, la sortie est-elle entièrement mienne ? Entièrement libre de droit parce que c'est une IA qui l'a "créé" (puisque l'IA ne modifie pas, elle recréé de zéro en se basant fortement sur l'original) ? Un mélange ?
Ça mérite clarification de mon point de vue. Et rien que dire "toute sortie d'une IA est considérée comme n'ayant pas d'auteur" est déjà une clarification bienvenue.
Le 30 septembre à 18h43
La phase d'apprentissage génère des données profondément transformées par rapport aux données d'entraînement .
Non comme il n'y a pas d'auteur, donc pas de droit d'auteur et donc pas de licence possible.
Là, l'humain reste l'auteur s'il y a suffisamment de code écrit par lui-même. La jurisprudence fera le reste, il n'est pas question de déterminer un pourcentage de lignes de code humaines, ça n'aurait pas de sens et ça pourrait être contourné.
Bonne question. J'appliquerais bien ce qui est prévu pour les bases de données pour lesquelles le droit d'auteur est reconnu. C'est généré par une machine, mais avec des entrées et des traitements définis par des humains.
Pour les photos et les retouches par IA, je garde ce qui se faisait avant qu'on parle d'IA dans le cas de retouches automatiques. Ça doit rester une œuvre humaine à partir du moment où le droit d'auteur s'applique sur la photo initiale (il faut de l'originalité). Par contre, une image de style photographique générée par IA à partir de prompts, ce n'est pas protégeable par le droit d'auteur.
Bref, je ne vois rien de suffisamment différent avec l'arrivée de l'IA générative qui nécessite de créer des lois spécifiques.
Le 30 septembre à 19h00
Le 30 septembre à 19h32
Modifié le 1er octobre à 08h59
Le 1er octobre à 11h10
C'est sûr que la Chine ne s’embarrasse pas de consulter avant de prendre des décisions, comme tout bon état totalitaire.
Modifié le 1er octobre à 11h38
Le 1er octobre à 11h46
Je regrette que le formulaire soit uniquement en anglais, ce qui rend son accessibilité mécaniquement plus complexe.
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