Washington voudrait embarquer l’UE dans une alliance IA face à la Chine
Le contrat de défiance
Illustration : Flock
Le 26 juin à 09h02
Branche d’olivier ou coup fourré ? L’administration Trump aurait proposé à l’Union européenne un partenariat sur l’IA, dans le but de créer une alliance pour sécuriser l’approvisionnement en composants indispensables aux datacenters IA.
Washington voudrait embarquer l’UE dans une alliance IA face à la Chine
Le contrat de défiance
Illustration : Flock
Branche d’olivier ou coup fourré ? L’administration Trump aurait proposé à l’Union européenne un partenariat sur l’IA, dans le but de créer une alliance pour sécuriser l’approvisionnement en composants indispensables aux datacenters IA.
IA et algorithmes
IA
5 min
Washington chercherait à nouer un partenariat avec l’Union européenne sur l’IA. Bloomberg a obtenu un brouillon de la proposition, présentée à plusieurs États membres cette semaine. On peut y lire des mots étonnants provenant de l’administration Trump : « nous partageons l’idée que l’avenir de l’IA doit reposer sur des bases de collaboration de confiance, de sécurité économique, d’innovation et de concurrence loyale ».
L’ennemi de mon ennemi
Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, les relations transatlantiques ont été pour le moins chahutées. Les tensions commerciales, la pression sur la régulation européenne du numérique et les restrictions d’accès à des technologies américaines ont réduit la confiance à une peau de chagrin. Dans ce contexte, voir Washington parler de « collaboration de confiance » et de « concurrence loyale » a quelque chose de croquignolet.
Plusieurs capitales auraient d’ailleurs exprimé des inquiétudes : elles estiment qu’un tel partenariat servirait de véhicule aux États-Unis pour promouvoir leur propre écosystème IA, au détriment des entreprises européennes du secteur. L’idée serait de créer une alliance en vue de sécuriser la chaîne de production des composants indispensables aux centres de données IA, alors que la concurrence avec la Chine ne faiblit pas.
Les discussions autour d’un partenariat sur l’IA tombent au plus mauvais moment (ou au meilleur, selon le point de vue), quelques semaines après le blocage de Fable 5 et Mythos 5 pour les ressortissants étrangers. Une interdiction provenant des autorités états-uniennes et qui a soulevé des craintes partout en Europe : sur un coup de tête, Donald Trump peut priver le vieux continent d’une technologie américaine.
Que des États membres de l’UE échaudés par la brutalité de Washington voient cette nouvelle initiative américaine d’un mauvais œil n’est donc pas complètement dénué de sens. Malheureusement, les détails sur ce partenariat sont assez ténus. Le projet de déclaration commune tiendrait sur une seule page, qui appelle à une coopération dans trois domaines : le soutien à la recherche et au développement ; l’exportation des technologies IA vers des pays partenaires ; et surtout, la promotion d’une « réglementation favorable à l’innovation ». Un dernier point qui pose question, alors que les États-Unis ferraillent contre le DMA/DSA et les taxes européennes sur les grandes plateformes du numérique, justement au nom de l’innovation.
Dialogue de sourds
La Commission a en tout cas pris son bâton de pèlerin cette semaine, en faisant le voyage dans la capitale américaine. Henna Virkkunen, vice-présidente chargée de la Souveraineté technologique, a abordé le sujet de l’interdiction des derniers modèles IA d’Anthropic « [elle]-même avec l’administration Trump ». Des discussions ont aussi eu lieu avec l’entreprise.
Henna Virkkunen a également répété que l’UE devait avoir accès à ces modèles avancés pour identifier les vulnérabilités dans le code logiciel, tout en affirmant que l’Europe devait aussi être en mesure de développer ses propres capacités en la matière. Un « plan d’action pour le continent IA » avait été présenté il y a un peu plus d’un an, mais les technologies avancent beaucoup plus vite que les réglementations.
Les États-Unis ont l’art de manier la carotte et le bâton. Car en parallèle, le projet de loi MATCH Act en cours de discussion au Congrès vise à empêcher les fabricants chinois de puces d’accéder à certains équipements occidentaux de production de semi-conducteurs. De quoi frapper de plein fouet ASML, le géant néerlandais de la lithographie, dont les machines sont au cœur de la fabrication des puces les plus avancées.
Sjoerd Sjoerdsma, le ministre du Commerce du pays, a rencontré ce mardi son homologue américain, Howard Lutnick, ainsi que des représentants politiques pour faire entendre la voix des Pays-Bas. Le texte est actuellement en discussion au Congrès. « Il est exceptionnel que je vienne ici exposer largement nos préoccupations devant le Congrès », a-t-il déclaré, toujours à Bloomberg. « Nous le faisons parce que ces préoccupations sont importantes et parce que les enjeux pour les Pays-Bas pourraient être très élevés. »
Le ministre veut lui aussi empêcher des technologies sensibles de se retrouver « là où elles pourraient nuire à notre sécurité ». Mais pour lui, cela doit se faire sur une base volontaire. « Si cela implique des mesures de coercition par-delà les frontières et l’Atlantique, eh bien, c’est à nous, en tant que pays, d’en décider. Nous trouvons donc cela vraiment regrettable », conclut-il.
Commentaires (5)
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Aujourd'hui à 09h17
Il y a 50 minutes
Dans le domaine militaire c'est une bataille politique très violente en ce moment: Allez, dépensez des thunes pour la défense sinon l'OTAN est dead, mais continuez à m'acheter mes F35 aussi."
Il y a 15 minutes
Modifié à l'instant
Sur les processeurs, les chinois feront comme sur les voitures électriques, les batteries et les panneaux solaires, il vaut mieux choisir son camp dans cette optique.
PS,
bien vu Flock, oui
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