L’incubateur géant Station F ouvre ses portes, un symbole pour la « start-up nation »
Le plus gros entrepôt de pistolets Nerf du monde
Le 30 juin 2017 à 12h33
12 min
Économie
Économie
Hier, Emmanuel Macron et Xavier Niel inauguraient dans le 13e arrondissement de Paris Station F, un incubateur devant accueillir un millier de start-ups au sein de la Halle Freyssinet, fraîchement réhabilitée. Un projet pharaonique qui attire déjà le gratin de la Silicon Valley.
Hier soir, le président de la République tenait un discours d'entrepreneur, devant un parterre conquis. En plein Paris s'est donc ouvert Station F, « le plus grand incubateur de start-ups du monde », un événement majeur pour la scène numérique française et un symbole de la « start-up nation » qu'Emmanuel Macron appelle constamment de ses vœux, leur promettant récemment dix milliards d'euros de financement. L'ambiance était à la célébration des futures élites de la nation et à leur responsabilité sociale.
L'événement était éminemment politique, un enjeu qui transpirait dans chaque décision de cette soirée, notamment dans le traitement des journalistes. Placés à un étage réservé, avec une vue plongeante sur les invités et la scène, ils étaient identifiés par des badges édités par la « présidence de la République » et non Station F.
Sur et autour de la scène, Emmanuel Macron, Mounir Mahjoubi (secrétaire d'État au Numérique), Anne Hidalgo (maire de Paris) et Xavier Niel écoutaient Roxanne Varza, la directrice du projet et membre du CNNum. Les discours étaient à peine interrompus par des interventions des élèves de l'école 42, l'autre symbole de la nation numérique offert par Xavier Niel à l'État.
Côté start-ups, l'accueil public était sans surprise enthousiaste, la collation et l'alcool de cette « Big Fat Launch Party » aidant sûrement. C'est pourtant maintenant que tout commence pour elles et l'État, qui s'investit lourdement dans le projet, comme nous l'ont répété de futurs locataires et Mounir Mahjoubi, rencontré pour l'occasion.
Une halle reconvertie, des start-ups et des cartons
Bâtie à la fin des années 20, la Halle Freyssinet a abrité jusqu'en 2006 les messageries de la gare d'Austerlitz. Depuis 2014, ce bâtiment classé monument historique fait l'objet d'importants travaux de réhabilitation, afin de le transformer en un « temple du numérique », pour reprendre la formule employée alors par Challenges. Ceux-ci devaient initialement prendre fin en avril dernier, mais il aura fallu attendre presque trois mois de plus pour que la bâtisse ouvre ses portes.
Les premières entreprises doivent arriver la semaine prochaine. « Nous avons reçu plus de 2 300 candidatures de plus de 50 pays pour le Founders Program », qui sélectionne les entreprises pouvant s'y installer en premier, affirmait Roxanne Varza. Les États-Unis, le Royaume-Uni et la Chine seraient les pays ayant formulé le plus de demandes. Pour la première vague, un peu moins de 200 projets sélectionnés, dont 40 % fondés par des femmes.
« Oui, nous sommes dans les cartons ! Nous entrons le vendredi 7 juillet, donc on déménagera sûrement sur le week-end » anticipe Yassir Kazar, cofondateur de Yogosha, spécialiste des bug bounties. Au total, 3 000 entrepreneurs doivent franchir le pas de Station F dans les prochains jours, pour participer aux 26 programmes de l'endroit. Un début pour beaucoup, mais aussi l'aboutissement d'un travail de longue haleine.
130 millions d'euros et une idée
Tout a démarré en 2013 lorsqu'un certain Xavier Niel a décidé de s'offrir la bâtisse située dans le 13e arrondissement de Paris. Selon le schéma prévu à l'époque, la Mairie de Paris a d'abord acquis le bien, jadis propriété de la SNCF afin d'effectuer quelques travaux de voirie autour, avant de le céder à un consortium piloté par Niel et la Caisse des dépôts (minoritaire) pour 70 millions d'euros. Les travaux de rénovation eux, se chiffrent à 60 millions supplémentaires, pour un total de 130 millions d'euros.
Sous 34 000 m², on doit y retrouver « un écosystème entier dédié aux start-ups », selon les mots de Roxanne Varza, la directrice du projet. Au total, 1 000 jeunes pousses doivent prendre pied dans ce nouvel environnement, leur offrant 3 000 bureaux au sein d'un espace de co-working, et un peu plus encore.
Ces bureaux pourront être loués à temps plein pour 195 euros par mois, ou bien à 900 euros par an s'il n'est occupé que 5 jours par mois, sur réservation. À ce prix, les tours du propriétaire en poney ne sont toutefois pas inclus, mais il sera possible d'accéder à diverses salles de réunion, de profiter des snacks mis à disposition et de certains matériels communs comme des imprimantes et photocopieurs.
Il est ainsi question d'un restaurant d'entreprise ouvert 24 h/24 et tous les jours de la semaine, capable de servir 1 000 couverts ou d'un immense FabLab de 1 000 m², géré par les américains de TechShop. Un auditorium de plus de 350 places est également mis à disposition pour l'organisation d'évènements. Les services publics sont aussi présents : La Poste, le fonds (hyperactif) Bpifrance, la CNIL, l'Urssaf et Pôle emploi. L'idée est bien entendu de faciliter la vie des entreprises sur place, pour qui l'administration doit être vue comme amie.
En 2018, un deuxième bâtiment sera ouvert aux entreprises, à Ivry-sur-Seine cette fois-ci, avec de quoi loger 600 des entrepreneurs installés dans la halle. Un deuxième volet qui aura nécessité à lui seul 120 millions d'euros supplémentaires. Une autre tranche de travaux est également prévue, avec l'aménagement de salles de sport et d'autres espaces complémentaires. Niel affirme donc avoir sorti 250 millions d'euros de sa poche, par « mécénat ».
Un espace, mais aussi des gens
Pour attirer les start-ups, Station F ne compte pas seulement sur son infrastructure, mais aussi sur les personnes et entreprises qui viendront peupler l'écosystème environnant les jeunes pousses. Plusieurs sociétés de renom, comme Amazon, Facebook, Microsoft, Ubisoft, Vente-privée ou Zendesk ont ainsi prévu d'y installer une partie de leurs équipes.
Des fonds d'investissement font donc partie de l'aventure. On y retrouve évidemment Kima Ventures, le fonds monté par Xavier Niel himself, mais également Daphni ou encore Ventech, qui a notamment investi dans Withings et Viadeo. L'école de commerce HEC est également présente, avec un espace dédié aux start-ups montées par ses élèves. « En créant quelque chose d'aussi fort, on pousse toute personne intéressée à regarder et on crée une ambiance qui donne envie à des jeunes de se lancer dans l'entrepreneuriat » affirmait hier Xavier Niel à France Inter.
Pourtant, à la soirée, quelques craintes émergeaient sur le phagocytage d'incubateurs existants par le nouvel ensemble. « C'est partir du principe qu'il n'y a pas assez de start-ups et de projets, nous répond Mounir Mahjoubi. Aujourd'hui, à Paris, on arrive à attirer toujours plus de projets. L'enjeu maintenant est que tous les incubateurs trouvent leur utilité. »
Les sociétés choisies n'ont que le mot « écosystème » à la bouche : avec 1 000 entreprises prévues, le lieu tient presque de l'incontournable. « À chacun de vos problèmes, il y a forcément une start-up pour y répondre, parce qu'elle est à un stade plus avancé que vous, nous affirme Charlotte Muller, présidente de Le Service App, lancée depuis mars. En intégrant le Founders Program, j'ai l'assurance que mes techs seront en contact avec d'autres de super niveau. »
Pour les entreprises, la concentration possible de concurrents est-elle un problème ? Non, nous répondent-elles. « C'est une bonne chose d'avoir des concurrents. [...] C'est mieux que d'être tout seul sur un marché. Là, les gens te prennent pour un fou avec son projet. Quand tu en as plusieurs, ils voient l'intérêt et cherchent les différences entre les services » affirme Yassir Kazar de Yogosha, qui dit toucher plus de secteurs qu'initialement espéré, malgré un lancement proche de ceux d'autres services comme B0unty Factory.
Une opportunité pour Xavier Niel
Le patron d'Iliad a tout intérêt à ce que ce projet fleurisse et subsiste et pas seulement parce que l'investissement de départ est conséquent. À une époque où les grands groupes ont parfois du mal à se donner les moyens de se transformer, Xavier Niel aura sous les yeux un millier de jeunes pousses fourmillantes, qui n'auront pas peur d'essayer de faire bouger les lignes.
Chacune d'elle peut devenir une opportunité d'investissement pour l'homme d'affaires et son fonds Kima Ventures. « On n'est pas dans le but de générer un profit quelconque » tempère tout de même Niel chez France inter, pour qui il s'agit d'« accompagner les incubateurs privés actuels, pas les concurrencer ».
Les frais courants doivent être couverts. Si le projet veut surtout se montrer sous son angle presque philanthropique, l'envers du décor est potentiellement moins idyllique. Il faudra néanmoins attendre quelques mois avant de tirer des conclusions. C'est aussi pour Niel la concrétisation de son discours de « self-made man » et de défenseur de l'entreprenariat en France, qui en a par exemple fait le chouchou de Stéphane Soumier, le présentateur vedette de BFM Business.
Niel, modèle affiché de l'entreprenariat français
« La perception de la fiscalité [en France] parait délirante. Ce n'est pas l'image que vous en avez, mais l'environnement fiscal réel est favorable à la création d'entreprise » martelait ainsi en 2013 la dixième fortune de France, lors d'une conférence devant de jeunes entrepreneurs, jurant qu'il n'est pas nécessaire de s'expatrier pour réussir.
L'érection de ce temple dédié à la French Tech peut alors être perçu comme une manière de matérialiser cette conviction, et de prouver que l'environnement de l'Hexagone est favorable à l'éclosion du prochain Google. Une marotte qui trouve un certain écho auprès d'Emmanuel Macron, et de ses idéaux de « start-up nation ».
« Niel est un modèle pour tous les entrepreneurs. C'est aussi celui qui a de l'argent pour de tels projets, concorde Nicolas Arnaud, cofondateur de Magileads.com, spécialisé dans la prospection clients B2B. Avec Kima Ventures, il a des centaines de startups en portefeuille, quand les grands fonds sur Paris en ont une cinquantaine. Il a la culture du risque. »
L'engouement des pouvoirs publics interroge peu. « L'argent privé appelle l'argent public. Il a investi 250 millions, l'argent public suit » pense Nicolas Arnaud. « Il ne faut pas être crédule, c'est aussi lié au réseau de Xavier Niel » concorde Charlotte Muller, qui remarque que les jeunes sortis d'école de commerce passent de la finance à l'entreprenariat. « Aujourd'hui s'ils ont pour ambition de créer des boites et de la valeur sans nécessairement lever plus qu'ils ne sont capables de générer, ça reste une démarche louable » souligne-t-elle.
Les enjeux de la diversité et du financement
Si les jeunes diplômés sont une cible, les responsables du projet et publics martèlent le besoin de diversité. « Ne pensez pas une seule seconde que si, demain, vous réussissez votre investissement ou votre startup, la chose est faite » prévenait, en introduction, Emmanuel Macron. Pour lui, l'entrepreneur a une responsabilité, « que sa réussite oblige quand d'autres sont plus démunis ». « La réalité est que vous avez la French Tech qui est là, avec la French Tech Diversité, avec pour critères vos origines sociales et ce que vous voulez lancer, pas l'état d'avancement du projet » pense Charlotte Muller de The Service App.
Mounir Mahjoubi, lui, attend un investissement de tous les acteurs : « Normalement, en faisant la somme de tous les incubateurs (dont FrenchTech), les projets portés directement par Station F, par chacun, il y a le bon bouillon. Mais il faut que tout le monde tienne ses promesses. C'est toujours plus facile de recruter des diplômés jeunes, garçons, entrepreneurs, car ce sont eux qui postulent le plus souvent ». C'est bien le défi de la première année, qui demandera d'être très actifs, selon lui.
Un autre problème est celui du financement après les tous débuts, au moment où une société cherche à signer ses premiers gros contrats, voire s'exporter. Un problème connu, parfois attribué au trop bon travail de Bpifrance sur les premiers temps des projets, qui découragerait les investisseurs sur la suite. Comme un signe, l'accélérateur lyonnais Axeleo, le premier dans lequel a investi French Tech, ouvre son bureau parisien à Station F.
« On intervient à l'étape où la start-up a validé sa preuve de concept (dont des signatures avec de grands groupes), mais n'arrive pas à les convertir en contrat commercial dur » nous explique la société, qui s'occupe de projets B2B répondant à des problèmes très ciblés. « Les start-ups B2B, c'est compliqué, long et ça décourage les entrepreneurs. C'est là qu'on leur dit qu'il ne faut pas se décourager, parce qu'il y a de super opportunités. »
Compliqué, donc, le financement au-delà des premiers tickets ? « L'enjeu de ce lieu sera de démontrer que c'est faux, notamment avec la présence des services publics et de la French Tech, de mieux orienter, nous promet Mounir Mahjoubi. Les fonds existent, les capacités de financement de l'innovation existent. On aura des Venture Capitalists pour les étapes suivantes, des business angels qui viendront très régulièrement ici et les services publics qui feront de l'accompagnement et de l'innovation. Ici, on doit faire la démonstration que tout est possible. »
Le développement international de la French Tech, et de ses entreprises, est l'autre motto affiché. L'avenir proche, « c'est redonner une utilité puissante et forte à ces French Tech Hub à l'étranger pour continuer à soutenir le développement des startups françaises quand elles vont à l'étranger, à la conquête des marchés, dans le recrutement, dans le développement » nous affirme Mounir Mahjoubi, entre deux pitchs express d'entrepreneurs s'alignant pour lui parler.
Écrit à quatre mains avec Kevin Hottot.
L’incubateur géant Station F ouvre ses portes, un symbole pour la « start-up nation »
-
Une halle reconvertie, des start-ups et des cartons
-
130 millions d'euros et une idée
-
Un espace, mais aussi des gens
-
Une opportunité pour Xavier Niel
-
Niel, modèle affiché de l'entreprenariat français
-
Les enjeux de la diversité et du financement
Commentaires (68)
Vous devez être abonné pour pouvoir commenter.
Déjà abonné ? Se connecter
Abonnez-vousLe 01/07/2017 à 01h03
Chouchou de Soumier, Rédacteur en chef de Drahi " />
Le 01/07/2017 à 06h42
Le 01/07/2017 à 07h05
Yep, il faudrait que la France arrête d’être aussi dissuasive sur la volonté d’entreprendre.
J’aimerais me mettre en indépendant un jour (parce que je suis incompatible avec la mentalité 15ème siècle des entreprises françaises), mais quand je vois le bordel administratif, le raclage de colon permanent à coup de barbelés, le droit de crever si t’es malade, etc… Ben non quoi. " />
Et après je me suis marré en entendant Jesaisplusqui à la radio y’a pas longtemps dire que “la priorité d’un chef d’entreprise c’est l’emploi”…. Je comprend après pourquoi ce pays n’avance pas.
Le 01/07/2017 à 07h41
L’expression “chouchou de Stéphane Soumier” ne vient pas de moi, elle vient de l’article de Next inpact, et d’autre part, elle veut seulement dire que Stéphane Soumier est littéralement en adoration devant le personnage (peu importe que BFM appartienne à Altice).
Le 01/07/2017 à 08h42
Ce n’est pas trop cher, j’me tatte de prendre des locaux à l’année
Le 01/07/2017 à 08h44
Suffit d’aller habiter en banlieue proche, pas besoin d’être dans cette ville trop cher et pourrave qu’est paris h24. Perso je suis à colombes les prix ne sont pas délirants pour se loger
Le 01/07/2017 à 08h51
Ah ça la france est un pays de rentier l’intégralité du système fiscale a été pensé pour maintenir cette rente. L’entrepreneur n’étant pas un rentier il n’entre pas dans les cases et donc représente un danger pour celle-ci donc objectif MMD meutre mort détruire comme ils disent dans demolition man.
En gros l’état te prend 49% de ton argent pour soit disant t’assurer … comme cette assurance obligatoire est de la très grosse MERDE. Tu te retrouves à prendre une assurance privée qui elle t’en donne pour ton pognon.
Ce pays est dégueulasse de façon générale si tu veux faire autre chose que gros lâche qui survie parce que l’état lui accorde des “aides”, qui ne sont en réalité qu’un moyen de controle.
Le 01/07/2017 à 09h08
comme dit par gavroche69, une référence à un certain séguéla : http://www.20minutes.fr/economie/572979-20090217-economie-si-agrave-50-ans-on-n-… " />
Le 01/07/2017 à 10h54
Le 01/07/2017 à 14h02
Le 01/07/2017 à 14h32
Pour la famille, sinon j’le f’rai sauter direct et compterai le bordel en perte et profit
Le 01/07/2017 à 22h56
Faut arrêter les clichés et un jour commencer à regarder les choses par soi-même.
Alors oui, démarrer une activité, c’est un poil plus compliqué que de remplir un formulaire d’inscription sur youporn. Mais une fois passés les premiers pas et la compréhension de quelques notions fondamentales (régimes sociaux, fiscaux, obligations périodiques), il n’y a rien de si dramatique, faut pas déconner.
Si même mon plombier a réussi à monter sa boite, je vous garantit que c’est à la portée du premier abruti venu (spéciale dédicace inside).
Après, rien n’est parfait, par nature.
Mais d’expérience, les avis sur l’entreprenariat en France, c’est du pur Mc Cain: ceux qui gueulent le plus contre les supposées lourdeurs et contraintes (*), c’est le plus souvent ceux qui en font/connaissent le moins. Encore plus vrai quand on parle d’une activité unipersonnelle.
(*) “nanMéEnFranceCayLaCataCMieuxPartoutAilleursMoiJVousDis”
Le 02/07/2017 à 09h16
Le 02/07/2017 à 13h05
En Ile-de-France, je connais des coins paumés aussi (en tout cas, plus paumés que Lyon, Rennes ou Strasbourg).
Le 02/07/2017 à 13h40
“Dans une gare on croise des gens qui ont réussi et aussi des gens qui ne sont rien”…
C’est une phrase du discours de jupiter lors de sa visite de “Station F”.
Avant on nous disait que si on avait pas une rolex à 50 ans c’est qu’on avait raté sa vie, maintenant on nous dit que si on ne monte pas une entreprise c’est qu’on est “rien”.
Il devrait faire gaffe jupiter, il y a parfois des “riens” qui font de grandes choses et même qui peuvent couper les têtes de ceux qui se croient “tout” et irremplaçables…
Je crois qu’on en a pas fini avec ce mec qui se prend pour dieu… " />
Le 02/07/2017 à 20h20
Bah, Macron adapte son discours à l’auditoire de “Station F”. Hors contexte ca peut choquer, mais pour un entrepreneur ou un créateur de startup c’est sensé:
Mais bon, c’est de bonne guerre pour les opposants de décortiquer tout ce qui dit notre nouveau pharaon pour l’utiliser contre lui. Après, je ne suis pas persuadé que cette bonne vieille stratégie portera ses fruits. Macron a plus ou moins réussi à ringardiser ceux qui sont dans l’opposition et la critique systématique.
Il a p’têt le melon mais il n’est pas con, le Macron. " />
Le 05/07/2017 à 13h33
Le socialisme c’est plutôt 140 ans hein " />
Depuis 40 ans on a plutôt l’inverse du socialisme et de l’égalité, autant ça avait progressé sous Giscard (et bien entendu à la libération) autant depuis Mitterrand et tous les capitalistes qui l’ont suivi l’assurance chômage a été sabordée, la précarité a explosé (avec une maigre compensation que c’est sur 35 heures…), l’inspection du travail est un cadre théorique, la sécu a été maintenue dans un déficit pour favoriser l’assurance privée (heureusement souvent mutualiste), l’école reproduit voire amplifie les inégalités alors qu’elle s’était massifiée après 68, les inégalités de revenus augmentent énormément depuis 40 ans, du coup en proportion des politiques de dérégulation et de privatisation à l’oeuvre (et des politiques où on ne s’attaque surtout ni au sexisme ni au racisme de l’accès à l’emploi).
On est très, mais alors très loin de politiques mêmes sociales démocrates, on est dans la casse sociale pure et simple, un coup la gauche, un coup la droite ni vu ni connu.
En fait c’est parce que les gens ont l’impression que l’égalité progresse qu’elle s’effondre, en pratique on est plus dans une situation sociale et fiscale pré première guerre mondiale, la sécu en plus.
Le 30/06/2017 à 14h24
J’ai l’impression que tu n’as pas compris que ce tarif est pour un bureau partagé et utilisé 5 jours par mois. C’est pour de la présence occasionnelle, ce tarif.
Même si on ne parle pas des nuits, je doute que l’on puisse y dormir.
Edit : Oups, le premier tarif (à temps plein) est effectivement pas cher.
Le 30/06/2017 à 14h38
Le 30/06/2017 à 14h42
Le 30/06/2017 à 14h44
J’ai cru comprendre que l’intérêt d’un lieu comme Station F était surtout d’être un écosystème entrepreneurial avec tout un tas de compétences à proximité (un incubateur - c’est un peu le modèle de la French Tech partout en France).
Le 30/06/2017 à 14h56
Le 30/06/2017 à 15h16
Le 30/06/2017 à 15h19
L’élevage et l’ abattoir - 42 et station F….
Le 30/06/2017 à 15h48
Il y a un programme à la Station F pour les gens issues des franges “défavorisées”; la première année dans les locaux est gratuite pour eux. (à condition que le dossier soit sélectionné évidemment.)
Le 30/06/2017 à 15h52
C’est 195€/mois/poste. Autrement dit 3 fois plus si tu est 3, etc.
Ca reste vraiment pas cher, mais c’est plus cher que ce qu’annonce l’article quand même.
Le 30/06/2017 à 16h13
Franchement, donnons une chance au projet. C’est bien de voir qu’on investit en France surtout si c’est pour aider les jeunes avec leurs idées folles à faire fortune :)
Le 30/06/2017 à 16h39
C’était pas mal, bonne qualité global mais la moitié du buffet était du fromage donc c’était assez vite eceurant :)
Le 30/06/2017 à 18h13
Le 30/06/2017 à 20h13
Le 30/06/2017 à 20h45
Le 30/06/2017 à 21h16
Join Station F - Come in, my Friend - " />
  Twitter
Le 30/06/2017 à 21h37
X.Niel le “chouchou” de S.Soumier sur BFM Business " />
BFM TV
Le 03/07/2017 à 06h06
Adapter son discours selon son auditoire c’est ce qu’il a fait durant toute sa campagne comme la plupart des candidats d’ailleurs… " />
Mais quand t’es président de la république tu n’as pas à dire que ceux qui ne réussissent pas ne sont rien car c’est faire preuve d’un immense mépris pour plein de gens, bien pire que les “sans dent” ou que la “France d’en bas”.
Si il ne s’en rend pas compte c’est qu’il n’est pas aussi intelligent qu’il le croit ou que le croient ses admirateurs.
Et plutôt que la “ringardisation” de l’opposition je crois surtout qu’il a réussi à “bêtifier” ses admirateurs qui tombent en pâmoison dès qu’il dit un mot ou bouge un doigt… " />
Ce type a un ego démesuré ainsi qu’une nostalgie évidente de la monarchie et je ne désespère pas de le voir un jour remettre à la mode les perruques et les visages poudrés comme au “bon vieux temps”. " />
A noter qu’il a dit aussi que les terroristes ne sont rien donc pour lui terroriste et personne qui ne réussit pas c’est la même chose, ce type semble manquer cruellement de vocabulaire…
Le 03/07/2017 à 06h20
Le 03/07/2017 à 06h29
La phrase en elle-même est choquante, mais l’allégorie de la gare où on rencontre toute sorte d’individus qui ont leurs propre parcours, objectifs, destinées est assez jolie. D’autant, que parler sans note devant les yeux est un exercice délicat quand on cherche à être précis.
Le 03/07/2017 à 06h37
Remise en contexte la phrase n’a pas tout à fait ce sens-là. Dans son discours, E.Macron a aussi dit :
“On l’a vu en parcourant cette gare, ce lieu de passage, de transit, c’est que vous êtes ensemble et vous êtes ici venant d’horizons, de pays différents, de trajectoires différentes mais avec une même volonté de faire et de changer les choses. Ce qui vous réunit, c’est une ambition incommensurable (de réussite, ndlr)”. http://www.usine-digitale.fr/editorial/emmanuel-macron-a-station-f-entrepreneur-…
Le 03/07/2017 à 06h39
Ça n’empêche pas que dire que des gens “ne sont rien” est inadmissible dans la bouche d’un président de la république.
Les mots ont du sens et le moins que l’on puisse attendre d’un président de la république c’est qu’il en soit conscient. " />
Ne voir que “la beauté” du discours sans en voir les excès c’est avoir des œillères… " />
Le 03/07/2017 à 08h17
+1
Le 03/07/2017 à 08h29
Je ne vois pas que la “beauté” du discours, je voulais seulement mettre en contexte cette phrase difficile à entendre. Ceux qui ne savent pas écouter au delà de leurs propres opinions ont aussi, d’une certaine façon, des oeillères.
D’ailleurs le socialisme ferait mieux de se remettre en question au lieu de nous baratiner depuis 5 ans avec des luttes lexicales. Il y a longtemps que le socialisme ne fait plus de politique sociale (je ne défends pas E. Macron, je déteste sa personnalité, mais faudrait voir à lui opposer de vraies solutions pour me convaincre).
Le 03/07/2017 à 08h55
Je te rassure, je fais partie des grands déçus du socialisme, mot qui ne veut d’ailleurs plus dire grand chose de nos jours tant il est représenté par des carriéristes qui vivent dans leur bulle…
Ce qui me choque c’est que ce sont pratiquement les premiers mots qu’il prononce dans son discours et ça a du mal à passer tant c’est méprisant.
D’une façon générale ce mec me déplaît parce qu’il a un énorme ego et qu’il se croît supérieur à tout le monde.
Certes, en politique c’est loin d’être le seul (Mélenchon en est un bon exemple aussi) mais lui est président et je trouve ça inquiétant pour l’avenir s’il ne se décide pas à redescendre sur terre…
D’une façon générale j’ai une aversion pour les “petits chefs” qui se croient providentiels et dans le monde des politiciens c’est pas ce qui manque hélas…
Leur problème étant qu’ils n’ont majoritairement pratiquement aucune idée de ce qu’est le quotidien difficile de plein de monde, la plupart étant issus de milieux plutôt favorisés.
De même, je ne comprends pas tous ces gens qui se prosternent devant ces mecs et qui ont absolument besoin d’avoir un leader à admirer, l’adoration d’un leader ça ne mène jamais bien loin et souvent au pire.
Et pour conclure, je dirais que Macron est arrivé premier à un concours de circonstances, cette élection avec toutes ces affaires et un taux énorme d’abstention n’a pas grand chose à voir avec les qualités réelles du vainqueur qui a surtout eu beaucoup de chance.
A lui de prouver maintenant qu’il mérite cette chance et je trouve qu’il n’en prend guère le chemin, même si c’est encore un peu tôt pour en juger, j’en conviens…
Je m’inquiète peut-être pour rien, l’avenir nous dira ça… " />
Le 03/07/2017 à 09h19
Le 03/07/2017 à 09h37
Le 03/07/2017 à 09h47
Bah, rhétorique classique du discours politique (et religieux): on s’appuie sur l’image du miséreux pour défendre des nobles idéaux. Et plus l’homme est montré comme misérable, plus l’idéal semble noble.
Le 03/07/2017 à 09h53
C’est pas faux (si si, je sais ce que “rhétorique” veut dire " />) et ça montre bien à quel point ce mec n’a rien de bien nouveau contrairement à ce qu’il veut faire croire. " />
Le 03/07/2017 à 09h55
Non, le mec n’a rien de nouveau.
C’est seulement la situation politique en France qui est nouvelle. Pas les idées, ni le discours
Le 03/07/2017 à 09h58
Tout à fait d’accord, reste à voir ce que seront les actions et leurs résultats…
Le 03/07/2017 à 18h34
petit couronne " />
Le 05/07/2017 à 13h04
Dans sa phrase réelle il disait qu’on peut changer cela par le travail.
Je ne suis pas fan du personnage mais attention aux citations hors contexte. Ce qu’il a dit est discutable en pratique mais pas méprisant comme tu sembles le sous entendre.
Globalement les petites phrases beurk.
Le 30/06/2017 à 12h54
Ferme des 1000 vaches
Le 30/06/2017 à 12h56
" />
roooh
Le 30/06/2017 à 13h01
Il était bon le buffet ?
Sinon ça serait bien que ce genre de concept puisse aussi être expérimenter en régions.
Le 30/06/2017 à 13h02
> « En créant quelque chose d’aussi fort, on pousse toute personne
intéressée à regarder et on crée une ambiance qui donne envie à des
jeunes de se lancer dans l’entrepreneuriat » affirmait hier Xavier Niel à France Inter.
Lors de l’interview il n’avait que ce mot la à la bouche jeune, jeune, jeune… Il aime la jeunesse
Le 30/06/2017 à 13h05
A tel point qu’il a dit:
“Si vous avez plus de 40 ans, vous n’êtes pas légitime à être là”
Va falloir qu’il explique à notre bon président que l’âge de la retraite doit baisser " />
Le 30/06/2017 à 13h10
Je crois qu’ils ont eu l’autorisation d’agrandir." />
Le 30/06/2017 à 13h16
Ca existe aussi en région, il y a par exemple le lab’o sur Orléans.
Le 30/06/2017 à 13h17
du coup qu’est-ce qu’il foutait là? " />
Le 30/06/2017 à 13h18
En même temps… on agit contre le chômage des jeunes, on entend que ça dans la bouche des médias et politiques.
Passé 35 ans, si tu as un entretien d’embauche pour un boulot au SMIC malgré tes 15 ans d’expérience, t’es heureux. Bah oui, à cet âge et avec cette expérience, tu pourrais être en droit de demander + que le SMIC hein, et même si tu le demandes pas, c’est un “risque potentiel”. Et ce n’est pas moi qui le dit, c’est un pote qui travaille aux ressources humaines d’un groupe dont je tairai le nom.
Le 30/06/2017 à 13h19
On râle en France car plus une entreprise est petite, plus elle est freinée dans son développement.
Pour développer les startup, il faudrait surtout revoir le cadre légal (règlements, lois, codes, normes).
Sinon, au lieu de créer un incubateur de startup, on aura créé un présentoir à startup dans lequel les grandes entreprises iront faire leur marché.
Le 30/06/2017 à 13h23
si tu n’en es pas à ta 10ème startup à 8 ans tu as loupé ta vie!!
Puis retraite à 40 ans.
Le 30/06/2017 à 13h31
J’espère que les startups qui réussiront à éclore grâce à cette initiative ne se barreront pas à l’étranger dès que les premiers brouzoufs rentreront… Pour profiter il y a du monde : Etats-Unis, R-U, Chine… Mais sûr que leur discours changera vite pour “on est étranglé par les impôts/taxes en France”…
Le 30/06/2017 à 13h34
en dehors des startup qui est un beau mot à la mode, c’est les PME qu’il faut aider
Le 30/06/2017 à 14h16
C’est conforme aux nouvelles normes de l’âge :
Avant 25 ans t’es un gamin qui ne sait pas ce qu’il fait, après 40 ans t’es un vieux schnock qui ne comprend plus rien à rien et qui ne sait plus ce qu’il fait… " />
Donc ça laisse environ 15 ans pour réussir sa vie… " />
Et pourtant, tout “jeune” devrait savoir que la seule chose évidente c’est qu’il deviendra “vieux”, sauf manque cruel de “savoir vivre” évidemment. " />
Le 30/06/2017 à 14h18
Tiens, ça se visite? Je suis curieux de voir à quoi ça ressemble :)
Le 30/06/2017 à 14h19
“Ces bureaux pourront être loués à temps plein pour 195 euros par mois,
ou bien à 900 euros par an s’il n’est occupé que 5 jours par mois, sur
réservation. À ce prix, les tours du propriétaire en poney ne sont
toutefois pas inclus, mais il sera possible d’accéder à diverses salles
de réunion, de profiter des snacks mis à disposition et de certains matériels communs comme des imprimantes et photocopieurs.”
Ca a l’air pas cher, mais si on ajoute le prix de la vie a Paname, les entrepreneurs dormiront-ils dans leurs locaux?
Ca me conforte dans l’idée que le montage d’une start-up se fait quand même avec une certaine somme de départ, limitant l’accès à certaines classes de population (ou c’est dans ma tête)?
Le 30/06/2017 à 12h40
“Le plus efficace pour l’abattage, c’est de regrouper le cheptel.”
Xavier N., éleveur de startup.
Le 30/06/2017 à 12h42
roooh…" />
Le 30/06/2017 à 12h46
A voir ce que cela donne :)
on râle parce que pas de startup en france, laissons le temps au produit de faire ses armes pour voir si cela vaut le coup " />