« Aperçus IA » de Google : l’Alliance de la presse saisit l’Autorité de la concurrence
L'Alliance contre l'Empire
Illustration : Flock
Le 11 août à 17h36
Le lancement le mois dernier des aperçus IA dans les résultats d’une recherche Google est resté au travers de la gorge de l’Alliance de la presse d’information générale. L’organisation a saisi l’Autorité de la concurrence pour obtenir des négociations sur la rémunération des contenus de presse indispensables à ces nouveaux services IA.
« Aperçus IA » de Google : l’Alliance de la presse saisit l’Autorité de la concurrence
L'Alliance contre l'Empire
Illustration : Flock
Le lancement le mois dernier des aperçus IA dans les résultats d’une recherche Google est resté au travers de la gorge de l’Alliance de la presse d’information générale. L’organisation a saisi l’Autorité de la concurrence pour obtenir des négociations sur la rémunération des contenus de presse indispensables à ces nouveaux services IA.
Société numérique
Société
3 min
Les éditeurs de presse ont été mis « devant le fait accompli », affirme l’Alliance de la presse d’information générale, qui compte dans ses rangs les grands titres de la presse nationale et régionale. Google a lancé ses aperçus IA et le mode IA en France le 22 juillet, deux ans après les États-Unis, « avant l’ouverture d’une négociation transparente et de bonne foi », affirme l’Alliance.
L’organisation a décidé de saisir l’Autorité de la concurrence pour faire respecter les engagements pris en 2022 par Google : le géant du web s’engageait alors à négocier « de bonne foi, de transparence et de non-discrimination ». Cela faisait suite à une amende de 500 millions d’euros infligée par l’Autorité pour non-respect des obligations de négociations. Ces engagements sont valables jusqu’en 2027.

Des sous pour exploiter les articles
Pour l’Alliance, le compte n’y est pas. Elle dénonce « le déploiement unilatéral de nouveaux usages des contenus de presse, sans autorisation préalable ni rémunération dédiée ». Le Figaro indiquait fin juin que Google prévoyait d’intégrer ces fameux aperçus IA aux accords passés avec les éditeurs concernant les droits voisins. Il s’agit d’une rémunération versée aux éditeurs en échange de l’utilisation faite des contenus de leurs publications dans les services du moteur de recherche.
Néanmoins, aucun accord collectif sur les aperçus IA n’a été annoncé. L’Alliance précise que Google a simplement proposé une « simple actualisation du contrat de licence existant ». Les éditeurs ont toujours la possibilité de refuser l’exploitation de leurs articles par ces aperçus générés par IA, mais ils estiment que « ce retrait technique [entraîne] une perte de visibilité ».
Dans une décision remontant au 8 juillet, l’Autorité de la concurrence prononçait quatre injonctions conservatoires contre Meta après une saisine de l’Alliance. Benoît Cœuré, le président de l’institution, avait alors déclaré à cette occasion que « les contenus protégés qui seraient utilisés par AI Overviews doivent faire l’objet d’une rémunération au titre du droit voisin ».
Les membres de l’Alliance se disent disposés à alimenter ces nouveaux services IA et accompagner les usages, mais « dans un cadre équilibré fondé sur une autorisation négociée et une rémunération à la mesure de la valeur que leurs contenus permettent de créer ». Les contenus produits par ces publications ont « une valeur considérable », rappelle Marc Feuillée, président de l’Alliance. Il ajoute : « Les éditeurs ne demandent pas d’arrêter l’innovation. Ils demandent que cette valeur soit partagée et que l’utilisation de leurs productions soit rémunérée, comme la loi l’exige. »
Commentaires (18)
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Abonnez-vousModifié le 11 août à 18h43
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Bref, pour protéger la presse, il faut payer.
(Et un abonnement pour un magazine pour mon fils de 5 ans)
Le 11 août à 20h20
Pour protéger la presse, il y a aussi la loi. Encore faut-il qu'elle soit appliquée.
Le 11 août à 21h26
Le 12 août à 08h42
Je ne m'en cache pas, je me suis réabo à nxi après toutes ces années pour l'offre S3 ce qui me permet de justifier le prix. Je ne pourrais pas autrement.
Modifié le 12 août à 01h30
Et pour que l’information de qualité soit accessible à tous peut-être qu’un salaire universel permettrait un travail des journalistes beaucoup plus libre et indépendants des intérêts des grandes fortunes (et pareil pour tous les métiers non valorisables en bourse), mais on en est loin.
Modifié le 12 août à 01h12
J’ai accès à europresse avec ma médiathèque mais leur interface n’est pas géniale et pour enregistrer les articles dans readeck c’est un peu nul parce que l’url n’est pas la bonne.
La presse libre c’est bien aussi mais c’est "seulement" 8 médias.
Je suis abonné à 4 médias et si je voulais en plus m’abonner à la croix, au figaro, aux presses régionales et autres pour les quelques fois où je vois des articles qui m’intéressent ça commencerait à coûter une fortune.
Mais en même temps je n’aimerais pas qu’un tel système finance la presse Bolloré. Financer une presse pluraliste ok, mais le mensonge et la haine non.
Le 12 août à 09h34
Le 11 août à 19h22
Modifié le 11 août à 20h25
La presse n'est que la partie émergée de l'iceberg d'ailleurs, parce qu'elle est assez puissante pour parler d'une même voix, mais le même problème s'applique à tout le contenu diffusé numériquement.
Le 12 août à 10h11
Modifié le 21 août à 09h12
Modifié le 12 août à 12h07
Cela te semble-t-il logique que le travail des humains journalistes de Next soit copié par une machine, trifouillé, puis affiché ailleurs tout en générant des revenus pour le propriétaire de la fameuse machine suceuse, sans rien redistribuer à l'humain journaliste de Next qui, en réalité, a fait tout le travail intellectuel et chronophage ?
Comme dit plus haut, à une époque ce syndicat avait beaucoup exagéré sur un soit-disant manque à gagner, mais la fonctionnalité actuelle qui cristallise l'attention est particulièrement vicieux pour la presse : pas de trafic généré, pas de rémunération, et une potentielle perte d'image : si l'IA déforme, amplifie, résume mal les articles mais qu'elle annonce quand même le nom de la source... Il ne faudra que quelques mois pour qu'on se dise "oh là là, [le monde | Next | n'importe quel journal] c'est devenu une poubelle".
Le 13 août à 09h32
Le 12 août à 12h06
Ils ne comprennent même pas que l'IA se nourrit de cette presse qu'ils rejettent, et semblent ignorer les biais idéologiques des IA, faute d'avoir lu Next.
Le 13 août à 09h33
Le 13 août à 10h07
Le 13 août à 10h15
Modifié le 21 août à 09h15
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