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« Aperçus IA » de Google : l’Alliance de la presse saisit l’Autorité de la concurrence

L'Alliance contre l'Empire

« Aperçus IA » de Google : l’Alliance de la presse saisit l’Autorité de la concurrence

Illustration : Flock

Le lancement le mois dernier des aperçus IA dans les résultats d’une recherche Google est resté au travers de la gorge de l’Alliance de la presse d’information générale. L’organisation a saisi l’Autorité de la concurrence pour obtenir des négociations sur la rémunération des contenus de presse indispensables à ces nouveaux services IA.

Les éditeurs de presse ont été mis « devant le fait accompli », affirme l’Alliance de la presse d’information générale, qui compte dans ses rangs les grands titres de la presse nationale et régionale. Google a lancé ses aperçus IA et le mode IA en France le 22 juillet, deux ans après les États-Unis, « avant l’ouverture d’une négociation transparente et de bonne foi », affirme l’Alliance.

L’organisation a décidé de saisir l’Autorité de la concurrence pour faire respecter les engagements pris en 2022 par Google : le géant du web s’engageait alors à négocier « de bonne foi, de transparence et de non-discrimination ». Cela faisait suite à une amende de 500 millions d’euros infligée par l’Autorité pour non-respect des obligations de négociations. Ces engagements sont valables jusqu’en 2027.

Des sous pour exploiter les articles

Pour l’Alliance, le compte n’y est pas. Elle dénonce « le déploiement unilatéral de nouveaux usages des contenus de presse, sans autorisation préalable ni rémunération dédiée ». Le Figaro indiquait fin juin que Google prévoyait d’intégrer ces fameux aperçus IA aux accords passés avec les éditeurs concernant les droits voisins. Il s’agit d’une rémunération versée aux éditeurs en échange de l’utilisation faite des contenus de leurs publications dans les services du moteur de recherche.

Néanmoins, aucun accord collectif sur les aperçus IA n’a été annoncé. L’Alliance précise que Google a simplement proposé une « simple actualisation du contrat de licence existant ». Les éditeurs ont toujours la possibilité de refuser l’exploitation de leurs articles par ces aperçus générés par IA, mais ils estiment que « ce retrait technique [entraîne] une perte de visibilité ».

Dans une décision remontant au 8 juillet, l’Autorité de la concurrence prononçait quatre injonctions conservatoires contre Meta après une saisine de l’Alliance. Benoît Cœuré, le président de l’institution, avait alors déclaré à cette occasion que « les contenus protégés qui seraient utilisés par AI Overviews doivent faire l’objet d’une rémunération au titre du droit voisin ».

Les membres de l’Alliance se disent disposés à alimenter ces nouveaux services IA et accompagner les usages, mais « dans un cadre équilibré fondé sur une autorisation négociée et une rémunération à la mesure de la valeur que leurs contenus permettent de créer ». Les contenus produits par ces publications ont « une valeur considérable », rappelle Marc Feuillée, président de l’Alliance. Il ajoute : « Les éditeurs ne demandent pas d’arrêter l’innovation. Ils demandent que cette valeur soit partagée et que l’utilisation de leurs productions soit rémunérée, comme la loi l’exige. »

Commentaires (18)

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Tout le monde n'a pas les moyens de se payer de multiples abonnements.
Pour protéger la presse, il y a aussi la loi. Encore faut-il qu'elle soit appliquée.
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Même avec les formules de soutiens, ça peut être compliqué.
Je ne m'en cache pas, je me suis réabo à nxi après toutes ces années pour l'offre S3 ce qui me permet de justifier le prix. Je ne pourrais pas autrement.
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Oui, et dans un monde idéal n’importe quel citoyen devrait avoir accès à une information de qualité. Et je suis vraiment dubitatif sur la boite noire de l’iaGen pour sortir une analyse de qualité, d’autant plus si elle est contrôlée par un vendeur de publicité ou des entreprises avec des visions politiques.

Et pour que l’information de qualité soit accessible à tous peut-être qu’un salaire universel permettrait un travail des journalistes beaucoup plus libre et indépendants des intérêts des grandes fortunes (et pareil pour tous les métiers non valorisables en bourse), mais on en est loin.
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J’aimerais bien qu’au bout d’un certain nombre d’abonnement on puisse accéder à tout.

J’ai accès à europresse avec ma médiathèque mais leur interface n’est pas géniale et pour enregistrer les articles dans readeck c’est un peu nul parce que l’url n’est pas la bonne.

La presse libre c’est bien aussi mais c’est "seulement" 8 médias.

Je suis abonné à 4 médias et si je voulais en plus m’abonner à la croix, au figaro, aux presses régionales et autres pour les quelques fois où je vois des articles qui m’intéressent ça commencerait à coûter une fortune.

Mais en même temps je n’aimerais pas qu’un tel système finance la presse Bolloré. Financer une presse pluraliste ok, mais le mensonge et la haine non.
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Pour ma part, parce que je suis en mesure de le faire financièrement :

  • Next

  • Mediapart

  • Le Canard Enchainé

  • La Presse Libre

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Ça n'en finira jamais... à chaque nouvelle fonctionnalité ajoutée sur la page Google ils voudront un "partage" supplémentaire de la valeur :nonnon:
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Quand leur IA repompe illégalement tout ce qui est produit pour vendre "leur" produit déjà en situation de monopole, il y a clairement un problème de distribution de rémunération du travail accompli, oui.
La presse n'est que la partie émergée de l'iceberg d'ailleurs, parce qu'elle est assez puissante pour parler d'une même voix, mais le même problème s'applique à tout le contenu diffusé numériquement.
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Totalement. Autant avec Google Actu/Discovery la presse abusait vraiment vu ce que ca leur rapportait comme trafic, autant ici ils ont totalement raison de gueuler, puisque ca repompe littéralement leur boulot pour l'afficher directement chez Google (et parfois de manière erronée/tronquée, puisque IA).
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Donc tu es d’accord pour produire du travail qui rapporte à quelqu’un d’autre et rien à toi ??
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"La presse" c'est aussi Next... T'es abonné depuis bientôt 10 ans, tu commentes un peu, j'en déduis que tu apprécies (au moins un minimum) Next.

Cela te semble-t-il logique que le travail des humains journalistes de Next soit copié par une machine, trifouillé, puis affiché ailleurs tout en générant des revenus pour le propriétaire de la fameuse machine suceuse, sans rien redistribuer à l'humain journaliste de Next qui, en réalité, a fait tout le travail intellectuel et chronophage ?

Comme dit plus haut, à une époque ce syndicat avait beaucoup exagéré sur un soit-disant manque à gagner, mais la fonctionnalité actuelle qui cristallise l'attention est particulièrement vicieux pour la presse : pas de trafic généré, pas de rémunération, et une potentielle perte d'image : si l'IA déforme, amplifie, résume mal les articles mais qu'elle annonce quand même le nom de la source... Il ne faudra que quelques mois pour qu'on se dise "oh là là, [le monde | Next | n'importe quel journal] c'est devenu une poubelle".
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Après, le monde est bien devenu une poubelle sur certains sujets (notamment la politique) :transpi:
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Beaucoup de réactions, notamment sur le forum de 20mn, de fidèles de CNews et assimilés, qui disent en gros : de toute façon, les journaux racontent n'importe quoi, sont orientés idéologiquement (sauf CNews, bien sûr...), alors il vaut mieux cette IA de Google, qui, au moins, est objective, factuelle et neutre...
Ils ne comprennent même pas que l'IA se nourrit de cette presse qu'ils rejettent, et semblent ignorer les biais idéologiques des IA, faute d'avoir lu Next.
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En même temps tu as regardé les réactions chez les plus réacs et les plus à droite (voire les plus fachos), donc est-ce étonnant?
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Ce genre d'opinion est de plus en plus répandue, fait élire des populistes aux idées simplistes dans plus en plus de pays, et je crains le pire l'année prochaine chez nous...
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Pas sûr que ce soit tellement plus répandu. Il ne faut pas oublier qu'il y a aussi beaucoup de bots tenus par seulement quelques personnes maximum qui font de la désinformation en se faisant passer pour de vraies personnes.
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Erreur.