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Rachat de SFR : l’Autorité de la concurrence va en avoir pour « au moins 18 mois »

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Rachat de SFR : l’Autorité de la concurrence va en avoir pour « au moins 18 mois »

Illustration : Flock

Le rachat de SFR sera intégralement examiné par l’Autorité de la concurrence française ; la Commission européenne ayant décidé de laisser sa place. Une annonce sans surprise puisque Bouygues Telecom et Orange discutaient déjà avec l’Autorité, tandis qu’iliad avait demandé le renvoi vers Paris de son dossier déposé à Bruxelles.

Début juin, Bouygues Telecom, Free-iliad et Orange annonçaient la signature d’un protocole d’accord afin de racheter SFR à Altice. C’était la première étape d’un marathon qui a débuté officiellement en octobre 2025. Une opération à plus de 20 milliards d’euros, qui soulève évidemment de nombreuses questions, notamment réglementaires.

Comme indiqué dans notre foire aux questions sur ce rachat, l’Autorité de la concurrence ou la Commission européenne (l’une ou l’autre, pas les deux) doit examiner ce projet de fusion afin de l’autoriser – avec éventuellement des conditions – ou de le rejeter. Les opérateurs préféraient que le dossier soit traité à Paris plutôt qu’à Bruxelles ; leur souhait est exaucé.

Bouygues Telecom, Orange et iliad : trois opérations distinctes

La semaine dernière, via un communiqué de presse, l’institution présidée par Benoît Cœuré remportait la mise : « l’Autorité de la concurrence sera l’autorité en charge de l’examen du rachat de SFR ». En effet, « le 15 juillet 2026, la Commission européenne a renvoyé à l’Autorité de la concurrence l’examen de la prise de contrôle exclusif par le groupe iliad de certains actifs détenus par le groupe Altice France ».

Mais pourquoi n’est-il question que du groupe iliad ? Parce que ce rachat est en fait « trois opérations de concentration distinctes, mais contractuellement liées ». L’Autorité de la concurrence précise qu’Orange et Bouygues Telecom « ont déjà engagé des échanges » avec ses services depuis le 30 juin. Il s’agit pour le moment d’éléments de pré-notification afin de préparer les dossiers de notifications formelles qui arriveront dans un second temps.

Bouygues Telecom est un opérateur qui n’est présent que sur le marché français, la Commission européenne n’a donc pas grand-chose à étudier sur son opération avec SFR au niveau européen. Orange aussi a envoyé directement son dossier à l’Autorité de la concurrence car, comme le rappellent nos confrères du Monde, « à la signature du protocole d’accord pour racheter SFR, il réalisait encore plus des deux tiers de son chiffre d’affaires total dans l’Union européenne sur le seul marché français ».

En effet, selon le bilan du premier trimestre, le chiffre d’affaires d’Orange était de 10,1 milliards d’euros, dont 4,4 milliards en France et 1,8 milliard dans le reste de l’Europe. Mais, la situation a certainement changé le 8 juin avec l’annonce de la finalisation de l’acquisition (prévue) des 50 % restants de l’opérateur espagnol MasOrange. Le calendrier était favorable à Orange.

iliad est présent en Italie et en Pologne – avec près d’un milliard d’euros cumulés pour les deux marchés, contre 1,6 milliard en France – et a donc envoyé son dossier à Bruxelles, mais en sollicitant un renvoi vers l’autorité de la concurrence française.

Demande acceptée, les trois dossiers seront donc traités en France, mais l’Autorité continuera « à coopérer avec la Commission européenne pendant l’instruction ». L’AdlC précise enfin qu’il « s’agit de la 50ᵉ opération renvoyée par la Commission européenne à l’Autorité de la concurrence depuis 2009 ».

L’instruction des dossiers devrait prendre « au moins 18 mois »

« À l’issue de l’instruction de ces trois opérations, au cours de laquelle seront consultés l’ensemble des acteurs concernés, en particulier les associations de défense des consommateurs, ainsi que les autorités sectorielles compétentes, l’Autorité se prononcera sur chacune d’elles ». L’Autorité prévient que, compte tenu de la complexité des dossiers et des marchés concernés, « leur instruction devrait durer au moins 18 mois ».

Dans un entretien au Monde le 10 juin, le président de l’Autorité, Benoît Cœuré, rappelait que cette opération « ne va pas de soi parce qu’il s’agit d’un rapprochement sur un marché déjà très concentré ». Il ajoutait néanmoins qu’elle n’était pas nécessairement anticoncurrentielle : sinon « nous l’aurions dit, et nous n’aurions pas laissé les opérateurs s’épuiser pour trouver un accord et dépenser des millions d’euros en frais de conseil d’avocats et de banques d’affaires ».

Commentaires (7)

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En espérant que l‘autorité envoie des signaux avant 18 mois.
Je pense dur comme fer qu‘on profitera plus de la convergence à 3 opérateurs en terme d'investissement sur les infrastructures et la qualité de service que d'une légère montée des prix a "court-terme" pour absorber SFR.
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Au contraire, on va être totalement perdant-e-s.

Je précise : infrastructure déjà en place pour les quatre opérateurs, convergence quasiment nulle. Les réseaux de boutique, ça va être un carnage. Et les prix vont exploser.
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Je me trompe peut-être, mais, les boutiques des opérateurs, je n'ai jamais vraiment compris leur utilité. Je n'en n'ai jamais eu besoin, même au tout début quand j'ai acheté mon premier téléphone à clapet et mes premières cartes SIM & cartes de recharge. Si le nombre de boutiques diminue, le nombre de salariés à payer aussi et ça devrait faire baisser les coûts fixes. C'est dommage socialement, mais pertinent financièrement, non ?
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Il y a plein de gens qui ont besoin d'être rassurés ou aidés quand ils achètent un téléphone ou smartphone, en particulier les personnes âgées.
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Et bien pour le mobile, ça fera plus de spectre pour chaque opérateur, les antennes en doublons pourront être supprimées pour soit être déplacées dans des zones non couvertes soit être stoppées pour plus d'efficacité (taxes, électricité, location emplacement, etc...)

Pour le fixe (fibre), la gestion sera plus simple avec 3 opérateurs ça fera un acteur de moins à aller trifouiller dans les PMs. Pour les réseaux encore à déployer, pas besoin de tirer des fibrer pour sfr et ajouter un coupleur pour SFR. Pour une PM donnée, sans aucun coût de la part des opérateurs ils vont gagner des clients sans rien faire.

Pour les boutiques il est vrai qu'ils devront les garder quelques années mais quand ils auront casés les salariés ils finiront par les fermer.

De manière générale la rentabilité se verra forcément augmenter, la question c'est de combien et a savoir le temps nécessaire qu'il faudra pour absorber SFR et voir les prix redescendre.
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Bof.

Pour le mobile, le besoin en trafic sera le même, donc besoin d'autant de fréquences et d’antennes. que ça soit réparti en 3 ou 4 opérateurs ne change quasiment rien, un peu à la marge dans des zones avec très peu de trafic.

Pour la fibre, ce seront les mêmes sous-traitants à 3 opérateurs pour trifouiller dans les PM comme tu dis. quant au "aucun coût", alors que l'opération est de plus de 20 milliards d’euros, j'ai du mal à comprendre.

Et assez rapidement, ils risquent de remplacer les box SFR qu'ils ne savent pas gérer sur leur réseau par leurs box, ce qui est aussi un coût.
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A 3 operateurs le risque est très grand d'une entente sur les prix, et je dois dire que la qualité de service SFR s'est amélioré (la partie support client) j'ai eu une panne dernièrement et bien je suis passer par un chat bot et après quelques questions réponses, rdv technicien pris pour le lendemain en moins de 5mins. l'origine de la panne un classique débranchement malencontreux. Je ne sais pas quoi penser mais je préférerais qu'on reste à 4 operateurs. On a une chance énorme en France d'avoir un Internet de très bonne qualité et illimité.