Godot serre la vis face aux pull requests générées par IA
Du code, pas d'IA
Le 03 juillet à 07h37
Comme d’autres projets open source, Godot est noyé par l’arrivée massive de code généré par IA dans les contributions. Le moteur de jeu vidéo a décidé de prendre le taureau par les cornes : interdiction des agents IA autonomes et du vibe coding, durcissement généralisé des règles.
Godot serre la vis face aux pull requests générées par IA
Du code, pas d'IA
Comme d’autres projets open source, Godot est noyé par l’arrivée massive de code généré par IA dans les contributions. Le moteur de jeu vidéo a décidé de prendre le taureau par les cornes : interdiction des agents IA autonomes et du vibe coding, durcissement généralisé des règles.
IA et algorithmes
IA
4 min
Godot, fameux moteur de jeu open source utilisé surtout par les indépendants et les petits studios, croule sous les pull requests (PR) générées par IA. En règle générale, un volume de contributions en forte hausse est bon signe : cela indique que le projet intéresse de plus en plus d’utilisateurs, et qu’ils sont de plus en plus nombreux à vouloir participer au développement du moteur.
Noyade sous les PR
Sauf que comme pour bien d’autres projets open source, Godot souffre d’un manque de mainteneurs et que l’explosion des contributions générées par IA – qu’elles proviennent d’agents IA ou d’humains soumettant du code produit par IA – représente un goulot d’étranglement. « L’effort nécessaire pour créer une pull request a diminué (et le nombre de PR a augmenté en conséquence) », explique la fondation Godot.
Mais dans le même temps, la quantité de travail nécessaire pour examiner ces PR, et le nombre de personnes disponibles pour ce traitement, n’ont pas changé. « Cette pénurie de relecteurs était déjà un problème, mais nous étions parvenus à l’ignorer. Ce n’est plus possible. »
Ces contributions IA ont un effet démoralisant pour les troupes de Godot : relire des pull requests est certes une tâche fastidieuse, mais elle est aussi gratifiante car « les relecteurs ont généralement le sentiment que leurs efforts servent à former un nouveau contributeur ». Un contributeur qui pourra, peut-être un jour, devenir à son tour relecteur et mainteneur du code. Mais voilà : ça ne sert à rien de perdre du temps à former une IA.
C’est pourquoi plusieurs mesures vont être mises en œuvre dans les règles de contribution. Il faudra s’assurer que tout le code est écrit par des humains, qui prennent la responsabilité de leur code et sont capables de le corriger au besoin. « L’IA ne peut pas assumer de responsabilité, et nous ne pouvons pas faire confiance aux utilisateurs intensifs de l’IA pour comprendre suffisamment leur code pour le corriger. »
Principe élémentaire de respect
La fondation entend aussi ajouter des obstacles aux contributions « bâclées et sans effort », quitte à rendre plus difficile le processus de PR. La politique de Godot va également proscrire les agents IA autonomes et le vibe coding – des usages qui entraînent d’ores et déjà un bannissement automatique du dépôt GitHub.
Tout le code du projet doit être écrit par des humains, ce qui ne veut pas dire l’interdiction complète de l’IA. Seulement, elle devra se limiter à des tâches annexes : autocomplétion de code, regex ou recherche-remplacement. « Si vous utilisez l’IA d’une manière ou d’une autre pour écrire du code, vous devez le signaler dans la discussion de la pull request. » Enfin, les discussions avec les mainteneurs devront se faire entre humains. Les mainteneurs « ne veulent pas parler à une machine, c’est un principe élémentaire de respect. »
En février, Rémi Verschelde, l’un des principaux mainteneurs du dépôt GitHub de Godot, tirait la sonnette d’alarme. « On finit par remettre en question chaque pull request soumis par de nouveaux contributeurs, plusieurs fois par jour. La description de la PR ressemble à une logorrhée typique de LLM, mais le code a-t-il été écrit au moins en partie par un humain ? L’ « auteur » comprend-t-il le code qu’il envoie ? L’a-t-il testé ? »
À l’époque, il soulevait d’intéressantes objections aux restrictions. Il s’interrogeait en effet sur la réponse à donner à un auteur de pull request ayant utilisé l’IA pour discuter avec le mainteneur : « que faire […] s’ils répondent tous : “oui, je l’ai utilisée pour rédiger la description de la PR parce que je ne suis pas bon en anglais” ? » Et si le code est faux, est-ce parce qu’il a été généré par une IA, « ou s’agit-il d’une erreur honnête de la part d’un contributeur humain inexpérimenté ? ». Mais visiblement, trop c’est trop.
Commentaires (9)
Abonnez-vous pour prendre part au débat
Déjà abonné ou lecteur ? Se connecter
Cet article est en accès libre, mais il est le produit d'une rédaction qui ne travaille que pour ses lecteurs, sur un média sans pub et sans tracker. Soutenez le journalisme tech de qualité en vous abonnant.
Accédez en illimité aux articles d'un média expert
Profitez d'au moins 1 To de stockage pour vos sauvegardes
Intégrez la communauté et prenez part aux débats
Partagez des articles premium à vos contacts
Abonnez-vousModifié le 3 juillet à 08h16
Je suis vieux....
Pr la réf.
Le 3 juillet à 08h33
Et quand y'en a marre...
Le 3 juillet à 08h37
Modifié le 3 juillet à 11h04
Le plugin Krita AI affiche une date de réalisation décalée de 2 heures par rapport à mon PC.
J'ai soumis le problème à Claude, en un prompt, il avait scanné le GitHub du plugin et trouvé la source du problème : 2 fichiers python avec une référence UTC dans un format qui était la cause du décalage horaire.
J'ai fait les modifications et... Ça marche !
Je ne ferai pas de PR, c'est hors de mon périmètre de compétences, mais j'ai ouvert un ticket sur GitHub, en précisant bien que c'est l'IA qui a trouvé l'origine du bug.
Le 3 juillet à 09h56
Ignorer un problème, c'est-à-dire faire comme s'il n'existait pas n'est jamais bon.
Est-ce que les relecteurs prenaient sur eux et travaillaient plus ? Est-ce au contraire, il y avait de plus en plus de PR non analysés avec des bugs potentiellement importants dans le lot ?
Le 3 juillet à 11h12
Modifié samedi à 09h47
Un repo ou j'essayais de contribuer, mon code fonctionne :
Et pourtant impossible de valider la PR, github copilot ne comprend rien remonte des faux bugs (il y'a eu quelques vrais) et est totalement stupide. C'est extrêmement chronophage.
Devoir expliquer à une machine idiote qu'elle a tord, je trouve ça humiliant ! J'ai autre chose à faire, surtout sur de la contribution sur mon temps libre !
Franchement avec un stagiaire ou le développeur junior le moins oxygéné du ruisseau j'ai un espoir de progrès...
Discuter dans un chat avec une IA je ne comprends ni l'intérêt, je ne vois pas le gain de prod (c'est largement l'inverse), je ne vois pas le gain de qualité (l'IA racontant 1 fois sur 2 n'importe quoi !)
Vivement que cette bulle explose, et tant pis pour mon épargne !
Samedi à 00h44
Ça filtrera sans doute les contributeurs. Pas sûr que ce soit pour le mieux.
Samedi à 09h51
Signaler un commentaire
Voulez-vous vraiment signaler ce commentaire ?