Connexion Premium

IA générative : Anthropic accuse Alibaba de distiller ses modèles

Anti-anthropic

IA générative : Anthropic accuse Alibaba de distiller ses modèles

Illustration : Flock

Anthropic a récemment alerté les élus états-uniens au sujet de la récupération massive de données sur ses outils par Alibaba, accusant son concurrent chinois de distiller ses modèles de façon illégitime. En parallèle, l’administration Trump interdit l’accès au marché de son département de la défense à plusieurs entreprises de Chine, alors qu’un équivalent chinois de Mythos est annoncé.

Après des semaines de bataille entre Anthropic et l’administration Trump, les États-Unis semblent resserrer les rangs alors qu’arrivent de nouveaux outils d’IA générative venant de Chine.

En effet, l’entreprise dirigée par Dario Amodei vient de nouveau de se plaindre auprès des élus de son pays à propos des pratiques de l’entreprise chinoise Alibaba. Le 10 juin, Anthropic a envoyé une lettre au sénateur républicain Tim ​Scott et à la sénatrice démocrate Elizabeth Warren qu’a pu obtenir ArsTechnica et dans laquelle elle affirme partager de « nouveaux éléments de preuve confidentiels concernant la plus vaste campagne visant à exploiter illicitement les capacités de Claude que nous ayons jamais observée ».

Une distillation toujours pas endiguée

L’entreprise y détaille qu’elle a observé entre le 22 avril et le 5 juin dernier « des opérateurs liés à Alibaba et à Alibaba Qwen, le laboratoire d’IA d’Alibaba » qui auraient généré « plus de 28,8 millions d’échanges avec Claude via près de 25 000 comptes frauduleux ». Elle considère que cette utilisation massive est contraire à ses conditions d’utilisation et qu’elle serait menée par Alibaba dans le but de « distiller » son modèle.

L’entreprise et sa concurrente états-unienne OpenAI avaient déjà proféré de telles accusations en février dernier contre d’autres entreprises chinoises : DeepSeek, Moonshot, et MiniMax. À l’époque, elle reconnaissait que « la distillation est une méthode d’entraînement largement utilisée et légitime. Par exemple, les laboratoires d’IA de pointe distillent régulièrement leurs propres modèles afin de créer des versions plus petites et moins coûteuses pour leurs clients ». Mais elle considérait que l’utilisation de cette technique était illicite si l’objectif était « acquérir les capacités puissantes d’autres laboratoires en une fraction du temps et à un coût bien inférieur », sans pour autant s’appuyer sur un texte légal.

Anthropic réitère donc son accusation en soulignant qu’Alibaba a réussi à échapper à la détection en « recourant à des techniques d’obfuscation et à des réseaux de proxys » et qu’« une économie de contournement [était] en pleine expansion » en Chine, ce qui rendrait les modèles Claude d’autant plus fragiles face à la distillation.

Alibaba sur une liste lui bloquant l’accès au marché du département de la Défense

« Alibaba est cotée à la Bourse de New York, exerce ses activités aux États-Unis et doit rendre des comptes aux investisseurs et aux régulateurs américains », affirme encore Anthropic dans sa lettre. Et elle ajoute que, « pourtant, cette activité s’est déroulée dans les semaines qui ont suivi » la note de service de Trump qui avait fait suite aux accusations d’OpenAI et Anthropic en affirmant que ces tentatives de créer des clones des outils d’IA générative états-uniens étaient « inacceptables ».

En parallèle de ces accusations se joue un bras de fer entre Alibaba et l’administration Trump. En effet, cette dernière a ajouté le 8 juin BYD, Baidu, NIO et Alibaba à sa liste des entreprises travaillant pour l’armée chinoise. Cette liste n’impose pas officiellement des sanctions, mais elle bloque l’accès du marché du département de la Défense états-unien aux entreprises qui y figurent. Alibaba a attaqué en justice cette décision ce mardi 23 juin, explique Reuters.

Tulongfeng et Yitianzhen, deux outils chinois pour faire face à Mythos

Ces réflexes de protection du côté états-unien s’activent alors que c’est une autre entreprise chinoise qui se met en avant actuellement. 360 Digital Security Group, aussi connue sous le nom de Qihoo 360 notamment pour ses antivirus, a annoncé ce mercredi 24 juin avoir développé un outil qui serait la réponse chinoise à Mythos d’Anthropic. Reuters explique que le fondateur de l’entreprise, Zhou Hongyi, a dévoilé son projet nommé « Yitian Tulong » qui rassemble deux outils : Tulongfeng et Yitianzhen. Le premier est conçu pour détecter des vulnérabilités logicielles et le second pour automatiser la cyberdéfense et la gestion des incidents.

Tulongfeng aurait, selon lui, identifié 3 432 failles logicielles (dont 105 confirmées par les autorités chinoises) sans qu’il ne soit possible de vérifier cette affirmation.

Commentaires (4)

votre avatar
qui rassemble deux outils
Des LLMs, ou pas ?
votre avatar
Y a pas à dire, c’est une assez succulent de voir les géants des LLMs se plaindre de pillage ! :bocul:
votre avatar
Hôpital, charité… poutre, œil… désespérant.
votre avatar
D'autant plus qu'ils auront bien du mal à y faire quoi que ce soit sans saborder leur propre fonctionnement.

Et implicitement ça signifie qu'ils auront beau investir toutes les ressources qu'ils peuvent pour construire le meilleur modèle n'importe quel concurrent peu scrupuleux (à leur image) pourra lancer un service concurrent plus rentable.