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2 000 vieux smartphones Pixel vont devenir un mini datacenter

Retraite active pour les bazous

2 000 vieux smartphones Pixel vont devenir un mini datacenter

Illustration : Flock

En cette période de disette de composants informatiques, pourquoi ne pas recycler d’anciens appareils pour construire des serveurs ? L’idée n’est pas neuve, mais le projet de l’université de Californie entend passer à la vitesse supérieure avec un centre de calcul composé de 2 000 smartphones Pixel recyclés.

En moyenne, un utilisateur d’iPhone ou de smartphone Android en change tous les 4 ans, a récemment calculé l’assureur Assurant. Passées ces quatre années, que se passe-t-il pour le vieux modèle ? Il meurt souvent tranquillement au fond d’un tiroir, mais il est possible (et important !) de lui donner une seconde vie : le revendre ou le céder à un proche, ou encore recycler ses composants.

Une seconde carrière pour d’anciens smartphones

Des chercheurs de l’université de Californie à San Diego (UCSD) considèrent qu’un smartphone avec un peu de bouteille reste un ordinateur tout à fait capable. Certes, le châssis peut avoir souffert, et la puissance de batterie n’est plus qu’un plus lointain souvenir de ce qu’elle était auparavant. Leur idée a été de récupérer la carte mère du téléphone, le processeur, la mémoire et le stockage, pour les intégrer dans un serveur.

Le projet, soutenu par Google, utilise des smartphones Pixel Fold, et l’objectif ne manque pas d’ambition puisque ce sont 2 000 unités qui seront connectées entre elles dans un centre de calcul. L’université espère ainsi disposer d’une puissance de calcul équivalente à une cinquantaine de serveurs conventionnels.

Les appareils ne fonctionneront pas sous Android ; le système d’exploitation sera une distribution Linux pour que les téléphones puissent exécuter des applications serveur. Pour répartir les tâches automatiquement entre les différents appareils, les chercheurs utilisent Kubernetes.

Ryan Kastner, professeur associé en informatique à l’UCSD, a expliqué à The Register qu’une les premiers essais ont été réalisée avec des smartphones non modifiés. Une solution pas idéale : lors des premières réunions avec Google, « leurs ingénieurs nous ont expliqué que, si nous voulions déployer ces appareils dans un centre de données, il était impensable de conserver les batteries — comme d’ailleurs beaucoup d’autres composants — car ils constituent un risque d’incendie ».

les cœurs les plus puissants du Pixel Fold affichent, sur la plupart des tests du benchmark SPEC, de meilleures performances individuelles que ceux d’un serveur de centre de données de référence.

Le processeur Google Tensor G2 du Pixel Fold abrite deux cœurs Cortex-X1 (2,85 GHz), deux cœurs Cortex-A78 (2,35 GHz) et quatre Cortex-A55 (1,8 GHz), un GPU Mali-G710 et 12 Go de mémoire. Pris séparément, cette puce est loin des monstres qui motorisent les serveurs avec leurs centaines de Go de RAM, des dizaines de cœurs et des capacités réseau sans commune mesure. Mais combinez-en 25 à 50 smartphones, et vous obtiendrez un serveur conventionnel convenable pour certains types de tâches.

Ce d’autant qu’en performances par cœur, les processeurs des smartphones modernes peuvent rivaliser avec certains serveurs de centre de données. Ce sont surtout la quantité de mémoire et le nombre de cœurs disponibles qui distinguent encore les deux catégories.

Les serveurs ont-ils solubles dans les smartphones ?

L’idée n’est toutefois pas de remplacer les serveurs IA ou les infrastructures de Google. Mais pour des travaux pratiques d’informatique, certains calculs parallèles, la correction automatique de devoirs, de petites applications web ou pour héberger des notebooks Jupyter (des espaces de travail interactifs utilisés pour programmer et analyser des données), ces serveurs bricolos sont aptes à la tâche.

L’équipe explique d’ailleurs que beaucoup de services universitaires tournent déjà sur de très petites machines virtuelles dans le nuage ; un smartphone pourrait assumer ce genre de charge. Les premières expérimentations montrent qu’un cluster de 20 unités peut gérer les pics de travaux soumis par une promotion de plus de 75 étudiants, avec des temps de correction plus rapides que le backend AWS utilisé habituellement (des instances t3.micro équipées de deux vCPU et d’un seul Go de mémoire vive).

Le centre de calcul au complet, avec ses 2 000 smartphones, devrait entrer en service dès cet automne. Il pourrait faire fonctionner une centaine de cours similaires en parallèle. L’installation servira de test grandeur nature, et permettra également de mesurer la fiabilité de matériel grand public utilisé en continu comme infrastructure infonuagique.

Les chercheurs rappellent aussi que la fabrication des appareils informatiques représente une part importante de son empreinte carbone. Or, la carte mère, qui est conservée dans le projet, concentrerait à elle seule près de la moitié des émissions liées à la production d’un smartphone.

En cas de réussite de l’expérience, la vie utile de nombreux smartphones pourrait gagner quelques années – même s’il faut garder en tête que seule une partie des composants est exploitée. Le recyclage reste indispensable pour valoriser le reste de l’appareil.

Commentaires (14)

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Même si l'idée est intéressante, c'est dommage, c'est un modèle qui est sorti il y a 3 ans. Est-ce qu'il y a une usure prématuré du au fait que c'est un fold ?
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J'ai pensé la même chose.
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Intéressant.
À suivre, surtout si le noyau linux du projet n'est pas trop modifié, cela pourrait bénéficier aux projet qui essaye de faire tourner des distribution linux sur des smartphones comme Mobian
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Je doute que cela soit d'une grande utilité. Le noyau linux tourne déjà très bien en lui-même sur ces smartphones.

La problématique, c'est plus les drivers pour les composants. Et pour un usage serveur, je doute de l'utilité des composants comme le GPS, l'écran, l'appareil photo, etc.

Même le Wifi et le GSM.... car je vois mal 2000 tel être connecté en sans fil dans un espace assez restreint.
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Ils n'ont conservé que les cartes mères et routé une connexion ethernet. Leur distribution linux supporte pour le moment le GPU, mais pas encore le TPU
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Avec des charges continues, j'imagine que le refroidissement devient un sujet important, même sur ces puces mobiles.
Je serais curieux de voir la solution retenue... Un rad passif sur chaque CPU dans un rack bien ventilé?
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Ah oui, le TPU pourrait en bénéficier effectivement. Je n'y pensais pas. Enfin ça dépend aussi du support des TPU dans le noyau linux (et là, je ne sais pas du tout).
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L'idée de grappe de calcul pour agréger des unités de calcul individuellement insuffisantes est toujours séduisante.
Ce n'est à l'évidence pas une simple addition de CPU, ni de mémoire, déportée sur tous les équipements.

Cependant, une tâche souhaitent en tirant parti doit être :

  • adaptée à un découpage parallèle

  • adaptée aux types de calculs possibles, ici ceux adaptés à du CPU

  • construite de manière appropriée (via cadre d'application adapté)



Rien de bien sorcier, et tout à fait un sujet de travaux pratiques à la portée d'étudiants en supérieur.

Le principal problème de donner accès à une grappe de calcul conventionnelle à des étudiants est de ne pas abîmer un actif technique qui a coûté bonbon : notamment donc s'assurer que ce qui sera exécuté respecte le créneau autorisé et ne fasse pas n'importe quoi.
Ici, ce pourrait être une grappe souffrant de moins de coûts en cas de risque de dommages réalisé, ce qui pourrait faciliter sa mise à disposition aux étudiants.

Un chouette jouet auquel j'aurais aimé avoir un accès relativement souple lorsque je l'étais moi-même :o)
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J'aurais aussi aimé jouer.
:rem: :perv:
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Rien de bien sorcier, c'est une peu yakafocon

C'est un projet portés par des chercheurs en partenariat avec Google (qui a fourni les 2000 cartes mères), pas des étudiants. Et ça n'a apparemment pas vocation à être un jouet, mais à être réellement utilisé.
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Concept trés intéressant. J'apprécie meme si c’est marrant que il y a que des pixels folds... Trop fragiles?
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"Le recyclage reste indispensable pour valoriser le reste de l’appareil."
Ce genre de phrase a tendance à m'agacer un petit peu. Elle sous-entend que nous savons recycler le matériel électronique, ce qui, a ma connaissance, n'est pas du tout le cas. Ou alors quelques % en masse dans le meilleur des cas (l'alliage du chassis par ex.).
Mais les écrans, les batteries, les puces, les PCB... c'est poubelle!

La seule piste qui fonctionne, c'est le reconditionnement. Mais cela ne concerne que les téléphone encore exploitables commercialement. Et si cette période s'allonge (en même temps que le support logiciel) la question de la fin de vie fini toujours par se poser.
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Perso, mieux que le reconditionnement, c'est utilisé son appareil jusqu'à la fin de sa vie. Le reconditionnement, tu le regardes du côté de la personne qui achète le bien reconditionné, mais si tu regardes du côté de la personne qui revend, c'est la possibilité d'acheter toujours le dernier iPhone à moindre coût. Au final, ça ne change pas grand-chose, tu as toujours autant de smartphone produit, sauf que là, tu as une boite intermédiaire qui s'en met plein les fouilles à chaque revente.
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Ça me rappelle les clusters de PS3.