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Forfaits « sans condition de durée » : SFR condamné à 10 millions d’euros d’amende

À vie, mais pas trop

Forfaits « sans condition de durée » : SFR condamné à 10 millions d’euros d’amende

Illustration : Flock

SFR a été condamné le 19 mars dernier par le tribunal correctionnel de Paris à une amende de 10 millions d’euros, dont la moitié a été assortie du sursis, pour pratiques commerciales trompeuses. L’affaire portait sur des communications marketing relatives à des forfaits à prix attractifs associés à des promesses latentes de pérennité, avec des formules telles que « sans condition de durée » ou « sans prix qui double au bout d’un an ».

Lundi 13 avril matin, la condamnation est affichée en une du site sfr.fr et relayée sur les comptes de réseaux sociaux de la marque Red by SFR : l’opérateur a été condamné le 19 mars dernier pour « pratiques commerciales trompeuses », dans le cadre d’une affaire initiée en 2021 par l’association UFC-Que Choisir.

Des forfaits sans condition de durée trop beaux pour être vrais

Les faits reprochés remontent aux alentours de 2018, période à laquelle les opérateurs mobiles rivalisaient de promotions et de campagnes de communication agressives pour augmenter leur portefeuille de clients mobiles, quitte à brader des enveloppes de plusieurs dizaines de Go de données pour quelques euros.

SFR a relayé la décision sur son site et ses réseaux sociaux – capture d’écran Next

SFR avait participé à l’offensive avec une communication de son cru, qui tournait autour de l’idée de tarifs avantageux valables « sans condition de durée », voire « à vie ». Problème, comme Next le soulignait d’ailleurs à l’époque, ces offres très attractives cachaient parfois une réalité plus contrastée, et ne protégeaient pas contractuellement de modifications ultérieures.

Et les prix sont sans surprise remontés dès 2019 chez SFR, ce qui a conduit l’UFC-Que Choisir à déposer une première plainte en 2021, puis une seconde en 2022. Ses démarches ont conduit à l’ouverture d’une information judiciaire, puis au lancement d’une enquête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

Elles ont finalement conduit à une audience qui s’est tenue le 19 février dernier à Paris. « À la barre, l’actuelle directrice juridique de SFR a rejeté les accusations, insistant sur le fait que SFR n’avait jamais utilisé le terme « à vie » dans ses publicités institutionnelles (dans ses spots télévisés, sur ses affiches, sur son site Internet…). C’est exact, mais d’autres expressions, à peine plus claires, ont été employées, telles que « sans condition de durée » ou « sans prix qui double au bout d’un an » », relatait alors l’association.

« Allégations de pérennité »

Si l’idée de forfaits valables « à vie » a bien été exprimée, elle serait, d’après SFR, à mettre au crédit d’affiliés, c’est-à-dire des partenaires (sites média par exemple) rémunérés à la commission pour promouvoir les offres de l’opérateur. Une rapide recherche permet de vérifier que l’expression a effectivement été largement relayée en 2019. D’après le rapport fait par l’UFC-Que Choisir, plusieurs éléments attestent que l’opérateur avait connaissance du recours à cette expression, et l’aurait au moins une fois explicitement validé.

Résultat des courses : le jugement du 19 mars condamne SFR « pour les délits de pratiques commerciales trompeuses » portant sur « l’usage d’allégations de pérennité » fausses ou de nature à induire en erreur les consommateurs, au versement d’une amende de 10 millions d’euros (dont 5 millions assortis du sursis), ainsi qu’à verser une indemnité de 50 000 euros à l’UFC-Que Choisir, qui s’était portée partie civile. Ainsi bien sûr qu’à la publication dudit jugement sur son site et ses réseaux sociaux.

L’association ne cache pas sa satisfaction. Soulignant que SFR n’a pas interjeté appel de la décision, elle estime que la « justice rappelle avec force que les professionnels ne peuvent impunément entretenir d’ambiguïté sur les conditions essentielles de leurs offres, en particulier lorsque celles-ci portent sur le prix. »

Commentaires (8)

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Une bonne chose :yes:
Sylvqin avait fait une vidéo sur le forfait SFR Millenium :phiphi:

Et pareil pour les services Cloud, comme pcloud ou internxt.
Aucune confiance aux forfaits "à vie"
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L'achat "à vie" n'a de sens que pour une licence logicielle, pour un truc qui a une existence physique (un fichier binaire) sans aucune dépendance externe.
L'abonnement "à vie" n'est que poudre de perlimpinpin (c'est cadeau ça faisait longtemps qu'on l'avait pas entendue).

Cela dit, l'offre "lifetime" de pcloud est intéressante si on compte y rester au moins 4 ans. C'est du marketing pour déguiser un engagement de 4 ans, mais sous le capot ça peut valoir la peine.
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pCloud qui reste plus de 2 fois plus cher que 1fichier.com quand celui-ci ne fait pas les "super promo" !..

Je continue de rester chez 1fichier.com pour les 10To de cloud donc !
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Est-ce que vous savez si des actions sont en cours pour encadrer les "frais d'activation", d'expédition de carte sim, ou équivalents lors des évolutions contractuelles, les "enrichissements" d'offres ou simplement les évolutions tarifaires ? Car certes on peut dans ce cas résilier sans frais, mais alors on perd quand même ces frais d'activation et cela est désagréable quand cela arrive quelques mois seulement après la souscription.
Par exemple Bouygues qui a ajouté des frais de résiliation sur son forfait cdiscount deux mois après le début de mon abonnement. Ils hésiteraient plus à changer leurs conditions s'ils devaient aussi rembourser ces frais !
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Le jugement aurait dû indiquer que l’annonce soit écrite au format textuel, parce que c’est sûr que l’image qu’ils ont postée n’a pas de ALT et sera bien moins indexée ou mise en avant.
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C'est bien du texte sur leur site. En voici la copie :
Par jugement en date du 19 mars 2026, le tribunal correctionnel de Paris a condamné la SA SFR pour les délits de pratiques commerciales trompeuses portant, dans le cadre de la promotion et de la commercialisation de forfaits téléphoniques vendus sous la marque RED by SFR, sur l'usage d'allégations de pérennité (notamment « sans condition de durée », « sans prix qui double au bout d'un an », « pendant un an et après aussi », « à vie », « garanti à vie ») fausses ou de nature à induire en erreur portant sur les caractéristiques essentielles du bien ou du service ainsi que sur la portée des engagements de l'annonceur, commis entre le 1er janvier 2017 et le 31 décembre 2020, à la peine principale d’amende de 10 millions d’euros dont 5 millions assortie du sursis.
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Le problème c'est que ça a été fait à moitié comme d'habitude. La décision leur laisse la possibilité de continuer en changeant les phrases. Ce n'est pas une interdiction définitive d'augmenter les prix.
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Bon SFR quoi, dans les 4 opérateurs mobiles, je n'ai jamais eu pire qu'eux. De vrais escrocs qui pensent que leurs clients sont comme eux...