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OnlyFans, Mym : au Sénat, une proposition contre l’« exploitation sexuelle en ligne »

Le consentement est clé

OnlyFans, Mym : au Sénat, une proposition contre l’« exploitation sexuelle en ligne »

La sénatrice LR Marie Mercier a déposé une proposition de loi qui vise à créer une infraction d’« exploitation sexuelle en ligne ». L’exposé des motifs vise clairement les deux plateformes OnlyFans et Mym souvent utilisées pour faire du sexcaming. Alors que le texte original visait les consommateurs et les intermédiaires, celui sorti de la commission des lois du Sénat cible les personnes qui en contraindraient d’autres à s’exposer sexuellement en ligne. Il doit être examiné le 10 février en séance publique.

Le 09 février à 09h04

« Cette proposition de loi vise les nouvelles formes d’achat de services sexuels qui se développent sur les plateformes comme OnlyFans ou Mym (acronyme pour Me You More), lesquelles fonctionnent par abonnement. Une pratique telle qu’OnlyFans est surnommée l’Instagram du porno », expliquait l’exposé des motifs de la proposition de loi déposée par la sénatrice LR Marie Mercier et soutenue par son groupe mais aussi par des sénateurs centristes.

Originellement tourné contre les consommateurs de sexcaming

Si le dossier législatif s’intitule « lutter contre le proxénétisme en ligne », la proposition des sénatrices et sénateurs de droite n’était pas seulement de s’attaquer à la coercition au sexcaming mais bien de « prohiber l’achat de services sexuels virtuels personnalisés, exécutés en direct ou enregistrés d’après une commande, en sanctionnant le consommateur à travers la création d’une infraction ».

Le texte d’origine prévoyait notamment de punir le fait « de solliciter, d’accepter ou d’obtenir la diffusion ou la transmission en ligne d’images, de vidéos ou de représentations individualisées à caractère sexuel d’une autre personne majeure, en échange d’une rémunération, d’une promesse de rémunération, de la fourniture d’un avantage en nature ou de la promesse d’un tel avantage » en récidive d’une amende de 3 750 euros.

Il ajoutait une peine de sept ans d’emprisonnement et de 100 000 euros d’amende pour « le fait d’aider, d’assister ou de protéger la diffusion ou la transmission en ligne d’images, de vidéos ou de représentations individualisées à caractère sexuel en échange d’une rémunération, d’une promesse de rémunération ».

Un texte visant finalement l’exploitation sexuelle en ligne

Mais en commission des lois, le texte a été largement remanié avec l’adoption de l’amendement de la rapporteure Lauriane Josende. Le texte qui sera discuté ce mercredi 10 février en séance publique prévoit surtout de s’attaquer à l’exploitation sexuelle en ligne, qui serait punie de sept ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende, portée à dix ans d’emprisonnement et à 1 500 000 euros d’amende si elle est commise sur un mineur.

On passe même à vingt ans et 3 000 000 euros si c’est en bande organisée ; des peines sans commune mesure avec le texte original. La nouvelle version ajoute de la réclusion criminelle à perpétuité et 4 500 000 euros d’amende en cas de torture ou d’actes de barbarie.

Il définit l’exploitation sexuelle en ligne comme « le fait de recruter une personne, de la transporter, de la transférer, de l’héberger ou de l’accueillir […] aux fins de mettre cette personne à sa disposition ou à la disposition d’un tiers, même non identifié, en vue de permettre la réalisation et la diffusion d’images ou de vidéos à caractère sexuel de cette même personne sur une plateforme en ligne ou sur un service de réseaux sociaux en ligne » avec l’emploi de menace, de contrainte, de violence, par un ascendant légitime, naturel ou adoptif ou par abus d’une situation de vulnérabilité due à son âge, à une maladie, à une infirmité, à une déficience physique ou psychique ou à un état de grossesse, apparente ou connue de son auteur. Ainsi, le texte vise maintenant plutôt les « agents » qui pratiqueraient de la coercition au sexcaming.

Selon la synthèse des travaux de la commission consultée par l’AFP, cette modification en profondeur est due au fait que les sénateurs et sénatrices ont estimé que le dispositif proposé originellement portait une « atteinte excessive à la liberté d’échanger ces contenus entre adultes consentants ».

Selon le site spécialisé Projet Arcadie, « il est assez probable que le texte soit adopté. Néanmoins, reste à savoir s’il sera inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale ».

Commentaires (29)

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@Flock impressionnante illustration 😮
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Ça véhicule une image de proxénétisme alors qu'on est dans les conséquences de#MeToo "mon corps, mon choix". Bref, le progressisme dans toute sa splendeur.
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Si j'ai bien compris, ça ne touche pas les acteurs du X consentants qui font leur animation communautaire via ces plates-formes ?
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Ça ne touche pas non plus les catfish qui se font passer pour une femme. Et ça n'a pas l'air de toucher le modèle économique de ces plateformes qui sont des éditeurs et qui poussent parfois les modèles à certains comportements lucratifs.
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Et cette loi serait applicable sur le territoire français ? Avec des serveurs ou des maisons avec pignon sur rue qui sont hors UE ... Mouais... c'est une loi éolienne en somme.
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C'est un argument qu'on entends régulièrement mais non, les lois françaises peuvent impacter les sites étrangers du moment qu'ils sont disponibles en France. Les normes européennes et françaises doivent être respectées pour qu'un produit puisse être vendu en France, qu'il soit physique ou numérique.

En plus, ici, on parle de pénal et non de droit des affaires, on peut évidemment condamner une plateforme comme complice ou coupable d'un délit ou crime (on a le cas de Kick qui est poursuivi pour complicité de violences et meurtre, ici ça serait proxénétisme ou traite d'êtres humains).

Enfin, avec les dernières modifications de la proposition de loi on ne cible plus vraiment la plateforme, mais des personnes physiques. Quelqu'un qui force une femme à se mettre sur OnlyFans, par exemple. Ou la plateforme en elle-même si elle ne modère pas les contenus signalés comme étant non-consentis.
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Alors je vais rentrer dans le cru du sujet mais bon les cas pratiques ça a du bon.

1 - Le cul sur internet, y'en toujours eu, y'en a et y'en aura toujours. La fermeture des maisons closes en France (ou autre pays d'ailleurs) n'a pas freiné la prostitution et les dérives qui vont avec. Mais ça l'a simplement muté. Et si ça existe encore avec plus ou moins de visibilité c'est que la demande est là. Pour rappel on est en plein dans l'affaire Epstien (avec une révélation : Billou qui chope une MST). Quoiqu'on fasse cela ne fera que changer les procédés. Pas le contenu/service.

2 - Le fion c'est qui a contribué au développement de technologies voire de pays entiers. Ça remonte notamment au VHS vs V2000. La réponse des politiques a toujours été tardive depuis ces époques. Ces plateformes ne sont que la réponse mis en face d'une demande.

3 - Les VPNs sont démocratisés aujourd'hui (Merci Netflix notamment).


Que cela soit un site chop-chop de vidéo "peep" ou les demoiselles (forcés ou pas) jouent avec des hochets ou n'importe quoi d'autre. C'est dans la plupart des cas dans un état étranger. Le VPN fait le reste si besoin. OnlyFan est l'extension plus populaire et accessible du phénomène. Donc un dispositif qui fait du pognon. Donc un produit a taxer.

NB : Je ne dis pas c'est une entreprise. Le statut légal dans certains pays est bien difficile à faire respecter. Ou seulement la lutte contre tout cela. Surtout dans le secteur.

Le problème dans ces affaires n'a jamais été l'offre. Mais la demande. Que cela soit l'activité réelle ou derrière un écran. Le secteur a toujours été à la pointe pour trouver son public. Pas étonnant c'est facile.

Donc oui on fera ce qui a toujours été fait :

  • Du DNS pour que la requête n'aboutisse pas. C'est d'ailleurs le cas de plein de choses. Pas seulement les sujets liés au sexe.

  • On essaiera de taper sur les doigts des plateformes qui ne feront jamais, au final, que d'empêcher les flux de X à Y sur demande. La on prend OnlyFan. Demain ce sera un autre.



Mais après ça y'aura quoi d'efficace / applicable ? Réponse : Que dalles. Parce que c'est toujours s'attaquer aux effets, pas aux causes.

Donc c'est juste une proposition de loi visant à renflouer les caisses de l'état. En période pré électorale pour LR, j'y vois le moyen de faire causer sur le sujet (puritanisme et compagnie) plutôt que de faire dans l'efficace. Le même problème que les vidéoclubs et la petite salle rose du fond de la boutique.

Et là encore, il s'agit d'une loi punitive plutôt que d'encadrement. Quid de la santé (au sens général) des petites mains, etc. Bref c'est la même pirouette à deux balles qu'on a déjà vu 10 fois.

Le même genre de bêtises que d'interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans. Rien que ce sujet a montré combien il est compliqué de le faire.
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Euh. Ok, mais tu réponds absolument pas à ce que j'ai dit. Je n'ai parlé que de l'applicabilité des lois. Tu es en train de complètement changer de sujet. J'ai simplement dit que ton premier message était faux, mais pas argumenté sur le reste.
Et tu es en train d'imaginer mon positionnement, ce qui reviens dans ce cas à prêcher un converti parce que tu as pas compris que quand quelqu'un démonte un de tes commentaires ça ne veut pas dire qu'il a un avis entièrement opposé au tiens, juste que tu as peut-être dit une connerie dans ton argumentaire ou qu'il y a un point unique de désaccord.
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Alors je reprends :

L'applicabilité des lois dépend aussi de ce que j'ai mentionné plus haut. C'est un sujet compliqué de par sa nature... sexy. Le droit de chaque pays etc. Je ne parle pas du message de @alec1337. Il est l'expert visiblement sur son domaine.

On ne peut pas ignorer que; de toutes les façons et factuellement, on ne peut faire autorité uniquement sur ce qui est possible. J'entends par là : de manière pratique. Par les lois et physiquement.

Lois applicables sur des entités soumises à celles-ci. A ma connaissance les lois françaises sur le domaine (service en ligne etc) ne sont pas extra territoriales. Pour moi, toute cette proposition; c'est du vent (ou du flan si on aime les Flanbys) !


L'historique, origine de mon courroux


J'ai peut-être tort de conclure sur l'angle politique. Mais bon quand cela sens le poisson, que cela ressemble à du poisson, que cela a le gout du poisson et que c'est le même poisson que tu as vu la semaine dernière avec la même gueule de poisson. C'est peut-être que c'est du poisson.

C'est la même ritournelle qu'il y a +25 ans.

J'explique : La condamnation d'une plateforme n'est que le énième aveu d'impuissance. Parce que le sujet n'est pas nouveau. Et c'est pour cela aussi que je le taxe de manœuvre électoraliste.

Cela a commencé en 1999/2000 à l'époque des pages perso. L'état visait les opérateurs proposant ce service en les taxant plus ou moins d'éditeur (rendant responsable).

Ici c'est la même tentative politique. C'est juste que là on prend Onlyfan (et consort) comme un éditeur bouc émissaire et non plus comme le tuyau. Et il se passera exactement les mêmes choses si la loi passe. Tous les acteurs / agents économiques vont faire "chat perché". D'une manière ou d'une autre. Et ça continuera comme avant.

Parce que l'internet est... international par nature; le seul moyen de limiter les dérives inavouables de ce genre de plateformes serait d'avoir un pack de lois dans la loi internationale (si je puis dire). Cela permettrait a des trucs comme Interpol d'agir ou mieux agir.

Dans ce cas, c'est un casse tête sans nom. Entre les droits de chaque état sur l'individu/enfance, les professions (la prostitution est légale et encadrée dans certains pays) et même le droit d'auteur, etc. Rien que pour se mettre d'accord et ajuster dans chacun des pays signataires, il faudrait des décades.

Et ces députés le savent très bien. Ils sont même payés pour ça... Ha pardon 'indemnisé' pour ça. Ce n'est pas un salaire.

On me pardonnera ma verve linguistique. Mais bon ils nous prennent pour des demeurés quand même.
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Dis-moi que tu as pas lu la proposition de loi sans me dire que tu as pas lu la proposition de loi (ou l'article de Next, qui la décrit).

Toujours la même chose : la rédaction actuelle de ce projet NE CHANGE RIEN pour les plateformes, ça crée juste un délit d'exploitation sexuelle au moyen de systèmes de communication en ligne. Autrement dit, ça crée un délit pour punir les personnes physiques situées en France ou ayant la nationalité française qui forçent une femme à s'exhiber sur OnlyFans.

Donc « là on prend Onlyfan (et consort) comme un éditeur bouc émissaire et non plus comme le tuyau », non. Il n'y a strictement aucune obligation sur OnlyFans.
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Merci.

2 cas pratiques :


  • Jean Diffuseur sur OnlyFan achète un produit créé à l'autre bout de la planète à un producteur. Le produit respecte les lois françaises en la matière (parce qu'on ne peut pas montrer n'importe quoi).




  • Il peut également louer les services de personnes via PeepingStreamingCorp. Donc une bande organisée ou société légitime suivant les lois du pays tiers. Diffusion, exposition de personne forcées ou pas. Il est pas plus au courant que cela. Il peut nier tout en bloc.



Jean Diffuseur n'a forcé personne. Il n'est pas responsable. Peu importe ce qui s'est passé pour aboutir à la chose. Même si cela tombe pile dans le cas décrit par cette loi. L'acte répréhensible serait commis à l'étranger. Même s'il participait comme un vrai proxénète (il est con Jeannot voir plus bas) il y a un sas. C'est un français qui commet un acte sur un étranger.


Comment tu ferai pour savoir s'il y a fraude pour des actes commis dans un autre pays et acquis par prestation d'un tiers ? Et comment tu fais pour les punir sachant que ce ne sont pas des actes commis en France. Jean Diffuseur n'a rien fait d'illégal. Il ne fait que diffuser un produit acheté.

Donc la seule chose sur laquelle cette loi peut se rabattre à défaut de pouvoir réellement condamner (donc mettre un terme au problème de proxénétisme quand il a lieu) c'est de cibler la plateforme.

Et de toi à moi il faudrait vraiment être un débile de très haut niveau (galactique même) pour un français de faire ce genre de chose directement alors que toutes le options sont disponibles et connues de longue date pour faire "chat perché". Belgique, Pays-bas, Asie... tout ça.

Comme de créer une société à l'étranger pas bien loin de chez nous : Belgique tiens. Merci l'UE. Sociétés écran, coquille vide, et j'en passe. Et on peut faire ça depuis bien longtemps et dans bien des domaines. C'est même pas un secret.

Seules des lois UE pourrait aider. Mais la encore c'est pareil. L'astuce est connue.

C'est donc bien du vent. Merci les LR Éolien. Remarque peut être que l'énergie de tous leurs débats pourraient faire tourner une vraie éolienne cette fois ci... ce serait plus productif.
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Je crois que je vais arrêter de répondre tellement c'est ubuesque.
Le but de la loi est de créer un délit pour pouvoir punir les personnes françaises ou situées en France qui forçent une autre personne à s'exposer sur OnlyFans ou n'importe quel autre site. Ni plus, ni moins. C'est tout.

Elle vise à étoffer l'arsenal de sanction, en France uniquement, contre les réseaux d'exploitation sexuels. Elle ne va rien changer pour OnlyFans qui operera comme ils ont toujours opéré. Elle ne va rien changer pour le particulier qui s'est abonné à un modèle sur OnlyFans. Le fait de regarder n'est pas sanctionné.
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Et tu penses qu'avec cette loi, ils vont arriver à quoi que ce soit ?
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On verra, mais c'est déjà arrivé des démantèlements de réseau de traite d'êtres humains ou l'arrestation d'individus sur fond de pornographie non consentie en ligne, en France, c'est pas qu'à l'étranger : https://www.franceinfo.fr/societe/pedocriminalite/info-franceinfo-un-homme-soupconne-d-avoir-commandite-depuis-bordeaux-une-trentaine-de-viols-d-enfants-colombiens-et-malgaches-en-ligne_7480903.html (là c'est des viols, certes)
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Bin ça veut dire qu'il y a déjà des lois pour incriminer les 2 ou 3 boulets du siècle. Et là encore, le problème de fond n'est pas adressé.

Pour moi c'est tout vu. Et malheureusement on en verra des propositions (retour navette) d'Éo-lois dans le genre jusqu'en 2027.
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Première nouvelle, en tout cas pour les plateformes établies dans un autre état de l'Union européenne.

En matière de numérique, relevant du secteur coordonné du droit de l'Union européenne, un état membre ne peut imposer des obligations, qui plus est faisant l'objet de sanctions, à des acteurs économiques établis dans un autre état de l'Union.

https://curia.europa.eu/site/upload/docs/application/pdf/2023-11/cp230167fr.pdf

Y compris en monopolisant des dispositions de droit pénal, qui pour la plupart n'ont nullement fait l'objet d'une procédure de notification au titre de la directive 2015/1535.

https://curia.europa.eu/site/upload/docs/application/pdf/2025-09/cp250126fr.pdf (arrêt à venir visant spécifiquement la France et cette passion du contournement du droit européen par un concours Lépine permanent de la loi nationale)

(à ce sujet précisons qu'à 3 reprises - C-144/16, C-194/94, C-336/14 - le juge européen a rappelé qu'un délit nullement notifié était inopposable à une personne physique)

Pour celles et ceux qui en douteraient, Marc Rees qui a longtemps officié ici a consacré un article https://www.linforme.com/tech-telecom/article/cet-oubli-de-l-etat-qui-pourrait-aider-kick-coco-et-pavel-durov-en-justice_3623.html


Rappelons par ailleurs que les formations de jugement (dans un état de droit, ce ne sont pas les parquets qui se prononcent sur la culpabilité et les sanctions) sont loin de partager l'opinion des autorités de poursuite, puisqu'à ce jour l'ensemble des procédures s'est systématiquement soldé par des relaxes ou des non lieu.

lemonde.fr Le Monde
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J'attendais cette réponse de Maître Alexandre Archambault ! J'ai même failli la solliciter.
Merci de répéter votre message jusqu'à ce qu'il rentre.
L'idéal serait qu'il rentre dans la tête des législateurs et du gouvernement. Mais, je désespère.
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Merci mais je n'ai pas dis que dans ce cas ça serait pas contre le droit UE, les sénateurs semblent au courant et c'est d'ailleurs pour ça qu'un amendement de réécriture est passé qui recentre la loi sur l'exploitation sexuelle en ligne (~= pénaliser le fait de forcer une femme à se mettre sur OnlyFans). Il n'y a plus d'obligations sur les plateformes dans la dernière rédaction (sauf si elles promeuvent activement l'exploitation sexuelle et deviennent complices je suppose).

J'ai simplement fait remarqué que ce que disais Tex (qui sous-entendais qu'une loi française ne pouvais pas s'appliquer à des serveurs situés hors de France car Internet est une zone de non-droit) est faux : les règlementations de l'Union et françaises s'appliquent parfaitement aux sites Internet tant qu'ils ont une activité (~= sont disponibles) dans l'UE ou en France.
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L'application théorique c'est bien, mais sans application pratique ça ne vaut rien. Si l'accusé décide d'envoyer valser, voire de n'en avoir rien à battre, et n'a pas de présence juridique en France ou éventuellement en UE, il n'y a rien de plus à faire. A part bloquer le site pour les français, c'est sûr que ça va lui faire cesser immédiatement ses activités et que c'est incontournable... De belles œillères...

Visiblement c'est déjà difficile à faire appliquer en UE, alors en dehors... Tex parle de frontières bien réelles sans rapport avec Internet (et a bien dit hors UE), pas d'une supposée zone de non droit que tu lui prêtes alors qu'il n'a jamais dit ça.

Et quelle condamnation de Kick tu évoques ? Pour quels effets concrets ? Une procédure est en cours et même le blocage du site a été refusé par la justice française elle-même.
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Le but de la loi présentée ici (après les amendements de réécriture) est de créer un délit pour pouvoir punir les personnes françaises ou situées en France qui forçent une autre personne à s'exposer sur OnlyFans ou n'importe quel autre site. Ni plus, ni moins. C'est tout.

Elle ne va rien changer pour OnlyFans qui opérera comme ils ont toujours opéré. Elle ne va rien changer pour le particulier qui s'est abonné à un modèle sur OnlyFans. Le fait de regarder n'est pas sanctionné.

Aucune nouvelle obligation sur les sites, juste des sanctions plus importantes si la police arrête un trafic d'êtres humains en vue de les exposer sur ce type de sites. Une loi donc parfaitement applicable.
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Tu répètes quand-même plusieurs fois que Tex se trompe en disant que cette loi ne s'appliquera pas à l'étranger. Pourtant il ne se trompe pas. Bien sûr qu'elle s'applique en France, mais c'est pas ça le problème soulevé.

A mon sens il y a un peu une maladresse de la part du communiqué d'origine, de citer des plateformes alors que, dans un contexte récurrent où on les rend responsables de tout en leur demandant de prendre toutes sortes de mesures, pour une fois ce ne sont pas elles qui sont visées mais les auteurs. On a l'impression qu'OnlyFans va être sommé de faire quelque chose alors que pas du tout, car contrairement à d'habitude, cette loi n'a pas du tout vocation à déborder de nos frontières.
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Pas vraiment, à l'origine la loi voulait interdire purement et simplement les plateformes type OnlyFans, mais elle a été amendée pour amoindrir la portée. L'article du Projet Arcadie est très détaillé sur le chemin de la proposition : https://projetarcadie.com/onlyfans-mym-senat-sexcaming/.
Et cette loi serait applicable sur le territoire français ? Avec des serveurs ou des maisons avec pignon sur rue qui sont hors UE ... Mouais... c'est une loi éolienne en somme.
Ce que j'ai répondu à Tex c'est qu'il disait clairement que si les serveurs ou l'entreprise mère sont à l'étranger alors les lois françaises ne s'appliquent pas, alors que c'est complètement faux. Nos lois s'appliquent (quand elles sont pas opposées au droit communautaire de l'UE) aux services accessibles depuis la France, même si la maison-mère ou les serveurs sont à l'étranger.
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Elles s'appliquent peut-être en théorie mais pas en pratique si la société accusée ne coopère pas volontairement et n'a aucune présence juridique en France, donc elles ne s'appliquent pas à l'étranger.

On pourrait donc dire que la loi a été amendée pour devenir applicable en pratique. En plus comme c'est du pénal c'est plus logique de viser les personnes que les sociétés.
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MYM.fans c'est Air Medias basé à Lyon.
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Moi je vois Paris.
https://annuaire-entreprises.data.gouv.fr/etablissement/80956590600058

La plateforme est de droit français. Ok.


Le contenu ?? Bon c'est multilingue... Et je dis qu'il doit bien venir d'un peu partout. Bref... Ca change pas. Pas d'un iota.
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...
Merci pour ce cours de droit, je vais de ce pas écrire sur ma porte "Do not enter" : ça empêchera les perquisitions de la police française vu que c'est multilingue.
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mym.fans et wikipedia.fr disent que c'est Lyon. Mais peu importe, c'était juste pour dire que MYM est bien made in France. Chacun ses sources.
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Ils n'ont pas mis à jour leurs mentions légales suite à la décision du 11 juillet 2025.

La source de @TexMex est bonne.
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Je prends note mais c'est pas le sujet de mon commentaire. Bonne soirée.

OnlyFans, Mym : au Sénat, une proposition contre l’« exploitation sexuelle en ligne »

  • Originellement tourné contre les consommateurs de sexcaming

  • Un texte visant finalement l’exploitation sexuelle en ligne