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Sur le dark web, plusieurs hommes ont tenté de commanditer des féminicides en France

Till death do us part

Sur le dark web, plusieurs hommes ont tenté de commanditer des féminicides en France

Se présentant comme des places de marché pour tueurs à gage, la galaxie de sites « Hitman Scam » dissimulait une vaste escroquerie opérée depuis la Roumanie. Toutefois, ses utilisateurs ont formulé de véritables projets d’assassinats, ciblant notamment des femmes en France. Next a pu accéder aux échanges glaçants entre les commanditaires et les faux assassins, alors que la justice tarde à se saisir du dossier. 

Le 06 février à 16h09

4 000 euros pour assassiner une ex-petite amie à Nancy. 1 000 euros pour frapper une femme et lui faire perdre son bébé à Paris. 575 euros pour en brûler une autre vive dans l’incendie de son appartement parisien. Voici quelques-uns des projets de féminicides, ciblant des victimes françaises, que Next dévoile pour la première fois.

Nous avons pu accéder à l’intégralité des données de plusieurs sites hébergés sur le dark web, se présentant comme des plateformes permettant d’embaucher des tueurs à gage, aux noms et adresses changeantes : Hire a hitman, Besa Mafia, #1 Hitman marketplace, Internet Killers, Hydra Hitmen, The Sinaloa Cartel Marketplace

Ces noms ronflants cachaient en réalité une arnaque simple mais lucrative, opérée depuis la Roumanie, qui délestait de leurs bitcoins des individus prêts à payer le prix fort pour, pensaient-ils, faire éliminer ou tabasser quelqu’un. Nombre d’utilisateurs français étaient des hommes cherchant à éliminer des femmes, par vengeance ou appât du gain.

Après une première interpellation en avril 2022, les administrateurs du site, qui avaient par la suite été libérés, ont été à nouveau interpellés en Roumanie le mois dernier dans le cadre d’une enquête pilotée par la police britannique, en partenariat avec Europol. Depuis, l’activité y a considérablement diminué.

« Bien qu’aucun des services proposés [n’ait été] authentique, des poursuites fructueuses ont déjà été engagées par les forces de police contre des individus qui tentaient de l’utiliser pour nuire à autrui, et des victimes potentielles ont été protégées dans le monde entier », indique le communiqué de la police britannique.

De 2016 à 2023, le chercheur britannique Chris Monteiro, spécialiste du cybercrime, est parvenu à pirater le site et à scraper (extraire de façon automatisée) l’intégralité de son contenu, c’est-à-dire son forum public mais aussi sa messagerie interne et ses relevés de transactions. Depuis, au moins 46 personnes ont été arrêtées pour avoir tenté de commanditer des assassinats ou des agressions via Besa Mafia. Lorsque des enquêtes ont été ouvertes, les suspects ont souvent été trahis par leurs transactions en bitcoins : guère familiers du concept de blockchain, ils croyaient la cryptomonnaie intraçable.

« Les administrateurs demandent aux utilisateurs de déposer 5 000 ou 10 000 euros [en bitcoins] dans l’escrow du site [un compte séquestre, NDR], soi-disant pour montrer qu’ils sont sérieux », explique Chris Monteiro à Next. « Une fois qu’ils ont trouvé un pigeon, les administrateurs inventent alors des histoires pour tenter de lui soutirer encore plus d’argent, ce qui marche une fois sur deux : le tueur s’est fait arrêter donc il faut en embaucher un autre, on doit faire appel à un assassin expert pour cette mission, etc. Néanmoins, les utilisateurs sont dangereux et veulent vraiment tuer des gens. »

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Commentaires (22)

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Quelle horreur. :fou:
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Je n'arrive même pas à lire, c'est abominable.
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Le podcast Darknet Diaries a fair une interview très intéressante avec Chris Monteiro (ep 156) justement pour ceux qui parlent anglais.
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C'était pourtant limpide : "escrow". Blague à part, c'est effroyable !
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Je vais probablement me faire (inutilement) basher mais ... Qu'est-ce qui a motivé cet angle appuyé sur les féminicides ?
Je n'arrive pas à percevoir dans l'article une vaste prépondérance ("notamment", "nombre d'utilisateurs", ... c'est plutôt vague comme estimation), d'où mon interrogation.
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À vrai dire, je me suis posé la même question. Ça manque effectivement de chiffres pour appuyer le propos. Quelle part des contrats passé sur la plateforme en question ça représente, par exemple ? C’est assez logique que si une telle plateforme existe, des gens vont s’en servir pour tuer leur compagne, mais aussi leur compagnon, leur patron, etc… Et la proportion de chaque sera surtout le reflet de notre société (à moins qu’il n’y ait du marketing là-dessus ?).
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L'angle choisi par le journaliste est plutôt biaisé je trouve, même si les féminicides sont une cause qui a justement été mise en avant dans le paysage médiatique, le site ne se limite pas à ça.
Un meurtre reste un meurtre que ce soit celui du voisin de son ex femme.
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:D je vais me faire haïr, mais une petite pensé pour le père de famille qui se lève un matin en pensant être à l'apogée de sa réussite personnelle, et qui apprends le soir que ça femme l'a trompé, et, pour se venger, va récupérer la garde de ses enfants.
Je pense qu'au delà d'être horrifié, on peut être heureux de ne pas vivre une situation qui nous donnerait de telles idées noires.
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"idées noires"???

J'pense qu'on n'a pas tous la même définition des mots.
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:D l'infidélité dans un couple ne serait pas un problème pour certaines personnes ?
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Ça dépend du type de relation avec sa/son partenaire.

Et quoiqu'il en soit, ça ne mérite aucune forme de violence.
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Tu peux avoir un différent avec une personne sans la rendre responsable de tout…
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Tu n'as jamais croisé de pervers narcissiques.
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Ton commentaire semble indiquer que certaines circonstance pourraient justifier le fait que des hommes veuillent "[battre une femme] jusqu'à ce qu'elle fasse une fausse couche". C'est bien sûr du grand n'importe quoi, et j'espère sincèrement que ce n'est pas ta pensée ; sinon c'est effectivement une bonne raison pour te faire haïr.
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Je parlais du père de famille qui perd la garde de ses enfants. de quoi tu parles ?
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Il aurait pu être intéressant de laisser l'arnaque se poursuivre. D'abord, pour faire les pieds à ces enflures. Ensuite, pour pouvoir les identifier.... Un honeypot de l'horreur.
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Sauf que si certains sont des arnaques, d'autres ne sont-ils pas vrais ? Doit-on laisser le risque qu'il y ait un véritable passage à l'acte ?
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Si le site est complètement maîtrisé par des acteurs légitimes (police...), je ne vois pas comment il pourrait y avoir un passage à l'acte...
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Il me semble que ce serait illégal comme méthode.

Un agent de police n'a pas le droit de se mettre lui-même hors la loi.
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Plus précisément, la loi décrit dans quels cas ils ont le droit de faire des choses illégales habituellement (j’ai en tête l’infiltration de réseau pédopornos, mais il y a d’autres cas). Pas sûr que le cas présent rentre dans les clous par contre.
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En même temps on a vu des passages à l'acte de gamins recrutés sur Snapchat, c'est plutôt logique que ça existe aussi sur le dark web.

Plutôt rassurant que ce soit des arnaques, surtout que certains se ruinent assez pour pas pouvoir recruter de vrais ensuite, ou alors ont le temps de "redescendre" un peu et de retrouver la raison (même si certains apparemment ont fini par faire le travail eux-mêmes).

Encore une belle image de notre société.
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non mais voilà

avec des sites pourris comme ça, ça casse le petit commerce, les gens ont plus confiance

C'est tout de même pratique les avis google ....

:fumer:

Sur le dark web, plusieurs hommes ont tenté de commanditer des féminicides en France

  • « La battre jusqu’à ce qu’elle fasse une fausse couche »

  • Drame évité à Nancy

  • Inaction des autorités