Data centers : à l’Assemblée nationale, des appels à questionner la course au gigantisme
Projets d'Interêt (inter)National Majeur
Au lendemain de la catégorisation des centres de données en projet d’intérêt national majeur par la commission mixte paritaire sur le projet de loi sur la simplification de la vie économique, le député Nicolas Bonnet et l’association Data for Good organisaient un colloque sur les enjeux politiques et stratégiques de l’IA à l’Assemblée nationale. Next y était.
Le 23 janvier à 08h46
11 min
Droit
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Mise à jour du 23 janvier à 15 h : remplacement de la mention de l'étude de l'ADEME sur la consommation des data centers par le projet de recherche IT4Green.
« En France, un data center moyen, c’est 7,5 mégawatts ». Benoît Petit est cofondateur de la société Hubblo, spécialisée dans la transformation socio-écologique du numérique, et ce mercredi après-midi, il dispense avec son collègue chercheur Gauthier Roussilhe une rapide formation sur les impacts environnementaux des centres de données à l’Assemblée nationale.
« Un grand data center, ce qu’on appelle un hyperscaler, ça tourne autour de 100 à 200 MW ». S’il nous dit tout ça, explique-t-il en faisant une pause dans ses slides, c’est pour que nous comprenions l'ampleur d'un projet comme Campus IA, qui prévoit d’atteindre une puissance d’un gigawatt, soit 1 000 MW, présente des caractéristiques hors normes. Installé à Fouju, le projet est porté par l'Américain NVIDIA, le fonds émirati MGX, et les Français Mistral AI et Bpifrance. Quant à sa taille, « même pour le milieu des data centers, c’est une petite révolution. Cette tendance au gigantisme crée un phénomène de spéculation sur les terrains comme sur la réservation de puissance, le secteur lui-même est un peu déboussolé ».
Organisée à l’instigation de l’ingénieur en informatique et député du Puy-de-Dôme Nicolas Bonnet (EELV) et de l’association Data for Good, qui œuvre à « mettre le numérique au service de l’intérêt général », la formation fait partie intégrante d’un colloque dédié à aider les parlementaires et le public à « comprendre les enjeux politiques et stratégiques de l’IA », à commencer par les questions d’impacts environnementaux et de souveraineté numérique.
Vers des data centers « projet d’intérêt national majeur »
Hasard du calendrier, la réunion se déroule au lendemain de l’étude du projet de loi sur la simplification de la vie économique. Le 20 janvier, les députés et sénateurs ont adopté en commission mixte paritaire un amendement de compromis sur l’article 15, qui propose de qualifier les centres de données de projets d’intérêt national majeur (PINM) — un projet la fédération sectorielle France Data Center attendait « de pied ferme », selon son directeur général Michaël Reffay. Si la commission spéciale de l’Assemblée nationale y avait ajouté la condition de limiter cette possibilité aux entreprises de pays assurant le même niveau de protection des données que ceux de l’Union européenne, cet amendement a été supprimé.
En pratique, donc, et alors que les États-Unis sont déjà très présents dans la filière française du data centers – via des acteurs de la colocation, comme Equinix ou Digital Realty, ou grands noms plus connus du grand public, comme Amazon ou Microsoft –, n’importe quel opérateur de data center, quelle que soit sa nationalité, pourra profiter de ce statut pour s’installer sur le territoire national avec les conditions favorables qu’offre le statut de PINM.
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Data centers : à l’Assemblée nationale, des appels à questionner la course au gigantisme
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Vers des data centers « projet d’intérêt national majeur »
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Politiser la multiplication des data centers
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Questionner la course au gigantisme
Commentaires (10)
Le 23/01/2026 à 09h27
J’imagine que c’est pour donner un effet "gigantisme" mais dans une mesure plus habituelle ça fait "juste" 2.44 kilomètres carrés (ça reste beaucoup, mais c’est plus facile à visualiser).
Le 23/01/2026 à 09h47
Le 23/01/2026 à 10h00
Le 25/01/2026 à 01h18
Mais mon argument portait surtout sur le fait qu’utiliser des unités inutilement grandes ou inutilement petites (au delà de "dizaines de milliers" ou en dessous de dix-millièmes pour les sous-multiples) empêche de se représenter correctement une grandeur et est généralement utilisé pour fausser l’impression du lecteur
Le 23/01/2026 à 10h05
Le 23/01/2026 à 16h42
dans mes références, un terrain de foot, ça ne fait pas un hectare mais juste la moitié (100x50 environ).
Le 23/01/2026 à 09h44
Il faut effectivement décentraliser et répartir pour fiabiliser et surtout réduire la taille, dont on ne sait toujours pas à quoi elle sert, tant qu'on exprimera la taille en MW au lieu d'une autre unité de performance de calcul, ça ne fonctionnera.
Et de fait, l'actualité montre bien qu'il faut se déconnecter au plus vite de la folie qui règne aux US, c'est une question de survie, ça devient clair.
Le 23/01/2026 à 13h41
Le 24/01/2026 à 15h13
Modifié le 23/01/2026 à 18h22
La loi n° 2023-973 du 23 octobre 2023 dite "industrie verte" a créé la notion de projets industriels d’intérêt national majeur (PIINM). Ces projets bénéficient d’une procédure dérogatoire contrôlée par l’Etat afin de faciliter et d’accélérer leur implantation sur le territoire français
Les projets industriels seront qualifiés par décret de PIINM
Avec les compliments de la FNSEA
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