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La police aux frontières des États-Unis peut utiliser les logiciels espion de Paragon

Technologie contre les étrangers

La police aux frontières des États-Unis peut utiliser les logiciels espion de Paragon

Illustration : Flock

Les services d’immigration étasuniens (ICE) ont réactivé un contrat avec l’entreprise de logiciels espion Paragon. Ils peuvent désormais s’en servir pour prendre le contrôle du smartphone d’une cible et lire ses conversations chiffrées.

On soupçonnait déjà fortement des pays comme le Canada, l’Australie et le Danemark d’utiliser les logiciels espion de Paragon. L’Italie avait, elle, reconnu l’usage de ses logiciels espion et avait finalement dû clore ses contrats avec l’entreprise.

Mais le Service de l’immigration et des douanes des États-Unis (ICE), dont le prochain budget devrait atteindre la somme colossale de 170 milliards de dollars selon la volonté de l’administration Trump, a officiellement passé contrat avec l’entreprise.

Réactivation d’un contrat signé puis bloqué sous l’administration Biden

En fait, comme l’a repéré le journaliste Jack Poulson dans sa newsletter, l’agence de l’immigration étasunienne vient de réactiver un contrat de 2 millions de dollars avec l’entreprise de logiciels espion Paragon qu’elle avait signé en septembre 2024.

Celui-ci portait sur « une solution propriétaire entièrement configurée comprenant la licence, le matériel, la garantie, la maintenance et la formation ». Il s’agit d’un engagement de deux millions de dollars, mais pour le moment aucun dollar n’a été dépensé.

Quelques jours après cette première signature, l’administration Biden avait suspendu le contrat, expliquait Wired. Elle posait notamment la question de sa compatibilité avec le décret pris par Joe Biden en mars 2023 sur « l’interdiction d’utilisation par le gouvernement des États-Unis de logiciels espions commerciaux présentant des risques pour la sécurité nationale ».

Mais, en décembre 2024, l’entreprise israélienne a été rachetée par un fonds d’investissement américain : AE Industrial Partners. Bloomberg qualifiait alors ce rachat d’« opération rare » qui consistait en une fusion de Paragon avec son entreprise de cybersécurité REDLattice, déjà basée dans l’État de Virginie. Cette acquisition par une société étasunienne permet de lever les doutes sur sa possibilité de signer avec des administrations du pays.

En effet, le décret de Joe Biden s’appuyait notamment sur le « risque important pour le contre-espionnage et la sécurité du gouvernement américain » d’utiliser des outils déployés par des entreprises et gouvernements et étrangers. Comme le remarque Jack Poulson, l’administration Trump a juste eu besoin de « lever discrètement l’ordre d’arrêt des travaux concernant l’acquisition par les services américains de l’immigration et des douanes (ICE) du logiciel espion de cette entreprise ».

Paragon est l’un des principaux concurrents historiques de NSO, l’entreprise israélienne qui a créé le logiciel espion Pegasus. Si le décret de Joe Biden avait mis un frein à ses activités aux États-Unis, elle avait commencé à vendre ses services de ce côté de l’Atlantique quelques années avant.

Comme le souligne Jack Poulson, l’entreprise s’était aussi fortement rapprochée des services étasuniens avant même d’être rachetée. L’ancien officier de la CIA John Finbarr Fleming avait pris la tête de la branche étasunienne de Paragon en début 2025.

Un outil de surveillance plus fin dans l’attirail de l’ICE

Alors qu’il y a quelques semaines Amnesty International dénonçait l’utilisation de logiciels de surveillance massive de la parole des étrangers par l’ICE, l’agence obtient donc la possibilité d’avoir une nouvelle arme numérique pour, cette fois, surveiller de façon plus fine des personnes ciblées.

Rappelons qu’en mars dernier, le leader du Campement de solidarité avec Gaza à l’Université de Columbia, Mahmoud Khalil, avait été la cible de l’ICE et Marco Rubio promettait de mettre en place une IA pour traquer les propos des étudiants étrangers et révoquer leurs visas. Mahmoud Khalil avait été libéré trois mois après et a finalement déposé plainte contre sa détention.

Commentaires (5)

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ça donne envie de visiter ce pays pourri
la chaîne de Christophe Boutry est pas mal pour expliquer comment fonctionnent ces programmes
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Zut, si c'est réservé à l'ICE, personne pourra vérifier le smartphone made in usa de Trump pour voir s'il a vraiment un cerveau disponible.
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Bonne nouvelle : vous allez pouvoir réutiliser le portable que vous aviez acheté spécialement pour aller en Chine !
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Ça m'a fait (sou)rire, mais en vrai, si je devais aller aux USA je préfèrerais ne pas avoir un téléphone qui annonce que je suis allé en Chine
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En vrai, tu fais un reset une foi rentré de chine, puis des US, et ensuite tu fais un tour dans un autre merveilleux pays où tu feras la même chose en rentrant.
Y'a des boîtes qui font ça pour leurs salariés, ce que je trouve assez bien.

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