Connexion Abonnez-vous

La Russie interdit la recherche de certains contenus sur Internet et la promotion des VPN

Pravdaternet

La Russie interdit la recherche de certains contenus sur Internet et la promotion des VPN

Via un cavalier législatif, la Douma vient de mettre en place une loi qui impose des amendes pour la recherche sur internet de termes listés comme « extrémistes » par le pouvoir. La promotion d'outils de contournement de la censure comme les VPN sera aussi interdite sous peine d'amende.

Le 18 juillet à 17h03

La Russie a voté ce jeudi une loi qui devrait drastiquement élever les possibilités de sanctionner les internautes vivant dans le pays. Alors que le pays connaissait déjà une censure de la publication sur internet, le pouvoir vient d'interdire la recherche de certains contenus qu'il qualifie d' « extrémistes », explique le Washington Post.

L'organisation Net Freedoms Projetm qui a alerté sur Telegram juste avant le vote, affirme que la loi prévoit des amendes pour avoir « recherché sciemment du matériel extrémiste et y avoir accédé, y compris en utilisant des logiciels et du matériel permettant d'accéder à des ressources d'information dont l'accès est restreint ». Elle devrait entrer en application dès le 1er septembre.

Selon le Washington Post, le pays définit comme « matériel extrémiste » une liste régulièrement mise à jour de 5 500 termes qui cible des mots employés autant par la communauté LGBT que par Al-Qaïda, ou encore ce qui est défini par le pouvoir russe comme de l'idéologie nazie ou incitant à des actions extrémistes. Ce durcissement légal suivrait des remarques d'officiels militaires justifiant la censure en temps de guerre.

De petites amendes qui peuvent tourner en prétexte pour arrestation, de plus grosses amendes pour la promotion des VPN

L'amende pour une telle recherche serait d'un maximum de 3 000 roubles (55 euros). Citée par le journal étasunien, l'activiste Sarkis Darbinyan expliquait juste avant le vote sur Telegram que « les amendes imposées pour la recherche de matériel extrémiste dans cette version peuvent être mineures, mais elles peuvent constituer un motif de détention, de pression, un prétexte pour être escorté au poste de police ».

Le Washington Post explique qu'une amende plus élevée, d'environ 2 150 euros pour les individus et 11 000 euros pour les entreprises, serait prévue pour la promotion d'outils informatiques qui permettent d'éviter la surveillance comme les VPN.

Un cavalier législatif pour passer discrètement des mesures répressives

Net Freedoms dénonce aussi la façon dont la loi a été votée : ces nouvelles décisions auraient été ajoutées via un cavalier législatif dans une loi sur la réglementation des entreprises de transport de marchandises. « Les législateurs ont eu recours à plusieurs reprises à cette tactique "astucieuse" consistant à insérer discrètement des mesures répressives dans des projets de loi dormants et déjà présentés », s'insurge l'organisation.

L'un des auteurs du projet de loi, le sénateur russe Artem Sheikin, a voulu rassurer en affirmant qu'aller sur Facebook ou scroller sur Instagram « ne constitue pas une infraction administrative », alors que l'utilisation des VPN pour consulter les réseaux sociaux est une pratique courante dans le pays. « L'accent est mis sur la réglementation des fournisseurs. Il n'est pas prévu de punir massivement les utilisateurs », a-t-il ajouté.

Comment les utilisateurs sauront qu'un terme est dans la liste à ne pas rechercher n'est pas clairement expliqué.

Commentaires (10)

votre avatar
Donc un russe cherchant la liste des mots interdits via l'équivalent de google risque de se faire ficher car il a renseigné le mot interdit :windu:
votre avatar
Il n'est pas prévu de punir massivement les utilisateurs
Oui, bien sûr oui ! Bien sûûûr...
(à lire avec l'intonation de G Milgram)
votre avatar
Ils auront peut-être le privilège inégalable d'aller se couvrir de gloire sur le front ukrainien, qui sait ? :roll:
Quoiqu'avec pareil privilège ils devraient faire attention que les gens ne commettent pas l'infraction pour abuser de ce système tellement avantageux...
votre avatar
Pas forcément en fait. C'est une histoire de masse critique.
Dans un premier temps, ils ont communiqué la ligne officielle à tenir aux médias. Hop, masse critique atteinte.
Prévenir les VPN, ça suffit sûrement à conserver cette masse critique, au moins au début.

Je ne pense pas que partir à la chasse des milieux underground fasse changer l'idée de leurs adhérents (au contraire)
En revanche, l'intérêt du pouvoir russe est de les empêcher de diffuser les idées réfractaires, d'attirer de nouveaux membres.
votre avatar
Du coup, je suis en train de me dire qu'il faudra faire attention pour les personnes de passage en Russie (touristes, personnalité d'affaire, etc.). L'usage d'un VPN sera donc sanctionnable et pourrait donc être un motif de détention.
votre avatar
A ce stade il ne faut plus y aller ou bien avec un téléphone à clapet sans consulter le Web le temps du séjour.
Idem pour les USA où il faut déclarer ses profils GAFAM pour rentrer.
votre avatar
Comment faire alors qu'il faudra installer une application spéciale Moscou veut obliger les étrangers à installer une application de géolocalisation
votre avatar
Être occidental et aller en Russie, ça va de toute façon être périlleux pendant un bon moment...
votre avatar
votre avatar
Je parle pour des citoyens lambda, pas pour de la pourriture communi pro-poutine.

La Russie interdit la recherche de certains contenus sur Internet et la promotion des VPN

  • De petites amendes qui peuvent tourner en prétexte pour arrestation, de plus grosses amendes pour la promotion des VPN

  • Un cavalier législatif pour passer discrètement des mesures répressives

Fermer