#Le brief du 02 septembre 2026

GoPro rachetée par un fabricant de composants optiques pour les datacenters

GoPro va passer entre les mains de Starman Optical, une entreprise américaine spécialisée dans l’optique-photonique. Le prétendant met 285 millions de dollars en cash sur la table. Cela parait bien peu, surtout face au sommet des 4 milliards de capitalisation du fabricant de caméras sportives lors de ses premiers pas à la Bourse, en 2014.

Mais le monde a profondément changé depuis. La concurrence, notamment chinoise, a taillé des croupières à GoPro, qui souffre également de la crise de la mémoire actuelle. Au second trimestre, l’entreprise a enregistré un chiffre d’affaires de 105 millions de dollars, en recul de 31 % par rapport à 2025. Le nombre d’unités écoulées (291 000) a chuté de 38 %.

Image : GoPro

Depuis les débuts glorieux à la Bourse, GoPro a perdu 96 % de sa valeur. Nicholas Woodman, fondateur et directeur général de l’entreprise, annonçait en mai dernier (PDF) que le conseil d’administration avait autorisé un processus de vente potentielle.

C’est donc Starman Optical qui remporte le gros lot, avec en plus la suppression de la dette de GoPro (92 millions de dollars). Voilà qui va lui donner un peu d’oxygène en cette période difficile. Si la transaction va à son terme (ce qui devrait être le cas d’ici la fin de l’année), le repreneur détiendra 90 % du capital du fabricant, les actionnaires actuels conservant le reste.

Starman Optical, qui n’est pas coté en Bourse, fabrique des émetteurs-récepteurs optiques destinés aux centres de données IA. Ces produits seront ajoutés au catalogue de GoPro, ce qui lui permettra de profiter de l’énorme demande actuelle tout en continuant à servir les clients de ses caméras traditionnelles.

Le repreneur rachète aussi et surtout de l’IP (propriété intellectuelle) à gogo : GoPro est en effet à la tête d’un pactole de plus de 2 500 brevets. « La combinaison de l’expertise optique et de la propriété intellectuelle de classe mondiale de GoPro avec les capacités avancées de Starman dans les émetteurs-récepteurs et sa plateforme de fabrication aux États-Unis crée une occasion unique », se réjouit Charles Tebele, directeur général de Starman.

À côté de son marché grand public historique, GoPro va donc pouvoir développer une activité « répondant à des enjeux importants de sécurité nationale liés aux caméras, à l’optique et aux infrastructures d’IA », déclare Nicholas Woodman. Cette perspective ravit les investisseurs, puisque l’action GoPro a bondi au-delà du prix proposé par Starman Optical, qui était de 1,14 dollar par action. Cela représente une prime de 29,5 % par rapport au dernier cours de clôture.

Capgemini continue de travailler pour l’ICE

La filiale américaine Capgemini Government Solutions avait signé en 2025 plusieurs contrats avec l’ICE, l’agence américaine de l’immigration transformée par Trump en milice.

Quelques jours après la révélation de ces accords, le groupe annonçait la mise en vente de sa filiale. Il affirmait à cette occasion que « Capgemini a estimé que les contraintes légales habituelles imposées aux États-Unis pour contracter avec des entités fédérales menant des activités classifiées ne permettaient pas au Groupe d’exercer un contrôle approprié sur certains aspects des opérations de cette filiale, afin d’assurer un alignement avec les objectifs du Groupe ».

Mais, comme l’explique le média Observatoire des multinationales, cette vente n’est pas encore effective. Et, entre temps, l’entreprise a obtenu une extension de son contrat en cours jusqu’à la mi-mai puis un nouveau contrat avec l’ICE validé le 26 aout par l’administration états-unienne :

« Comme nous l’avons expliqué précédemment, Capgemini a décidé de lancer le processus de cession de CGS en raison des contraintes spécifiques de gouvernance liées à la nature de ses activités. Ce processus est en cours, et fera l’objet d’une communication une fois finalisé. », a répondu le groupe interrogé par l’Observatoire des multinationales.

Sur Mac, les développeurs tiers peuvent laisser tomber les machines Intel

Apple a envoyé un e-mail aux développeurs tiers pour les avertir d’un changement : « Nous vous contactons pour vous informer que les apps universelles pour macOS proposées sur le Mac App Store et nécessitant macOS 13 ou une version ultérieure peuvent désormais abandonner la prise en charge des Mac à processeur Intel ».

Cette prise en charge était obligatoire pour toute application publiée sur le Mac App Store, mais ne l’était bien sûr pas pour celles distribuées autrement. Le passage à l’architecture Arm remontant aujourd’hui à six ans avec la puce M1, le signal est clair : il est temps de passer à autre chose.

Puce Apple Silicon

Apple vante d’ailleurs les avantages d’un tel abandon. En ciblant uniquement « arm64 » dans les réglages de compilation de l’application, le développement n’en sera que plus simple. En outre, plus besoin de passer par des binaires universels embarquant toutes les données pour les deux architectures (x86_64 et arm64). L’application s’en retrouvera d’autant allégée. Reste une condition : elle doit viser macOS 13 au moins.

Il n’y a bien sûr pas d’obligation à suivre ce conseil, les développeurs pouvant toujours compiler pour Intel s’ils le souhaitent. Comme l’indiquent nos confrères de MacG, macOS 27 et son Xcode correspondant ne pourront s’installer que sur des Mac Apple Silicon, plantant un nouveau clou dans le cercueil. macOS 27, alias Golden Gate, sera également la dernière version à prendre en charge la couche d’émulation Rosetta 2. 2027 sonnera définitivement le glas de l’architecture Intel chez Apple.

Anthropic relance la course aux modèles avec Claude Fable 5.1

Après un hiatus de quasiment deux mois, Anthropic relance la machine aux modèles IA avec les versions 5.1 de Claude Fable et Mythos. Il s’agit du même modèle, mais Mythos 5.1 abaisse ses garde-fous en matière de cybersécurité et en sciences de la vie ; il n’est distribué qu’aux individus et organisations dûment autorisés.

Fable 5.1 est de son côté disponible depuis hier pour tous sur toutes les plateformes (Claude API, AWS, Google Cloud, Azure). Un de ses principaux arguments de vente est le prix. Certes, la grille tarifaire est similaire à celle de Fable 5, autrement dit 10 dollars pour un million de tokens en entrée et 50 dollars en sortie. Mais Anthropic met surtout en avant la lecture du cache plus performante qui permet de réduire les coûts de 25 % sur les charges de travail typiques.

Image : Anthropic

Sur les tâches de codage complexe qui nécessitent un long travail agentique, les économies peuvent atteindre 45 % par rapport à Fable 5. Globalement, lorsque l’usage est facturé au token – ce qui est le cas avec l’API –, la lecture du cache coûte désormais 75 % de moins (soit 0,25 dollar par million de tokens).

Image : Anthropic

En termes de performances, devinez quoi, Fable 5.1 « établit une nouvelle référence pour le code, le travail intellectuel et les tâches de résolution de problème de longue durée », affirme Anthropic. Et quand le modèle est branché sur un effort faible ou moyen, il obtient des résultats « similaires ou supérieurs » à ceux de son prédécesseur direct, pour moins cher.

Image : Artificial Analysis

Le site Artificial Analysis, une plateforme indépendante de benchmarks IA, le confirme : sur l’index principal, Fable 5.1 prend la première place devant Opus 5 et Fable 5. En revanche, le modèle affiche le coût moyen par tâche le plus élevé, et de loin (3,69 dollars) face à Opus 5 (2,34 dollars) et GPT-5.6 Sol (0,95 dollar). Enfin, Fable 5.1 intègre la fonction de filigrane pour le texte et les images, tel qu’exigé par l’AI Act européen.