#Le brief du 18 novembre 2025

[MàJ] La panne Cloudflare touchant de nombreux services comme X ou ChatGPT semble résolue

[MàJ] La panne Cloudflare touchant de nombreux services comme X ou ChatGPT semble résoluecrédits : Unsplash

Mise à jour 18 novembre, 15h53 : « Une correction a été mise en œuvre et nous pensons que l’incident est désormais résolu », explique Cloudflare dans un message publié à 15h42 heure de Paris. « Nous continuons à surveiller les erreurs afin de nous assurer que tous les services fonctionnent à nouveau normalement », ajoute l’entreprise. L’incident aura duré environ 3 h.


Brief originel publié le 18 novembre à 14h19 :

Cloudflare est en carafe et, par cascade, de nombreux sites qui reposent sur ses services sont difficilement, voire pas du tout, accessibles. Ainsi les utilisateurs de X, Spotify, Canva, Downdetector.fr ou encore OpenAI peuvent rencontrer des difficultés à accéder à ces sites internet.

Downdetector, qui sert habituellement à vérifier si un site est hors ligne chez les autres, illustre ironiquement le phénomène – capture d’écran Next

« Le réseau mondial Cloudflare rencontre des problèmes » a annoncé Cloudflare sur son site d’information des pannes à 12h48, heure de Paris. Depuis l’entreprise a ajouté régulièrement des messages lapidaires affirmant qu’elle continue de creuser pour connaître la cause du problème.

Sur les sites concernés, le message d’erreur affiché évoque « challenges », l’appellation qui regroupe les services dédiés au contrôle de la légitimité de la requête de l’internaute, dont la case à cocher qui fait office de Captcha chez Cloudflare.

À 14h09 heure de Paris, l’entreprise a expliqué avoir identifié une modalité de résolution. « Nous avons apporté des modifications qui ont permis à Cloudflare Access et WARP de fonctionner à nouveau normalement. Les niveaux d’erreur pour les utilisateurs d’Access et de WARP sont revenus aux taux enregistrés avant l’incident », a-t-elle indiqué ensuite.

Le ministère des Armées victime de 5 à 10 incidents cyber graves par an

« Nous comptons un peu plus de 4 900 cybercombattants, avec un objectif de 5 500 d’ici 2030 », explique à Libération Emmanuel Naëgelen (LinkedIn), ancien chef des opérations du ComCyber de 2018 à 2020, puis directeur adjoint et n°2 de l’ANSSI et, depuis août, nouveau commandant de la cyberdéfense (COMCYBER) de l’état-major des armées.

Il succède à Aymeric Bonnemaison qui, après avoir œuvré dans plusieurs unités de guerre électronique, était devenu adjoint du directeur technique de la DGSE, et a été nommé cet été à la tête de la Direction du renseignement et de la sécurité de la Défense (DRSD), le service de contre-espionnage militaire.

Si les unités du ComCyber ne rassemblent qu’ « environ 500 personnes », elles bénéficient du soutien de 20 autres unités opérationnelles chargées de « combattre dans le cyberespace et renforcer la cyberdéfense des armées françaises », précise le COMCYBER. Ces dernières sont réunies au sein de la Communauté cyber des armées (CCA), comme nous le relevions à l’occasion de la création, en août, du Commissariat au Numérique de Défense (CND), le « 1ᵉʳ intranet militaire européen », composé de 6 745 hommes et femmes (dont 55 % militaires et 45 % civils).

Interrogé sur le nombre de cyberattaques visant les armées françaises, le général de division aérienne Naëgelen avance que le nombre d’incidents graves (à savoir le fait qu’un attaquant a « réussi à pénétrer nos systèmes et à en extraire de l’information ») « se compte sur les doigts d’une à deux mains, et nous sommes plus près de 5 que de 10 », par an.

« Si les IA génératives facilitent clairement le travail de nos adversaires », notamment pour « générer des mails trompeurs extrêmement crédibles », précise-t-il, « nous n’avons pas encore observé des attaques informatiques complexes qui seraient pilotées par un moteur d’intelligence artificielle ».

Rappelant qu’« un char, un avion, un bateau embarquent de l’informatique », il résume ce que le cyber représente en termes d’armements : « Du point de vue du ComCyber, un bateau, c’est un data center qui flotte ! »

Lancement réussi pour le satellite d’observation des océans Copernicus Sentinel-6B

L’Agence spatiale européenne (ESA) s’est félicitée lundi 17 novembre du succès du lancement d’un nouveau satellite dédié à la surveillance du niveau des océans, intégré au programme Copernicus.

Baptisé Sentinel-6B, ce nouvel appareil succède à Sentinel-6 Michael Freilich, lancé en 2020, et embarque « la dernière technologie d’altimétrie radar » pour mesurer et enregistrer en continu la hauteur de la surface de la mer, dans le prolongement des programmes dédiés initiés au début des années 1990.

« Outre la cartographie de la hauteur de la surface de la mer pour comprendre les changements à long terme, Copernicus Sentinel-6 fournit également des données pour des applications « opérationnelles » pratiques. Par exemple, la mission mesure la hauteur significative des vagues et la vitesse du vent, données qui sont utilisées pour les prévisions océaniques en temps quasi réel. Concrètement, l’altimétrie par satellite fournit les mesures les plus complètes disponibles à ce jour sur l’état de la mer », décrit l’Agence spatiale européenne.

Le lancement a été réalisé lundi matin vers 6h20 (heure de Paris) au moyen d’une fusée SpaceX Falcon 9 depuis la base spatiale de Vandenberg en Californie.

Le satellite Sentinel-6B en direction de son orbite de destination – crédit NASA/SpaceX

Outre l’intérêt scientifique de la mission, l’Agence spatiale européenne souligne également sa dimension collaborative, fruit d’une coopération internationale qui implique notamment deux agences gouvernementales américaines : la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) et la NASA (National Aeronautics and Space Administration).

« Cette réussite démontre ce qu’il est possible d’accomplir lorsque des agences et des industries internationales travaillent ensemble vers un objectif commun. Sentinel-6B nous permettra de continuer à collecter les données de haute précision nécessaires pour comprendre l’évolution de notre climat, protéger nos océans et soutenir les décisions qui protègent les communautés côtières à travers le monde », se réjouit Simonetta Cheli, directrice des programmes d’observation de la Terre à l’ESA.

Cet hommage appuyé à la collaboration internationale n’a rien d’un hasard : il intervient alors que les agences américaines impliquées dans la surveillance et l’étude du climat font l’objet d’attaques répétées de l’administration Trump.

#LIDD Itiner-e : un Google Maps des voies romaines

Le projet Itiner-e propose « le jeu de données numérique ouvert le plus détaillé des routes de tout l’Empire romain ». En plus des villes (avec les noms d’époque) et des voies romaines, le site permet de calculer des itinéraires à pied, à cheval ou avec une charrette à bœufs. Les données peuvent être téléchargées.

Il fallait ainsi 95 heures avec un cheval (vitesse moyenne de 6 km/h), 143 heures à pied et 286 heures avec une charrette à bœufs pour rejoindre Lugdunum et Burdigala (c’est-à-dire Lyon vers Bordeaux). Pour les trajets en mode Google Maps cliquez sur la petite icône en bas à droite de l’écran. Les autres options permettent d’afficher un fond de carte satellite, les routes, villes et frontières actuelles.

Le blog spécialisé et contributif Cartonumérique explique qu’une « équipe de recherche internationale a créé une nouvelle cartographie des routes de l’Empire romain. La carte qui en résulte comprend près de 300 000 km de routes, soit près de deux fois plus que ce que l’on trouve d’habitude sur des cartes historiques. Cet immense réseau routier témoigne de la puissance de cet empire ».

Le site « agrège 200 ans de recherche : tout ce qu’on sait sur les endroits où des routes ont été étudiées et excavées a été combiné avec des images satellites et des cartes topographiques qui montrent les traces, dans le paysage, où des chemins auraient pu se trouver », expliquait à la RTS Tom Brughman (professeur associé en archéologie au Danemark et co-directeur du projet). Il affirme que ce sont pas moins de 100 000 km supplémentaires « par rapport aux anciennes estimations ».

Il ajoute qu’un « grand nombre de lieux de vie romains ne sont pas encore connectés à notre réseau par des routes connues. Beaucoup de ces chemins pourront encore être découverts, aussi en Suisse ». Au fur et à mesure des découvertes, la carte (collaborative et évolutive) sera enrichie.

De nombreux tutos pour utiliser ce site ont été mis en ligne sur cette page.

Carte Vitale dématérialisée : l’application dédiée est disponible pour tous

Déjà disponible au travers du service France Identité, la carte Vitale dématérialisée dispose désormais de sa propre application, distribuée sur iOS et Android. Si cette dernière était déjà accessible aux utilisateurs de France Identité, elle l’est maintenant pour tous les internautes français, après installation de la dernière mise à jour éditée par le GIE SESAM-Vitale et sous réserve de disposer d’un smartphone compatible.

En pratique, l’appli carte Vitale a vocation à remplacer la carte verte et jaune physique que connaissent aujourd’hui les assurés : on peut ainsi simplement présenter son smartphone chez les professionnels de santé équipés d’un lecteur dédié (présentation d’un code QR ou identification via NFC), la sécurité étant assurée par le verrouillage de l’application (mot de passe à dix chiffres ou biométrie).

L’enrôlement suppose de vérifier l’identité de l’utilisateur. Pour ce faire, l’application propose deux options : soit une connexion à France Identité, si des documents d’identité officiels ont déjà été enregistrés sur le smartphone (on parle alors de dérivation d’une identité numérique déjà vérifiée), soit une vérification biométrique, qui suppose de photographier sa pièce d’identité, puis d’enregistrer une courte vidéo de son visage à des fins de contrôle. La vérification est dans ce contexte différée (le temps qu’un agent valide la demande) dans un délai maximal de 48 heures.

Au fait, pourquoi une application dédiée, alors que France Identité pourrait gérer la carte Vitale dématérialisée ? « L’appli carte Vitale est destinée à tous les assurés de l’Assurance maladie. L’application France Identité est accessible uniquement aux détenteurs d’une carte d’identité française nouveau format », répond l’Assurance maladie. Le client dédié permet par ailleurs de retrouver ses dépenses de soin.

Au chapitre des données, l’application n’est censée héberger aucune information à caractère médical. Elle contient en revanche les données dites de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) pour l’assuré et ses bénéficiaires (conjoint, enfants), dont le numéro de sécurité sociale, les noms et prénoms, date de naissance, qualité et organisme de rattachement, ainsi que l’adresse email du compte ou espace assuré. « À terme, les données de l’Assurance Maladie Complémentaire (AMC) pourront être intégrées dans l’application. », précise le site dédié, sur lequel on peut consulter les conditions générales d’utilisation (CGU) associées.

Si les « professionnels de santé s’équipent progressivement afin de pouvoir lire l’appli carte Vitale », le déploiement est progressif. La carte Vitale physique, qui reste indispensable pour les assurés non détenteurs d’un smartphone, a donc sans doute encore de beaux jours devant elle. L’annuaire en ligne de l’Assurance maladie permet de vérifier si un professionnel ou centre de santé est équipé d’un lecteur compatible avec l’application carte Vitale.

Exemple d’une fiche de médecin sur l’annuaire Ameli – capture d’écran Next