#Le brief du 12 février 2026

Ingérences numériques étrangères : VIGINUM doté de « moyens renforcés »

Le 12 février 2026 à 14h51

VIGINUM annonce pouvoir collecter les données issues des petites plateformes où sont souvent pensées les opérations de manipulations contre la France, relève l’AFP.

Un décret, présenté hier en Conseil des ministres et publié ce 12 février au Journal officiel, dote en effet le service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères de « moyens renforcés ».

Il supprime le « seuil minimal de 5 millions de visiteurs uniques par mois » qui fixait le « périmètre des plateformes sur lesquelles Viginum (pouvait) collecter des données à caractère personnel ».

Il élargit également le champ de cette collecte, « en particulier en l’étendant aux interfaces en ligne au sens du DSA », et allonge par ailleurs les durées de conservation des données et de renouvellement des collectes. Cette extension permet de conserver des « archives » pour faire face aux acteurs dits « persistants », explique une source sécuritaire à l’AFP.

Après quelques années en service, les autorités se sont aperçues qu’« un certain nombre d’opérations d’ingérence numérique étrangère se préparaient sur des petites plateformes pour que cela soit moins visible des outils de modération », poursuit cette source, citant notamment l’exemple de Discord.

Le décret octroie par ailleurs au service de nouvelles missions en matière de documentation des modes opératoires, de recherche et d’information du public, ainsi qu’aux actions d’éducation aux médias, et précise le cadre d’action de certaines missions déjà exercées, en particulier en matière électorale.

Infographie de la galaxie Viginum
Viginum

Dans sa délibération associée, la CNIL « prend acte des justifications » présentées par le secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), et « considère que le projet de décret comporte des garanties propres à assurer le respect du principe de minimisation des données lors de la collecte des données qui est rendue possible dès la phase de veille/détection ».

Elle relève par ailleurs que sa « nouvelle mission de recherche et développement implique la réutilisation des données collectées par Viginum pour une nouvelle finalité, de conception, d’entraînement et de développement d’outils utilisant l’IA en appui aux missions du service. »

Challenges rappelle de son côté que VIGINUM a publié en décembre dernier un guide de sensibilisation à la protection du débat public numérique en contexte électoral, en prévision des municipales les 15 et 26 mars prochains.

Une « stratégie nationale de lutte contre les manipulations de l’information », annoncée par Emmanuel Macron début février, vient par ailleurs d’être rendue publique (nous y reviendrons), précise Challenges :

« D’ores et déjà, tous les cadres dirigeants des partis politiques ont été reçus ces dernières semaines par Nicolas Roche, le patron du SGDSN (Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale), pour un brief sur les risques d’ingérences étrangères à l’occasion des municipales. »

Le 12 février 2026 à 14h51

Le Brief du 12 février 2026

Affaire Guthrie : Google peut accéder aux vidéos des utilisateurs d’une caméra Nest

Le 12 février 2026 à 11h10

Pour les utilisateurs des caméras de sécurité Nest de Google dont les flux sont conservés dans le cloud, impossible d’obtenir un stockage de long terme sans payer un tarif mensuel. Google garde néanmoins les données sur ses serveurs. Ainsi, lorsque Nancy Guthrie, la mère d’une présentatrice star aux États-Unis, Savannah Guthrie, disparaît, l’entreprise a pu les récupérer et les fournir aux autorités.

Âgée de 84 ans, Nancy Guthrie a été enlevée de chez elle le 1ᵉʳ février. Sur le coup, les forces de police ont déclaré qu’aucune vidéo de ce kidnapping n’était disponible : Nancy Guthrie ne payait pas d’abonnement pour sa Google Nest Cam, situation dans laquelle l’entreprise technologique ne donne habituellement accès qu’aux dernières heures d’enregistrement. 


Pour accéder à l’enregistrement des 30 derniers jours de vidéos « limité aux événements », il faut normalement payer 10 dollars (ou 10 euros) par mois, et 20 dollars (ou 18 euros) pour pouvoir revenir sur les 60 derniers jours, toujours limités aux événements (mais avec aussi 10 jours d’historique en continu 24 h/24).

Le 10 février, le FBI publiait finalement deux vidéos prises par le dispositif, dans lequel on observe distinctement un homme cagoulé et armé chercher dans le jardin de quoi obstruer l’objectif. D’après les enquêteurs, les deux extraits ont été « récupérés de data résiduelles restées dans les systèmes backend ». Google aurait eu besoin de plusieurs jours pour remettre la main dessus.

Sur le perron de la maison de Nancy Gutrhie, un homme cagoulé utilise des plantes pour obstruer l’objectif d’une caméra Google Nest / Vidéo publiée par le FBI, capture Next

L’épisode rappelle néanmoins qu’en cas de stockage de données dans un cloud – c’est-à-dire, concrètement, sur les serveurs de quelqu’un d’autre, en l’occurrence d’un géant numérique –, ce n’est pas parce que l’internaute a supprimé ou perdu l’accès à ses données que celles-ci ont entièrement disparu. Dans le cas des caméras Google Nest, même avec un abonnement gratuit, les flux vidéos sont envoyés sur les serveurs, et donc accessibles à Google.

Dans le cas présent, Google a indiqué à Ars Technica ne pas utiliser les vidéos enregistrées pour d’autres services internes (par exemple : pour entraîner ses modèles d’intelligence artificielle). L’entreprise s’intéresse néanmoins à la manière dont les internautes interagissent avec tous ses services pour améliorer la manière dont elle les construit.

Cette affaire rappelle une réalité que les géants du Net évitent de mettre en avant : toutes les données envoyées sur leurs serveurs leur sont accessibles. Avec des lois étasuniennes telles que le Cloud Act et FISA, les autorités peuvent tout à fait demander à récupérer des données stockées par des sociétés locales, quelle que soit la localisation géographique des serveurs. L’occasion de rappeler l’importance de chiffrer ses données avant de les envoyer dans le cloud.

Que l’on utilise Google Nest Cam ou Amazon Ring, pour ne citer que ces deux exemples, ce n’est pas parce que les vidéos ne sont plus visibles pour l’utilisateur qu’elles n’existent plus dans les serveurs des fournisseurs de services de stockage.

Le 12 février 2026 à 11h10

Le Brief du 12 février 2026

Elon Musk repousse son narratif de la conquête de Mars

Le 12 février 2026 à 09h36

Une semaine après avoir annoncé la fusion de ses deux entreprises SpaceX et xAI, Elon Musk a repoussé ses plans messianiques de conquête de Mars.

Dans un message envoyé sur X dimanche, le milliardaire semble s’être rendu compte, au bout de près de 25 ans, qu’ « il n’est possible de se rendre sur Mars que lorsque les planètes s’alignent tous les 26 mois (durée du voyage : six mois), alors que nous pouvons nous rendre sur la Lune tous les 10 jours (durée du voyage : 2 jours) ». Il confirme donc ce que le Wall Street Journal annonçait deux jours plus tôt.

Elon Musk affirme que son entreprise « s’est déjà tournée vers la construction d’une ville autonome sur la Lune, car nous pouvons potentiellement y parvenir en moins de 10 ans, alors que Mars prendrait plus de 20 ans ».

Et il ajoute, comme une évidence : « cela signifie que nous pouvons itérer beaucoup plus rapidement pour achever une ville lunaire qu’une ville martienne ».

Pourtant, l’année dernière, il affirmait encore : « Non, nous allons directement sur Mars. La Lune est une distraction ».

Comme l’explique ArsTechnica, « À court terme, cela ne change pas grand-chose. […] SpaceX n’était pas en mesure d’envoyer un vaisseau spatial vers Mars en 2026, et l’échéance de 2028 semblait également peu probable. Mars a toujours été un objectif lointain, et cela restera le cas ».

Mais ça replace SpaceX dans les traces du projet Artemis étatsunien d’établir des missions habitées vers la Lune. L’entreprise participe déjà au projet mais Elon Musk était, en décembre 2024, très critique sur la manière dont il était géré.

C’est en tout cas une nouvelle promesse du milliardaire dont la date est repoussée. En 2024, il lançait sur son réseau social que « les premiers Starship à destination de Mars seront lancés dans deux ans, lorsque la prochaine fenêtre de transfert Terre-Mars s’ouvrira ».

Le 12 février 2026 à 09h36

Le Brief du 12 février 2026

Apple publie iOS 26.3, qui facilite la migration vers Android

Le 12 février 2026 à 08h04

Apple a mis en ligne lundi soir iOS 26.3, qui prend la forme d’une mouture intermédiaire de son système d’exploitation (OS) mobile, avant le nouveau Siri attendu dans quelques semaines au sein d’iOS 26.4. Cette version iOS 26.3 ne fait pas l’objet de notes de version détaillées, mais elle introduit tout de même quelques nouveautés.

Elle inaugure par exemple une nouvelle option de transfert simplifié des données (contacts, messages, notes, photos etc.) en direction d’un smartphone Android. L’arrivée de cette fonctionnalité était pressentie depuis l’automne dernier, date de la publication, par Apple, d’un framework dédié baptisé AppMigrationKit, qui permet aux développeurs d’application de gérer la migration des données utilisateur. Cette possibilité de transfert s’étend également aux cartes e-SIM.

DMA oblige, Apple cède par ailleurs avec iOS 26.3 sur l’une des exigences formulées par la Commission européenne : l’ouverture des notifications aux montres ou bracelets connectés autres que l’Apple Watch, via une option baptisée Transfert des notifications. La fonction de détection automatique, qui permet d’appairer simplement une Apple Watch ou des écouteurs AirPods en les approchant de l’iPhone, s’ouvre elle aussi aux fabricants tiers. Ces deux nouveautés ne concernent en revanche que les utilisateurs européens.

Outre de nouveaux fonds d’écran météo, et la traditionnelle panoplie (non détaillée) de correctifs de sécurité, iOS 26.3 introduit une option supplémentaire en matière de protection de la vie privée : la limitation de la précision avec laquelle le smartphone peut être géolocalisé au travers de sa connexion aux réseaux mobiles.

Cette fonctionnalité, qui fait l’objet d’une notice dédiée, exige un iPhone ou un iPad Pro cellulaire équipé d’un modem Apple C1 (iPhone Air, iPhone 16e ou iPad Pro M5) et n’est prise en charge que chez quelques opérateurs : Deutsche Telekom en Allemagne, EE et BT au Royaume-Uni, Boost Mobile aux États-Unis et AIS ou True en Thaïlande.

iOS 26.3 est accessible aux iPhone 11 et modèles ultérieurs. Apple a par ailleurs publié lundi la mise à jour 26.3 de ses autres systèmes d’exploitation, dont macOS 26.3.

Le 12 février 2026 à 08h04

Apple publie iOS 26.3, qui facilite la migration vers Android