#Le brief du 09 septembre 2025

CPU RISC-V : SiFive passe à la « Gen 2 »

L’entreprise américaine travaille depuis longtemps sur des IP pour développer des processeurs exploitant l’architecture RISC-V. Elle vient d’annoncer « cinq nouveaux produits conçus pour accélérer les charges de travail d’IA ». On retrouve une Gen 2 des X280, X390 et XM, ainsi que deux nouvelles familles X160 Gen 2 et x180 Gen 2.

Parmi les nouveautés, SiFive annonce des « capacités améliorées dans les traitements scalaire, vectoriels et, plus précisément pour XM, matriciels pour les charges de travail de l’intelligence artificielle ». Par rapport à la concurrence (sans précision supplémentaire), SiFive affirme pouvoir délivrer deux fois plus de performance pour une même empreinte sur le silicium.

La mémoire est également améliorée et surtout optimisée avec désormais deux niveaux de cache au lieu de trois sur la première génération. Le cache de niveau 1 est toujours de 64 ko pour les données et les instructions, tandis que le niveau 2 peut atteindre 4 Mo partagés.

L’entreprise annonce jusqu’à 0,032 TOPS sur des entiers en 8 bits (INT8) avec la série X1x0 Gen 2, contre 0,5 TOPS (toujours en INT 8) avec X280 Gen 2, 1,28 TOPS (INT 8) avec un cœur en X390 Gen 2. XM grimpe à 64 TOPS en FP8, avec la possibilité de multiplier les puces pour augmenter proportionnellement la puissance de calcul. Dernier point, SiFive propose une nouvelle fonctionnalité expérimentale pour calculer une exponentielle avec une seule instruction, au lieu de 15 à 22 instructions en général.

Les licences sont dès à présent disponibles, tandis que la première puce en silicium exploitant cette technologie est attendue pour 2026.

En 2025, la DGCCRF a déjà bloqué 80 sites frauduleux

Le ministère de l’Économie rappelle que, sur Internet, les pratiques commerciales frauduleuses « nuisent fortement aux consommateurs, qui peuvent se faire piéger lors de l’acte d’achat, et aux commerçants (physiques ou numériques) qui exercent leur activité en respectant les règles, et qui font face à une concurrence déloyale ».

Voici quelques exemples de pratiques frauduleuses : mise en avant de produits ou de services non disponibles, fausses annonces de réduction de prix, fausses allégations sur l’identité du vendeur, vente de produits interdits, etc. « Les secteurs les plus concernés sont le dépannage à domicile et la rénovation énergétique ».

Les contrôles se sont intensifiés depuis le début de l’année, et cela porte ses fruits, selon le ministère : « les services la DGCCRF ont déjà procédé, en 2025, à près de 80 réquisitions numériques, qui permettent de restreindre l’accès à des sites internet utilisant des pratiques trompeuses ».

Sur l’ensemble de 2024, 87 réquisitions numériques avaient été réalisées. En l’espace de huit mois, 2025 dépasse déjà l’intégralité de l’année 2024. Les réquisitions peuvent prendre la forme de restriction d‘accès auprès des FAI ou d’un blocage du nom de domaines (Afnic pour les .fr, registrar pour les autres extensions).

La liste des 80 sites est disponible par ici, avec les manquements reprochés, le type de mesure et le secteur d’activité.

Le ministère rappelle que la loi permet depuis 2020 à la DGCCRF « de bloquer un nom de domaine (impossibilité complète d’accéder au site internet), de restreindre l’accès à un site internet (l’internaute est redirigé vers une page d’information du ministère), ou de déréférencer un site (il disparaît alors des résultats fournis par le moteur de recherche) ».

Véronique Louwagie, ministre déléguée chargée du Commerce, souhaite faire évoluer les procédures « pour gagner encore en célérité, par exemple en confiant un plus grand pouvoir à l’administration pour lutter contre les fausses réductions de prix ».

Bluesky inaugure une fonction hors-protocole AT permettant de sauvegarder des favoris

Signal lance ses sauvegardes sécurisées, avec une option payante pour la première fois

Signal a annoncé hier soir une fonction très attendue par de nombreux utilisateurs : les sauvegardes sécurisées en ligne. Présentes uniquement dans la version bêta de l’application Android pour l’instant, elles permettent – une fois activées – de déclencher une sauvegarde automatisée quotidienne. Celle-ci pouvait déjà se faire localement, Signal passe cette fois à la synchronisation en ligne, pour les cas où l’appareil serait cassé, perdu ou volé.

Dans son billet de blog, la fondation Signal explique plusieurs points. Tout d’abord, il s’agit d’une option. Un choix qui découle du fonctionnement de ces sauvegardes, car elles sont sécurisées et chiffrées de bout en bout. L’activation de cette fonction génère une clé de récupération de 64 caractères, requise obligatoirement pour déverrouiller les données.

Si la clé est perdue, les données ne pourront pas être récupérées. La fondation indique qu’elle ne pourra rien faire dans ce cas. Un risque inhérent au chiffrement de bout en bout et que l’on retrouve dans d’autres catégories d’applications et services, comme les gestionnaires de mots de passe. Attention donc à la manière dont vous stockerez cette clé.

Ensuite, la sauvegarde n’est pas illimitée et fonctionne sur un modèle freemium. Dans sa version gratuite, elle permet de stocker jusqu’à 100 Mo de texte (la fondation estime que c’est largement suffisant, même pour les gros utilisateurs) et les médias échangés durant les 45 derniers jours.

Les personnes en voulant plus pourront souscrire une option payante à 1,99 dollar par mois. C’est la première fois que Signal se dote d’une fonction payante. La fondation explique à ce sujet que le stockage est onéreux et qu’il n’était pas possible de faire autrement. Avec l’option, le stockage passe à 100 Go, ce qui laisse voir venir.

Dans son billet, la fondation précise que les versions iOS et desktop seront bientôt équipées de la même fonction. En outre, « la technologie qui sous-tend cette version initiale des sauvegardes sécurisées servira également de base à des options de sauvegarde plus sécurisées dans un avenir proche ». Signal sera ainsi capable d’enregistrer la copie de sauvegarde où on le souhaite. En outre, Signal prévoit enfin de transférer l’historique des messages entre les appareils.

En difficultés, MacGeneration en appelle au soutien de ses lecteurs

Il y a des articles qu’on se passerait bien d’écrire, parole de Next (INpact). « Si nous prenons la plume aujourd’hui, c’est parce que MacGeneration traverse une période difficile qui va nous contraindre à nous séparer de deux journalistes à la fin du mois », annonce Christophe Laporte, fondateur et directeur de la publication de ce site d’actualités dédié à l’univers Apple, dans un billet publié lundi 8 septembre, veille de keynote iPhone.

L’appel aux lecteurs figure en une du site MacG lundi 8 septembre au soir – capture d’écran

Il y décrit une situation financière difficile marquée par une « succession d’événements défavorables » : l’arrêt du programme d’affiliation d’Apple (qui permettait aux sites renvoyant des internautes vers la boutique en ligne de la marque de toucher une commission en cas d’achat), une conjonction économique globalement morose, un écosystème commercial spécialisé Apple français en perdition ou encore une allocation parfois contestable des ressources, comme un surinvestissement sur la thématique du casque Apple Vision Pro. « Nous avons moins innové dans notre domaine et nous nous sommes peut-être un peu trop facilement enfermés dans le petit ronron de l’actualité Apple », analyse-t-il encore.

Une combinaison de facteurs défavorables qui met les finances de la société sous pression, alors même que cette dernière a déjà entrepris de réduire ses coûts et réussi, fin 2024, une campagne de financement participatif consacrée à l’édition d’un magazine événement pour les 25 ans du site MacG. C’est, d’après le directeur de la publication, ce qui conduit au départ de deux des plus anciens journalistes du site, Anthony Nelzin-Santos et Florian Innocente, ainsi qu’au passage à mi-temps du développeur chargé de l’application iOS associée aux trois principaux sites de la galaxie MacGeneration : MacG, mais aussi iGen et WatchGeneration.

Sans donner de chiffre, Christophe Laporte appelle donc les lecteurs des trois sites à soutenir leur activité, via l’un des différents leviers de leur modèle économique : en premier lieu l’abonnement, via le « Club iGen », le don, mais aussi l’achat du magazine des 25 ans ou le passage par leurs liens publicitaires et bons plans au moment de réaliser un achat en ligne. Il se veut par ailleurs optimiste quant à l’avenir du site.

« Si nous sommes actuellement dans une situation délicate, nous avons de très beaux projets dans les cartons. D’autre part, s’il y a bien deux départs à la fin du mois, la rédaction n’est pas dépeuplée pour autant. Attendez-vous à toujours autant d’actualités, de tests et de papiers pour le club. Nous faisons appel à vous aujourd’hui parce que nous sommes dans une période de transition difficile. Nous faisons tout notre possible pour repartir du bon pied de manière durable. »

L’appel semble avoir été entendu : ce billet, premier du genre dans l’histoire de MacG, avait recueilli plus de 600 commentaires mardi matin avec, dans le lot, de nombreuses annonces de don (notamment via Tipee), d’abonnement ou de réabonnement. Et de fréquentes manifestations d’encouragements, auxquelles l’équipe de Next s’associe en connaissance de cause : si le soutien de moji nous permet de ne plus avoir à lancer d’appels à l’aide, nous pratiquons toujours au quotidien la difficile équation qui consiste à tenter d’assurer la pérennité économique d’un média.

[MàJ] ASML prend 11 % de Mistral AI pour 1,3 milliard d’euros

Mise à jour : l’information est désormais confirmée. ASML a formalisé, mardi matin, son entrée au capital de Mistral AI. L’industriel néerlandais s’offre 11 % du capital de la société d’intelligence artificielle, en échange de 1,3 milliard d’euros.

Cet accord prend, selon ASML, la forme d’un partenariat stratégique de long terme, qui doit notamment permettre d’explorer « l’utilisation des modèles d’IA dans l’ensemble du portefeuille de produits d’ASML ainsi que dans la recherche, le développement et les opérations, afin de faire bénéficier les clients d’ASML d’une mise sur le marché plus rapide et de systèmes de lithographie holistiques plus performants ».

Cette prise de participation intervient dans le cadre d’un tour de table plus large, puisque l’enveloppe globale, annoncée par Mistral AI, se monte à 1,7 milliard d’euros. Outre ASML, cette levée de fonds associe plusieurs des actionnaires existants de l’entreprise : DST Global, Andreessen Horowitz, Bpifrance, General Catalyst, Index Ventures, Lightspeed et NVIDIA.

L’opération valorise Mistral AI à hauteur de 11,7 milliards d’euros, indique l’entreprise.


Publication initiale, lundi 8 septembre à 9h16 : L’opération n’a pas encore été annoncée, mais les modalités seraient bouclées : le néerlandais ASML s’est engagé à investir 1,3 milliard d’euros dans le cadre du troisième tour de table (série C) organisé par Mistral AI, a révélé dimanche l’agence Reuters, sur la base de sources proches du dossier.

L’investissement d’ASML interviendrait dans le cadre d’une levée de fonds estimée à 1,7 milliard d’euros. Il serait calculé sur la base d’une valorisation, pré-levée de fonds, de l’ordre de 10 milliards d’euros, pour cette société basée en France et fondée en 2023.

Ni Mistral AI, ni ASML n’ont pour l’instant confirmé l’opération, qui revêtirait une certaine portée symbolique pour la tech européenne. La société néerlandaise, spécialisée pour mémoire dans la conception et la fabrication d’équipements de lithographie pour la production de semi-conducteurs, deviendrait en effet l’actionnaire principal de la société française, devant les fonds basés aux États-Unis déjà présents à son capital.

Mistral a lancé en juin dernier son outil de vibe coding, Mistral Code

Cette entrée au capital écarterait par ailleurs l’hypothèse d’un rachat de Mistral AI par Apple, qui avait fait l’objet de rumeurs en juillet dernier. À la même période, Bloomberg avait indiqué que la société française préparait l’organisation de sa série C. À l’époque, les sources de l’agence évoquaient un tour de table à 1 milliard de dollars, possiblement emmené par le fonds émirati MGX.

La dernière levée de fonds de Mistral AI remonte à 2024. Chiffrée à 600 millions d’euros, elle associait à l’époque des grands noms de la tech venus des États-Unis – les fonds Lightspeed et Andreessen Horowitz, les entreprises Salesforce, Nvidia et IBM – à Bpifrance et BNP Paribas, ainsi qu’à Samsung.

ASML, cotée sur Euronext et au Nasdaq, occupe pour mémoire une position unique sur le marché des semi-conducteurs, et dispose de moyens financiers significatifs. En 2024, l’entreprise, dirigée par le Français Christophe Fouquet, a réalisé 28,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 7,6 milliards d’euros de bénéfices.

Nouvelle fuite de données chez Plex, y compris des mots de passe hachés

Plex vient d’envoyer un email à ses clients pour les informer d’un « incident de sécurité ». Ce n’est jamais bon comme entrée en matière. La suite le confirme, car cela « pourrait impliquer les informations de votre compte Plex ».

Sans entrer dans les détails, la société explique qu’un « tiers non autorisé a accédé à un sous-ensemble limité de données client à partir d’une des bases de données ». L’incident de cybersécurité a depuis été circonscrit, mais des informations personnelles ont pu être accédées, notamment des mails, noms d’utilisateur et des mots de passe hachés.

Plex se veut rassurant : aucune donnée des cartes de crédits n’est sauvegardée sur ses serveurs, pas de fuite à craindre à ce niveau donc. Concernant les mots de passe, ils sont « hachés en toute sécurité, conformément aux meilleures pratiques, ce qui signifie qu’ils ne peuvent pas être lus par un tiers ».

« Par mesure de prudence », Plex recommande toutefois de changer de mot de passe et d’en profiter pour cocher la case « Déconnecter les appareils connectés après le changement de mot de passe ». Il est aussi recommandé d’activer la double authentification si ce n’est pas encore fait.

Le nombre de comptes concerné n’est pas indiqué, pas plus que la méthode des pirates pour percer les défenses de Plex.

Pour rappel, Plex avait déjà été victime d’une cyberattaque en 2022, avec les mêmes risques et quasiment le même email envoyé aux clients durant le mois d’août.

Il y a trois ans, il était déjà question d’une « activité suspecte dans une des bases de données […] Il semble qu’un tiers ait pu accéder à un sous-ensemble limité de données comprenant des adresses e-mail, des noms d’utilisateur et des mots de passe chiffrés ». Même cause, même conséquence : il était recommandé de changer de mot de passe.

Voici l’email de 2022 :