#Le brief du 09 octobre 2025

Perturbations en cours sur le réseau Orange, explosion dans un local parisien de l’opérateur

Orange a admis jeudi matin que ses services d’accès à Internet étaient susceptibles de faire l’objet d’un « dérangement collectif » dont nous avons eu directement confirmation sur une ligne fixe parisienne, avec un incident réseau signalé aux alentours de 10 heures, et une promesse de résolution « en fin de matinée ».

Les outils de signalement d’incidents de type downdetector soulignent effectivement un pic des demandes liées à Orange à partir de 10 heures, avec une situation qui semble revenir à la normale à partir de 12 heures. Dans l’intervalle, plusieurs centaines d’internautes se sont tout de même enquis de la santé du réseau de l’opérateur, sur lequel un incident physique s’est bien produit jeudi matin.

À ce stade, aucun lien n’est formellement établi avec les dysfonctionnements constatés par certains clients finaux, mais une « grosse déflagration » est en effet survenue jeudi matin place de Breteuil à Paris (VIIe arrondissement), « dans un local technique d’Orange dans une copropriété qui appartient notamment à l’hôtel de luxe SAX Paris, inauguré au printemps dernier », rapporte le Parisien.

D’après le quotidien, trois ouvriers auraient été blessés par l’explosion et rapidement pris en charge. L’accident serait survenu alors qu’ils procédaient à une soudure sur le compresseur d’un bloc de climatisation.

La console Orange indique un incident en cours sur une ligne parisienne – capture d’écran

Une panne affecte Azure, de Microsoft 365 à Minecraft

Sur X, les témoignages signalant une impossibilité d’accéder à certains des services en ligne de Microsoft affluent depuis environ 10h30 jeudi matin. Les messages évoquent des dysfonctionnements principalement au niveau des versions entreprises de Microsoft 365, mais aussi une impossibilité d’accès à certains des services cloud de Microsoft Azure. En parallèle, les requêtes effectuées sur les sites dédiées à la vérification de disponibilité d’un service montrent une recrudescence des demandes relatives à Minecraft, ce qui laisse là aussi augurer des difficultés de connexion aux fonctionnalités en ligne, distribuées via le cloud de l’éditeur.

La page statut des principaux services Microsoft confirme une dégradation de service au niveau des offres professionnelles Microsoft 365 (la messagerie et la bureautique grand public semblent quant à elles fonctionnelles). « Tout utilisateur tentant d’accéder au centre d’administration Microsoft 365 ou d’utiliser Microsoft Entra [la solution cloud de gestion des identités et des accès de l’éditeur, NDLR] pour accéder à d’autres services Microsoft 365 peut être affecté », indique la dernière mise à jour publiée vers 11h43. La piste en cours d’investigation concerne l’infrastructure responsable de la répartition de charge (load balancing).

Du côté d’Azure, l’infrastructure en tant que service de Microsoft, les outils d’information n’ont référencé aucun incident jusqu’à environ 11h45 jeudi, et ce alors même que le compte X chargé du support répondait qu’un problème était bien identifié aux internautes inquiets. Peu avant midi donc, les outils dédiés à la santé du service ont été mis à jour pour signaler « une perte de capacité significative dans environ 21 environnements Azure Front Door en Europe et en Afrique ». À la même heure, le service santé de la console Azure retournait quant à lui une erreur d’affichage… De quoi sans doute donner du grain à moudre aux détracteurs de la logique commerciale qui pousse Microsoft à abandonner ses offres on-premise au profit de formules cloud

Microsoft signale avec un peu de retard l’incident survenu au niveau d’Azure – capture d’écran

Flock : Des Assises qui donnent envie de s’allonger

Bonne nouvelle, le secteur de la cybersécurité est en plein boum. Enfin bientôt…

Data center en feu : le gouvernement coréen perd 858 To de données

Un data center détruit dans l’incendie causé par l’explosion d’une batterie au lithium-ion. Tel est l’événement qui paralyse la Corée du Sud depuis le 26 septembre : d’une batterie, le feu s’est propagé à 384 autres.

Le feu a pris lors d’un exercice de réduction des risques, alors que des batteries UPS (Uninterrupted Power Supply, dédiées à la continuité de l’alimentation électrique) d’une salle de serveurs installée au cinquième étage du bâtiment étaient déplacées vers les sous-sols pour protéger des infrastructures critiques.

Installées en 2014, ces batteries avaient dépassé leur durée de vie recommandée (10 ans), note le Korea Herald, même si elles avaient subi des inspections régulières.

Le centre hébergeant les données de l’administration sud-coréenne, 647 des 1 600 services numériques gouvernementaux se sont retrouvés bloqués. Parmi eux, le portail centralisé qui permet aux citoyens d’accéder à leurs services publics, les services postaux et logistiques, ou encore les services d’urgence, dont ceux permettant de géolocaliser les appels 119 pour répartir efficacement les unités.

Au bout de quatre jours, seuls 85 services étaient restaurés, et le gouvernement estimait à quatre semaines pleines le temps nécessaire à une reprise normale des activités.

Au passage, 858 To de données relatives aux citoyens ont été définitivement perdues. Les fonctionnaires avaient accès à 30 Go de stockage sur leur G-Drive (pour Government drive, et non Google drive) pour sauvegarder leurs activités. Les travaux de 750 000 d’entre eux ont brûlé avec les serveurs, d’après le ministère de l’Intérieur coréen.

L’incendie fait écho à celui qui avait frappé OVHcloud en 2021. Sur le coup, plusieurs clients de l’entreprise française avaient, eux aussi, intégralement perdu leurs données, notamment faute d’avoir souscrit un service de sauvegarde.

L’administration sud-coréenne a fait la même erreur.

Aux États-Unis, Apple et Google doivent contrôler l’âge pour laisser accès aux boutiques

Le Texas, l’Utah et la Louisiane ont tous trois passé récemment des lois pour imposer la vérification de l’âge des utilisateurs à la création des comptes et avant de les laisser installer des applications depuis des boutiques. Apple et Google viennent ainsi de publier des informations en ce sens.

Dans un cas comme dans l’autre, l’idée est surtout de généraliser les mécanismes de vérification et de pouvoir diffuser ces informations aux applications, via de nouvelles API. Car si les boutiques doivent bloquer l’accès aux mineurs, les applications ont également des obligations.

Les nouvelles API (d’autres arriveront plus tard cette année) auront ainsi pour mission de signaler aux applications y faisant appel que la personne est majeure. Si elle ne l’est pas, elle devra obligatoirement faire partie d’un groupe familial. Le contrôle parental s’appliquera donc pleinement. Les deux entreprises travaillent ainsi à fluidifier les signaux d’autorisation ou de blocage pour les applications tierces.

C’est au Texas que la loi s’appliquera en premier, le 1ᵉʳ janvier 2026. Suivront l’Utah le 7 mai et la Louisiane le 1ᵉʳ juillet. Dans les trois cas, Apple et Google sont très critiques de ces législations. « Ces lois imposent de nouvelles exigences importantes et lourdes à de nombreuses applications qui peuvent avoir besoin de fournir des expériences adaptées à l’âge des utilisateurs de ces États », affirme par exemple Google. Apple pointe de son côté « la collecte d’informations sensibles et personnellement identifiables », même pour des actions aussi triviales que consulter la météo.

Bien que très rentable, la chaîne TV Game One s’apprête à baisser le rideau après 27 ans

La nouvelle n’a pas encore été confirmée par la chaîne, mais plusieurs des employés et chroniqueurs ont relayé publiquement l’information, révélée mercredi soir par BFM : la chaîne de télévision Game One, spécialisée dans les jeux vidéo et la culture geek, s’apprête à fermer ses portes. Le groupe Paramount Networks France, à qui elle appartient, aurait programmé la fin de la diffusion aux alentours de la fin novembre.

D’après BFM, qui indique avoir échangé avec une dizaine de salariés de la chaine, la décision interviendrait dans le cadre d’un plan de restructuration global des activités télévisuelles de Paramount en France. Elle découlerait du projet de fusion engagé, aux États-Unis, entre Paramount et Skydance, récemment validé par la FCC.

La nouvelle a de quoi surprendre. Contrairement à Nolife, fermée en 2018 après de multiples tentatives de sauvetage, Game One ne souffrait d’aucune difficulté financière : ses comptes 2024, déposés en juillet dernier, font d’après nos recherches état d’un chiffre d’affaires de 10,6 millions d’euros, pour un résultat net qui s’établit à 2,48 millions d’euros.

L’équipe de TeamG1 faisait sa rentrée début septembre – crédit Instagram Game One

Plusieurs des chroniqueurs de TeamG1, l’émission phare de la chaine, animée par Julien Tellouck depuis 2014, ont réagi aux révélations de BFM dans la soirée. La spécialiste des jeux de combat Kayane semblait au courant, mais regrette que l’annonce n’ait pas pu être formulée par l’équipe.

« J’aurais préféré que cela soit annoncé dans de meilleures conditions, ne serait-ce que de notre part officiellement en premier, on l’aurait mérité et vous aussi qui suivez Game One depuis de nombreuses années pour certains. Mais les choses en sont tristement autrement… A mon grand regret, une chose aussi simple n’a même pas été possible », écrit-elle sur X.

Plus emblématique encore, puisqu’il officie sur Game One depuis la création de la chaîne, en 1998, Marcus a laissé entendre qu’il n’avait pas été informé.

« J’ai du mal à croire que Paramount et Skydance n’aient pas eu la décence de me prévenir de leur intention de mettre fin à une chaîne qui fait le bonheur des gamers depuis 1998 et sur laquelle j’officie depuis le premier jour. Si ce projet de fermeture est réel, c’est 27 ans de l’histoire du jeu vidéo qui vont être désintégrés », déclare-t-il, avant de promettre à ses « ptizamis » que « Game One n’est pas encore game over ».

Firefox va enfin proposer des profils utilisateurs à tout le monde

C’est une fonction basique et indispensable quand on veut séparer la partie personnelle et professionnelle sur son ordinateur ou isoler les membres d’une famille sur une machine partagée. Chacun peut avoir son profil, avec ses comptes, ses cookies, son historique, etc.

Firefox depuis au moins la version 60 en 2018 propose des profils, mais ils étaient cachés et il fallait se rendre dans « about:profiles » pour y accéder. En avril, avec Firefox 138 une vraie gestion des profils utilisateurs est arrivée, avec des options de personnalisation.

Mozilla précisait que le déploiement était progressif et que cette fonctionnalité pouvait « ne pas être disponible chez tout le monde ». Dans les faits, c’est encore le cas pour certains, notamment sur plusieurs de nos machines. L’astuce de changer le paramètre « browser.profiles.enabled » sur « true » dans « about:config » fonctionne toujours.

Mais Mozilla semble enfin décidée à proposer directement cette fonctionnalité à tout le monde, le déploiement se fera à partir du 14 octobre. La fondation précise avoir travaillé avec des personnes souffrant de handicaps afin de rendre les profils « agréables à utiliser pour tout le monde ».

On regrette une fois encore que les profils ne puissent pas être protégés par un mot de passe, par exemple, pour qu’un enfant ne puisse pas accéder à celui de ses parents. C’est aussi le cas sur les autres navigateurs, mais c’est dommage.